Rue Freta

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“1918. Renaissance de la Pologne. Le journaliste Jack Tarnowski part à la découverte du pays de ses parents.”



L’Europe célèbre la fin de la guerre. A Varsovie, le général Pilsudski proclame l’indépendance de la Pologne. Jack Tarnowski, journaliste américain d’origine polonaise, ancien combattant de l’escadrille Lafayette, part à la découverte du pays. 123 années après les partages, la Pologne est à reconstruire : à l’intérieur du pays, les divisions sont profondes et sur les frontières, les voisins, Russie bolchevique et Allemagne révolutionnaire, contestent l’existence même du pays.



Au cours de ses reportages, Jack va découvrir que la guerre n’est pas terminée en Europe. Il va rencontrer le général Pilsudski, et son premier ministre, découvrir la force et la détermination des Polonais à vivre libres, croiser les soldats perdus combattant dans les corps francs en Courlande, et les hommes de la Tchéka, la terrible police politique des nouveaux maîtres de Moscou. Il deviendra l’ami d’un patriote polonais et rencontrera l’amour. Il combattra aux côtés de ses nouveaux amis pour que la Pologne puisse exister. Et devra choisir dans quel pays construire sa vie, en Pologne ou aux Etats Unis.

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EAN13 9782368323649
Langue Français

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Annie SZUBA
Rue Freta
Roman
NOMBRE
Pour Alain, Pour Romain
« Un État polonais indépendant devrait être créé, qui inclurait les territoires habités par des populaons indiscutablement polonaises, auxquelles on devrait assurer un libre accès à la mer, et dont l'indépendance polique et économique ainsi que l'intégrité territoriale devraient être garanties par un accord international. » Président Woodrow Wilson 8 janvier 1918 – Congrès des Etats Unis
ChapitrePremier
C’est l’ivresse de la victoire. Après une guerre commencée dans l’exaltaon, sont venues quatre années ponctuées de succès et de défaites, d’espoir et d’effondrement pour arriver à ce jour, enfin, celui de la Victoire. Un homme au milieu de la foule se laisse porter par le torrent humain de ces milliers d’hommes et de femmes qui fêtent la victoire. Il est en civil décontracté, mais une certaine raideur dans sa démarche laisse penser que l’habit civil est récent. Il ne se sent pas différent des gens qui l’entourent et pourtant les autres le sentent différent, étranger. Il est grand, beaucoup plus grand que les gens qui défilent autour de lui. Son regard est assuré, direct, celui d’un homme qui a confiance en lui, prêt à affronter le vaste monde. Il s’est laissé dériver vers la Seine, vers la passerelle des Arts. Appuyé à la barrière, détendu, il a*end son ami. Son regard bleu s’a*arde sur les passantes et il leur rend leur sourire. Un sourire innocent et irrésisble ; seul son nez cassé laisse deviner une vie plus aventureuse que ne le laisserait penser son visage aux traits réguliers. Les hommes le regardent avec envie et les filles avec convoitise. Depuis l’aube, Jack se perd au milieu de la foule en liesse, ivre comme elle, de retrouver le droit de vivre. Fini la guerre, la mort et les privaons. La France a vaincu l’ennemi et chante sa joie. Et lui, Jack Tarnowski aussi a le droit de fêter la victoire. Il est heureux d’être encore en vie après ces mois d’incertude, d’angoisse et de peur. Il est sor vivant de la guerre, il a fait le job. L’escadrille Lafaye*e à laquelle il appartenait a subi de lourdes pertes ; mais rien de comparable avec l’hécatombe du chemin des Dames ou celle de Verdun. Pauvres Poilus, vicmes de l’enfer des tranchées, de la boue, des rats et des gaz mortels.
Quand l’affiche de recrutement des pilotes américains, « Join the Army Air service. Be an American Eagle » est sore, il était déjà engagé. A l’escadrille Lafaye*e, et il ne l’a jamais regre*é. L’escadrille aérienne rassemblait les volontaires qui, avant même que le pays entre en guerre, s’étaient engagés dans ce*e unité qui relevait des armées françaises. Elle avait été créée en 1916 à l’iniave de millionnaires américains reconnaissants pour le rôle de la France dans la conquête de leur indépendance. C’est avec enthousiasme qu’il s’était lui-même engagé. Il avait laissé Chicago, sa ville, sa famille, ses copains, son travail au journal pour comba*re à bord de ces étranges, fragiles et extraordinaires machines volantes.
