Eveil sensuel

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198 pages
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Description

Romance contemporaine - 378 pages


Et si vous étiez abandonnée à un parfait inconnu ?



Chelsea, fille d'un respectable avocat, est contrainte de cohabiter avec Franck, méprisant et hautain, afin de redorer son image ternie. Avec cet inconnu, pourtant complexée par son corps, elle va apprendre l'art de s'apprécier, jusqu’à s’ouvrir aux plaisirs sulfureux et libertins.



Pourquoi Franck, si mystérieux, s'évertue-t-il à la garder près de lui ? Chelsea va-t-elle parvenir à assumer ses désirs indécents et à faire face à une vérité qui pourrait remettre en cause ses certitudes et son avenir ?

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EAN13 9782379610455
Langue Français

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Éveil sensuel – 2 – Chelsea
Lola T.
Lola T. M entions légales Éditions Élixyria http://www.editionselixyria.com https://www.facebook.com/Editions.Elixyria/ ISBN : 978-2-37961-045-5 Photo de couverture : Blackday
Remerciements Comment ne pas vous remercier, vous lecteurs et lectrices qui avez fait du premier tome de cette trilogie, un succès. Je fus touchée de votre enthousiasme envers lui. J’ai donc écrit ce deuxième opus avec un peu de stress, espérant être à la hauteur de vos attentes dans ce deuxième tome. Elle est là à chaque étape de mon aventure, me guidant, m’aidant et me soutenant toujours avec une grande gentillesse, merci à L.S.Ange, mon éditrice, pour son implication. La couverture d’un livre est le premier reflet de l’histoire. Didier sait parfaitement mettre en valeur cet atout, merci à lui pour ces sublimes réalisations. Un merci également à Brigitte, Magali, et Flavye d’être les premières à me lire, à me rassurer durant mes moments de doutes et pour leurs implications. Catherine, tu es une personne extraordinaire aussi bien dans tes précisions que dans ta correction, moi qui te donne énormément de travail. Un grand, grand merci à toi.
À toutes les femmes complexées…
Mon père et moi n’avions pas de grande complicité, mais en l’observant dans cette salle de tribunal, je devais être honnête avec moi-même : il était un as dans son travail. Edouard Mathesson, avocat de renom, plaidait devant la Cour avec une assurance dont j’aurais aimé hériter. Autoritaire, hautain, calculateur, il ne faisait jamais rien si cela n’était pas à son avantage. Il imposait le respect. Il gérait sa famille, comme il gérait son travail : d’une main de maître ne faisant jamais de concession lorsqu’il ordonnait. C’est ce trait de caractère qui me mena dans cette situation des plus singulières. Moi, sa fille Chelsea, je lui causais bien des soucis. Impulsive, franche, aimant m’amuser, je salissais la réputation de la famille Mathesson, ce qui était inacceptable pour le grand avocat. Cela n’avait pas toujours été ainsi. Deuxième née, je fus longtemps invisible aux yeux de mon père. Mon frère avait toute son attention. Il devait se plier aux exigences de notre père et à sa volonté de faire de lui sa future relève. Pour cette raison, mon aîné fit une école de droit avec obligation, chaque week-end, de travailler avec notre père afin d’être à la hauteur de ses attentes. Edouard Mathesson était la fierté de ses pairs, il devait en être autant de mon frère. Une pression telle qu’un beau matin Christopher s’était enfui du nid familial. Ma mère, Violette Mathesson, perdit un peu de sa grandeur à cet instant précis. Le cœur brisé, elle resta silencieuse durant deux jours entiers, son chagrin était aussi immense que le mien. Je venais de perdre l’un de mes points d’ancrage. Il était la seule personne à me comprendre, nous passions des heures à refaire ensemble le monde. Il me confiait ses espoirs, je lui avouais mes tourments. Il enviait ma liberté, j’étais jalouse de sa confiance en lui. Un vide incommensurable se fit. Après son départ, ma vie bascula. Durant des années, mon père s’était focalisé sur son fils et son avenir. Pendant ce temps précieux, j’avais pu étudier tranquillement dans les meilleures écoles françaises de Londres, sans être ni observée ni jugée en permanence. Toute jeune diplômée en décoration d’intérieur, j’aspirais à prendre mon envol, loin de la demeure