Cassandra

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106 pages
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Cassandra, jeune fille volontaire et téméraire, n'a qu'un seul objectif dans sa vie : devenir vétérinaire. Avant d'entrer dans la prestigieuse école de Maisons-Alfort, elle part seule, au Gabon, pour trois mois à la rencontre des animaux sauvages. Au cours de cette aventure, elle découvre l'amour passionnel avec Jaro mais elle va vivre également de tragiques événements...

De retour à Paris, elle cicatrisera ses blessures auprès de Peter.

Réussira-t-il à la protéger de ses "fantômes" ?

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EAN13 9791034810772
Langue Français

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Cassandra
La romance sous toutes les coutures : Vénus Bleu= Young romance Vénus Rose= Romance classique Vénus Orange= Feeling good Vénus Pourpre= Romance historique Vénus Gris= Romance policière VénusDark= Dark Romance Vénus Jaune= Homo-romance Vénus Rouge= Romance érotique
Hélène Marche Cassandra Couverture :Maïka Publié dans laCollection Vénus Jaune Dirigée parMarie-Laure Vervaecke.
©Evidence Editions2018
Mot de l’éditeur Evidence Editions a été créée dans le but de rendre accessible la lecture pour tous, à tout âge et partout. Nous accordons une grande importance à ce que chacun puisse accéder à la littérature actuelle sans barrière de handicap. C’est pourquoi nos ouvrages sont disponibles en format papier, numérique, dyslexique, malvoyant, braille et audio. Tout notre professionnalisme est mis en œuvre pour que votre lecture soit des plus confortables. En tant que lecteur, vous découvrirez dans nos di%érentes collections de la littérature jeunesse, de la littérature générale, des témoignages, des livres historiques, des livres sur la santé et le bien-être, du policier, du thriller, de la littérature de l’imaginaire, de la romance sous toutes ses formes et de la littérature érotique. Nous proposons également des ouvrages de la vie pratique tels que : agendas, cahiers de dédicaces, Bullet journal, DIY (Do It Yourself). Pour prolonger le plaisir de votre lecture, dans notre boutique vous trouverez des goodies à collectionner ainsi que des boxes livresques disponibles toute l’année. Ouvrir un livre Evidence, c’est aller à la rencontre d’émotions exceptionnelles. Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous su3t de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
Premiers pas de Cassandra au Gabon Mieux vaut vivre un jour comme un lion Que cent ans comme un mouton. Proverbe italien Encore une heure à patienter dans cette salle réservée aux voyageurs en partance pour le Gabon ! Cassandra, immobile sur son siège, ne cesse de regarder sa montre. Les minutes semblent si longues… Elle s’agite, ouvre son sac, véri#e pour la énième fois si elle n’a rien oublié. Si cela avait été le cas, qu’aurait-elle pu faire ? Machine arrière et retarder son départ. Inenvisageable ! Elle feuillette nerveusement les pages d’un magazine posé sur une tablette devant elle, mais rien ne captive son attention hormis le temps qui paraît s’écouler au compte-gouttes. Finies les contraintes scolaires et les recommandations parentales ! Pour la première fois, Cassandra part seule et loin de Paris, sa ville natale. Depuis plusieurs années déjà, elle parlait constamment de partir en Afrique pour découvrir la faune sauvage et devenir vétérinaire. Ses parents, ravis par ce projet de carrière, l’étaient moins à l’idée de la voir quitter le nid familial. Devant la ténacité de leur #lle, ils avaient #ni par accepter, mais sous une condition. Elle pourrait rejoindre d’anciens confrères et amis travaillant dans un parc national au Gabon si elle réussissait à entrer à l’École nationale vétérinaire de Maisons-Alfort (ENVA). Élève très brillante, Cassandra décroche à seize ans le baccalauréat série S avec mention « très bien » puis elle e8ectue, avec brio, deux ans de préparation en BCPST (biologie, chimie, physique et science de la terre) et à dix-huit ans, elle réussit le concours d’entrée à l’ENVA. Son objectif est atteint, sa récompense est imminente après tant de privations. Pas de soirées, ni week-ends ni vacances, sans être plongée dans ses bouquins à étudier telle ou telle matière alors que ses copines de classe vivaient de nombreuses aventures amoureuses. Toutes les relations masculines de Cassandra ne sont qu’amicales et, pour éviter toute raillerie, elle laisse planer le plus grand des mystères sur sa vie privée. Nul n’est dupe, aucun petit ami en vue ! Les langues médisantes colportent di8érentes versions : comment pourrait-elle trouver un chevalier servant avec son allure de garçon manqué et le peu de soin qu’elle apporte à son apparence ? D’autres