La vengeance de l'homme bleu

-

Livres
296 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description




Maladie professionnelle, chagrin d’amour, persécutions, racisme ordinaire, tous les détonateurs sont réunis en un seul homme pour déclencher une vengeance aveugle... et terrifiante.






Depuis environ un mois qu’il s’était fixé à Montrouge, celui que l’on appelait « l’Horreur » sortait régulièrement, à la tombée de la nuit, comme les chauves-souris ; il prenait les rues désertes, rasait timidement les maisons, cherchant le plus possible à se dissimuler dans l’ombre. La première fois qu’on l’avait aperçu, il avait provoqué un sentiment de curiosité inquiète, une sorte d’indéfinissable malaise comme on en éprouve à la vue de quelque chose d’étrange, d’anormal, qui épouvante et déconcerte. Puis, à la longue, la crainte avait fait place à l’aversion, l’aversion au dégoût.












La rumeur est une arme aux multiples tranchants. Sa victime peut être conduite à la plus extrême des réactions. Dans ce roman, Arnould Galopin, champion du roman populaire du début du XX° siècle, nous embarque dans une histoire aux indéniables résonances contemporaines. Avant-propos de Franq Dilo.

















Sujets

Informations

Publié par
Nombre de visites sur la page 11
EAN13 9791023403350
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0030 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Arnould Galopin La vengeance de l’homme bleu Roman Avant-propos de Franq Dilo CollectionPerle noire
Avant-propos
La grande menace L’imagination des hommes pour s’entretuer est fertile, sans limite semble-t-il. De la pierre lancée au gourdin, du napalm à la bombe H, la panoplie des armes, de tout temps, a été fournie. Quant aux microbes et autres bactéries, ils ont très tôt été appelés à la rescousse. Déjà dans l'Antiquité, les stratégies d'empoisonnement et de contamination de masse étaient pratiquées par les Grecs et les Romains à l'encontre de leurs ennemis. Des cadavres décomposés, différentes mixtures mortifères furent épisodiquement employés comme arme de guerre. La contamination des puits et des sources d'eau constitue une pratique {1} ancienne qui perdure encore aujourd’hui dans les conflits.
Le recours à ces procédés a été perfectionné et amplifié par le développement de la chimie et de la biologie On connait les ravages causés par l’emploi des gaz de combat durant le premier conflit mondial. Par ailleurs, des suspensions bactériennes furent spécialement préparées pour détruire hommes et bétail.Si à l’époque ces tentatives d'utilisation scientifique de l'arme bactériologique demeurèrent marginales et peu efficaces, l’idée a depuis lors fait son chemin.
Considérant que ces armes chimiques ou bactériologique étaient trop barbares, inhumaines en un mot, entrainant la mort dans d’atroces souffrances, les nations les prohibèrent (Société des Nations dans les années trente et l’ONU après 1945), il demeure que ces armes existent et sont encore utilisées de nos jours (Irak, Syrie…).
Mais plus encore que l'éventualité d'une guerre bactériologique, le danger vient du bioterrorisme et des risques d'atte ntats bactériologiques.
La probabilité d’attaques bactériologiques ne relève pas de la science-fiction.
L’eau, élément vital par excellence, tout comme l’air qu’on respire.
La Vengeance de l’homme bleu, nouveau titre donné àLe Bacille {2} d’Arnould Galopin , roman paru en 1928, brasse différents thèmes :
la recherche scientifique et ses accidents, l’amour fou et le chagrin de la rupture, la maladie professionnelle et l’ostracisme à l’égard de l’inconnu, du différent, de « celui qui n’a pas la même couleur de peau que la nôtre », la vengeance du savant fou au cœur pur de midinette en butte à la vindicte populaire. Le contexte de l’histoire se situe dans l’immédiat après-guerre 14-18, l’une des plus grandes boucheries de l’histoire de l’humanité que l’auteur a vécu. Sous les attraits d’un récit d’anticipation, il expose un danger auquel est exposé notre monde contemporain en proie au terrorisme aveugle de groupes déterminés.
Ainsi en 1984, dans le comté de Wasco en Orégon, des membres de la secte Osho Rajneesh pulvérisent sur les plats servis dans un restaurant de la ville de The Dalles des bactéries de salmonelle à l’aide de bombes aérosol entrainant une grave épidé mie de salmonellose et l’hospitalisation de 750 personnes.
En 1994, premier attentat au gaz sarin dans la ville de Matsumoto, dans la nuit du 27 au 28 juin, par la secte japonaise Aum Shinrikyō. On comptera huit morts et deux cents blessés. Cette même secte perpétra en 1995, un attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo. Celui-ci causera la mort de 12 personnes et en blessera plus de 5 500 autres.
L'Ordre du Soleil Levant, groupuscule néo-nazi, a été démantelé à Chicago. Il projetait de contaminer les réserves en eau de la ville avec plusieurs litres de bacille de la typhoïde.
À l’instar de la chimie de mort, la biologie morbide n’est donc pas en reste. Dans son ouvrageL'Histoire secrète des guerres biologiques, Patrick Berche, professeur de microbiologie à l'université Paris-Descartes, dresse un constat alarmant évoquant la potentialité évidente et les risques encourus par nos sociétés vulnérables en cas d’attaques bactériologiques, sans compter les accidents au sein des laboratoires de recherche. «Il est possible que nous ayons à combattre des microbes que nous aurons nous-mêmes créés. » déclare-t-il. Ainsi les progrès de la biologie permettent-ils de créer un bacille du charbon résistant aux vaccins, d'envisager des microbes mutants, voire une version transmissible par voie aérienne du VIH par exemple. Les armées des grands pays entretiennent des laboratoires ultra secrets qui effectuent toujours des recherches en dépit des interdictions internationales.
