Louise d'Armor: le monologue

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236 pages
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L'existence ne s'arrête pas à cinquante ans... du moins pour Louise d'Armor. Et quand certains se résignent à tout, cette femme, fruit de l'union de la terre et de la mer, toujours habitée par l'envie de dévorer la vie, quête inlassablement bonheur et épanouissement. Certes, Louise est confortablement installée; certes, elle est mère et mariée, mais tout ceci ne lui suffit plus... Spécialement le temps passé auprès d'un époux qui ne la fait plus vibrer... Et cette Bretonne d'aller toujours de l'avant, follement, éperdument, à la poursuite d'elle-même, prête à briser tous les tabous... Les amis, les amours, les emmerdes... Mille facettes du quotidien d'une Bretonne volcanique qu'A. Diouf dépeint dans ce roman qui a l'audace de mettre en scène la turbulente insatisfaction d'une femme d'âge mûr. Un personnage qui finit même par imprégner totalement texte et écriture, leur transmettant et sa force et sa légèreté, et son caractère et son impulsivité... Comme si un vent libertaire, d'émancipation, prenait possession de ces pages truculentes et savoureuses.

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Date de parution 25 octobre 2012
Nombre de visites sur la page 42
EAN13 9782748394986
Langue Français

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Louise d’Armor : le monologue
Du même auteur
Patchwork : des fragments de vie, éditions Publibook, 2010
Abdou Diouf Louise d’Armor : le monologue La femme qui chemine
Publibook
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À la femme…
« La Bretagne, c’est une âme plus qu’une région. On l’aime, on la quitte, on y revient. » Louise d’Armor, la Bretonne du 22, le regard pétillant, la crinière abondante, 90-65-90, comprenezH.T.P. (hanche, taille, poitrine), sémillante, le front haut et le menton en galoche, me confia, un jour, à moi, son ami venu d’ailleurs : « Au lieu de me plaindre de ma condition fé-minine, ou de la pénombre, je préfère cheminer vers la lumière ». Elle avait raison. Même si à chacune de ses prises de position, Louise d’Armor me déroutait. Son questionnement perpétuel la faisait cheminer, je perdais mes repères dans ses contradictions, en dépit de mon em-pathie. Au fur et à mesure que je lui tendais la main, elle reculait, tel l’horizon. Louise ne voulait pas incarner la permanence dans un monde versatile. Elle ne voulait pas choisir. Elle disait : « Faire un acte remarquable vaut mieux que d’être remarqué. » Louise d’Armor : « Je vais bien. Merci. Je veux tout… Et mieux… Pas plus. J’ai appris à dire non. Je vous ras-sure, je n’ai pas fumé du gui, je n’ai pas consommé de l’hydromel, la fameuse boisson des Celtes. Ma vie est un roman dont j’ignore la fin. Je ne ferai pas de saut de page. Les pages non lues ne seront pas tournées. Celles qui pa-raissent blanches ne sont pas vides pour autant. Le fil conducteur de ma vie n’est pas linéaire. Tant mieux ou tant pis. C’est selon. Je suis d’abord une femme, avec mes fêlures, mes ombres et mes lumières, particulièrement fé-minines, avec mes éclats de vie. Je suis Bretonne, c’est le terreau nourricier qui alimente les fluides qui coulent dans
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mes veines et qui sont responsables de mes éclosions… Et de ma sobriété heureuse. Française, c’est ma nationalité. Une identité qui me rattache à ce beau pays, divers et uni-que. Je peux me souvenir, mais je ne veux pas me relire. Je veux vivre chaque jour comme si c’était le dernier de ma vie. Ce qui est derrière moi et ce qui m’attend n’est en rien comparable à ce qui est en moi. » Surprenant, mais c’est tout Louise, avec ou sans sa particule. Une vraie va-lise à malices. Pugnace. Le ton est donné. Son franc-parler est sans concession. Elle le paie cher au quotidien : man-que de diplomatie pour les uns, blocages relationnels pour les autres… Mais le cas de Louise est un cas délicat. Elle connaît le poids des mots qu’elle lâche et qui cheminent. Toutes les vérités ne seraient pas bonnes à dire. Peut-être… Louise ouvre son cœur et ses bras au présent. Mi-prêtresse, mi-guerrière. Sa formule préférée est : « être dans ici, maintenant, dans la vie. » Née en baie de Morlaix en 1960, d’un père breton de Carhaix, Jean de son prénom. Un médecin militaire de carrière, avec des racines terrien-nes. C’est un taiseux. Il défend avec force les valeurs du travail, de la discipline, de l’amour de la patrie et une spi-ritualité laïque. Ses émotions sont contenues… comme chez beaucoup de mâles de sa génération. Il dit tout de même, dès qu’il en a l’occasion, ceci : « Après être fati-gué, on essaie d’aller encore plus loin. » Et il n’est pas du genre à lâcher le manche dès la première cognée. Difficile de savoir ce qu’il sent, ce qu’il entend, ce qu’il voit. Il y a du Tabarly dans ce monsieur. C’est un vent… La mère de Louise, Marie-Henriette –M.-H.– est native de Vannes. Elle est d’Armor (la mer en breton), plutôt intellectuelle dans sa posture. Elle se veut moderne, éman-cipée et citadine, un brin féministe. Il faut se la coltiner ou se la farcir, c’est selon. Un personnage contrasté comme la Bretagne. Plus ronde que carrée. La famille d’Armor est bercée d’un humanisme judéo-chrétien. Les parents de Louise sont aisés, plutôt dans les
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