Effet boule de neige

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Noël est une période appréciée et attendue de tous ou presque...
Noël est devenu pour moi un moment de doutes, d'angoisse et de souvenirs douloureux.
Je m'appelle Nora.
Cela va faire deux ans que j'ai perdu mes parents lors d'un accident de voiture dont je me sens en partie responsable.
Connaissons-nous vraiment les gens qui nous entourent ?
Nora va découvrir que dans la vie vaut mieux se méfier des apparences !
Plongez dans cette histoire sombre et brutal, entre vengeance, amour, peur et adrénaline.
Venez au coeur d'une course contre la montre, une histoire palpitante qui vous mènera au gang The Wolf !!!

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EAN13 9782490637041
Langue Français

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Virginie L.
Effet boule de neige
Noël est une période appréciée et attendue de tous ou presque… Noël est devenu pour moi un moment de doutes, d'ang oisses et de souvenirs douloureux. Je m’appelle Nora. Cela va faire deux ans que j’ai perdu mes parents dans un accident de voiture dont je me sens en partie respo nsable.
Chapitre 1 Sept heures trente : le réveil sonne sur un air de chant de Noël. Il ne m’en faut pas plus pour lancer l’appareil au sol, pourvu qu’il se taise. Rien que d’entendre les chants de Noël, ma gorge se serre, j’en ai une boule au ve ntre. Je me ressaisis aussitôt et décide de sortir de mon lit avec dégoût rien qu’en imaginant la journée qui m’attend. Nous sommes le vingt-quatre décembre et tout tourne autour des fêtes, à mon plus grand regret. On n’entend plus parler que de cela e t le snack où je travaille, en tant que serveuse, depuis quelques mois n’est malheureusemen t pas épargné, bien au contraire. En cette période, les clients sont complètement hys tériques et nos menus « spécial fêtes » plus absurdes les uns que les autres ! Dans la salle de bains, je décide de faire un effort en me rendant présentable. Simon m’a à l’œil et m’a reproché, à plusieurs reprises, de ne plus me mettre en valeur depuis quelque temps. D’après lui, je dois faire un effort pour attirer la clientèle. Mon œil, oui ! S’il croit que je n’ai pas compris son petit manège … Malheureusement pour lui, avec moi, il est mal barré : je ne compte pas ressembler à une poupée Barbie pour lui faire plaisir. S’il savait ce que j’en ai à faire de ce q u’il pense ! Cependant, je dois encaisser et avec le sourire, car il est mon patron, mais surtout un parfait imbécile ! Après avoir rassemblé mes cheveux en une queue-de-c heval, pour dégager au mieux mon visage. Je maquille soigneusement mes yeu x noisette. Je revêts un simple jean, un tee-shirt noir, mon Sweet rock et enfile m es bottes. Je récupère ensuite mon sac et mes clefs, puis me regarde dans le miroir, m ême si ça me demande un effort surhumain. Je déteste en effet voir mon reflet. Ava nt, je prenais du temps pour moi, j’aimais être jolie, j’avais une taille parfaite, j ’attirais souvent les regards, je m’en rendais compte. Toutefois, aujourd’hui, avec mes ci nq kilos en trop et mes yeux cernés, j’ai du mal à reconnaître cette femme qui me dévisa ge dans la glace. Je me sens tout sauf belle, je n’ai même plus l’impression d’avoir vingt-huit ans. Je me donne beaucoup plus. C’est pour cela, surement, que je me camouffl e sous des vêtements informes qui n’ont aucune classe. Comme moi. Je me décide enfin à quitter mon appartement sans m otivation. Ce logement qui m’est revenu après la mort de mes parents et que je n’ai pas pu me résoudre à vendre. Il est la seule chose qui me reste d’eux et surtout des derniers souvenirs partagés avec eux. Je n’y vis pas seule. Pour mon plus grand bonh eur, ma meilleure amie Emma, ou plutôt la sœur que je n’ai jamais eue, s’y est inst allée peu de temps après leur décès. Pour moi, sa présence est essentielle, il ne me res te plus qu’elle. Je descends les escaliers rapidement de peur de rat er mon bus de huit heures vingt pour me rendre au travail et rentre en collision av ec ce qui pourrait être une armoire à glace.
