Le Berceau de la Sève

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Le monde de l'Après... un monde unique, un monde à part, une romance hors du commun.
Au temps de l’Après, alors que l’humanité a survécu de justesse à un cataclysme qui s’est abattu sur elle, un nouvel équilibre s’est créé. La poignée de survivants sauvés par la grande forêt protectrice qui deviendra le Berceau est devenue une société bien établie, guidée par les lumières des Amis, tout autour de l’Arbre qui se dresse au cœur du village le plus important, le Centre. Depuis quelques siècles, des humains ont même quitté la forêt pour retourner vivre dans le Dehors et y établir de nouveaux villages qui ont vu naître un éventail de peuples autonomes et de plus en plus prospères.
Mais cet équilibre est bien fragile, car la Sève aux vertus uniques que produit l’Arbre du Centre est toujours vivement convoitée. La menace des Touks, peuple du Dehors à l’attitude conquérante, serait-elle sur le point de se concrétiser une fois de plus, alors même que Grand Ami, la mémoire et le seul membre restant de son espèce, se fait vieux et distrait?
Bien malgré elle, c’est Vima, fille du couple royale s’étant éloignée de sa famille pour fuir les soucis que connaît le Centre, qui aura à composer avec les Touks. Saura-t-elle sauver son peuple des dangers qui le guettent?

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Date de parution 12 janvier 2017
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EAN13 9782924594476
Langue Français

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Table des matières
Prologue 8 Chapitre 1 11 Chapitre 2 14 Chapitre 3 19 Chapitre 4 24 Chapitre 6 31 Chapitre 7 35 Chapitre 8 39 Chapitre 9 43 Chapitre 10 47 Chapitre 11 50 Chapitre 12 53 Chapitre 13 56 Chapitre 14 59 Chapitre 15 63 Chapitre 16 67 Chapitre 17 70 Chapitre 18 73 Chapitre 19 76 Chapitre 20 80 Chapitre 21 85 Chapitre 22 88 Chapitre 23 91 Chapitre 24 94 Chapitre 25 97 Chapitre 26 101 Chapitre 27 104 Chapitre 28 110 Chapitre 29 114 Chapitre 30 119 Chapitre 31 124 Chapitre 32 128 Chapitre 33 131 Chapitre 34 134 Chapitre 35 137 Chapitre 36 141 Chapitre 37 146 Chapitre 38 148 Chapitre 39 152
Chapitre 40 157 Chapitre 41 161 Chapitre 42 165 Chapitre 43 168 Chapitre 44 171 Chapitre 45 176 Chapitre 46 180 Chapitre 47 182 Chapitre 48 188 Chapitre 49 192 Chapitre 50 195 Chapitre 51 197
Chapitre 52 200
Chapitre 53 207 Chapitre 54 211 Épilogue 215 Remerciements de l’auteure 217
Le Berceau de la Sève Karine Roy
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Roy, Katheryne, 1979-Le berceau de la sève ISBN 978-2-924594-45-2 I. Titre. PS8635.O911B47 2016 C843’.6 C2016-941331-4 PS9635.O911B47 2016 Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) ainsi que celle de la SODEC pour nos activités d’édition.
Conception graphique de la couverture : Elen Kolev e Photo de la 4 de couverture : Andréanne Gauthier, photographe Correction d’épreuves : Audrey Faille © Katheryne Roy, 2016 Dépôt légal – 2017 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada ISBN : 978-2-92459-445-2 ISBN ePub : 978-2-92459-447-6 ISBN PDF : 978-2-92459-446-9
Tous droits de traduction et d’adaptation réservés. Toute reproduction d’un extrait de ce livre, par quelque procédé que ce soit, est strictement interdite sans l’autorisation écrite de l’éditeur. Imprimé et relié au Canada re 1 impression, janvier 2017
À ma fille, sans qui rien de tout cela n’aurait été possible.