familiale. Je n’étais pas comme ma mère, je n’avais ni sa sophistication ni son élégance et ne souhaitais pas arrêter mon activité professionnelle pour une vie maritale bien rangée. D’ailleurs, je n’envisageais absolument pas de m’unir à un homme. Ce que j’aimais c’était croquer la vie à pleines dents avec ma meilleure amie Roxane, personne non désirable aux yeux de mon père, car d’un revenu trop modeste pour lui. Il ne pouvait concevoir que sa fille, si bien née, puisse autant aimer danser dans une soirée où l’aristocratie se réunissait, que chanter avec ses amis sur un karaoké, dans un bar miteux de la capitale. J’étais en permanence tiraillée entre mon éducation, ces principes et cette envie de vivre sans contraintes. Je ne reniais pas ma condition. J’acceptais le vouvoiement envers mon père par marque de respect, une distance que ma mère, elle, ne souhaitait pas. Je ne reniais absolument pas mes privilèges, ils étaient une partie de moi, je ne trouvais simplement pas ma place dans ce monde aseptisé de tout hasard. Cette légèreté prit fin avec la fuite de mon grand frère. Soudainement, Monsieur Mathesson se souvint qu’il avait une fille et qu’elle devait dorénavant se comporter comme une digne héritière. Il se mit en tête de m’interdire de sortir avec mes amis, et décida qu’il était temps pour moi de trouver un mari. À ses yeux, toute mon éducation était à refaire, il s’attristait de voir que j’étais très loin d’avoir les qualités de sa femme. Ma mère était une personne que l’on aimait fréquenter, souriante, à l’aise, d’une beauté incontestable. Elle avait cette élégance qui me faisait défaut, cette façon de se mouvoir et d’attirer la sympathie qui m’était étrangère. Ce mal-être permanent en moi accentua mon
caractère. J’étais bien trop franche, impulsive, alors qu’elle était douce et prévenante. Lors des réceptions, je restais en retrait et personne ne s’intéressait à ma présence. Je n’aimais pas l’hypocrisie qui s’y dégageait. Avec Roxane et mes amis moins collets montés, je trouvais ma place. Ma mère acceptait mes fréquentations et ne me faisait jamais de reproches. A contrario, mon père commença, lui, à m’en faire chaque jour. Rien de ce que je faisais ne trouvait grâce à ses yeux, même ma façon de m’habiller était ouvertement critiquée. Très complexée, je ne portais, certes, ni tailleurs ni robes cintrées. Fait que j’assumais pleinement. Pour pallier cette nouvelle sévérité envers moi, je le défiais en permanence sortant jusqu’aux aurores, fréquentant uniquement des endroits proscrits. Au fur et à mesure que mes excès s’accentuaient, de nouvelles discordes entre mes parents apparaissaient. Je n’étais pas étrangère à la mauvaise humeur qui régnait, mais rien ne m’arrêtait. Jusqu’à ce que je me retrouve en garde à vue, à cause d’une bagarre dans un bar un samedi soir. L’avocat qu’était mon père me fit sortir rapidement, mais ne put empêcher les gros titres dans la presse. À cet instant, même ma mère n’essaya plus de me soutenir. J’étais assez honteuse de l’image que je renvoyais de ma famille. Mon père bafouait ses serments de mariage dans les draps de nombreuses femmes, ce qui faisait résonner fréquemment les sanglots de ma mère. Pourtant, elle fermait les yeux sur ses infidélités, tant que cela n’agrémentait pas les conversations de salon. Elle tenait à l’image que donnait sa famille, elle qui vivait dans l’ombre de mon père. Pour dissimuler la fuite honteuse de mon frère, une année sabbatique pour découvrir le monde avait été annoncée. Rien de scandaleux ne devait filtrer. Je venais de la décevoir sur ce point. Une semaine après mon excès de trop, je fus convoquée dans le bureau de mon père. Ma mère, assise sur une chaise, me fit un léger signe de tête. Je fronçai mes yeux marron, accentuant la dureté de mon regard, le seul trait physique que nous avions en commun mon père et moi, un regard sombre, comme aimait à le souligner constamment ma mère. Intérieurement, je savais que cette conversation n’allait pas être en ma faveur. Et comme il le faisait dans un tribunal, mon père, les mains dans le dos, droit derrière son bureau, commença sa plaidoirie. J’étais l’accusée à qui l’on reprochait de salir le nom des Mathesson, de ne pas être à la hauteur de mon rang. Mon éducation trop longtemps négligée entachait ma