Internet mon amour

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328 pages
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Description

Dix-sept ans après avoir quitté la femme qu'il aimait, Bruno, journaliste free-lance en quête d'absolu, lance une bouteille à la mer. Un bref message laconique dans lequel il exprime à cette dernière son désir de savoir ce qu'elle est devenue et si le bonheur était au rendez-vous. Après avoir longuement hésité, Michèle, qui vit seule avec son fils d'une quinzaine d'années, lui répond en lui dévoilant une partie de sa vie d'après leur rupture. Les deux anciens amants ignorent qu'il s'agit du début d'une longue correspondance qui, grâce à l'instantanéité d'Internet, va leur permettre de se redécouvrir et de renouer, avec l'expérience, le fil d'un amour interrompu. Plus qu'un roman sur les possibles deuxièmes chances, "Internet mon amour" est une oeuvre qui nous parle du temps. Du temps qui nous transforme, du temps qui ne fait qu'occulter certains sentiments, du temps qui nous fait grandir, du temps qui n'apaise pas forcément toutes les blessures. Ainsi, entre Bruno et Michèle se joue, doucement, pas à pas, presque à contretemps de la rapidité que nous offrent les moyens modernes de communication, un patient réapprivoisement de l'autre... De même que se tirent, au fil d'un sondage précis des coeurs de ces deux personnages, ces bilans que nous sommes tous, à un moment, obligé d'entamer, pour savoir ce que l'on veut faire du temps qui nous reste.

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Date de parution 05 mars 2019
Nombre de visites sur la page 193
EAN13 9782748389623
Langue Français

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Internet mon amour
Lorenzo Patti Internet mon amour
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Pour Joséphine, À Yvonne,
« On ne devrait jamais repasser par où on est allé ».
Chapitre 1 TGV 7817, le 11 mai 2008 Cela faisait bien des années que Bruno évitait ce quar-tier. Les rares incursions qu’il s’octroyait dans ce territoire oublié étaient obligatoires. Motivées par un rendez-vous professionnel ou pour rendre visite aux quelques connais-sances qu’il y possédait encore. Combien de fois avait-il gravi cette série de marches interminables qui rebutait plus d’un touriste ou d’un autochtone du dix-huitième arrondis-sement ? Des dizaines de fois ! Des centaines de fois ! Même lorsqu’il rentrait, exténué, d’un de ces cours de « gym d’entretien » qu’il avait prodigué durant les années de galère, aux quatre coins de la capitale, pour arrondir les fins de mois, il s’était fait une obligation, un devoir de gravir la centaine de marches, qu’un soir, il avait décomp-tée exactement. Il s’était juré que même épuisé, avec une jambe dans le plâtre, il n’emprunterait jamais l’ascenseur. Réaction viscérale à la connerie d’une société dans la-quelle certains nantis paient, à prix d’or, le privilège de suer sur des « steppeurs ». Ces machines sophistiquées censées recréer les efforts produits lors de l’ascension d’un escalier. Les mêmes personnages que l’on retrouve sur les escalators mécaniques du métro, une fois sortis, douchés et pomponnés, d’un de ces temples modernes de la remise en forme. Montmartre l’effrayait car la probabilité de croiser Mi-chèle n’était pas nulle. Il ignorait si elle habitait encore ce sixième sans ascenseur dans lequel ils s’étaient aimés qua-tre années. Mais quelque chose, une espèce de sixième
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sens animal, lui disait qu’elle rôdait encore dans les para-ges. Il sentait sa présence invisible. Mais ce soir, tout était différent. Il avait rendez-vous avec Michèle. Après dix-sept années de silence ! Dix-sept années sans la voir, dix-sept années sans l’entendre, dix-sept années sans la lire et la respirer. Dix-sept années. Le temps de vivre et de mourir dans certains pays d’Afrique Noire. Et d’ailleurs ! Tout s’était déroulé simplement et facilement. Une évi-dence. La séparation avait été douloureuse et cruelle car con-trairement à la plupart des hommes (ou des femmes !) qui partent lâchement au bénéfice d’une rencontre, lui était parti seul. Pas pour une autre. Sans parachute. Sans s’abriter derrière la plupart des excuses bidons qui fleuris-sent souvent lors des ruptures et des séparations. Il n’avait pas peur de la solitude mais soif d’absolu. Pour lui, l’amour ne souffrait aucune concession. Com-promis, promesses de cons. Mensonges faits à soi-même et à l’autre. Refus de voir la réalité de la déliquescence. Il n’arrivait pas à comprendre comment deux êtres qui avaient vécu la formidable plénitude de l’amour pouvaient se résigner à l’encéphalogramme plat d’un bonheur fac-tice. L’amour était pour lui un moteur auxiliaire. Le carburant vital et créateur. La seule chose qui justifie de vivre. Qui n’a jamais été connecté à cette source lumi-neuse ne peut en soupçonner la puissance créative. Et destructrice… L’ange, amputé de ses ailes, avait eu beaucoup de mal à se redresser. Car la souffrance ne s’apprend pas. Aucune accoutumance. Seul le savoir qu’il existe une petite porte de survie, une issue de secours cachée quelque part dans un coin du cerveau, lui avait donné la force de se battre en
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