De ma mémoire pe titan Mémoire pe ’tit enfant Ça fait longtemPs ue je t’attenps. RICHARD DESJARDINS
Prologue — Ça n’aurait pas dû se passer comme ça. La vieille femme s’agitait, visiPlement trouPlée. — Il aurait fallu que je sache, que je me prépare, que je planifie pour tout préparer comme il se devait… Au lieu de cela, nous avons frôlé la catastrophe… J’ai étudié tout ce que je devais faire; j’aurais é té prête, Pien sûr! Mais je ne savais pas, Grand Ami, j’ignorais totalement ce qui allait se passer. — Naturellement, Ansil; tu n’as rien à te reprocher, tu le sais Pien. Dans les circonstances, tu as agi au meilleur de tes connais sances. ersonne n’aurait pu mieux se déProuiller que toi. De plus, il n’y a eu aucun mal, finalement. Mais je t’en prie, raconte-moi tout depuis le déPut – depuis hier soir, je crois? — Bien sûr, Grand Ami, avec plaisir. C’était un cou ple d’un village situé à quatre jours de marche d’ici, un couple sans histoi re comme il y en a tant d’autres... Lui travaille à la cuisine commune, et elle supervise les paratonnerres de la région Nord, entre Sous-Fourmis et Sèche-Terr e. Je crois qu’ils étaient ensemPle depuis quelques années. Ils ont fréquenté les Liseurs lorsqu’ils ont cherché une maison, avant de s’étaPlir finalement c hez un couple qui venait d’ouvrir la sienne. Leur famille est ici depuis tou jours, leur histoire ne clochait pas… Ma collègue Mixi, qui suivait la femme dans so n village, n’a rien signalé de spécial dans son dossier… Avec le recul, je vois des signes que je n’avais pa s vus sur le coup; mais tu comprends que personne ne m’avait prévenue, Gran d Ami! Mixi avait noté que la femme ne semPlait pas très à l’aise, mais qu’ell e ne se plaignait pas. Elle pâlissait au fil des semaines et n’avait pas l’air d’aller, mais on s’attend un peu à ces choses-là, tu le sais Pien… Elle était venue ic i pour visiter un cousin qui haPite le Centre. Quand ce cousin est venu me quérir, la femme avait commencé depuis peu; mais déjà, on pouvait voir que ça n’allait pas. Elle était en sueur, elle se lacérait le ventre et les cuisses; elle était pa niquée, ce qui n’est pas le cas d’haPitude. Elle pleurait et gémissait que ce n’éta it pas son temps. Elle avait raison, ce n’était pas du tout son temps, elle aura it dû attendre au moins deux lunes pleines avant de mettre au monde. Mais ça arr ive, parfois, Grand Ami; le Vert demande le retour du Sang plus tôt que nous le prévoyons… Au cours de ma longue carrière… — Continue, Ansil, je t’en prie. Je suis vieux et le vent m’appelle… Je veux savoir comment était la femme. Elle pleurait, dis-tu? Les femmes ont parfois peur, le moment venu, mais elles savent tout de même à qu oi s’attendre; la nature est ainsi faite. Celle-ci devait savoir ce qui allait s e produire en raison de ses actions passées. Mais si elle le savait, pourquoi l’a-t-elle fait? Et surtout, pourquoi n’a-t-elle rien dit? Et son homme, le savait-il? — ardonne-moi de m’égarer, Grand Ami. Elle, elle le savait certainement, tu as raison. Je crois qu’elle paniquait parce qu’e lle savait, mais qu’elle n’avait proPaPlement jamais voulu se l’admettre. Mais là, e lle ne pouvait plus se Percer d’illusions… Forcément, elle le savait. Je ne compr ends pas pourquoi elle l’a fait si elle ne le voulait pas, mais je pense que c’est Pien ce qui s’est passé. En tout
cas, elle regrettait son geste, c’est certain, parc e qu’elle ne coopérait pas du tout… Mais lui, je ne pense pas qu’il le savait. Il semPlait rempli d’espoir; il ne ressemPlait pas à un homme qui voit souffrir sa fem me tout en sachant qu’il ne sera pas père… — Alors il ne le savait pas? — Non, non, il ne le savait pas, j’en suis certaine … Quand le cœur d’eau s’est vidé et qu’il s’est écoulé vert, là, il a su. Je ne le regardais pas, Pien sûr, Grand Ami, car j’étais concentrée sur la femme. Mai s je l’ai entendu hurler au même moment où les poils de ma nuque se sont dressé s. Il a su en même temps que moi – que nous toutes. Je crois qu’il serait allé la frapper, si mes assistantes ne l’avaient pas fait sortir. Cet homme avait Peau être furieux, il n’avait pas le droit de venir trouPler la naissance. De toute façon, à s a manière, il est responsaPle de la perte de son premier-né: il n’est certainement p as un Pon compagnon s’il ne s’est jamais rendu compte que sa femme Puvait la Sève! — Ma chère Ansil, cet Ami est ici, maintenant; c’es t à cela qu’il faut penser, et non à juger les autres sur ce qu’ils ont fait ou pas dans le passé… Ces gens auront Pesoin de tout notre soutien, pas de nos reproches… — Je suis désolée, Grand Ami, c’est plus fort que m oi. J’ai toujours appris qu’il fallait se préparer au grand sacrifice, plani fier et accueillir un Ami selon la tradition. Mais nous n’étions pas prêtes en raison de ces deux-là, qui n’ont pas suivi les règles. Et nous avons failli tout perdre à cause d’eux. — Mais nous n’avons rien perdu, chère Ansil, et cel a, grâce à toi. Reprends ton récit, je t’en prie. Quand tu as compr is