Indomptable

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166 pages
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Description


Il y a parfois des questions qui restent sans réponses. Il y a des types qui ont le besoin de faire du mal aux autres pour se prouver qu’ils existent.



Et si de nos jours, un jeune PDG mondialement connu, bien sous tous rapport en apparence, n’était en réalité qu’un masque ?



Un peu trop sadique sur les bords, il aime pousser les gens dans leurs derniers retranchements. Pourquoi toutes les jeunes femmes qui deviennent son assistante disparaissent-elles sans laisser aucune trace ?



Dans ses locaux, seules ses règles comptent. Gare à celui qui les outrepasse...

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Ajouté le 04 novembre 2016
Nombre de lectures 258
EAN13 9782374471969
Langue Français
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INDOMPTABLE
Romance
Miley AARON
INDOMPTABLE
Romance
ISBN numéridue 978-2-37447-196-9
Novempre 2016 © Erato–EDitions
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PROLOGUE
« L’avantagede la nuit, c’est que les trottoirs sont déserts. J’aime cette solitude, parce que je peux être moi-même, sans avoir peur d’être jugée. » Ce soir, le ciel est dégagé et la lune éclaire les quais de la Seine. L’eau s’agite sous un petit vent froid. Avallon marche seule et shoote dans une canette vide. Nulle part où aller, perdue dans cette ville qu’elle déteste. Qu’est-ce qui lui a pris de quitter la maison ? Facile ! Elle déteste son beau-père et ses gosses qui hurlent toute la journée. Fraîchement débarquée de New York pour vivre dans une maison de la capitale française, elle a décidé de larguer ses attaches une bonne fois pour toutes. Sa mère n’a pas dû appeler la police pour signaler sa disparition, de toute façon il l’a toujours convaincue qu’elle n’est qu’une délinquante et que plus elle est loin du foyer, mieux les enfants se portent. Elle shoote à nouveau dans cette canette. Elle fouille dans son sac et sort son paquet de joints. Elle s’en allume un et se met à fumer. Elle prend une taffe puis expire. Elle a toujours aimé la nuit. Vous savez, ces trottoirs vides, qui vous donnent l’illusion d’être seule au monde ou d’être la plus forte. Le monde dort et vous êtes libres de rêver. De vous dire que personne ne pourra vous faire du mal. En fait, vous pouvez être qui vous voulez. Avallon aime la nuit pour son côté calme. Elle se dit qu’elle se repose quelques heures, le temps de souffler, pour mieux reprendre la route ensuite. Elle reprend une taffe et expire à nouveau. La jeune femme regarde les petites vagues créées par les courants d’air. Elle sourit. Qu’aurait été sa vie, si elle était restée à New York ? Si elle n’avait pas fui ? Son rêve se serait peut-être réalisé, qui sait. Ava rêve d’être écrivaine. Depuis sa naissance, elle s’est toujours sentie différente. Elle n’a jamais été acceptée par ses camarades de classe. Son truc à elle, c’était, et c’est encore, de vivre dans ses rêves. De s’imaginer toutes sortes d’histoires improbables et de vous les raconter comme si ça lui était arrivé ! Elle pourrait vous parler de tout et de rien. D’une histoire qui se passe au café d’en face, ou un récit se déroulant en Mongolie, dans les steppes. Lorsqu’elle rêve, elle a l’impression d’exister. D’être vivante sur cette terre et d’avoir enfin sa place. Le reste du temps, lorsqu’elle se trouve dans la foule, elle ne peut pas s’empêcher de se sentir différente. Il faut être honnête : elle aime vivre la nuit, va se coucher quand les autres se lèvent et déteste avoir des habitudes. Son truc à elle, c’est aussi de parler aux incompris. Vous savez les routards, les indignes. Elle