accusent sa supériorité due à son intelligence, son exigence envers elle-même, bref invivable… En réalité, Cassandra n’attache aucune importance à son physique, et encore moins à ses tenues vestimentaires. Sa seule priorité, réussir ses études. Justement, ce challenge n’aurait-il pas servi de prétexte pour s’interdire la moindre tentation et retarder le moment où son cœur vacillerait ? En fait, les émois qui ont déjà troublé ses sens l’e8raient. L’amour lui fait peur, même si elle en rêve… Sciemment ou non, elle annihile sa beauté naturelle en attachant ses longs cheveux blonds en queue de cheval et en dissimulant ses magni#ques yeux verts derrière d’énormes lunettes rondes, aux verres épais. S’identi#erait-elle à une héroïne de bandes dessinées asexuée ou bien sou8rirait-elle d’une certaine timidité ? En fait, ni l’un ni l’autre. Cassandra possède un fort caractère et tant qu’elle n’obtient pas ce qu’elle désire, elle fait abstraction de tout le reste, y compris de sa vie sentimentale. Quelques robes à volants, des petits tops très échancrés et une trousse de maquillage emportés dans ses
bagages ne seraient-ils pas un signe annonciateur d’un changement de comportement ? L’heure d’embarquement est en#n arrivée, Cassandra va s’envoler vers un autre continent. Combien de fois a-t-elle imaginé ce moment où elle conjuguerait aventures, indépendance et liberté ! Dès qu’elle foule le sol de ce nouveau pays, elle se met à frissonner. Sans aucune explication rationnelle, elle sait qu’irrémédiablement sa vie va changer. Seule avec ses bagages, elle observe les gens qui l’entourent. La vision d’une Afrique paradisiaque s’estompe. Les beaux clichés décrits par son ami Jaro, dans les courriels échangés depuis plusieurs mois, semblent s’éloigner de la réalité… D’ailleurs, comment le reconnaître parmi cette foule colorée et criarde ? Le fait de se trouver à Libreville, étrangère dans la capitale gabonaise, commence à éveiller en elle un certain vent de panique. Et si Jaro n’est pas au rendez-vous ? Elle fouille dans la poche intérieure de son sac et en sort son téléphone portable. Ce lien téléphonique la rassure. Elle s’empresse de composer un numéro. Hélas, la ligne momentanément indisponible ne fait qu’augmenter son anxiété ! Tout en respirant profondément pour se calmer et reprendre son sang-froid, elle aperçoit, au fond du hall de l’aéroport, un bambin qui tient à bout de bras une pancarte sur laquelle son nom est inscrit. Soulagée, elle se dirige vers lui d’un pas rapide. Avec un sourire éclatant, il articule sa phrase comme s’il l’avait longuement préparée : — Vous’zetes bienmadmoizelleCassandrafromFrance ? — Oui, c’est bien moi, s’empresse-t-elle de répondre. Et toi, qui es-tu ? Cassandra se permet de tutoyer son interlocuteur en raison de son âge. Ce n’est qu’un enfant d’une dizaine d’années. Comment aurait-elle pu le vouvoyer ? 1 — Please, suivez-moi toyour car, OK ! — Pas de problème, je te suis. J’espère qu’elle n’est pas trop loin parce qu’avec tout mon chargement… — C’est bon,madmoizelleCassandra, je vous aide, cool ! Pas de problème,no problemavec Ignace ! En souriant de toutes ses belles dents blanches, il rajoute : 23 — Ignace, it’s me ! Je suis làto helpmadmoizelleCassandra. Il soulève la totalité des valises et se dirige, chargé comme un mulet, vers la sortie. Cassandra le suit sans sourciller en traînant un tout petit sac. Quel drôle de petit bonhomme ! À peine ont-ils franchi les portes vitrées de l’aéroport qu’un énorme 4x4, garé face à l’entrée, klaxonne. Un homme d’une importante stature en descend et vient à leur rencontre. De façon obséquieuse et surprenante, il se présente : — Bonjour, mademoiselle Cassandra ! Je m’appelle Marius, je suis le contremaître envoyé par Jaro et ses parents. Ils ont eu des a8aires urgentes à régler les empêchant de venir vous accueillir. Ils m’ont prié de le faire pour eux et c’est un grand honneur de recevoir mademoiselle Cassandra, moi-même. — J’en suis très attée, cher monsieur Marius, répond Cassandra sur le même ton, amusée par tant de civilités verbales. Une fois le coffre rempli, Ignace fait mine de s’éloigner. — Attends une seconde, Ignace ! Ne pars pas si vite ! l’interpelle Cassandra. Elle glisse quelques petites pièces de monnaie dans sa main chétive et crasseuse. 4 — Merci beaucoup,MissCassandra !Nice holidays! Cassandra monte à l’arrière du 4x4. Tout en démarrant l’imposant véhicule, Marius s’adresse à elle : — C’est gentil de votre part, mademoiselle Cassandra, d’avoir récompensé Ignace. Savez-vous que grâce au pécule que ramassent ces petits gamins auprès des touristes, ils nourrissent leur famille ? Ils apprennent quelques mots dans plusieurs langues et ils se débrouillent ainsi. Ils ne sont pas méchants malgré leurs guenilles.
