Croisements imaginés (érotique gay)
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Description

Croisements imaginés

Jean-Marc Brières
Pulp de 500 000 caractères.
Fabien est ami avec un certain Louis-Ferdinand, dit plus familièrement Lou, aux origines mal connues dans l'établissement où ils sont étudiants. On susurre beaucoup à son sujet, on affirme encore plus. Seule certitude : aucun élève ne sait, pas même les professeurs. Arrivés la même année dans l'établissement, les deux garçons se sont de suite « discernés » comme compatibles en amitié. Ils pratiquent entre eux d'innocents jeux amoureux.

Le frère de Lou décède accidentellement, ce dernier devient héritier de la couronne de son pays. Son père exige son retour au pays.
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Publié par
Nombre de lectures 9
EAN13 9782363077691
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Croisements imaginés
Jean-Marc Brières
Fabien
Chapitre 1 – Avant la rencontre
Lorsqu'il s'attarde devant un petit miroir, Fabien contemple un homme (déjà !) de 23 ans, blond, yeux verts, visage ovale très régulier, charmantes oreilles, petit nez droit aux ailes frémissantes dès qu'approche de lui un congénère selon ses goûts, menton provocateur, lèvres sensuelles, peau mate (séjours fréquents dans les pays ensoleillés obligent). Dès qu'il se place face à une psyché, il admire un corps haut de 1m81 pour 72 kg, musclé par les efforts physiques dus aux sports divers qu'il pratique par plaisir et non par devoir. Souvent, après ce genre d'examen, attentif, Fabien conclut, satisfait :
— Un mec, quoi ! Un beau mec !
Il prend énormément soin de son corps tout en évitant les produits non naturels et autres artifices que procure la science moderne.
Comme chaque matin, Fabien procède à sa toilette, minutieusement, cherchant le moindre petit point noir et autres traces jugées néfastes à son rayonnement personnel. Il tient à ce que chaque personne rencontrée, quelle qu'elle soit, reste admirative devant sa plastique et la perfection de l'homme qu'il pense représenter. Pour lui, c'est une façon de respecter autrui. Jolie excuse pour éviter de considérer sa caractéristique principale : un narcissisme de la plus belle eau !
En quittant la salle de bain, Fabien chantonne : la journée s'annonce heureuse, comme à l'accoutumée. Il le reconnaît volontiers : la chance lui sourit depuis sa plus tendre enfance, bien que cette dernière ne fût pas des plus savoureuses.
Élevé dans une famille de la haute bourgeoisie, n'ayant jamais connu de problème matériel, son cursus est des plus classiques. Crèche puis maternelle avant d'entrer comme externe e dans une école religieuse jusqu'à son admission en internat à compter de la 6 dans un collège de renom. Collège qui le fera devenir bachelier avec mention bien !
Dans ce dernier établissement il obtient, également, son diplôme ès polissonneries, et ce, grâce aux assiduités de son camarade de cours, un certain Louis-Ferdinand, dit plus familièrement Lou, aux origines mal connues du commun des mortels. On susurre beaucoup à son sujet, on affirme encore plus. Seule certitude : aucun élève ne sait, pas même les professeurs. Arrivés la même année dans l'établissement, les deux garnements se sont de suite « discernés » comme compatibles en amitié.