réputation. Il était temps pour moi de rentrer dans le droit chemin. Si je ne pouvais qu’être d’accord avec ces faits, je ne m’attendais pas à la suite du discours. Partir loin de Londres devenait une obligation afin de redorer mon image. Et quoi de mieux que de le faire grâce à une relation amoureuse… J’écarquillai les yeux, prête à argumenter. Ma mère, habituellement compréhensive, me fit signe de ne pas intervenir, et j’appris que mon père avait conclu un échange de services, pour venir en aide à son ami et client, monsieur Alexandre Maréchal. Durant plusieurs mois, j’allais vivre à Paris — par ma mère française, j’étais parfaitement bilingue —, afin de jouer le rôle de la fiancée d’un homme très bien né, monsieur Franck Ryan. Ce monsieur, à trente et un ans, n’avait pas encore convolé, ce qui le desservait aux yeux de sa mère, une héritière très conservatrice. Dans la noblesse, l’âge de l’union n’était pas à négliger et monsieur Ryan paraissait déjà comme un vieux célibataire. Moi-même, à vingt-trois ans, j’aurais déjà dû être promise. Mon père voyait en cette occasion le moyen de me faire entrer pleinement dans l’aristocratie, de me résigner à accepter un avenir plus enclin à ses désirs, sans les faiblesses de sa femme, qui cédait à tous mes caprices, tolérant de moi l’inacceptable. Par la même occasion de faire oublier la vision, peu flatteuse, que les nobles portaient sur moi. En clair, je devais me racheter une conduite. — Cela est parfaitement injuste ! m’insurgeai-je. — Injuste ? hurla mon père en tapant du poing sur son bureau. Mon fils est quelque part dans la nature, et ma fille se permet de détruire, par un comportement enfantin, ce
que nous avons mis des années, sa mère et moi, à construire. Qui est injuste ici ? Je détournai mon regard vers celle qui m’avait toujours soutenue. Elle me fixa avec détermination, je compris à cet instant, que pour la première fois, elle n’était pas encline à me venir en aide. À mon âge, j’étais bien consciente de ne plus avoir à obéir à mes parents si tel était mon désir. Mon refus me chasserait immédiatement de la maison, me faisant perdre mes privilèges, et ma mère perdrait alors ses deux enfants. Je refusai d’être à l’origine d’un nouveau chagrin qui pourrait causer sa perte. Je relevai le menton et jaugeai mon père avec mépris. Cet homme qui m’avait ignorée durant bien des années m’écartait une nouvelle fois de sa vie, déjà victorieux, obtenant par voie différée ce qu’il désirait depuis le départ de mon frère. Une fille modelée à son image. D’une voix plus douce, il reprit la parole. — Afin que tu ne te sentes pas prisonnière et lésée dans cet échange, Monsieur Ryan t’offre, en remerciement, un travail. — Un travail ? répétai-je. — La décoration de son premier établissement. Remerciement ! Ce mot laissait un goût amer dans ma bouche. Néanmoins, je trouvai en ce point, la façon de retourner la situation à mon avantage. La parole de mon père n’ayant aucune valeur à mes yeux, je demandai des garanties. — J’accepte, père, répondis-je le menton toujours relevé, à condition que cet accord soit signé avant mon départ. — On ne négocie pas avec moi, fillette. Ne vois-tu pas que je te fais là une grande faveur ? Bientôt, tu auras retrouvé ta réputation, entachée par ta futilité et tu gagneras un peu d’expérience. Si tu pouvais également apprendre à te mettre en valeur, cela serait un bonus très appréciable. Blessée, je fis comme chaque fois que cela arrivait, de mon attaque, ma défense. J’avais une franchise abrupte qui pouvait déconcerter. Je le savais. — De plus, ajoutai-je en gardant ma détermination, si ce projet aboutit, qu’il m’ouvre la porte de la vie professionnelle, vous l’accepterez et me laisserez vivre mon existence comme je l’entends. — Il n’en est pas question ! — Alors, je reste à Londres, m’écriai-je. Contre toute attente, ma mère intervint. Elle si discrète, si ancrée dans ses principes n’intervenait jamais sur une décision de mon père. — Édouard, tu peux au moins lui concéder ce point. Ne dis-tu pas toi-même qu’il faut assurer ses arrières. Ta fille ne fait que suivre ton exemple. Il grimaça, et après un temps de réflexion, accepta du bout des lèvres. — Uniquement si ton image est de nouveau sans failles et avec un homme à ton bras cela serait encore plus avantageux