se sent appartenir à ce monde. Elle aime parler avec eux de leurs voyages, de leur vision de cette société qui va droit dans le mur. Elle prend deux taffes cette fois-ci. Elle tremble. La jeune femme ne peut pas s’empêcher de se remémorer les coups de son beau-père. Son corps tout entier en porte les marques. Ses cicatrices, ses bleus ne sont que des rappels de ce cauchemar permanent. Si tu savais le nombre de fois où elle a prié pour s’en sortir. Personne ne lui a répondu, à part le diable. Il l’a regardée crever par terre. Il l’a regardée se faire battre. Tous ces coups, toutes ces claques qu’elle s’est prises pour rien. Elle n’a jamais rien dit, n’a jamais critiqué leur façon de vivre. Sa mère s’était juste remariée avec un taré qui aime l’alcool et la coke plus que tout. C’est lui qui lui a fait connaître cette merde que l’on nomme drogue et qui est devenue sa seule façon de s’oxygéner la tête, d’oublier quelques heures ce mal qui aime la dévorer depuis des années. Sa mère ne voit rien, préférant rester avec ce violent individu plutôt que d’être la proie de la solitude, qu’elle redoute tant. Au final, Avallon était peut-être une erreur de la nature. Il y a des jours où elle aurait aimé ne pas naître. Mais comme le dit si bien le dicton : « On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille. » Seule, elle continue d’avancer dans la nuit noire. C’est peut-être ce qu’elle sait faire de mieux.
Il y a pourtant une chose qu’il ne réussira jamais à lui prendre : cette faculté à s’évader, à s’inventer des histoires. Avallon a toujours rêvé et a toujours eu cette conviction que quoiqu’il advienne qu’elle aurait une vie meilleure. Elle sait qu’elle a cette force de réaliser ses espoirs. Les détracteurs, les hypocrites, elle s’en fiche royalement. Un jour, elle sera en haut avec les étoiles. Elle voudra briller pour tous ceux qui sont comme elle et leur dire que l’espoir n’est pas vain. Chacun peut accomplir ses rêves s’il s’en donne les moyens. Mais qui voudrait écouter une droguée, hein ? * Au loin, elle entend des voix. Finalement, les quais ne sont peut-être pas vides. Qu’importe, elle inspire une taffe et expire. Elle se sent si bien, elle oublie les problèmes qui la torturent quotidiennement. Si « la vie n’est pas le paradis », on peut tout de même se créer son petit havre de bonheur. Elle se sent légère, pense qu’elle est invincible. Les bruits se rapprochent d’elle. Elle n’a pas peur, au contraire. Les deux hommes en costard semblent contrariés. — Eh la fille en noir ! Tu en as un pour moi ? Je te le paye ! crie l’un d’eux. — C’est trente euros la dose, répond-elle spontanément. — Tu fais dans le cher ! Tant pis, j’en ai besoin. Tiens ! dit-il en lui tendant la somme. Avallon lui donne un joint. C’est la première fois qu’elle revend ce qu’elle achète. La vérité, c’est qu’elle a commencé à fumer cette saloperie à cause des coups de son beau-père. Ce n’est pas bon pour elle, elle le sait bien, mais c’est son seul remède face à la douleur et à la dépression. Avec ça, elle tient bon. Avec ça, elle survit. — Tu vends souvent ici ? demande l’homme. — Ça dépend, pourquoi ? — J’ai besoin de me fournir à cause du sale patron que j’ai, il faut que je me détende. — Ouais, ça peut se faire. Demain soir, même heure. — Tu peux m’en avoir combien ? — Combien tu veux ? demande Avallon comme si elle avait fait ça toute sa vie. — Un kilo. — Pas de problème. Par contre, je prends cinquante pour cent maintenant. — T’es dure en affaire toi. À croire que tu ressembles à notre bandit d’Evans. — Bon, partons. Ce soir, c’est toi qui conduis le patron. Alors, fais gaffe à pas te faire prendre, lui dit son collègue. Evans, ce nom lui dit quelque chose. Elle l’a déjà entendu quelque part, mais où ? Elle réfléchit quelques instants avant de reporter son attention sur les deux types qui se dirigent vers le pont pour regagner les rues. Elle ne s’en fait pas. On est à Paris et des dealers il y en a plein. Elle prend son briquet et reprend son occupation. * Un homme sort de la grande tour du quartier Montparnasse. Son fidèle garde du corps, un berger allemand noir et feu, le suit au pied. Sa limousine l’attend à quelques mètres. Son
