Gouines coquines de ce monde

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296 pages
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Description

Voici cent cinquante poèmes érotiques lesbiens qui assument sereinement leurs prises de positions et l’ardeur sans ambivalence de leur explicite. Ce recueil de poésie s’inscrit dans une dynamique ouvertement libertine, homosexuelle, femme (au sens, classique désormais, de l’écriture femme), tout en cultivant la touche féministe requise et, surtout, en parlant ouvertement et très librement d’amour, de béguins, de passion, d’intimité sexuelle et de séduction.
Il s’agit aussi d’une singulière expérience de poésie narrative. Chacun de ces poèmes peut se lire isolément, comme le permet classiquement toute expérience poétique élémentaire. Lire ces poèmes (très souvent des portraits de femmes, parfois des évocations descriptives passives ou contemplatives, parfois des micro-récits singulièrement fluides et vifs, toujours surprenants) en les butinant dans le désordre est déjà en soi une jubilation fort intense. Mais le fait est que ces textes s’agencent aussi dans un ordre de déploiement, une combinaison agencée de miniatures qui construit, par touches, un récit plus large. Poésie érotique racontant une histoire d’amour. À ne pas mettre entre toutes les mains.

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Date de parution 11 novembre 2012
Nombre de lectures 262
EAN13 9782923916545
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Gouines coquines de ce monde poèmes
CORINNE LEVAYER
© ÉLP éditeur, 2012 www.elpediteur.com elpediteur@yahoo.ca
ISBN :978-2-923916-54-5
Conception de la couverture : Allan E. Berger (CC BY-SA 2.0)
Polices libres de droit utilisées pour la composition de cet ouvrage : Linux Libertine et Libération Sans
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Gouines coquines de ce monde
Gouines coquines de ce vaste monde, Filles folles à lier, Cassons tous les rameaux Du jardin des oliviers… Cerné…
Gouines coquines de ce vaste monde, Filles onduleuses, Déchirons les pages des tomes De la pensée trompeuse… Honteuse…
Gouines coquines de ce vaste monde, Filles délirantes, Pissons-la céans Notre cyprine fascinante… Bruissante…
Gouines coquines de ce vaste monde, Femmes sympathiques, Prenons-la au corps La subtile solution saphique… Impudique…
Gouines coquines de ce vaste monde, Filles obsédées, Décroisons nos jambes, Sans crainte de se mouiller… De se donner…
Gouines coquines de ce vaste monde, Filles éternelles, Écartons nos roses lèvres Et déployons nos ailes… Putain de bordel…
Corinne LeVayer –Gouines coquines de ce monde4 /
Hymne aux femmes (par une femme qui aime les femmes)
J’existe en fait et en puissance. Je domine ma vie en pleine confiance Et rien ne trompera ma vigilance Face au prochain danger.
J’ai durci mes bras, délié ma démarche, Dressé mon budget, vendu bien des robes. J’ai trouvé un boulot utile, qui marche. Me suis désinfectée de mes microbes. J’ai conquis, patiente, bien des professions, Le droit de voter, gérer, répartir. À moi tous les sports, les récréations. À moi le présent, à moi l’avenir.
J’étends chaque jour ma contribution. Je tiens des villages, retarde des guerres. J’introduis partout des altérations Aux visions du monde qui régnaient hier.
Corinne LeVayer –Gouines coquines de ce monde5 /
Parfois tu comprends, tu te joins à moi. Parfois tu embrasses ces nouvelles valeurs. Mais parfois aussi tu n’acceptes pas. Cette situation t’emplis de terreur.
Tu n’acceptes pas, tu te réfugies Dans tes traditions, tes prérogatives. Tu deviens rigide, violent. Tu mugis, Tu frappes, violentes, rugis, invectives. Tu m’attaques alors pour me faire plier, Me faire reculer, me remettre au pas. De l’ancien régime qui m’a tant blessée, Tu es nostalgique. Tu bafoues mes droits.
Comme ça ne marche pas, comme je ne marche plus, Tu t’empares de moi à l’âge le plus tendre. Croyant rétablir ton ordre perdu, Tu triches toutes les lois. Tu vas te faire prendre. Parce que c’est fini. L’Histoire a tranché. Ton patriarcat c’est celui du crime. Je vais t’arrêter, et te réformer… Profond, pour de vrai, par pour de la frime.
Corinne LeVayer –Gouines coquines de ce monde / 6
Et nos filles diront du fond de leur coeur À leurs amoureuses (tu n’en seras pas) : « Enfin tu embrasses ces nouvelles valeurs. Enfin tu comprends, tu te joins à moi. » J’ai conquis, patiente, cette libération, Le droit de trancher, de me départir De la plus intime des dominations. À moi le présent, à moi l’avenir.
J’existe en fait et en puissance. Je domine ma vie en pleine confiance Et rien n’altérera ma virulence Face au droit inconditionnel et universel d’aimer.
Corinne LeVayer –Gouines coquines de ce monde / 7
Un très vieux madrigal
J’ai mis la patte, par pur hasard, Sur un très vieux madrigal Qui remonte à l’époque inique, injuste Et immorale Où le lesbianisme était une pratique prohibée, Illégale, Où on pourchassait les gouines, À pieds, en voiture, à cheval.
Ce sublime madrigal est écrit Sur de longues feuilles décrépites. Son encre est très pâlie, Ses lettres sont fort élégamment manuscrites. Tout cela laisse à deviner Que les choses qui, en ce texte, sont dites Étaient réfléchies, profondes, durables, valables, Ni subites, Ni fortuites.
Corinne LeVayer –Gouines coquines de ce monde / 8
Ce qui frappe profondément Dans cette écriture d’une autre époque, C’est la passion torride, l’amour inconditionnel, Hurlé sans équivoque. Totalement, on se moque, Des pouvoirs, de la peur, de la mort, de tout. Tourmenté, le saphisme y apparaît pourtant Solide comme un roc.
Un tel morceau de poésie, C’est une fichue leçon de modestie Pour les versificatrices contemporaines, Pour les musiciennes Aussi. Cela nous force à prendre la mesure De la banalité ancienne du Beau Et de la grandeur perdue de l’âme. Enfin, lisez plutôt…
Corinne LeVayer –Gouines coquines de ce monde / 9
Madrigal à Rosèle
Rosèle, tu ne t’en doutes pas, Je frémis au bruit de tes pas. Tu me sers sans jamais te plaindre. Tu me serres dans tes bras puissants Et mon con se gonfle de sang. C’est l’amour qui me fait te craindre.
Rosèle, ma douce Servilla, Ta servante servile, c’est bien moi. Je voudrais te lécher le pied, L’enfoncer nu en ma fissure Large, humide et chaude. Ton pied dur, Glisse-le en mon intimité.
Prend moi. Et que je m’écartèle, Que je sois ta goule, ma Rosèle.
Corinne LeVayer –Gouines coquines de ce monde / 10

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