Premiers regards, premiers sourires, premiers échanges verbaux. Ils se comprennent, s'admirent. Au départ, rien que de très enfantin : ils ne se quittent pas, partageant tout, se confiant tout. Ils se disent heureux ensemble, tristes lorsqu'ils doivent, durant les vacances scolaires, regagner leur domicile respectif où les attendent des parents très stricts s'agissant des relations entre garçons : religions fait loi, méfiance devient prévoyance pour ces obnubilés de la chasteté chez leur progéniture, car s'agissant d'eux-mêmes, on ne sait pas trop…
Fabien ignore la sexualité, n'en ressentant aucunes prémices pour l'heure. Lou, plus développé bien que du même âge, connaît certaines sensations auxquelles il ne comprend rien si ce n'est qu'en calottant puis décalottant sa verge, cela lui procure une décharge dans son ventre, décharge douloureuse, mais éblouissante. Cette extase stérile, sèche, ne le mène à rien d'autre qu'à recommencer. Arrive le jour de sa première éjaculation. Cela ne l'étonne guère, il s'y attendait : en effet, un sien cousin lui en avait annoncé la venue à plus ou moins brève échéance. Heureux de pouvoir enfin se dire un homme, un vrai, Lou sait faire sentir son désir. Ses narines palpitent dès l'apparition de son ami Fabien. Ses mains ne cessent de chercher un contact avec les arrières de son copain qui ne tait pas sa satisfaction d'être ainsi admiré. Fabien qui ressent un genre de picotement au niveau de son bas ventre, surtout lorsque Lou le caresse. D'innocents jeux de gamins prépubères, on passe à d'innocents jeux amoureux d'adolescents. On procède à des attouchements entre deux cours, des baisers derrière un arbre, un muret, dans l'embrasure d'une porte ou des caresses furtives autant que dissimulées. Les corps exigent plus. Un besoin de solitude à deux se fait sentir, irrépressible. Les cerveaux deviennent habiles à trouver des solutions ou des excuses afin que les deux garçons profitent d'un moment en tête-à-tête. Impossible de s'aimer chez l'un ou chez l'autre. Nous n'invitons pas d'étrangers, chez nous, disent les parents de Fabien. Quant à ceux de Lou, secret absolu : même lui n'en parle jamais, comme s'ils n'existaient pas, devenant sombre et irritable dès que l'on aborde le sujet en sa présence. On finit par le croire orphelin. Nos jouvenceaux amoureux se contentent de quelques dizaines de minutes volées sur les récréations, sur le temps des repas, sur les heures de sports. Une paire d'heures, de temps à autre, quand les circonstances autorisent un mensonge crédible et permettent ainsi de s'éloigner des surveillances. Cette intimité par intermittence, en pointillé, ne leur convient plus. D'autant que Lou expose, verbalement, sa conception des rapprochements charnels, bien plus émoustillants que ceux pratiqués jusqu'alors.
Le plus solide des carcans cède un jour ou l'autre, même une à surveillance impitoyable. Fabien et Lou envisagent de s'aimer sans restriction, peu importe le lieu, les conditions requises, les concessions à faire. Certains de leurs camarades disent partir quatre semaines effectuer quelques boulots faciles pour des particuliers qui les hébergent et les nourrissent. Une façon comme une autre de donner un aperçu de la vie active à ces adolescents bien trop dorlotés. Nos deux damoiseaux réfléchissent brièvement à la question, entre coquineries et taquineries d'amoureux. Ils se jurent d'obtenir, chacun de son côté, l'autorisation nécessaire à un tel séjour. Pour en arriver là, Fabien ruse assurant aux siens qu'un changement d'air, durant les vacances estivales, ne serait pas du luxe, outre une activité qui lui apprendrait à affronter le monde du labeur. S'agissant, de Lou, il s'active discrètement, se contentant d'informer son ami de l'avancée de son « dossier », nom qu'il donne à ses démarches. Comme convenu, chacun se garde de divulguer, aux parents, la présence possible d'un copain avec lui. Ils écrivent, d'un commun accord, ce qu'ils décident de dire, comment le dire. Passés de longs échanges épistolaires à convaincre mère et père hésitants, montrant la meilleure bonne foi possible, la plume franche, la phrase nette et sans faute, Fabien ne ménage pas ses efforts. De son côté, Lou ne mollit pas, il l'affirme. Enfin, le verdict tombe, une semaine avant « l'examen blanc » de fin d'année : d'accord pour expédier le fiston dans quelque coin afin de lui inculquer les valeurs du travail, dans la mesure où il obtient une moyenne supérieure à 13 pour « l'examen blanc ». Autre condition incontournable : que le lieu dudit travail soit tenu par des gens dont la réputation est vierge de tout méchant soupçon.
Ayant reçu, chacun de son côté, l'accord parental, Fabien et Lou recherchent l'endroit qui les abritera, libres de s'aimer, de se donner corps et âmes, sans entrave aucune. Pas facile compte tenu des critères qu'imposent leurs tuteurs.