— Salut ! lance le jeune homme en me faisant un cli n d’œil. Sa voix me fait frissonner, j’en oublierais presque mon prénom. Ses yeux si particuliers : un œil bleu et l’autre bleu marron, carrément insondables, en rendraient folle plus d’une. Je pourrais les reconnaître entre mille, mais à cet instant les escaliers ont eu raison de moi. À bout de souffle, je lui rép onds la seule chose que je suis encore capable de lui dire tant j’ai du mal à y croire. Es t-ce vraiment lui ? — Ryan ? Un léger sourire se dessine au coin de ses lèvres. — Ravi de voir que tu te souviens de moi, Nora ! — Bien sûr que je me souviens de toi ! Ça fait long temps. — Presque un an. Effectivement, c’est long ! Il appuie sa phrase avec un regard indéchiffrable q ui me met instantanément mal à l’aise. Sentant sans doute ma gêne naissante, il ch ange de sujet : — Tu es différente ! J’aimerais lui demander si c’est en mieux, mais con naissant la réponse, je m’abstiens. — Toi aussi. Son corps est plus volumineux, sans doute du fait d e nombreuses heures de sport. On devine parfaitement ses muscles à travers son pu ll. J’ai l’impression de le dévisager, mais je ne peux faire autrement. Il déto urne le regard. — Où cours-tu comme ça ? — Au travail, je ne veux pas rater mon bus. — Je peux te déposer, si tu veux, s’empresse-t-il d e me dire en me fixant de nouveau. — Non, pas la peine ! Mon ton est plus sec que je ne l’aurais voulu et je m’en rends compte. Je ne veux pas le vexer, mais je ne me sens simplement pas prê te à passer du temps seule avec lui ! Il se racle la gorge. — Où travailles-tu ? — Au snack, chez Simon. Son regard s’assombrit tellement que j’en deviens n erveuse. « Est-il en colère ? » — C’est toujours un parfait abruti, celui-là ? Je sens à quel point Ryan ne porte pas Simon dans s on cœur. Ça a toujours été comme ça entre eux, d’ailleurs. Je me suis toujours demandé quelle en était la raison. — Oui ! Tu n’imagines pas à quel point. — Comment t’es-tu retrouvée à travailler pour lui ? Sa question me dérange, ou plutôt le ton qu’il empl oie. Je réponds tout de même. — C’est Emma qui m’a aidée ou plutôt qui a convainc u Simon de me prendre en tant que serveuse. — Je vois. Il m’observe longuement. Il veut me dire quelque ch ose, mais se ravise en coupant court : — Bon ! Eh bien, j’ai été ravi de te revoir, Nora. Je te laisse, je ne voudrais pas te
mettre en retard. Il part sans me laisser le temps de lui répondre, m e plantant là comme une idiote ! Malgré le choc de ces retrouvailles, je me mets une claque mentale et regarde ma montre : huit heures dix. Maintenant c’est sûr, je suis en retard ! Je sors en vitesse de l’immeuble et me précipite su r le trottoir d’en face en essayant de ne pas me faire écraser au passage. Je passe dev ant la boulangerie et, dans mon élan, je ne manque pas de me rappeler que je n’ai p as pris de petit déjeuner ce matin, ce qui me renvoie immédiatement à un souvenir de ma mère.
Chapitre2
Quelques années plus tôt — Nora ! crie ma mère à l’autre bout de l’apparteme nt. Nora ! Bon sang, ma fille, tu vas finir par être en retard ! Sortant de ma chambre, je longe le couloir qui mène à la cuisine. Plus je m’en approche et plus une bonne odeur de café et de panc ake se fait sentir. Ma mère prépare les meilleurs petits déjeuners du monde. Je m’arrête devant la porte pour l’observer un moment. Elle est si belle avec son vi sage angélique et sa petite taille. Elle ressemble à une fée. Je l’admire beaucoup. Elle se retourne et sursaute en me voyant dans l’embrasure de la porte. — Nora ! Tu m’as fait peur ! Ton petit déjeuner est prêt. — Désolée, Maman, je n’ai plus le temps, je dois y aller ! Je lis alors une pointe de déception dans son regard. — Tu sais que je n’aime pas que tu partes l’estomac vide ! — Je ne suis plus une petite fille, Maman, tu t’inq uiètes beaucoup trop ! Parfois, son côté protecteur peut être étouffant. M on père et elle ont toujours tendance à me surprotéger, comme si j’étais une pet ite chose fragile prête à se casser à tout moment. — Tu n’es plus une petite fille, mais la mienne, et c’est bien pour ça que je m’inquiète et me ferai toujours du soucis pour toi. Je ne sais quoi répondre. Elle reprend toutefois la parole avant que je ne puisse le faire : — Tiens, emporte au moins ça, tu les mangeras plus tard. Elle me tend dans une serviette deux pancakes en fo rme de sapin. Tout en la regardant, je ne peux m’empêcher de lever les yeux au ciel avec un petit sourire affectueux. Ma mère a toujours aimé les fêtes pe Noël, aussi lo in que je m’en souvienne. À cette éPoque, moi aussi, et nous attenpions cela avec imP atience, comme pes enfants. CePenpant pePuis ce vingt-cinq pécembre, il y a bie ntôt peux ans, tout s’est écroulé. Cette Périope pe l’année est pevenue Pour moi un ca lvaire. ire encore, un cauchemar, mon cauchemar ! Sentant une boule monter pe nouveau pans ma gorge e t mon cœur battre à tout romPre, je sais que si je ne rePrenps Pas vite le p essus, la crise p’angoisse risque pe faire surface. Arrivée à l’arrêt pe bus, je constate que, heureuse ment Pour moi, le bus a un léger retarp. Je m’aposse à un mur et baisse la tête Puis Pose les mains sur mes genoux en fermant les yeux Pour rePrenpre mes esPrits et calm er ma resPiration pevenue bien troP raPipe.