Curieusement, quand il songe à la guerre, il pense toujours à l’escadrille Lafaye*e, pas à l’unité qui l’a remplacée, le 103° escadron de poursuite aérienne. Car avec la créaon de l’US Air Service et son recrutement massif de pilotes, les pionniers de l’escadrille Lafaye*e y ont été intégrés. Sans enthousiasme. Le côté aventurier chevaleresque semblant disparaître dans cet ensemble militaire bien structuré. Le plus difficile a été de perdre le nom, mythique, comme une perte d’identé. Le 103° escadron de poursuite aérienne, rien de très glorieux, l’a remplacée. Il a pourtant connué à faire son devoir et à abattre les avions ennemis.
Maintenant la guerre est terminée ; il s’en est sor et il va falloir penser à l’avenir. Il ne sait pas encore exactement ce qu’il souhaite. Ou plutôt, si, il sait, mais ce n’est pas facile. A la différence de nombre de ses amis, il n’a pas la nostalgie de Chicago et de ses buildings. Il ne veut pas rentrer tout de suite au pays. En fait il aimerait bien poursuivre la découverte de la vieille Europe, le pays de ses ancêtres. Et pourquoi pas aller en Pologne, le pays où sont nés ses parents. Mais pour cela, il lui faut trouver de l’argent, car il n’a pas un dollar en poche.
Au journal avant guerre, il traitait les faits divers, tout en bas de l’échelle des reporters, et des salaires. Mais son rêve, déjà c’était d’écrire autre chose, devenir un de ces journalistes, personnages extraordinaires, aventuriers modernes, qui le faisaient rêver. Il a conservé les notes qu’il écrivait le soir quand il rentrait sous la tente de l’escadrille, où il parlait des senments ressens, seul là haut, dans le ciel, la peur de mourir, ou de ne pas être à la hauteur, mais aussi le senment d’appartenir à un monde de privilégiés, celui des aviateurs, les princes du ciel, loin des pauvres troupiers ensevelis dans la boue des tranchées. Il y racontait les soirées où la communauté se ressoudait autour d’un verre, quand les hommes se retrouvaient, soulagés d’être encore vivants, et évoquant le souvenir de celui qui aujourd’hui n’est pas revenu. Oui, un jour je serai écrivain, journaliste au moins. Comme Mark Twain ou comme Richard Davis, qui a raconté la guerre du président Roosevelt à Cuba. On lira mes papiers, partout au pays. Le moment est venu de réaliser mon rêve, pense-t-il. L’Europe est en pleine reconstruction. Et la Pologne renait. Parfois, il aimerait être sans souci comme son ami, Sam, fils d’un important entrepreneur des chemins de fer de Chicago. Il n’est pas jaloux. Mais il reconnaît que ne pas avoir à se soucier de la fin du mois, c’est quand même une sécurité ! Son ami Sam Gaines. Ils ne se sont pas qui*és depuis deux ans, depuis qu’ils se sont rencontrés à Luxeuil, pete staon thermale française en Franche Comté pour faire leur classe. Originaires tous les deux de Chicago, ils ont rapidement sympathisé en se racontant leurs courses en pan à glaces sur le lac Michigan en hiver, ou en voilier en été. La seule différence, c’est que Sam possédait les pans et le voilier, alors qu’il devait louer ses pans, et se transformer en homme à tout faire au yacht club pour avoir le droit de barrer quelquefois. La guerre avait gommé ces différences et la peur au ventre partagée avait construit une amié solide. Sa rêverie est soudain troublée. C’est Sam justement. Hello Jack, on te cherchait ! Jerry avait raison, il pensait qu’on te trouverait sur la passerelle des Arts, à rêvasser ! Viens avec nous, on va faire la fête ! Les petes parisiennes nous attendent ! OK j’arrive, attends-moi !
Les deux amis se laissent entrainer par la foule compacte, immense, une marée humaine de centaines de milliers de Parisiens qui de la Baslle à la Concorde se déploie, sous des nuées de drapeaux et d’étendards. Les fenêtres des maisons qui bordent les rues et les boulevards, les voitures parculières, les taxis et les fiacres sont recouverts de drapeaux tricolores mais aussi de drapeaux des Alliés anglais et américains. Et quand on reconnaît l’uniforme de nos amis, ils sont pareillement acclamés, embrassés par une foule en liesse, ivre de folie. L’Allemagne a capitulé, l’Alsace et La Lorraine sont redevenues françaises, les soldats vont revenir. Aujourd’hui on oublie la mort, les drames, les mulés, ceux qui ne reviendront pas. Aujourd’hui c’est la joie, le bonheur et l’ivresse. Partout la Marseillaise est reprise en cœur. Le pays se réveille de quatre longues années de cauchemar. Et les deux amis bénéficient de deux semaines de permission qu’ils ont bien l’intention de mettre à profit pour s’amuser. Ils ne sont pas restés longtemps seuls. Au milieu de la foule, deux jeunes couse*es se sont approchées, sensibles à leur physique « exoque » et à l’ambiance de fête. En fin de journée, affamés, les deux amis entrainent leurs nouvelles relaons au Moulin de la Gale*e, rendu célèbre par Renoir et Van Gogh.
