//img.uscri.be/pth/6d6451be85096570e6c558949dda23a95b3b63e4
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Marguerite et sa famille

De
122 pages
Après un repas bien apprécié, le jeune couple quitta le restaurant avec une énergie renouvelée. — Quelle est la prochaine étape de notre pèlerinage? demanda Clémentine. — Pèlerinage? demanda Christophe. Prenant sa main dans la sienne, Clémentine dit: — Tu sais, Chris, j'ai l'impression de faire un pèlerinage actuellement. J'ai l'impression d'être partie, non pas en lune de miel, mais à la découverte de moi-même, de ma famille. J'ai l'étrange impression que tout a été prescrit et prédestiné, et que les différents morceaux du puzzle sont en train de se mettre en place. As-tu jamais pensé à la vie comme un grand puzzle? Avec ce texte, Linette Arthurton Bruno signe un roman sur la famille et ses zones d'incompréhension... mais aussi un récit sur les Caraïbes et leurs drames, sur l'histoire et ses sursauts. Une triple perspective, qui conduit ainsi ce roman en terres nostalgiques, qui en fait une oeuvre où se jouent parallèlement une reviviscence des origines et une réconciliation. Par l'auteur de "Jonathan et Cie", une promenade sensible sur les sentiers de la mémoire caribéenne...
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Marguerite et sa famille
Du même auteur
Muriel Spark: Time in her Fiction, Littérature étrangère, Éditions Publibook, 2012. Jonathan et Cie, Enfants, Éditions Publibook, 2013.
Linette Arthurton Bruno Marguerite et sa famille Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0120045.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2014
Retrouvez l’auteur sur son site Internet : http://linette-arthurton-bruno.publibook.com
Chapitre I Marguerite rend visite à la Madone en Espagne
Mélancolique et solitaire, elle était debout devant la fe-nêtre. Elle frissonnait et serra son châle plus fermement autour de ses épaules. Il y avait des jours où le soleil lui manquait, le soleil des îles. Au loin, elle voyait la mer. Voir la mer la rendait toujours nostalgique, mais lui rappe-lait aussi ces histoires de personnes qui, à travers les siècles, avaient dû quitter leur terre natale et traverser des océans déchaînés pour commencer une nouvelle vie dans des pays éloignés. Elle pensa surtout au jour de leur départ précipité de Montserrat. Elle revoyait tous ces yeux fixés sur le rivage de la terre qu’ils quittaient ; le désespoir et le décourage-ment qui se lisaient sur tous les visages. Pour beaucoup, c’était un départ sans retour. Beaucoup ne verraient jamais plus leur île natale. Elle pensa à cette vieille dame qui ne cessait de dire : « L’histoire se répète », comme si elle n’avait plus la maîtrise de ses paroles, ou de ses pensées, comme si elle-même était l’histoire. Le volcan lui-même était l’histoire. Il ne faisait que refaire ce qu’il avait déjà fait, des siècles auparavant. Un sourire illumina soudain le visage de Marguerite au moment où elle se détournait de la fenêtre. Elle pensait à son fils, Jonathan, le seul qui ne sembla pas traumatisé par toute cette activité volcanique. Il se dit content de partir à la découverte du monde. Il s’était depuis engagé dans la marine et sillonnait les mers. Lorsqu’il était petit, il disait
9
toujours : « Je veux être un explorateur, comme Christo-phe Colomb. » Si Christophe Colomb naviguait dans les eaux des Ca-raïbes aujourd’hui, jetterait-il l’ancre pour descendre à terre afin de constater par lui-même les dégâts occasionnés par la Soufrière ? Se contenterait-il de passer devant l’île, comme il l’avait fait par un dimanche matin brumeux en 1492 ? Penserait-il de nouveau à la montagne Montserrat, en Espagne, qui abrite le sanctuaire de la Vierge noire, et demanderait-il à celle-ci de venir en aide à la population affligée de l’île de Montserrat ? L’histoire de la Vierge noire, telle qu’elle lui avait été racontée par sa grand-mère, avait toujours intéressé Mar-guerite. Selon la légende, la statue, taillée en bois noir par saint Luc, avait été emmenée en Espagne où elle avait été cachée des Maures dans une cave. Elle avait été redécou-verte par des bergers qui avaient aperçu une grande lumière et entendu de la musique céleste qui les dirigeait vers la cave où elle se trouvait. Toutes les tentatives pour la déplacer se révélant vaines, il fut décidé qu’un lieu de culte serait construit sur l’endroit même où elle avait été trouvée. Des milliers de gens grimpent depuis cette mon-tagne pour demander l’aide de la Vierge noire,la Moreneta,comme on l’appelle en Espagne. C’est ainsi que Marguerite, chaque fois qu’elle se trou-vait dans la tourmente, se tournait vers la Madone en disant : « Mère, dis-moi ce que je dois faire ! » C’est grâce à la Madone qu’elle avait pu faire face aux difficultés cau-sées par le cyclone Hugo, en 1989. C’est grâce à la Madone qu’elle avait pu traverser courageusement la pé-riode sombre qui avait suivi l’éruption du volcan en 1995. Elle avait plus que jamais besoin de l’aide de la Madone maintenant. Reprendre sa vie à Montpellier n’avait pas été facile, malgré le fait que sa belle-famille eût fait de son mieux pour les aider. Depuis l’éruption du volcan, son mari,
10