— J’ai bien compris. C’est vraiment triste de voir des enfants dans un tel état de pauvreté. — Ah, mademoiselle Cassandra, vous n’avez encore rien vu. L’Afrique n’est pas le paradis que l’on montre sur les revues touristiques, loin de là ! Cassandra se cale sur le siège et se remémore le visage d’Ignace. Pauvre gosse ! Marius reprend sa conversation : — Ne soyez pas inquiète, mademoiselle Cassandra, vous êtes en sécurité avec moi. Avant la nuit tombée, les maîtres seront de retour. Ils sont très affairés à résoudre un problème majeur. Le mot « problème » provoque chez Cassandra une soudaine inquiétude. Mais quelle idée a-t-elle eue de répondre à l’invitation de Jaro ? Sans la moindre hésitation, elle avait accepté cette occasion de passer trois mois de vacances dans le parc national de la Lopé au Gabon. Cela ne pouvait être que béné#que à ses études de vétérinaire. Ce séjour, longuement mûri et organisé par son père et sa mère qui la con#aient aux parents adoptifs de Jaro, n’était-il pas l’aboutissement de son rêve ? Le père de Cassandra avait toujours apprécié le dévouement et l’honnêteté de ce couple d’anciens collègues. Il les admirait d’avoir quitté une vie confortable en France pour s’installer dans la forêt gabonaise, vivre parmi les indigènes et les animaux. N’ayant pas eu d’enfant, ils avaient adopté un orphelin : Jaro. Malgré les appréhensions ressenties lors de son arrivée, Cassandra reste convaincue d’avoir opté pour la bonne décision, trop chanceuse de vivre une telle aventure ! La voiture quitte les faubourgs sales et bruyants de la ville. Elle se dirige, cahotant sur un chemin terreux, vers une forêt majestueuse. Cassandra passe la tête à la portière pour pro#ter du spectacle. Des oiseaux multicolores volettent de branche en branche, dérangés dans leur quiétude par le vrombissement du moteur. Une foultitude de cris émerge de cette jungle nébuleuse laissant deviner une faune luxuriante. Marius l’observe dans le rétroviseur sans rien dire. Son regard jovial rassure quelque peu Cassandra et l’encourage à briser le silence instauré dans l’habitacle du véhicule : — Vous vivez dans un pays merveilleux, la nature est si belle. — Oui, mais non sans danger à tout point de vue… L’Afrique est à la fois splendide et imprévisible ! N’osant pas insister sur la question du danger, Cassandra change de sujet : — Vous n’avez aucun accent et vous vous exprimez comme un véritable gentleman. Où avez-vous étudié le français ? Le visage de Marius s’illumine : — Ah, ma chère, si vous connaissiez le parcours de ma vie ! — Vous en avez trop dit et si cela n’est pas indiscret, je serais ravie de le connaître. Oh oui ! Racontez-moi, s’il vous plaît ! rajoute-t-elle. — Mon père travaillait à l’ambassade de France de Libreville. Comme j’étais un bon élève, ils m’ont envoyé à Paris pour mes études supérieures. À la #n de ma deuxième année à l’École vétérinaire de Maisons-Alfort, mes parents ont été assassinés. Je suis donc revenu au pays m’occuper de ma petite sœur. Je comptais repartir vivre à Paris et terminer mes études, mais #nancièrement cela n’était plus possible. J’ai alors décidé de me mettre au service des animaux même si je n’étais pas vétérinaire. J’ai été embauché au dispensaire du parc national et cela fait plus de quinze années que j’y vis. — Et votre petite sœur ? — Elle a grandi depuis, elle était si belle qu’un touriste anglais est tombé fou amoureux d’elle. Elle s’est mariée et a fondé une famille. Elle vit maintenant à Sydney en Australie. Je la vois une fois par an. — Et vous, avez-vous trouvé chaussure à votre pied et assuré votre descendance ? Marius éclate de rire :