chauffeur est au garde-à-vous, prêt à leur ouvrir la portière. Sa démarche rapide fait presque peur à l’employé. Généralement, lorsqu’il marche ainsi, c’est qu’il est en colère. Et, quand il est ainsi, on ne donne pas cher de la peau de ceux qui ont affaire à lui. Il ouvre la portière et les deux acolytes montent. La voiture démarre et prend la direction d’un luxueux hôtel parisien situé dans le quartier Rivoli. Ryan Evans, ce célèbre PDG d’une société multinationale de bus, pose son attaché-case sur ses genoux, l’ouvre et regarde une dernière fois sa présentation. Un grognement vient troubler sa lecture. Son chien semble menaçant avec son chauffeur. Qu’est-ce qu’il a fait pour mériter un tel avertissement ? Le bruit se fait plus agressif. Une odeur nauséabonde parvient à ses narines. Il regarde son compagnon qui ne lâche pas sa proie des yeux. Le lien est vite fait, l’odeur n’est rien d’autre que de la drogue. — Arrêtez-vous ! ordonne Ryan sur un ton menaçant. L’homme s’exécute. Il cherche une place et après avoir arpenté quelques rues, il se gare et arrête le moteur. — Que se passe-t-il, Monsieur ? demande l’employé, mort de peur. — Expliquez-moi pourquoi ça sent la drogue dans ma limousine ! hurle-t-il, sur un ton menaçant. — Eh bien c’est que… Je n’osais pas vous le dire, mais votre se… — Ma secrétaire ne touchera jamais à ces choses de son vivant, crie-t-il. Le chef d’entreprise sort alors brusquement, ouvre la portière et attrape son chauffeur par le col. Derrière lui, le berger montre ses crocs, signe qu’il est prêt à attaquer d’une seconde à l’autre. — C’est une droguée qui me l’a vendu sur les quais. C’est la première fois que j’en prends, je vous le jure ! — Ne me prends pas pour un con, abruti ! Je sais beaucoup de choses compromettantes à ton sujet, ne l’oublie pas, dit-il en lui donnant un violent coup au visage. Evans ouvre la portière et ordonne à son chien de monter à côté du chauffeur, histoire de mettre la pression à son employé. Il remonte et reprend la révision de sa présentation. — À ma conférence et plus vite que ça ! L’homme appuie sur l’accélérateur et file dans la nuit noire. Le PDG ne sera pas en retard. D’ailleurs, il ne l’a jamais été. Il a toujours un coup d’avance sur ses adversaires. * Ryan est assis sur son fauteuil en cuir noir, orienté face aux immenses baies vitrées du cinquante-huitième étage de l’immense tour. Il sourit. La conférence s’est déroulée à merveille et tous les journaux parlent de son nouveau modèle de bus dont la fabrication est maintenant imminente. Mais qu’importe, là n’est pas le plus important. Un sourire narquois s’inscrit sur son visage. Il a très envie de s’amuser. Qui va être sa prochaine victime ? Aucune de ses employées féminines ne fera l’affaire, elles ne sont pas assez divertissantes. Il repense alors à la junkie