L’ambiance est à la fête, au soulagement d’être en vie, de savoir que demain on sera encore vivant, loin de la boue des tranchées et des vols sans retour. Après un délicieux repas bien arrosé, les deux couples retournent au milieu de la foule. A tous les coins de rue, des orchestres improvisés font danser les amateurs. Au carrefour de l’Odéon, un pet ensemble composé de Noirs américains joue une musique, différente, envoutante, un blues qui vous prend aux tripes, qui évoque avec intensité, l’esclavage vécu dans les champs de coton. Mais très vite les musiciens se reme*ent au diapason de l’humeur générale, et de leurs instruments surgit bientôt une composion éclatante de vie et de liberté, donnant à chacun l’envie de danser, là au milieu de la place. Ce n’est pas la première fois que les deux aviateurs américains entendent ces notes irrésisbles. Ils les avaient écoutées déjà lors d’une soirée interarmes où s’exprimaient des musiciens noirs. Jack se souvenait même d’une soirée à Londres où il avait entendu un de ces pionniers du jazz, Lonny Johnson qui se produisait au sein d’un petit groupe en tournée en Angleterre. Ce*e nuit, dans ce*e ville ivre du bonheur de vivre, la musique du nouveau monde est idéale, symbole d’un temps où partout en Europe les hommes cherchent à construire un monde nouveau, sur les ruines de l’ancien et de ses empires détruits. Tard dans la nuit, Jack et Sam ont raccompagné leurs jeunes amies dans un pet logement, caché au fond d’une cour, près de l’église polonaise du faubourg Saint Honoré. Lorsqu’au réveil Jack entend les cloches égrener les coups de huit heures, encore endormi auprès de la jeune femme dont il a oublié le nom, il se lève discrètement, et trouve son ami à la cuisine en train de boire un café. Ce café si noir, si fort, qu’il apprécie depuis ces années de guerre en France. Les deux amis hésitent à s’éclipser sans bruit, mais les deux jeunes femmes ne tardent pas à les rejoindre et à les mettre à l’aise, Quelle soirée mes amis, s’exclame la plus jeune, la blondine*e dodue, Julie*e ; celle qui avait choisi Sam ; dommage que l’on ne puisse se revoir ! Et pourquoi demande Sam, un peu interloqué quand même par ce congédiement assez inattendu après les abandons de la nuit, Parce que maintenant que la guerre est finie, nos fiancés vont revenir de la guerre, répond Noémie, sa sœur. Et que nous allons reprendre notre vie d’avant. Au cours de la nuit, les deux amis ont appris que leurs compagnes avaient un projet en commun, ouvrir un magasin de mode où vont se précipiter toutes les élégantes parisiennes impaentes de séduire leurs hommes de retour de la boue des tranchées. Alors on se quitte comme ça, demande Sam ? E h oui, on a passé un moment heureux ensemble, que nous n’oublierons jamais mais maintenant nous allons revenir à la sagesse et reprendre le cours de nos vies. Nous allons nous marier bientôt et oublier ces instants de folie. Sans même se consulter, les deux jeunes américains se lèvent pour saluer leurs conquêtes éphémères, soulagés finalement d’être ainsi libérés. En passant devant l’église de l’Assompon, le refuge de tous les polonais exilés dans la capitale française, Jack saisit le bras de son ami, Je préfèrerai que l’on se retrouve plus tard ; j’ai quelqu’un à voir maintenant, mais je ne sais pas s’il est libre et combien de temps durera notre discussion ; si tu veux, on se retrouve au café de la Paix en fin de journée, d’accord ? Je le connais ? Pas une autre femme, quand même ! s’exclame son ami en riant,
Non, c’est autre chose, lui répond-il, légèrement agacé, Et bien sûr tu ne peux pas me dire qui tu vas rencontrer, Pas pour l’instant, je t’en parlerai plus tard ! Bon alors à ce soir, lui je*e Sam, déçu de ce qu’il prend pour des cachoteries inules de son ami. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Jack lui révèle involontairement son jardin secret ; il s’est rendu compte depuis qu’il le côtoie tous les jours que son ami est plus compliqué qu’il n’y paraît. Toujours prêt à parciper à d’intenses moments de défoulement, ou à de franches rigolades, il est aussi capable de s’isoler pendant des journées entières sans jamais s’en expliquer. Jack s’éloigne sans a*endre la réponse et se dirige vers l’édifice religieux. Il entre dans la nef et s’assoit sur un banc dans la pénombre. En réalité, il a*end que le curé qui officie actuellement au confessionnal soit libre. Il a besoin de lui parler. Car cet ecclésiasque en réalité est son oncle. Le frère de sa mère qui a qui*é la Pologne il y a plus de cinquante ans, pour échapper à la répression des soldats russes après la dernière insurrecon sanglante et vaine contre le tsar. Il faisait pare des amis proches du leader Brzoska, prêtre et responsable polique, pendu après l’échec de l’insurrecon. Sa famille a toujours entretenu une correspondance suivie avec son oncle et depuis qu’il est en Europe, il est venu le voir plusieurs fois. Aujourd’hui, il a besoin d’un conseil. Il a besoin de savoir si l’idée qui commence à se faire jour dans son esprit mérite d’être poursuivie. Jack a*end longtemps ; le nombre de pénitents semble infini ; y aurait-il tant de péchés commis dans la ville, s’étonne-t-il en souriant intérieurement ? Puis il pense à la rencontre qu’ils ont faite hier avec Sam ; peut-être qu’elles sont nombreuses les épouses et fiancées à vouloir se me*re en règle avec l’église et leur conscience ! Finalement, après presque deux heures d’a*ente qu’il a mises à profit pour préparer les arguments à opposer à son oncle, celui-ci sort enfin du confessionnal et Jack se dirige vers lui. Le vieux curé reconnaît son neveu et le prend dans ses bras affectueusement. Je suis heureux de te voir, Jack. J’ai prié le ciel pour que tu t ‘en sortes indemne et Dieu m’a entendu, lui dit son oncle. Qu’est ce que tu deviens ? J’ai besoin de te parler, oncle Andrzej ; est ce que tu pourrais m’accorder quelques instants ? Bien sûr mon neveu, je suis heureux que tu aies pensé à moi, pour t’aider. Allons dans la sacristie, nous ne serons pas dérangés. Les deux hommes se dirigent vers la pièce qui sert de bureau au prêtre et ils s‘installent autour de la table. Alors qu’est ce que je peux faire pour toi, Jack ? Jack semble hésiter au début, puis peu à peu, son ton devient de plus en plus assuré Voilà, comme tu le sais, la guerre est maintenant finie et je devrais bientôt être démobilisé et rentrer au pays. Seulement, je ne suis pas prêt. J’ai envie de voyager un peu en Europe. En fait, je pensais à aller en Pologne. Maintenant que le pays fête sa liberté retrouvée, j’avais envie de le découvrir. En tant qu’apprenti journaliste je me disais que raconter le pays de nos ancêtres pourrait intéresser les habitants d’origine polonaise de Chicago. Bon, il faudrait que mon journal l’accepte mais je peux essayer de leur demander.
Au fur et à mesure de la discussion, son débit s’accélère, ses yeux brillent de passion. Il est convaincu de la justesse de son projet, parler de la patrie restaurée aux Polonais de Avondale, la petite Pologne de Chicago, le quartier de sa jeunesse. Son oncle l’a écouté sans intervenir. Quand il prend la parole, son regard bleu à la douceur innocente sonde le jeune homme jusqu’au fond des yeux. D’une voix douce, il demande, Qu’est ce que tu attends vraiment de moi ? Je pense que tu as déjà pris ta décision, non ? Son oncle a raison. Son projet est bien arrêté et si hier encore, il était hésitant, le moment passé dans l’église ce man, l’a convaincu de la justesse de son choix. Alors il lui faut exprimer la véritable raison à son oncle. E n fait j’ai besoin de toi. Je voudrais un mot d’introducon pour rencontrer les héros de l’indépendance, Pilsudski, Paderewski et leur entourage et je pensais que tu avais encore quelques relaons du temps de ta jeunesse. C’est vrai tu n’en parles jamais, mais maman m’a raconté tes exploits. Puis timidement, il ajoute, Je n’ose pas dire à maman que je ne veux pas rentrer tout de suite. Elle m’en a tellement voulu quand je suis par m’engager en 1916 que j’ai peur encore de la décevoir si je ne rentre pas. J’aimerais vraiment que tu m’aides, oncle Andrzej, s’il te plait. Tu sauras trouver les mots qui conviennent pour rassurer maman. J’ai des scrupules à ne pas rentrer tout de suite. Son oncle regarde a*endri ce grand jeune homme qui n’a pas hésité à devancer l’appel pour parr se ba*re à un moment où son pays n’était pas