— Oh ! Non, mademoiselle Cassandra, que Dieu m’en garde ! Les femmes sont trop compliquées à vivre. Je préfère rester libre et papillonner au gré du vent… De toute façon, je n’aurais pas le temps de bien veiller sur une famille, les animaux prennent tout mon temps. La réserve est toute ma vie… Durant quelques minutes, le silence s’installe de nouveau puis Marius interroge Cassandra : — Dites-moi, mademoiselle Cassandra, pourquoi êtes-vous étonnée de la façon dont je m’exprime ? Cassandra surprise par cette question bredouille : — Euh… eh bien… je ne pensais pas que… Enfin, bref, je vous avais pris pour un simple chauffeur… — Cela fait plaisir à entendre, en e8et ! Parce que je suis noir, comme la majorité des Africains, vous m’imaginiez tel un boy de service parlant petit nègre ? ironise-t-il. Cassandra, gênée, essaie de rattraper sa muflerie : — Mais non, monsieur Marius ! Loin de moi cette idée ! Je ne suis pas de celles qui pensent que les Noirs s’expriment comme des macaques. — De mieux en mieux, nous voilà catalogués de primates ! — Mais non… ce n’est pas ce que je voulais dire. Excusez-moi, je suis impardonnable, je raconte des bêtises en e8et, cela doit être la fatigue du voyage. Non, ce que je voulais dire, c’est que je ne fais aucune di8érence entre les individus du simple fait de leur couleur de peau. Je ne m’arrête pas à ce genre de détail pour juger les hommes. Je ne fais aucune ségrégation raciale, croyez-moi. Si telles étaient mes pensées, ma place ne serait certainement pas ici. — Vous me rassurez e8ectivement, mademoiselle Cassandra, je craignais de transporter une future esclavagiste ou partisane de l’Apartheid ! Marius, jugeant préférable d’interrompre ce genre de polémique, choisit de laisser Cassandra se reposer. Elle semble si exténuée : — Avant d’arriver à destination, il y a encore plus de trois heures de route. Si vous désirez vous désaltérer ou grignoter, vous avez quelques ravitaillements dans la glacière, servez-vous ! Ensuite, vous pourrez vous endormir sans crainte, une petite sieste, comme on dit en France, cela remet les idées en place. Cassandra n’a même pas la force de lui répondre. Elle se désaltère et s’assoupit aussitôt alors qu’elle déteste dormir en voiture. N’y aurait-il pas eu un quelconque soporifique dans sa boisson ? À son réveil, Cassandra ouvre les yeux devant une immense bâtisse en terre ocre, de style ranch, entourée d’une multitude d’enclos réservés aux pensionnaires : antilopes, buŚes, éléphants… Elle s’imagine soudain dans les studios de tournage de la série téléviséeDaktariqui a bercé son enfance ; ses parents adoraient ces épisodes et ont conservé tous les enregistrements. À l’abri du soleil, sous un okoumé, un homme à la jambe de bois s’évertue à donner le biberon à un éléphanteau comme l’aurait fait sa propre mère en lui caressant affectueusement la trompe. Cassandra regarde Marius d’un air interrogatif et, sans avoir le temps de le questionner, ce dernier devance sa pensée : — C’est Makoumba, notre baby-sitter ! Il a perdu sa jambe sur une mine du côté de Kinshasa. Dans son malheur, il a eu de la chance d’avoir pu être sauvé puis de pouvoir fuir le Congo démocratique. Il a atterri ici par miracle. Avec un tel handicap, diÛcile de trouver un travail trop physique. Les patrons l’ont engagé pour nourrir les bébés que nous recueillons. Ils arrivent ici blessés, abandonnés ou plus exactement perdus lorsque leur mère est tuée par des braconniers. C’est le cas de celui-ci : le dernier arrivé à la maison. — Il est si petit, vous croyez qu’il va survivre ? — Il est hors de danger maintenant, il tète bien et il a adopté Makoumba. Si cela vous tente, vous pourrez essayer de le nourrir. Je suis sûr qu’il appréciera, mais en attendant, si vous voulez bien me suivre, je vais vous