ont lui a parlé son crétin de chauffeur. Une fille seule, sans défense. La victime idéale en soi. Son regard devient pervers. Il sait comment il va mettre son plan en place. Il se retourne et appuie sur l’un des boutons de son téléphone qui compose automatiquement le numéro de son assistante. — Que puis-je faire pour vous, Monsieur Evans ? — Faites venir le chauffeur qui m’a conduit hier soir. — Bien Monsieur. Quelques minutes plus tard, la secrétaire frappe et laisse l’employé entrer. — Que me vaut l’honneur de cet entretien, Monsieur Evans ? — Dis-moi qui est cette fille. — Elle n’a pas d’importance, je vous assure, dit-il alors que quelques gouttes de sueur commencent à couler le long de son front. — Réponds à ma question si tu ne veux pas finir au chômage. — Je vous assure, elle ne vaut pas le coup que l’on s’attarde sur elle. — Rappelle-toi, abruti… Je t’ai dit que je savais beaucoup de choses à ton sujet. Comme tu le sais, j’ai un ami commissaire divisionnaire. Donc, si je lui disais que tu consommes des stupéfiants, mais qu’en plus cela se déroule pendant tes heures de travail, que se passera-t-il ? Avec ton casier chargé, c’est direct au trou, dit Ryan, un sourire mauvais sur le visage. Il s’assied dans son fauteuil et fixe son employé droit dans les yeux. — Et puis, je n’ai pas ajouté que tes gamins seraient placés en foyer. L’homme est résigné. Il sait pertinemment que son patron tiendra parole. Il a enfreint les règles de l’empire, mais il a peut-être une chance de pouvoir réparer sa faute. Rares sont ceux qui en ont l’occasion. — C’est une junkie qui errait sur les quais. Je ne l’avais jamais vu auparavant, d éclare-le chauffeur, contraint et forcé. — Tu vas la revoir, je suppose. — Non Monsieur. Vous avez été très clair hier soir. — Bien. Alors je vais reformuler dans un langage plus adapté à ton cerveau d’incapable. Tu vas me ramener cette fille, qu’importent les moyens. Mes gardes du corps t’aideront dans ta tâche. Tu as jusqu’à minuit ! hurle-t-il. — Oui, Monsieur. L’homme salue son patron et sort du bureau. Il regrette à cet instant d’avoir accepté de travailler pour ce fou. Certes, il a besoin d’argent, mais il est chauffeur désormais et plus kidnappeur. Il pensait avoir tiré un trait sur son passé de voyou, mais cet enfoiré d’Evans le lui renvoie en pleine face. Néanmoins les ordres sont les ordres et ici, on se doit de les appliquer à la lettre. * Avallon attend au même endroit. Elle a réussi à avoir la commande. Il est vingt heures deux et il n’est pas là. Tant pis, de toute façon, elle avait déjà payé son dealer avec l’avance. Elle va revendre le shit à d’autres en plus cher pour essayer de se payer une chambre ce soir. Pas question de passer la nuit dehors. Elle s’annonce très froide et beaucoup de types louches
zonent dehors. La nuit dernière, elle a traîné dans les rues, espérant que quelqu’un vienne la chercher. Personne n’est venu. Elle s’est installée à une table au fond d’un bar, et a commandé des cafés toute la nuit pour rester éveillée. Au petit matin, elle s’est fondue dans la foule. Elle était triste et se sentait conne. Elle n’était rien qu’une pauvre droguée paumée dans cette capitale. En plus, elle n’a même pas ses papiers. Cet enfoiré les lui a pris. Elle n’est plus à ça près, tellement il lui a tout enlevé. Elle a l’habitude. Dans le fond, elle est juste une fille brisée, seule et incomprise. Elle n’a pas vu le danger caché dans l’ombre. Dans quelques secondes, c’est sa vie entière qui va basculer. Elle qui pensait avoir tout vécu est bien loin de se douter de ce qui l’attend. Jusqu’ici, ça n’était qu’un échauffement. Avallon va devoir se battre, si elle veut espérer pouvoir survivre. La limousine surgit à une vitesse folle. Elle fonce droit sur sa victime. Le temps qu’Avallon réalise qu’elle doit fuir, il est trop tard. La voiture l’a percutée et les hommes de main l’enferment dans le coffre de l’engin. « L’inattendu frappe souvent au coin de la rue »
Chapitre 1 : Un rêve brisé
