Mémoires intimes
242 pages
Français

Mémoires intimes

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242 pages
Français

Description

La comtesse de La Chaux étonne par sa liberté de pensée. Ses "Mémoires intimes" témoignent à plus d'un titre de l'esprit des Lumières. Recueillir le témoignage à la source d'une aristocrate de province offre un éclairage unique sur la vie de campagne de la Basse-Normandie au XVIIIe siècle.

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Date de parution 30 octobre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140133893
Langue Français
Poids de l'ouvrage 10 Mo

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Exrait

Ses réflexions sur les problèmes du temps : santé, justice, éducation, mœurs, argent, fondations religieuses, sont pleines de finesse.
La Chaux sur la façon de se coiffer, de s’habiller, de se nourrir, de recevoir, de meubler sa maison, de se déplacer, de mettre les enfants au monde, bref, de remplir son rôle de femme, n’en sont pas moins
La comtesse de La Chaux étonne par sa liberté de penser et par sa
la langue délectable et surannée permet de les situer sans conteste au confluent du genre historique et du genre littéraire.
dans le secteur bancaire et financier. Cet ouvrage est sa quatrième publication, après un recueil de nouvelles, un essai biographique sur Proust et une monographie sur la station balnéaire de Carteret.
Photographie de couverture : Amaury Rosset. de couverture : Armoiries de René Charles Pierre de Montreuil (d’argent à trois rencontres de cerf de sable) et de son épouse Renée Françoise Olive Doynel de Montécot (d’argent à un chevron de gueules, acc. de 3 merlettes de sable, 2 en chef et 1 en pointe) surmontées d’une couronne de marquis.
Comtesse de La Chaux
MÉMOIRES INTIMES Fragment
Suivi de NOTES SUR LA MAISON DE MONTREUIL Extrait
Texte établi, préfacé et annoté par François Rosset
MÉMOIRESINTIMES
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-17999-5 EAN : 9782343179995
Comtesse de La Chaux MÉMOIRESINTIMESFRAGMENTSuivi de NOTES SUR LAMAISONDE MONTREUILEXTRAIT TEXTE ÉTABLI,PRÉFACÉETANNOTÉ PARFRANÇOISROSSET
AUTRES TRAVAUX DE FRANÇOIS ROSSET Marcel Proust et les Eyragues -Deux lettres inédites proposées et commentéespar François Rossetde suivi Marcel Proust et les cercles,essai(2002) Éditions E-dite La grande plage,récits et nouvelles(2002) Éditions E-dite «: coquetterie et quête d’identitéLe snobisme » ÉQUINOXES A graduate journal of french and francophone studies,Brown University, Providence, USA (2007) Éditions Équinoxes La blanche marine – Carteret et ses habitants – 18 juin 1940 -31 décembre 1964– Éléments pour une histoire de la Côte des Îles,2015Éditions OREP « Un gouverneur de Cherbourg sous la ligue : Michel de Montreuil, dit le capitaine de La chaux » 2010 inSociété nationale académique de CherbourgMémoires, volume XXXV 2013 p.261-288 « Proust et Maupassant - une dette non reconnue » 2019in Société Nationale Académique de CherbourgMémoires, volume XXXVI 2019 p.193-212
PRÉFACE Si lesMémoires Intimesexercent un tel pouvoir de séduction, environ deux cent cinquante ans après leur rédaction, c’est que sans jamais se départir d’une extrême pudeur, leur auteur sait faire partager ses émotions face aux événements les plus personnels de sa vie.Ses réflexions sur les problèmes du temps - santé, justice, éducation, mœurs, argent, fondations religieuses - sont pleines de finesse et nous gratifient çà et là de perles du plus bel orient. Recueillir en outre le témoignage à la source d’une aristocrate de province sur la vie dans une campagne reculée de e Normandie auXVIII siècle présente un intérêt certain. Car même si les modes d’existence à cette époque ne nous sont pas tout à fait inconnus, les commentaires de la comtesse de La Chaux sur la façon de se coiffer, de s’habiller, de se nourrir, de recevoir, de meubler sa maison, de se déplacer, de mettre les enfants au monde, de les élever, bref, de remplir son rôle de femme, n’en sont pas moins savoureux et instructifs. L’auteur se livre parfois à un réquisitoire d’une justesse irréfragable contre les faux-semblants et le double langage, qu’elle traque jusque dans sa propre famille. La comtesse de La Chaux nous étonne par sa liberté de pensée et par sa détermination à n’accepter pour guide que la raison. LesMémoires intimes témoignent ainsi à plus d’un titre de l’esprit du Siècle des Lumières. Mais la comtesse de La Chaux reste très attachée à la religion, sans laquelle les comportements les plus nobles ne traduisent pour elle qu’hypocrisie. Par respect pour son mari, dont elle laisse pourtant entrevoir sans se plaindre, même quand ils lui sont préjudiciables, les défauts et les erreurs, elle accepte de se plier à un joug familial – le despotisme de sa belle-mère est un sujet récurrent de cesMémoires- dont le lecteur pense qu’elle aurait pu se libérer aisément. Mais, imprégné de l’idée, assez nouvelle faut-il le rappeler, de l’égalité en droits des hommes et des