pour toi. Je lui fis un léger sourire. Je refusai le mariage. Depuis ma naissance, les hommes avaient été source de déception pour moi. Mon père était très éloigné de l’image paternelle que je me faisais, mon frère m’avait lâchement abandonnée, quant à mes anciens prétendants, ils s’évertuaient bien plus à entrer dans les bonnes grâces de mon père que de répondre à mes besoins. Avec tristesse, je fis part de cette décision à Roxane, qui me promit d’être toujours là en cas de besoin, elle allait terriblement me manquer. Je perdais, avec elle, le dernier de mes repères. Mes jours à Londres furent comptés. Mon père termina sa plaidoirie sous le
brouhaha de la Cour. Les juges se retiraient pour délibérer. Une fois que la foule fut sortie, je me dirigeai vers lui. — Pensez-vous avoir remporté ce procès ? Combien de fois avais-je vu son nom à la une des journaux, après qu’il ait ruiné ou fait condamner l’accusé. Avocat d’une clientèle très sélecte, il était hors de prix et impitoyable. — Bien évidemment. Il sortit les documents concernant notre accord, que je lus furtivement avant de signer. — Ne fais pas d’esclandre inutile à Paris, murmura-t-il avec un léger sourire. Sous ce trait d’humour, je lui fis une légère grimace et rejoignis mon chauffeur. J’étais fiancée par procuration en touchant le sol de Paris. J’attendais l’élu patiemment dans la galerie Maréchal, propriété d’Éloïse, femme d’Alexandre. Moi qui me passionnais pour l’aménagement et la décoration, je devais reconnaître qu’elle était parfaitement agencée. Lumineuse, les tableaux s’élevaient majestueusement, impeccablement mis en valeur autant par leur position, que par les lumières qui laissaient transparaître la pureté des lignes et des couleurs. Des œuvres abstraites d’un certain Bradley Delcourt. J’étais bien plus perplexe pour les statues érotiques qui, posées dans des endroits stratégiques, meublaient les espaces libres. Très explicites, c’était un challenge de les exposer ainsi. Elles pouvaient autant déranger que fasciner. Elles avaient en tout cas l’avantage d’attirer mon attention. Un peu en retrait dans une alcôve se tenait le bureau de la propriétaire qui m’observait en caressant son ventre arrondi. Elle était tout à fait le genre de femme qui entrait dans les critères de mon père. Vingt-deux ans, mariée à un joaillier réputé et talentueux, élégante et toujours parfaitement apprêtée, propriétaire d’une galerie d’art et bientôt maman. Je ne connaissais rien de mon futur prétendant, cependant, je l’avais vu en photo, et il dégageait une aura particulière. Grand, large d’épaules, des cheveux corbeaux et de beaux yeux marron foncé, il avait beaucoup de charme malgré la dureté de ses traits et la froideur de son regard. Comme madame Maréchal, il entrait parfaitement dans le moule de la haute société. Vivre près de lui allait être une dure épreuve. Je l’imaginais déjà avec ses manières et ses grands mots. Aucune simplicité, vivant en planifiant tout. Je soufflai longuement, me voyant ainsi contrariée, Éloïse se leva pour venir me rejoindre. En la regardant se diriger vers moi, d’une élégance parfaite malgré ses six mois de grossesse, j’étais certaine qu’elle avait été la maîtresse de mon père. Il n’apportait que rarement son aide. À moins d’en tirer un grand profit, et en l’occurrence, là, ce n’était point le cas. Je la détaillai plus longuement. Parfaitement apprêtée, blonde aux cheveux longs, avec de beaux yeux marron, elle était totalement à l’aise dans sa robe haute couture, perchée sur ses grands talons malgré l’avancée de sa future maternité. Nous venions du même monde, et seulement quelques mois nous séparaient, pourtant, j’avais l’impression d’être insignifiante tant elle envahissait l’espace de son éclat. Légèrement plus grande qu’elle, brune aux cheveux longs tressés sur le côté gauche, yeux noisette, en ballerines, jean et chemisier, je n’avais pas son aisance. Elle illuminait le lieu, me relayant au second plan. J’aurais aimé avoir autant de prestance, mais je n’étais pas à l’aise avec les formes disgracieuses de mon corps. Pour pallier ce problème, je restais dans la simplicité, dans des vêtements qui dérobaient ce que je souhaitais dissimuler. Les hommes ne se retournaient pas sur moi, je n’étais jamais le centre d’attention. Elle devait passer bien