Le sort vient au secours des jeunes futurs vrais amants. Un mystérieux « cousin », son instructeur en quelque sorte, venu visiter Lou au pensionnat, lui apprend que l'an passé il s'est échiné à repeindre la sacristie d'une église, pour un vieux curé, dans un coin de campagne éloigné de tout et de tous. Il lui conte ses débordements avec deux paysannes des environs, regrettant ce bon temps à jamais révolu puisque le voilà relégué d'office en candidat au mariage, l'heureuse épousée ayant été choisie et devant lui être présentée sous huitaine. Le cousin propose d'écrire au brave prêtre afin de recommander les candidatures de Lou et Fabien. Il promet sur l'honneur de ne jamais révéler le secret des deux amoureux, en souvenir des quelques voluptés connues en compagnie d'un Lou bien naïf lors de leurs premiers élans charnels, pendant certaines vacances il y a deux ans. Le cousin écrit, ses commanditaires joignent leurs deux offres de services. Quinze jours plus tard, ils obtiennent une réponse favorable, toujours séparément. Dans le même temps ils reçoivent le résultat de leur « examen blanc » : Fabien 14,26 de moyenne pour 14,25 à Lou ! Leurs yeux pétillent de bonheur. Ils s'enlacent brièvement devant leurs camarades étonnés par tant de joie démonstrative pour des garçons allant s'enfermer dans un « trou de basse fosse » avec un curé débile !
Effectivement, l'homme d'église, à l'âge canonique, sourd de surcroît, les recevra charitablement, pensant qu'il s'agit là de deux garnements pas toujours sages, donc pécheurs impénitents. Il pose ses conditions par écrit. Les intéressés, en réponse, s'engagent à rénover jardin et pelouse des plus désolés faute de soin depuis de nombreuses années.
Nos nouveaux ouvriers agricoles ne s'attardent pas : bagages prêts, ils sautent dans le premier train en partance pour la ville la plus proche de leur destination. Dès leur arrivée sur place, pas de perte de temps. Tout juste changés, les deux jeunes s'activent à la tâche. On met à leur disposition tout le matériel nécessaire, engins agricoles compris. Il ne leur faut que quelques heures pour apprendre à manœuvrer la tondeuse, la mini laboureuse (comme l'appelle le prêtre) et autres ustensiles automatiques ou manuels sous la houlette d'un splendide trentenaire, rustre ravissant, aux épaules larges, au sourire à damner un saint, à la braguette sans cesse mal boutonnée, aux regards envieux dès qu'ils se posent sur un des deux jeunots ou sur les deux à la fois. L'homme s'applique à enseigner l'art du jardinage, n'hésitant pas à donner de sa personne, se plaçant derrière l'un ou l'autre, frottant son bassin contre les arrières de son élève qui ne dit mot, appréciant la grosseur généreuse appuyée sur ses reins. Malheureusement pour le trentenaire, sa timidité le freine : il n'ose aller au-delà dans ses tâtonnements, exceptés ceux qu'il s'octroie le soir avant de s'endormir, main couverte de sa liqueur intime, yeux rêvant aux culs des jouvenceaux. Ces derniers soupirent : dommage !
Le premier soir, Fabien et Lou se voient séparés pour la nuit : leur chambre n'étant pas encore prête. Fabien dort sur un lit de camp, dans la salle à manger. Lou couche sur un canapé installé dans le bureau du curé. Chacun de son côté s'impatiente, pensant à l'autre, tout en malaxant adorablement leur vit tendu, bouillonnant, jusqu'à expulsion complète et totale de leur sève.
Le lendemain, ils travaillent sans renâcler durant les heures imposées, arrachant les mauvaises herbes, retirant les pierres, labourant, hersant, tondant, semant, sarclant, binant, bêchant, le tout dans l'ordre qui n'est pas celui défini dans ce récit et pas forcément durant cette première journée. Ils sont à nouveau chaperonnés par un expert : le père du trentenaire, vieux barbon à la figure émaciée, usée par le soleil, au dos voûté, aux jambes arquées. Le charme professeur/élèves est définitivement rompu. Lou, comme Fabien, conviennent qu'un trio pouvait s'envisager aux fins d'éducation sexuelle, ce que le trentenaire semblait être en
mesure de faire haut la main (si l'on ose s'exprimer de la sorte en pareille circonstance).
Le rythme de travail ne déplaît nullement aux deux tourtereaux. Lever à 6h. Après un copieux petit déjeuner confectionné par la gouvernante du pieux homme, nos deux garnements s'activent dans le jardin et ses environs jusqu'à 10h. Pause café avec gâteau maison (au goût de revenez-y !). Reprise à 10h30 jusqu'à 12h30. Déjeuner (délicieux) avec le curé et la gouvernante. Nos jeunes oisillons écoutent poliment les conversations des grandes personnes, se gardant bien de les contrarier en quoi que ce soit. Ils n'interviennent que pour répondre à une question. Toujours très polis, remerciant ou saluant quand la bienséance l'exige.
