Liboria

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222 pages
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Une maison de vacances un peu délabrée dans le sud de la France: "l’idéal pour passer quelques jours en l’aimable compagnie de Liboria, jeune femme aux origines colombiennes, très attirante et au caractère entreprenant…" Voilà ce que se dit le narrateur en arrivant à la propriété. Il aurait pu ajouter: "et en plus, il y a une piscine." Mais le cadavre qui y est retrouvé pourrissant sous la bâche depuis de longs mois imprime une tournure policière à l’idylle… Au héros de reprendre l’affaire en main et de tenter de faire toute la lumière sur cette intrigante découverte. De la Côte d’Azur à la Colombie, des milieux journalistiques aux vendeurs et trafiquants de drogues ou de tableaux volés, ce roman à suspens multiplie les rebondissements et décline les personnages les moins recommandables. Sorte d’antihéros, le narrateur de "Liboria" n’a aucune légitimité et peut d’autant mieux transgresser la loi pour aller aux fonds des choses en suivant son instinct. Jean-René Dubail ne l’a pas fait infaillible, mais téméraire et tenace!

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Ajouté le 28 novembre 2013
Nombre de lectures 32
EAN13 9782748356700
Langue Français
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Liboria
Jean-René Dubail Liboria
Publibook
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IDDN.FR.010.0115371.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2010
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Je fermais les yeux. Le soleil chauffait mon visage et la brise de la mer me caressait la peau. Jétais assis sur un fauteuil en osier centenaire dont la peinture sétait enfuie. Liboria était devant moi, à deux mètres, allongée sur une serviette de plage délavée quelle avait étalée sur cette vaste terrasse, pleine dherbes hautes et déjà sèches. Elle mavait emmené là, chez elle, au sud, pour se re-poser dans cette villa dune époque fastueuse, qui résistait avec gloire et résignation au temps. Lédifice métait ap-paru la nuit à la lueur des phares, blanche comme la lune, au centre dune végétation sombre, au fond de laquelle, on entendait les vagues traîner inlassablement les galets. Le lendemain, après un petit-déjeuner copieux, nous étions installés sur la grande terrasse qui surplombait la mer, dont on voyait la courbe au-dessus des arbres. Et là, maintenant : Liboria sest allongée, en culotte couleur chair pour bronzer je suppose, ou bien présager du soir, et me soumettre une autre de ses qualités. Elle me propose donc son dos qui, lui aussi, doit goûter ce super agréable frôlement de vent sur notre prise de conscience danimaux putréfactils. Tout va bien. Plus bas, les arbres nous entourent, cer-tains morts et cassés : des pins, des eucalyptus, des mimosas, des palmiers, des cèdres, des néfliers, des aca-
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cias, des chênes lièges, des lauriers et je ne connais que ceux-là. Cest la jungle tempérée. Le soleil chauffe agréa-blement. Jai retrouvé Liboria, il y a trois jours, chez un ami ar-tiste, qui fêtait son dix millième paquet de cigarettes fumé et conservé. Il avait commencé cette collection quelques années auparavant. Il exposait ces dix mille paquets as-semblés pour former deux énormes poumons en bouts de cartons vieux et variés. Beaucoup de succès, sponsorisé en partie par le ministère de la santé qui avait délégué une attachée en tailleur et bien tournée. Liboria qui tenait son nom de sa grand-mère colom-bienne ma proposé trois jours de repos dans le Sud. Je la connaissais depuis assez longtemps sans jamais lavoir vraiment vue seule, excepté une fois intime et inconsciente dont je parlerai peut-être plus loin. Je navais pas grand-chose en tête. Uniquement un grand vide sans issue, peuplé de réponses oiseuses à dincessants questionnements. Alors je me suis enjoué spontanément, et jai accepté. Deux jours plus tard, nous avons pris le train, location de voiture et arrivée. Nos chambres séparées. Ma salle de bain au bout dun couloir vétuste mal éclairé. Quatre et six mètres de hauteur de plafond. Quelques toiles daraignée résidentes et beau-coup de poussière. Rien ne semble avoir été touché depuis cent ans.  Mais cest encore là, mavait prévenu Liboria, et cest le paradis. Les herbes sous sa serviette et autour de son corps al-longé, crissent quand elle se retourne. Très subtilement, je détends mes paupières inférieures qui ouvrent une fente
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