Mais le réel danger est sans doute plus diffus, puisqu’un individu isolé, un « loup solitaire », terme utilisé par les journalistes pour qualifier un terroriste isolé, est à même, à l’aide de peu de moyens, d’entraîner la mort massive de la population par l’introduction de substances contaminantes dans des installations mal protégées diffusant des matières à large diffusion.
Cette hypothèse n’est pas une prémonition de farfelus ou de romanciers en mal d’imagination. L’effroi nous saisit à cette évocation fort plausible.
Dans ce roman de bonne facture, Arnould Galopin sait nous alerter sur cette menace et nous communiquer la peur… la peur bleue !
Franq Dilo 2014
À la mémoire de mon père le docteur Augustin Galopin, professeur de physiologie, élève de Claude Bernard. A. Galopin
Il allait chancelant, comme un enfant, lugubre. Comme un fou... Devant lui la foule au loin s’ouvrait... Léon Dierx
I Il venait brusquement d’apparaître au coin de la rue et s’avançait d’un air las, le menton sur la poitrine, le visage enfoui dans un grand cache-nez de laine noire. Une femme qui faillit le heurter poussa un cri perçant et s’enfuit, affolée... Presque au même instant, de tous côtés, s’élevèrent des exclamations confuses : — Lui... encore lui !... — Oh ! l’horreur !... — Le monstre !... Il y eut une longue rumeur, un mouvement de recul e t instinctivement tous les visages se détournèrent. Pendant quelques secondes, il demeura immobile, fixant sur ceux qui l’entouraient deux yeux jaunes, humides et luisants, puis il poussa un long soupir et se remit en marche lentement... sous les huées... Au moment où il passait près d’un hangar en démolition, quelqu’un lui lança un plâtras qui s’émietta sur ses talons en un nuage de poussière blanche, et un gamin s’enhardit jusqu’à lui tirer son pardessus. L’homme se retourna et regarda l’enfant qui, terrifié, resta cloué sur place, bouche bée, les doigts ouverts. La foule s’était amassée, surexcitée, tumultueuse. — Si nous n’étions pas arrivés, il l’aurait certainement frappé, dit une femme avec un geste de menace.
— Bien sûr, reprit une autre... Tenez, pas plus tard qu’avant-hier, il a couru après mon petit, même qu’en rentrant chez nous le pauvre gosse a été pris de convulsions... Il avait eu comme qui dirait « les sangs tournés ». — Mais pourquoi ne l’enferme-t-on pas ?... On a bien enfermé le mendiant de l’avenue d’Orléans, vous savez, celui qui avait la figure brûlée et deux trous rouges à la place des yeux. — C’est vrai tout de même... pourtant il n’était pas aussi laid que celui-ci... >>
Pour consulter le catalogueSKA(Romans et nouvelles)
Une seule adresse : La librairie en ligne http://ska-librairie.net Le blog : http://skaediteur.net
{1} On rapporte que les autorités militaires britanniqu es auraient inoculé la variole à des civils de Québec en 1775 pour contaminer l'armée am éricaine qui assiégeait la ville ; que les Soviétiques pourraient avoir contaminé la Wehrm acht avec la tularémie en 1942, à Stalingrad, ce qui rendrait la guerre bactériologiq ue responsable de l'un des tournants majeurs du conflit. Enfin, que les Américains aurai ent largué des animaux atteints de la peste et de la maladie du charbon en 1952, en Chine et en Corée du Nord ; qu’aux Etats Unis, les attaques au bacille du charbon à l'automn e 2001 se seraient produites sans que l’on en découvre l’origine. D’aucuns évoquent un co mplot ourdis par certains activistes du complexe militaro industriel américain favorable s à l’intervention en Irak dans le but de détruire les armes de destruction massive détenu es par Saddam Hussein (qui n’existaient pas). Il est avéré que le conflit en S yrie a vu en 2013 l’utilisation d’armes chimiques nécessitant une intervention internationa le visant à démanteler les stocks.
{2} Arnould Galopin, né à Marbeuf (Eure) en Normandie l e 9 février 1863 et mort à Paris le 9 décembre 1934, est un écrivain français prolif ique, un maître du roman populaire extrêmement fécond et injustement oublié. Il obtien t en 1918 le grand prix de l'Académie française pourSur le front de mer, un roman sur la marine marchande pendant la première guerre mondiale. Il est l’auteur d’une fou ltitude d'ouvrages d’aventures pour la jeunesse, de romans de science-fiction dans le styl e de H.G. Wells et de Jules Verne, parmi lesquelsLe Docteur Omega (1906),La Révolution de demain(1909) et de romans policiers. Il a créé entre autresTénébras, le bandit fantôme, rival de Fantômas et de l'inspecteurAllan Dickson, l'un des prototypes du détective Harry Dickson, l e héros mythique de Jean Ray. Galopin a fait de Dickson le coéquipier de Sherlock Holmes dans L'Homme au complet grises enun des premiers pastiches de Sherlock Holm  (1912), français. Il a écrit enfin les aventures du gentlem an cambrioleur Edgar Pipe, rival de Raffles et d'Arsène Lupin qui connaîtra trois incar nations:Mémoires d'un cambrioleur retiré des affaires(1922),La Résurrection d'Edgar Pipe(1933) etLa Dernière incarnation d'Edgar PipePour en savoir plus sur Arnould Galopin, l  (1934). ire l’ouvrage dePierre ChevallierArnould Galopin, Homme de lettres – Romancier popu laire, 1863 – 1934, PGC éditions