Sieste obligatoire pour cause de chaleur intense (mois de juillet oblige). Ils peuvent occuper leur logis enfin prêt à être habité. Pour ces jeunes corps en ébullition, voilà l'occasion de mettre en pratique les innovations promises par Lou.
Deux petits lits, dans une grande chambre avec possibilité de verrouiller la porte. Lou, plus décidé que l'autre, tourne la clé, se dévêt promptement, pose un doigt sur ses lèvres pour demander le plus de silence possible. Fabien, obnubilé par le corps entièrement dénudé de son ami, l'imite tout en jetant une couverture sur le parquet nouvellement ciré à la cire d'abeille. Leurs trente et une années à eux deux s'allongent, s'enlacent, lèvres soudées dans un baiser des plus fervents. Finies les amours fugaces entre deux trop longues attentes ! Que viennent les amours accomplies pour des corps affamés. Ils délaissent la masturbation, jeu pour collégien naïf, au profit de la fellation. Lou, très expérimenté, n'a de cesse que son amant, élève appliqué, connaisse ses leçons à la perfection. Ainsi il apprend le tournage et le suçotement des tétons, le roulage de bourses en paume câline, le léchage de rosette par langue piqueteuse, la prise de hampe par lèvres gourmandes, la salivation d'anus en voie d'élargissement, le tournage anal par phalanges coquines, l'écartèlement fessier en vue d'une pénétration pénienne, la sodomie sans filet fors ceux de salive, le rinçage d'intestins par liquide séminal. Fabien sort de ce combat amoureux, la tête pleine d'étoiles, l'anus débordant de semence, l'âme heureuse, le cœur épris de celui qui vient de le déflorer avec tant de maestria et de douceur. Quant à Lou, satisfait de ses exploits de mâle, il ne rêve que de recommencer séant, jurant qu'ils en ont largement le temps. Plus prudent, plus patient, son amant lui remontre que, la nuit venant, ils auront tout loisir de s'adonner à ces pratiques jugées délictueuses par beaucoup, mais estimées savoureuses par tous et surtout par le tout nouveau déniaisé. D'autant que Fabien ne compte point en rester là, à savoir n'offrir que sa chair sombre à Lou : il guigne déjà vers la fesse du bel ami, subodorant quelques difficultés pour arriver à ses fins. Il s'en réjouit durant tout l'après-midi de labeur, impatient de combler son copain. Le soir venu, douche à deux, mais en extérieur sous l'auvent ouvert à tout venant. Monsieur le curé, qui ne voit plus grand-chose, comme il n'entend presque rien, veille à la chasteté des douchés auxquels il impose une séance de frottements au gant de crin. Les polissons ne se privent pas de certains attouchements sous prétexte de bien frictionner son camarade. Les deux jeunes dînent de bon appétit, chacun pensant aux arrières de l'autre, veillant bien à ne pas paraître distrait vis-à-vis des non-initiés, évitant les œillades trop câlines.
Toutefois, repus de bonne chère, grisés par un demi-verre d'un vin de grande qualité, les deux galopins s'endorment sans plus de cérémonie, harassés par l'ouvrage de ce premier jour. Enlacés, jambes enchevêtrées, ils dorment profondément.
Quand, au chant du coq, Fabien ouvre un œil, observe quelques secondes Lou dans son sommeil. Lui revient en mémoire ses désirs de virilité en constatant leur érection matinale respective. Il s'allonge derrière son ami dont il a retenu les utiles conseils, lui humecte la raie
avec plusieurs salivées, en fait autant sur son mandrin qu'il glisse dans la fente avant de le pousser dans le petit trou qui s'offre à lui involontairement. La douleur réveille Lou qui peste que l'on abuse de son corps, et ce contre son gré. Mais le pistonnage, bien qu'effectué par un néophyte, s'avère si langoureux, si sensuel, que le pistonné en vient à apprécier l'envahissement de son tréfonds. Les organismes lâchent leur substance liquoreuse alors que les gorges émettent des râles, étouffés, de plaisir. Lou reconnaît qu'être embroché de la sorte présente son charme et promet qu'à l'avenir il sera partageur.