« Pourquoi ne m’as-tu pas laissé fuir dans la nuit ? Je voulais simplementrêver, même si c’était la dernière fois… » Ses yeux cernés luttent pour ne pas se fermer. Malgré les liens qui blessent ses poignets, malgré la peur, Ava regarde droit devant elle et son regard exprime une combativité sans faille. C’est une battante qui n’a pas dit son dernier mot. Ryan sourit : le jeu n’en est que plus intéressant. Si la proie est trop facile, il la brisera d’un coup sec et il devra vite se trouver une nouvelle cible. Le chef d’entreprise veut quelqu’un qui ait du mental, qui soit apte à lui résister, afin de mieux la pulvériser ensuite.Réduire à néant une récalcitrante le plongera dans un état de jouissance extrême. Derrière cette vitre teintée, il observe sa victime avec convoitise. Combien de temps va-t-elle mettre avant de craquer ? Il s’assied dans son fauteuil et savoure sa tasse de café. Il a toute la nuit. Finalement, son chauffeur lui aura été vraiment utile, pour une fois. Ryan est beaucoup plus près qu’elle ne le pense. Il scrute chacun de ses mouvements, analyse l’expression de son visage, la cadence de sa respiration. Au cours de ses stages de développement personnel, son tuteur lui a appris à décrypter le langage non verbal qui nous renseigne sur les pensées d’autrui. Certaines mimiques et la posture de la jeune femme lui prouvent qu’elle est en train de perdre pied, qu’elle ne voit pas d’issue à la situation. Il jubile de la voir terrorisée, il aime que l’on soit à sa merci, c’est sa conception de la supériorité. Par reflex, Avallon commence à essayer de se libérer, mais rien n’y fait. Elle voudrait qu’on vienne la sauver. Mais qui le pourrait ? Elle n’a plus de maison, plus d’attaches… Elle a muré son destin en partant. Son âme reste torturée, elle ne peut pas s’empêcher de repenser sans cesse à son passé. Elle a envie de hurler. Elle s’est fait piéger comme une débutante. Sa respiration s’accélère, son destin est scellé. La jeune femme entend déjà son beau-père triompher, la haine se répand en elle, mais Avallon est impuissante. Non, elle ne veut pas retourner là-bas ! Encore moins maintenant et de cette façon… Il serait capable de la tuer. La punir définitivement pour cet affront. Elle se souvient de son nez cassé qui lui avait valu un passage aux urgences. Le tyran avait réussi à faire croire aux médecins qu’Avallon s’était battue avec un camarade de classe. Sa mère avait confirmé cette version, conformément aux ordres reçus. Elle comprit qu’elle serait obligée de fuir un jour ou l’autre. Pendant que les sévices de son beau-père se gravaient toujours plus au fer rouge dans son cerveau, l’espoir de la délivrance l’aidait à tenir debout. C’est ainsi qu’elle avait attendu le moment opportun pour se sauver de l’enfer. Alors qu’elle pensait être enfin libre, la voilà qui est replongée dans un autre cauchemar, séquestrée dans une pièce sordide. Ma belle, ce n’est pas ton médicament qui va te sauver cette fois, tu es seule. Seule face à toi-même, sauras-tu vaincre ton pire ennemi ? Je parle de toi chérie, pas du diable dans la pièce d’à côté. Tu as fui, mais hélas, la rue n’est pas un monde pour toi. Je sais combien notre âme peut se retourner du jour au lendemain contre nous. Si tu le bats, alors tu battras tout le monde. Résiste, je t’en prie. Sinon qui va survivre pour toi ? Personne ma belle. N’oublie pas que tu n’as plus de toit. Et si tu y retournes, c’est peut-être celui qui te roue de coups qui te donnera la mort. Il faut parfois combattre les ténèbres pour en sortir. Ma phrase peut paraître absurde, mais c’est souvent en touchant le fond qu’on peut espérer se relever dignement. N’abandonne pas. À cet instant, elle pleure, se débat. Son mental la torture, la démange. Encore un beau butin. Une belle marionnette avec qui jouer. Mais par quoi commencer ?