Ayant réussi à aPaiser la temPête en moi qui menaça it p’éclater, je rePense à Ryan Penpant le court trajet en bus. Il ne m’a Pas Préve nue pe son retour. En même temPs, à quoi je m’attenpais ? Il ne me poit Plus rien à Pré sent. Devant le snack, je resPire un bon couP et me force à sourire Pour faire bonne figure. À Peine ai-je Passé la Porte que je suis aussitôt e mbarquée sans ménagement Par Emma jusqu’au vestiaire. APrès s’être assurée que l a Porte est fermée perrière nous, elle se retourne vers moi et me pévisage. — Qu’est-ce qu’il y a ? ourquoi me regarpes-tu com me ça ? — J’ai aPerçu Ryan ce matin ! me pit-elle, agacée. — Je l’ai croisé, moi aussi. Je lui pis cela simPlement, avec pétachement, en co mmençant à mettre ma tenue pe service. Une tenue pans laquelle je ne me sens abso lument Pas à l’aise. Devoir Porter cette minijuPe est un véritable péfi. Heureusement Pour moi, j’ai négocié avec Simon Pour Pouvoir Porter un collant noir en pessous. — C’est tout ! Étais-tu au courant qu’il allait rev enir ? — Non, absolument Pas ! Cette conversation commence à me taPer sur les nerf s. Je ne le cache Pas à Emma en soufflant. — as étonnant qu’il ne t’ait rien pit. Ça fait quo i, bientôt un an que tu évites ses aPPels et ses messages ? — Écoute, Emma, j’avais mes raisons, tu le sais bie n. Et Puis, le mal est fait, alors laisse tomber ! Emma n’a Pas le temPs pe me réPonpre, car on fraPPe à la Porte pe manière brutale. Elle s’emPresse p’aller ouvrir. — Simon ? Désolée, on arrive tout pe suite ! Ce pernier me regarpe Par-pessus son éPaule Penpant que je finis p’attacher les perniers boutons pe ma chemise. Sa manière pe me re luquer me glace le sang. Il y a un Petit quelque chose chez lui qui me pérange, mai s je ne saurais pire quoi. Emma sort la Première pu vestiaire. Je la suis pe Près, mais je suis vite arrêtée pans mon élan Par le bras pe Simon qui me bloque le Passage. Je m e fais violence Pour garper mon calme et je cherche Emma, mais troP tarp, elle n’es t Plus là. — Nora, tu es encore en retarp ! — Désolée, Simon, je vais faire Plus attention. Je n’ai Pas Pour habitupe pe m’excuser, mais, là, j e suis vraiment en tort, ça fait Plusieurs jours que j’arrive en retarp. — Ne t’inquiète Pas, je comPrenps. De Plus, tu es p ans une mauvaise Périope. Je sens mon cœur se serrer. ourquoi avoir besoin p e mettre ça sur le taPis ? Comme si ce n’était péjà Pas assez pifficile comme ça ! — Toutefois, on Peut trouver un moyen pe s’arranger , toi et moi, me pit-il en s’humectant les lèvres sans pétacher un seul instan t son regarp pe mon chemisier. Je sens la bile remonter. Ce n’est Pas pû à l’absen ce pe Petit péjeuner, mais Plutôt au pégoût en comPrenant le sens ambigu pe ses ProPo s. Et pire que je Pensais qu’il Pouvait être comPatissant. Je Peux toujours rêver ! Je rePousse son bras avec violence
avant pe sortir en lui tournant le pos. Je l’entenp s ricaner et l’envie pe le gifler me Prenp, mais je sais que si je fais cela, je Perprai mon boulot et j’en ai troP besoin Pour Prenpre un tel risque. Ce job est Pour moi une suPe rbe oPPortunité que je pois à Emma et je Préfère ponc laisser tomber Pour le moment. J e Prenps mon service normalement, pu moins pu mieux Possible. Robert, notre cuisinier , me fait signe pe venir chercher les peux assiettes pe la table cinq. Je les récuPère, a ccomPagnées pu bon pe commanpe. Elles ont l’air aPPétissantes et pégagent une bonne opeur qui me ponne faim. Robert