Par la suite, les journées s'écoulent identiques les unes aux autres. Lou et Fabien en viennent à s'octroyer une fellation mutuelle le matin au réveil. L'après-midi, durant la sieste, le premier s'offre au second. Second qui, la nuit, s'offre au premier. Tout se déroule dans la plus grande sérénité.
Le curé, comblé par tant de courage, de gentillesse et de courtoisie de la part des jeunes, les invite à rester un mois de plus. Sa gouvernante l'y pousse espérant ainsi égayer la vie monotone au presbytère et, par la même occasion, voir la fin de la rénovation du jardin. Le représentant de Dieu se charge d'effectuer la demande auprès des tuteurs légaux.
Rassurés de voir leur fils dans de si bonnes dispositions envers un membre aussi insoupçonnable que ce curé, les parents de l'un, comme ceux ( ?) de l'autre, acceptent de prolonger le séjour.
La bonne nouvelle connue par les intéressés, c'est un tonnerre de cris de joie qui fait vibrer les vitres.
Chacun à part soi, pour des raisons personnelles, manifeste son contentement. Le curé qui espère revoir un jardin digne de ce nom avec potager, poulailler, clapier. Il convoque deux fermiers du coin aux fins de conseils voire d'un coup de main d'experts.
La gouvernante peut en profiter pour s'éclipser quelques jours afin de se laisser courtiser par le bedeau, jeune gredin de 40 ans au passé nébuleux, mais au sex-appeal non négligeable. À telle enseigne qu'à chaque rencontre entre eux, la brave femme sent sa poitrine frémir, son bas ventre se contracter et s'ouvrir à répétition ! Cela bien que le malotru ne veuille point entendre parler bague au doigt pas plus que maison commune !
S'agissant de nos adolescents, ils comptent bien profiter de ce nouveau laps de temps pour s'aimer, certes, mais également pour réfléchir à l'avenir et voir ce qu'il pourrait être.
L'idylle se perpétue donc, donnant aux jeunes jouteurs l'occasion de mettre au point de nouveaux stratagèmes afin de perdurer dans leurs occupations sentimentales. Fabien en convient : il aime Lou plus que lui-même. Lou l'avoue : il ne peut plus se passer de son très cher Fabien.
Les meilleurs moments ayant, eux aussi, une fin, retour au pensionnat, finies les folies charnelles, tout au moins le croient-ils. Au collège, ils jurent de tout faire pour continuer à s'aimer sans entrave, au nez et à la barbe de leurs familles, de tous leurs camarades, professeurs ou pions.
De ruse en ruse, de mensonge en mensonge, les deux lascars continuent à se chérir, à pétrir sensuellement leurs chairs, à se pénétrer de leurs amours éternelles. Les élans de leurs cœurs fonctionnent de concert avec ceux de leurs cerveaux. Une aimable compétition
s'engage entre eux : qui sera le meilleur élève en fin d'année. Lou gagne de deux dixièmes de points dans la moyenne.
Satisfaits de leur fils, les parents acceptent qu'il retourne œuvrer au presbytère du vieux curé. Cela vaut pour Lou comme pour Fabien. Les voilà réunis une fois de plus, pour deux mois de bonheur. La prochaine année scolaire sera décisive pour leur avenir. Ils assurent passer leur bac haut la main afin d'avoir la paix côté famille et pouvoir exiger plus de liberté sans négliger un nouveau séjour dans le jardin qu'ils surnomment leur Eden d'amours ! Une fois de plus, le temps passe bien trop vite.
L'année du bac, Lou réitère sa victoire avec ¼ de point de moyenne annuelle de plus que Fabien. Mais celui-ci obtient une mention « bien » avec son diplôme, mention que n'a pas son amoureux. Ils s'amusent de ce concours, se congratulent, tout joyeux de se retrouver au presbytère. Ils constatent les énormes progrès dans l'espace verdoyant, où se pavanent des fleurs, poussent plusieurs rangées de tomates, d'haricots verts, de navets, de carottes, de salades et autres lignée de persil. Contre un mur, deux clapiers dans lesquels des lapins lapinent à la vitesse grand V ! Ce qui permet d'approvisionner en chair animale quelques miséreux de passage. Idem pour les caqueteuses qui pondent généreusement durant les temps au doux climat. Ces poules admirent un coq magnifique qui ne cesse de les taquiner, crête haute. Sait-il qu'un jour viendra où un coquelet le remplacera alors qu'on l'installera, lui, dans une marinade à base de Gevrey-Chambertin ?