concerné par la guerre et qui maintenant hésite de peur de blesser sa mère. Alors il prononce les paroles que son neveu veut entendre : Ne t’inquiète pas ; elle comprendra que tu veuilles découvrir le pays des ancêtres ; puis elle n’est pas toute seule, ta sœur Clara, son mari ne sont pas loin d’elle. Elle n’est pas abandonnée. Alors, tu as raison de vouloir parr assister à la concrésaon de mes vœux de jeunesse quand je me suis ba*u contre les troupes du tsar pour la Pologne. Tu vas avoir la chance et le privilège de découvrir notre pays, en pleine renaissance. Vas-y. je vais t’écrire quelques pets mots pour t’aider là-bas. Mais avant de parr je te demande de rencontrer notre gloire naonale, Marie Curie, même si elle est devenue Française maintenant. Rencontre-la. Merci mon oncle, je vais prendre rendez-vous avec elle ; espérons qu’elle acceptera de me recevoir ! Et pour maman ? Il lui sourit et ajoute, Je saurai trouver les mots et rassurer ma soeur pour qu’elle ne s’inquiète pas pour toi. Oh merci oncle Andrzej ; N’oublie pas de venir me dire au revoir avant ton départ, et pas seulement pour les lettres de recommandation ajoute le vieil homme malicieusement ! Jack est impaent de retrouver Sam pour lui faire part de son projet. Au café de la Paix où se retrouvent les deux amis, l’agitation des serveurs est manifeste ;
Qu’est ce qu’il se passe demande Jack à son ami, en s’asseyant à sa table en vitrine du boulevard. Hier, Georges Clémenceau, le Père la Victoire, a regardéle défilé à l’étage au milieu des serveurs ; il paraît qu’il a été très généreux avec eux. Alors dis-moi, où tu étais toute la journée ? A quel mystérieux rendez-vous tu t’es rendu après m’avoir quitté ? Jack comprend que Sam a mal vécu sa promenade en solitaire et qu’il lui en veut encore. Alors genment il lui raconte son entrevue avec son oncle et le projet qu’il a imaginé avant de rentrer. Seulement Sam se montre plutôt réservé. C’est normal lui dit son ami, tu n’es pas d’origine polonaise, tu ne peux pas comprendre ; ça fait plus d’un siècle que nous a*endons la liberté pour notre pays, depuis 1795 exactement. 123 années, tu imagines ? Quand les Etats Unis venaient au monde, la Pologne disparaissait des atlas ! Je croyais que tu étais américain, se moque Sam ; Bien sûr que je suis américain, mais mes parents sont nés là-bas et j’ai grandi dans le souvenir du pays ; on parlait polonais à la maison ; la nourriture était polonaise, ma mère parlait toujours de Varsovie où elle était née, il ne se passait pas un jour sans qu’à la maison ne soient évoquées les souffrances du pays ! Tu ne peux pas comprendre. Tu es né aux USA comme tes parents et tes grands parents. Ta famille n’a que des souvenirs américains. Pour moi c’est différent ! Eh bien dis-moi quelle fougue, tu cachais bien ton jeu ! Alors qu’est ce que tu comptes faire exactement ? Aller à Varsovie pour obtenir une interview du général Pilsudski, héros de l’indépendance et la faire paraître dans le Chicago Tribune où je travaillais ; Et tu as l’accord du rédacteur en chef ? Pas encore ; j’ai peur qu’il soit récent. Si je l’avais en face de moi, je saurais le convaincre mais par câble, j’ai des inquiétudes. Mais je ne vais pas me laisser aba*re. Et pour commencer je vais lui envoyer un arcle sur Marie Curie, histoire de lui montrer ce que je peux faire. Il croit toujours que je suis apprenti, spécialiste des faits divers ! Et après, en admettant que tu arrives à Varsovie, qu’est ce que tu comptes faire ? Rentrer au pays et prendre sa place, bien sûr, éclate de rire le jeune homme, enfin pas tout de suite ! Et toi, demande soudain Jack à son ami ; quels sont tes projets ? Simples ! Prendre la suite de mon père dans l’entreprise ! Tu me l’as assez souvent reproché ; je suis un gosse de riche ! Bon qu’est ce qu’on fait maintenant ? On fête mon projet.
Après un solide repas au café de la Paix qui n’a jamais aussi bien porté son nom, les deux amis poursuivent leur exploraon de la capitale qui ne se lasse pas de célébrer la victoire de ses soldats. Ils profitent également de leur nouvelle liberté pour pousser jusqu’à la mer. Ils explorent les villes de la côte normande et à Deauville ils se rendent au casino.