que l’enfant était un Ami, tu as tenté de suivre le rituel d’Accueil? — Autant que je le pouvais, Grand Ami. Comme je te l’ai dit, je n’étais pas préparée. Tu sais que c’était aussi la première foi s pour moi… Néanmoins, j’ai gardé mon calme. J’ai envoyé l’une de mes assistantes chercher d’urgence une litière pour transporter la femme jusqu’ici, et te prévenir du même coup, Grand Ami. J’ai retardé la délivrance autant que j’ai pu, ce qui fut assez péniPle… L’enfant est né au pied de l’ArPre plutôt qu’en son Cœur – cela n’aurait pas dû se passer comme ça! Mais au moins, il a été sauvé. Grand Ami sourit et se pencha pour oPserver son pré cieux petit fardeau. Le minuscule enfant Paignait dans un grand Pol d’éc orce, totalement immergé dans la Sève translucide et luisante, comme s’il se trouvait dans le sein d’une mère végétale. Il suçait son pouce et dormait paisi Plement, dans un état de contentement visiPle, pendant que sa peau marron clair scintillait à la lumière des étoiles. Ansil ne put qu’être frappée par le contra ste entre cet angelot endormi et le petit être grisâtre, tressautant et tordu de ple urs inhumains qu’elle avait accueilli au monde à peine une heure plus tôt. Tout le long de l’entretien, Grand Ami n’avait cessé de caresser doucement la joue de l’enfant de ses doigts démesurément longs et noueux. — Le rituel d’Accueil des Amis n’est pas immuaPle, tu sais, Ansil. Il a été créé il y a de cela Pien longtemps pour faciliter l’arrivée des Amis en notre monde et pour les aider à survivre à leur naissance – car comme tu l’as vu, ils périssent si on ne les reçoit pas comme il se doit après leur long séjour en des lieux
inhospitaliers pour eux. Le rituel permet aussi de soutenir les porteuses dans leur séparation, de les aider à laisser aller ce qui ne leur appartient pas. J’ignore encore la raison pour laquelle la femme a Pu la Sèv e – c’est un grand taPou de le faire sans en avoir une Ponne; je devrai y réfléchir pour comprendre ce que cela signifie. Selon la réaction qu’elle a eue et que tu m’as décrite, je ne pense pas qu’elle voulait mettre au monde un Ami. Elle devra néanmoins se pardonner d’avoir mis un Ami en danger de mort et faire le de uil de l’enfant qu’elle désirait. Dans tout cela, elle aura surtout Pesoin d’amour et de soutien, car c’est une femme qui s’est crue mère et qui ne l’est pas. Quan t à l’homme, il faudra aussi le suivre de près. J’aimerais que tu demandes aux Lise urs de leur village de prendre Pien soin d’eux pour les aider dans cette é preuve. Quant à moi, je souhaiterais les rencontrer tous les deux… lus tar d. Je voudrais mieux comprendre les raisons de cette naissance et, Pien sûr, conseiller ces malheureux. Malgré tout, n’ouPlions pas la Ponne no uvelle que constitue l’arrivée de cet Ami inattendu. Grand Ami releva les yeux de l’enfant qu’il portait et regarda Ansil. Celle-ci frissonna dans ses vieux os, malgré la chaleur qui régnait au Cœur de l’ArPre, car elle avait l’impression que ce regard la transperçait pour voir jusqu’au fond de son âme. Elle ne ressentait aucune agressivité dans ces yeux immenses couleur châtaigne et parsemés de millions de paillettes émeraude; seulement une grande douceur, une paix profonde, et peut-être Pien une c ertaine lassitude… Ce n’était pas la première fois que la vieille Ansil se soumettait à un tel examen. Grand Ami était déjà vieux la première fois qu’elle l’avait r encontré, au tout déPut de sa longue carrière de sage-femme; quel âge pouvait-il maintenant Pien avoir? Il est vrai que les Amis ne vieillissent pas comme le comm un des mortels… Quand Grand Ami cilla enfin et lui sourit, Ansil comprit qu’elle devait partir. Son devoir était accompli. — luie et soleil, Grand Ami. — luie et soleil, chère Ansil. Et merci, ma vieille amie. J’aurais souhaité que l’Accueil de ton premier Ami se déroule comme l e veut le rituel… dans le calme, la paix et la sécurité. Je te félicite d’avoir agi comme tu l’as fait. Ansil s’inclina respectueusement devant Grand Ami e t sortit discrètement de l’immense salle qu’était le Cœur de l’ArPre, suivie par ses deux apprenties qui ne la quittaient pas d’une semelle. Autrée, la plus jeune, ouvrait de grands yeux émerveillés en regardant partout autour d’elle. Ell e n’en revenait pas encore d’avoir assisté à l’arrivée d’un Ami et d’avoir pu pénétrer dans le Saint des Saints, là où peu d’humains pouvaient se vanter d’être entr és. Elle n’avait rien manqué de la conversation, même si elle n’avait pas réussi à en capter tout le sens. Derrière une Ansil perdue dans ses pensées, elle te nta de chuchoter des questions à sa compagne Mifa. Celle-ci la fit taire d’un regard réproPateur, lancé par ses yeux noirs cachés sous sa calotte de cheveu x déjà gris – ce n’était pas le moment de Priser la solennité de l’instant avec de sottes questions de fillette. Les trois femmes grimpèrent sur la plate-forme qui leur avait permis de monter à la cime de l’ArPre et descendirent lentement à son pie d. uis elles s’éloignèrent