Le vieux curé ne vieillit plus : trop âgé pour cela. Il s'endort souvent. La gouvernante, poitrine bien en avant, tétons visibles sous son chemisier de soie légère, peut s'adonner, de temps à autre, aux délices de la chair en compagnie du bedeau toujours récalcitrant quant à une vie en couple. Lou et Fabien continuent leurs bonnes actions, toujours réservés, polis, aimables, serviables. Quand vient le temps de se retrouver en tête-à-tête dans leur chambre, ils se donnent tour à tour, sans compter, épuisant plus leurs forces dans des ébats de forcenés, mais très sensuels, que dans leur travail. Ils prennent parfois un moment pour décider du comment agir afin de s'aimer éternellement, sans gêne. Comment vivre l'un auprès de l'autre, sans avoir à subir les oppositions ? Peut-on exister, à 17 ans, sans en appeler aux adultes pour satisfaire à un minimum vital ? Fabien suggère de continuer à bosser pour les uns, pour les autres, traînant en tous endroits, errants en quelque sorte. Lou sourit, taquine son chéri pour ce qu'il n'est pas raisonnable : acceptera-t-il longtemps de vivre sans télévision, sans téléphone, de coucher à la belle étoile lorsque l'argent manquera faute de travail ? Il prend Fabien dans ses bras, l'enlace tendrement, dépose un énorme baiser sur ses lèvres, décrète :
— Disons la vérité et nous verrons bien ce qu'il en sortira.
Fabien accepte, proposant également de demander conseil au curé. Le vieil homme n'entend vraiment plus, il ne sera d'aucun secours. La gouvernante, alors ? Elle les tient en grande estime, couvre leurs frasques en remerciement de leur discrétion sur ses relations avec le bedeau (c'est elle qui lave les sous-vêtements des coquins, linges sans cesse auréolés de taches jaunâtres). Non, impossible ! Bien trop naïve, simplette, sans envergure ! Dépités, les deux garçons se rendent compte de leur solitude. Ils se promettent de faire face, laissant leurs géniteurs ignorer leurs préférences en amour. Ils savent le chemin tortueux, la route longue et foisonnante d'embûches. Surtout, ils seront obligés de cacher leur passion.
*
* *
Les événements politiques apportent une solution au problème des amoureux. Pas une solution selon leur agrément. Tout au contraire.
Lou, fils légitime d'un Prince à la tête d'un petit état fort riche, se voit devenir héritier présomptif de la couronne princière, son frère aîné décédé des suites d'un accident de chasse. Lou doit rentrer dans son pays d'origine : son père, l'attend afin qu'il apprenne à le seconder avant, un jour, de le remplacer. Le protocole exige que le nouvel héritier au trône du principat soit présent aux funérailles du frère défunt. Juste après, Louis-Ferdinand sera présenté au peuple.
Deux jours avant la fin du séjour au presbytère, une longue limousine s'arrête devant le bâtiment, suivie par plusieurs autres véhicules de moindre importance. Les minutes qui suivent voient un véritable chambardement dans le presbytère envahi par une nuée de gardes du corps. Un homme à la stature malingre, secrétaire particulier du Prince régnant, exige qu'on lui remette Louis-Ferdinand, séant, ordre de son Altesse Sérénissime. Lou qui se voit contraint d'obéir, non sans quelque fierté de montrer à l'envi son statut princier qu'il tenait caché par ordre paternel (pour cause de risque d'attentat contre la personne du jeune Prince). Enfin, maintenant on sait pour sa famille !
Fabien, les jambes complètement cassées, cherche à retenir ses larmes, à ne pas hurler sa rage et sa frustration. Rage en apprenant que son amour lui a caché sa vraie identité, démontrant un certain manque de confiance. Lou comprend la douleur de son amant. Il commande qu'on lui laisse le temps de dire adieu à ses amis, surtout le temps d'expliquer à Fabien le pourquoi de son silence sur ses origines.
