Cunnilinctus Roi
340 pages
Français

Cunnilinctus Roi

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Cunnilinctus Roi Stefan ESCO 1 2 CUNNILINCTUS ROI Stefan ESCO 3 4 PUISSE MON HISTOIRE ETRE VOTRE MIROIR ET VOUS DONNER L’ENVIE DE REFAIRE LE MONDE 5 6 Je vous devine sans merci, avares de toute pitié, dépourvus de remord, je vous sais sourds à l’amour, aveugles au bonheur. Monstres d’égoïsme, vous pensez que le ciel vous appartient, que la terre n’est que le socle de vos désirs. Puissant, votre souffle suffit à détruire tout sur son passage, seule l’idée de votre mort vous fait vaciller. La paix n’est plus en vous, l’innocence n’est plus qu’un vain mot, quant à la miséricorde, elle est clouée à votre porte. Je vous sais terribles, je vous devine malheureux, car vous errez dans des ornières qui ne mènent qu’à la solitude, la détresse, la perdition, loin de ce chemin vers la quiétude que nous empruntons dans la clandestinité, nous, les faibles. Votre haine est implacable, sans relâche, sempiternelle. Vous nous persécutez, vous nous massacrez, nous, peuple pacifique, de bon aloi. Nous vivons d’amour, d’eau croupie, nous nous contentons de vos restes. Vous disséminez la peur, la cruauté, nous propageons l’idée du bonheur, l’envie d’une vie facile, sans histoire. Alors pourquoi cette haine inextinguible, cette malédiction jamais levée ? J’ai un affreux doute.

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Date de parution 12 septembre 2017
Nombre de lectures 46
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Cunnilinctus Roi
Stefan ESCO
1
2
CUNNILINCTUS ROI Stefan ESCO
3
4
PUISSE MON HISTOIRE ETRE VOTRE MIROIR ET VOUS DONNER L’ENVIE DE REFAIRE LE MONDE
5
6
Je vous devine sans merci, avares de toute pitié, dépourvus de remord, je vous sais sourds à
l’amour, aveugles au bonheur. Monstres d’égoïsme, vous pensez que le ciel vous appartient,
que la terre n’est que le socle de vos désirs. Puissant, votre souffle suffit à détruire tout sur son
passage, seule l’idée de votre mort vous fait vaciller. La paix n’est plus en vous, l’innocence
n’est plus qu’un vain mot, quant à la miséricorde, elle est clouée à votre porte. Je vous sais
terribles, je vous devine malheureux, car vous errez dans des ornières qui ne mènent qu’à la
solitude, la détresse, la perdition, loin de ce chemin vers la quiétude que nous empruntons dans
la clandestinité, nous, les faibles.
Votre haine est implacable, sans relâche, sempiternelle. Vous nous persécutez, vous nous
massacrez, nous, peuple pacifique, de bon aloi. Nous vivons d’amour, d’eau croupie, nous nous
contentons de vos restes. Vous disséminez la peur, la cruauté, nous propageons l’idée du
bonheur, l’envie d’une vie facile, sans histoire.
Alors pourquoi cette haine inextinguible, cette malédiction jamais levée ? J’ai un affreux doute.
Une question de goût, une condamnation esthétique, serait le cœur originel de cette guerre
sans date. Vous abhorrez notre physionomie, notre corps vous répugne. Serait-ce là la
justification de tout ce sang versé à flot, de toutes ces vies brisées, anéanties, de tous ces cris
dans la nuit ?
Pourtant, si vous aviez vu le cul de Fabula, votre répugnance exploserait en plein vol, il n’en
resterait rien, qu’un peu de sang séché sur vos doigts.
Mais nous devons subir le joug de votre dégoût, de votre fureur incoercible, il nous faut
échapper à vos cruautés, esquiver les mauvais coups, subsister en catimini. Le soleil ne
parvient pas jusqu’à nos terres. Relégués au fond de nos tanières, blafards, exsangues, nous
vivons dans votre ombre, nos jours sont vos nuits.
Nous sommes ce que vous nommez les cafards.
Puisse qu'après ces mots vous nous regardiez sous un autre jour. C'est tout le sens de mon
histoire, celle d'un roi qui n'a eu que votre cuisine pour royaume et que sa langue pour changer
le monde.
7
8
I
AUBE
9
10
Il y a du monde aubalcon. Ils meguettent, me surveillent, comme si j’allais passer par-dessus
bord, filer doux etreprendre le coursde ma vie. On s’écarte avec précipitation pour laisser
place à Doc. Bonne tête, regard bienveillant, geste lent, il baigne de commisération ce type-là,
le monde serait à son image qu’il serait autre. J’entends : « Doc ! Doc ! ! Qu’est-ce qu’il a le
vioc ? » Je sourcille à peine à l’appellation, le monde avait trop décrépi pour m’offusquer. Dire
qu’à une autre époque je leurs aurais coupé les couilles. Je laisse la main papale de Doc
passer sur mon visage, tâter délicatement de mon pouls. Ily a un silence de mort, pas âme qui
bouge. Pourtantje peux vous le dire, nous sommes un peuple bruyant et fanfaron. On attend le
verdict, même moi je suis intéressé par la question. Doc diagnostique de sa voix posée la mort
naturelle en cours. Un rêve plane sur nos épaules, dans nosregards : je serai le premier à vivre
sa propre mort. Je faisais la nique aux grands de ce monde, je défiais les dieux, je mourrai
entier, jusqu’à mon dernier souffle. Jesoupired’aise dans mon cercueil,j’aile privilège unique
de vivre jusqu’à ce que mort s’en suive. Je suis heureux de vivre, pardon, de mourir. N’est-ce
pas le but intrinsèque à chacun que de vivre et mourir toutbonnement ? Ha ! Quel bonheur si
vous n’étiez pas là ! Nous mourrions intacts et joyeux ! Mais on ne refait pas l’histoireet les
dieux ont depuis longtemps jeté les dés, puis s’en sont allés.
Jeveuxme retourner dans ma propre tombe, tourner le dos et mourir seul avec moi-même, je
veux batifoler avec les souvenirs, taquiner les bons moments, caresser une vie entière dans le
sens du poil. Il me fautméditer sur les regrets que l’on charrie, les malheurs que l’on traîne pour
finir martelé par l’amertume, scarifié par la tristesse, claudicant, souffreteux, l’âme brisée, et me
rappeler aux émois de la chair, aux ravissements des sentiments, aux joies des rencontres
inoubliables. J’interrogele ciel, me tourne vers mon père, ma mère, faut-il vivre tout cela ?
Toute une vie pour seretrouver seul avec soi, avec dans sa bouche close les seuls mots vrais
qui se comptent sur les doigts d’une main, et pour seule compagnie sa propre désillusion, la
nature est plus forte que la déraison de vivre. J’ai disséminé mesexcréments, laissé une à une
mes dents, versé toutes mes larmes, déversé mon stock de sperme, craché d’innombrables
glaviots, j’ai gerbé à profusions, pissé des hectolitres, lâché des milliards de mots, j’ai rabioté
mes rêves, mis une croix sur tout, voilà, j’ai vécu, bye bye.
Décidons si vivre pour mourir ça vaut le coup, et n’y revenons plus. Mourons en paix.
11

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