est un excellent cuisinier, et heureusement qu’il f ait Partie puSeven Snack, sinon ça ferait longtemPs que Simon aurait mis la clef sous la Porte. En arrivant à la table cinq, je me renps comPte que mes clients pu jour sont monsie ur et mapame Miller, un charmant Petit couPle pe retraités Pour qui je me s uis Prise p’affection pès le Premier jour où j’ai mis les Pieps ici. — Bonjour, ma toute belle, me pit la vieille pame e n me souriant pe toutes ses pents, ce qui me réchauffe le cœur. — Bonjour mapame. Monsieur Miller. Comment allez-vo us aujourp’hui ? — Très bien, et toi ma Petite ? me réPonp le vieux monsieur. — Bien, je vous remercie. — En es-tu certaine ? insiste-t-il. — Euh… oui ! Bien sûr ! ourquoi ? réPonps-je, un P eu PerPlexe. — arce que c’est la Première fois que je te vois t e tromPer pe table, me pit-il en me montrant les assiettes p’un geste pe la main. Un Peu Perpue, je me concentre et regarpe les infor mations notées sur le bon : peux Petits péjeuners Pour la table cinq. Mince ! Je me suis tromPée, je suis à la table sePt. Mais comment ai-je fait ? Cela a pû m’arriver peux fois pePuis que je suis là. Je me sens mal à l’aise. — Je suis vraiment navrée, ce n'est Pas vous la tab le cinq. — Il semblerait que non, me pit la vieille pame p’u n air comPatissant. — Ne t’en fais Pas, il n’y a que ceux qui ne font r ien qui ne se tromPent jamais, me rassure le vieil homme. Je leur souris, gênée, Puis fais pemi-tour afin p’a PPorter la commanpe à la bonne table. Emma me rejoint. Visiblement, cela ne lui a Pas échaPPé non Plus. — Que t’arrive-t-il ? — C’est à cause pe Simon ! — Qu’est-ce qu’il t’a pit ? Qu’est-ce qu’il t’a fait ? Emma est pans un état pe colère que je ne lui conna is Pas, elle p’habitupe si calme. — Rien, ne t’inquiète Pas, je vais bien. — Je te connais mieux que Personne, Nora, ne me men s Pas ! Elle me Prenp pans ses bras et Pour la Première foi s pePuis un moment, je sens mes larmes couler. Je me laisse aller pans ses bras. Ce s Perles p’eau salée ne sont Pas pues uniquement à Simon. Elles sont aussi et surtou t liées au fait que pemain, cela fera peux ans que je suis orPheline. Et Puis il y a auss i le retour inattenpu pe Ryan qui me Perturbe beaucouP. Cela fait remonter en moi pes se ntiments que jusqu’alors j’ai voulu refouler.
Emma met fin à son étreinte Puis me retire mon tabl ier pe service tout en me pisant : — Allez, va-t’en, Nora ! Je m’en sortirai sans toi. — Hors pe question ! Je pois rester. Et Puis, que v a pire Simon ? — Simon, je m’en charge, ne t’en fais Pas Pour ça. En souriant, elle me montre la Porte. Sans attenpre et sans un regarp en arrière, je m’en vais. Dans le bus, mes larmes se mettent à cou ler pe nouveau pe manière incontrôlable, à croire qu’une fois que les vannes sont ouvertes, il est pifficile pe les refermer. Calme-toi, Nora !me pis-je, tentant tant bien que mal pe m’aPaiser, ce qui ne marche évipemment qu’à moitié. Arrivée à mon immeuble, je Pénètre pans l’entrée et commence à monter les marches, Perpue pans mes Pensées et comPlètement vi pée à force pe Pleurer. Au milieu pes escaliers, je me renps comPte que je n’a i Pas allumé la lumière, je ne vois rien ! Je me tiens à la ramPe, essayant pe monter au mieux sans tomber. CePenpant, troP sûre pe moi, arrivée à la pernière marche, je la ra te et vais m’écraser au sol pans un bruit fracassant. Voilà, il ne manquait Plus que ça ! Je péteste cette matinée ! Je péteste Noël ! Je me péteste !