La scène, douloureuse, dramatique, se déroule en privé, dans la chambre occupée par le couple. Les amoureux pleurent une bonne heure, soucieux de l'avenir qu'ils tentent de deviner entre deux sanglots. Ils se promettent de rester en contact, de se voir dès que faire se pourra. Lou assure que, le lendemain de sa majorité d'ici un an, il reviendra prétextant un voyage d'agrément. Fabien, sa confiance au futur recouvrée, ravale ses larmes tandis que leurs corps se mêlent dans d'ultimes ébats qui les laissent anéantis, tous les deux, malgré la brièveté des étreintes.
Vers 18h, le chauffeur de la longue limousine ouvre une porte arrière, attend. Louis-Ferdinand, héritier d'une couronne princière, tente de retarder le plus possible ce départ qu'il trouve injuste. Il s'attarde en adieux avec Monsieur le Curé qui ne comprend rien de ce qui se passe chez lui. Au tour de la gouvernante de pleurer dans le giron du jeune homme. Fabien reste à l'écart. Son amant grimpe dans le véhicule dont les vitres fumées se ferment. La limousine démarre, suivie par la ribambelle de véhicules de plus modeste facture. Fabien regarde son amour s'éloigner, une boule dans la gorge, des tenailles lui tordant le ventre.
Lou sèche ses larmes. Le Prince Louis-Ferdinand écoute le secrétaire débiter ses fadaises de courtisan. Le jeune homme ne reste pas insensible aux flatteries du serviteur, s'en rengorge même. Se reprenant, remisant son chagrin dans la case des souvenirs, la tête haute, montrant fière allure, Louis-Ferdinand prend goût à une autre vie. Plus tard, il reviendra
vers son cher Fabien. Alors seulement ils envisageront une vie de bonheur.
Fabien, lui, une fois seul, revenu dans sa famille, s'ennuie ferme, soupirant après son amour. On le croit souffrant. Il frôle la dépression. Passionné d'études, il se jette dans les livres avec une énergie décuplée, oubliant tout ce qui l'entoure et, surtout, ses camarades dont il connaît tout juste les noms et dont il sent à peine la présence. Plus jamais, il ne s'amourachera de qui que ce soit : aimer c'est être malheureux à plus ou moins brève échéance, telle est son opinion.
Pas loin d'un an sera nécessaire à Fabien pour atténuer la douleur sans cesse ravivée, lors du passage du facteur qui ne portera pas de nouvelles du cher disparu.
Alors qu'il termine sa première année de fac, Fabien s'oblige à tourner la page. Se pensant trahi, il décide de vivre avec cette épine dans son cœur.
Lorsqu'enfin, ses parents lâchent leur surveillance quant à ses faits et gestes (majorité et excellente scolarité obligent), Fabien se lie avec des amis dont les idées et les besoins sont proches des siens. Sans mener vie dissolue, il multiplie les rencontres amoureuses, s'assurant que chacune d'elles ne dure pas plus d'une nuit maximum et que l'objet de son admiration momentanée ne possède aucune envie de revenez-y. Au demeurant, ses parents lui allouent gracieusement un magnifique appartement, facilitant ainsi une vie privée raisonnable, mais discrète.
Quelques mois après son installation dans ses meubles, la blessure moins vivace, mais encore présente, Fabien apprend que le père de Lou, malade et presque impotent, quitte ce monde de larmes pour un autre plus éthéré, laissant son trône au fiston. À la grande surprise de Fabien, un pli officiel vient lui confirmer la nouvelle, pli spécialement apporté par un membre de l'ambassade. Dedans, une photo signée, comme le font les stars du showbiz, représente le Prince Louis-Ferdinand debout, corps raide, en costume princier rituel, l'air sérieux, la tête droite, menton haut, accompagné d'un bref message à en-tête. Le nouveau chef d'État daigne adresser ses remerciements, pour services rendus, à la personne qui, durant sa scolarité, l'a toujours soutenu alors qu'il traversait une période de solitude. Provocation ? Désir de reprendre leur relation ? Mise en garde au cas où Fabien révèlerait certains faits ? Le destinataire n'en a cure ! Il s'admire dans une glace, maugrée :
— Ah Louis-Ferdinand, qui fut mon Lou chéri ! La tige coupée toujours roide, le gland humide, l'œil grivois, les lèvres tentatrices de délices sans cesse renouvelés ! Sodomite convaincu ! Bougre à t'en faire péter l'anus ! Te voilà Prince régnant, obligé de procréer afin d'assurer la lignée. Quelle donzelle va s'amouracher de ta beauté afin de te prêter son ventre fertile ? Quel con seras-tu tenu de fourrer pour l'ensemencer ? Comment supporteras-tu une femelle en chaleur quand toi tu n'aimes que les vits en rut ? Quel éphèbe dépucelleras-tu, toi qui ne saurais te passer d'un giton ? Nous avions 17 ans, nous nous aimions, tu m'as abandonné pour les ors d'un palais. Trois ans se sont écoulés, mon corps ressent toujours tes assauts : ils me manquent trop souvent.
Fabien place le cliché dans un livre, hausse les épaules, achève de s'habiller : il doit partir travailler. N'empêche ! Grâce à Lou, devenu Louis-Ferdinand, il apprit à aimer son corps, à le chérir, à soigner la moindre parcelle de ce qui le constitue. Il lui enseigna les meilleures façons de procéder à sa toilette, tout en y trouvant plaisir. Il le convainquit de prendre le temps nécessaire pour épier le moindre défaut, la plus petite salissure. Donc, à cause de Lou, Fabien devint narcissique ! CQFD ! En tout cas, l'intéressé le croit sincèrement.
Fin des études en fac. Fabien devient chargé de mission : fonction englobant bien des missions, justement. Rien de défini, tout envisageable. Disons qu'il occupe un poste de chargé des relations publiques. Il sait plaire. Son éducation lui permet des contacts aisés. Proche du PDG qu'il représente souvent, le jeune homme n'hésite jamais à utiliser son charme afin de défendre les intérêts de la boîte. Il sait flirter intelligemment, se rétracter juste avant de passer aux actes, sans pour autant vexer son interlocuteur ou son interlocutrice. Souvent, le patron soupire :
— Ah Fabien ! Comme je vous envie ! Vous me rappelez ma jeunesse lorsque j'ai débuté à votre poste ! Eh oui, vous et moi avons ce point en commun ! Vous possédez les relations humaines comme peu savent le faire. Vous avez ça dans le sang !
Choyé, courtisé, adulé, recherché, Fabien traîne son poignard dans le cœur comme d'autres leurs misères. Il ne peut se l'enlever. Régulièrement les médias mettent en avant un Louis-Ferdinand plus faraud que jamais, plus filou comme toujours !
À l'occasion d'une visite officielle, le Prince demande à ce qu'un certain Fabien soit de la grande soirée donnée à l'Élysée. N'espérant rien de cette rencontre en public, l'intéressé décline l'invitation.
Visite au domicile de Fabien, par les autorités, afin de faire céder l'impoli qui ne change pas d'idée.
Convocation chez le ministre des Affaires étrangères. Fabien s'y rend, très calme, débite son aventure amoureuse avec le Prince Louis-Ferdinand, plus connu par son amant sous le sobriquet de Lou. Il conclut :
— … Si je me rends à ce dîner, au lieu de porter un toast en l'honneur du Prince, je porterais un toast en l'honneur de son pénis que je connais parfaitement…
Monsieur le Ministre s'affole : ce Fabien a perdu le sens des réalités. On décrète que, souffrant, il ne pourra venir présenter ses devoirs à Son Altesse Sérénissime. Cette dernière insiste pour voir le patient : impossible, lui dit-on, il est très contagieux, oreillons obligent ! Le Prince, décontenancé, sachant que Fabien a déjà subi cette maladie durant sa tendre enfance, comprend qu'il est refoulé avec les ménagements diplomatiques de circonstance. Lui aussi se promet d'oublier. Au demeurant, sa démarche était bien imprudente, il en convient tout en pestant contre ses conseillers qui, dit-il avec la plus parfaite mauvaise foi, l'ont entraîné dans pareil embrouillamini.
Cet événement presque de politique internationale, provoque un début de soulagement chez Fabien qui, suppose-t-il, vient d'obtenir sa vengeance, en quelque sorte. Les semaines suivantes, il pense moins à l'infidèle de cœur pour arriver à le reléguer au rayon des souvenirs peu plaisants même si les heures heureuses vécues en la compagnie de Lou furent des heures éblouissantes. Fabien se jure d'en vivre d'autres. Pour cela, foin de la prudence adoptée depuis plusieurs années. Si un de ses amants demande à le revoir, il acceptera. Peut-être qu'il trouvera le bon, le fidèle, le grand amour de sa vie d'adulte.
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