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femmes, dans un monde aux distances abolies par les moyens de communication, le lecteur peut-il être objectif vis-à-vis d’une femme née trois cents ans plus tôt, dont le voyage pour se rendre en chaise à Mayenne, ville la plus proche située à sept 1 lieues de chez elle, durait sept heures ?Renée Françoise Olive Doynel de Montécot, aînée de quatre enfants, naquit vers 1715, sans doute au château familial de 2 Boucéel comme ses frère et sœurs. Elle mourut à Argentan le 16 janvier 1796.Les Doynel (ils portent d’argent à un chevron de gueules) sont une famille très ancienne de Normandie ; le premier membre cité accompagna Guillaume le Conquérant en 3 Angleterre en 1066 ; il est à l’origine des O’Donnel d’Irlande .Le père de Renée Françoise Olive, Jacques Doynel, (voir planche I) deuxième marquis de Montécot, seigneur de Vergoncey, était le fils de René François Doynel, auteur de l’érection en 1695 du fief de Montécot en marquisat après y avoir adjoint des fiefs qu’il possédait dans le comté de Mortain, et celui de Boucéel assis dans la vicomté d’Avranches en la paroisse de Vergoncey. René François avait épousé en 1670 Anne Angélique d’Amphermet, fille d’Anne de Belloy et de René d’Amphernet, seigneur de Vergoncey, d’où venait la terre de Boucéel, président à mortier au Parlement de Bretagne.Sa mère, Honorée Thérèse Olive des Vaux de Lévaré (1698-1769) était issue du mariage en 1697 de René Gilbert des Vaux, marquis de Lévaré, et de Marie Thérèse Caille du Fourny.Son mariage avec René Charles Pierre de Montreuil fut 4 célébré le 16 décembre 1742 dans la chapelle de Boucéel.5 René Charles Pierre de Montreuil ,chevalier, seigneur de Neuilly-le-Vendin (Mayenne), Saint-Ouen-le-Brisoult (Orne), La Pallu (en Pré-en-Pail, Mayenne), le Bois Hamelin (en Neuilly-le-Vendin), Vaugeois, Thubœuf (sous Lassay-les-1 Environ trente-cinq kilomètres. 2  Les lacunes des Archives départementales de la Manche dues à la destruction de Saint Lô en 1944 empêchent de l’affirmer. 3 Cf.E. de Magny Nobiliaire de Normandie pp. 249 et sq. 4 Au lendemain de la signature du contrat. Voir en appendice le contrat et un extrait de l’acte de mariage. 5 Armes des Montreuil : d’argent à trois rencontres de cerfs de sable.
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Châteaux, Mayenne), la Béraudière (en Céaucé, Orne), Mondot 6 (en Villiers-Charlemagne, Mayenne) etc. comte de La Chaux , était né le 12 mai 1709 à Mayenne. Il était le fils de René 7 Charles Henri de Montreuil - dont la carrière militaire se termina avant l’heure du fait de la goutte dont il souffrait, après une campagne en 1706 dans les mousquetaires de la deuxième compagnie – et descendait de Michel de Montreuil, dit le capitaine de La Chaux, gouverneur de Cherbourg et bailli e d’épée du Cotentin, combattant des ligueurs à la fin duXVI8 siècle. Sa mère était Charlotte Tréton, dont la famille avait prospéré dans la métallurgie, avec, entre autres, les forges de Chailland dans le Bas Maine (la Mayenne d’aujourd’hui).René Charles Pierre, aîné de sa famille, venait de passer trois ans comme page à la grande écurie du roi lorsque son père mourut en 1728. Il se fit émanciper et ne semble pas avoir
6  DansLes seigneuries mancelles du Passais normand (Cf.Bulletin de la Société Historique et Archéologique de l’Orne, 1905, p. 291), le marquis de Beauchesne écrit : « Enfin, à une époque que nous ne saurions préciser, René Charles Pierre de Montreuil avait obtenu l’érection en comté sous le titre de La Chaux, des terres de La Chaux, de Vaugeois, du Bois Hamelin, de Neuilly, de La Pallu, des Vallées du Teilleul, de Mondot et de La Béraudière. » Dans Vaugeois et ses Seigneurs, paru dans le même Bulletinannées plus quelques tard, A. Lemaitre reprend cette affirmation : « Mettant à profit la grande faveur dont il jouissait à la Cour du Roi Louis XV, M. de Montreuil obtint un brevet de comte et l’autorisation d’ériger en comté sous le nom deComté de La Chaux tous ses domaines de Vaugeois, du Bois Hamelin, de Mondot etc… » L’auteur de ces lignes, pour n’avoir vu figurer ce titre, que la comtesse de La Chaux n’utilise jamais et qu’elle ne mentionne nulle part, sur aucun acte officiel, se demande si cette affirmation sans mention de source ne ressortit pas au caractère hagiographique de ce genre de monographie régionale du e début duXXcomtesse de LaIl retient cependant l’appellation de «  siècle. Chaux », utilisée par certains érudits, pour désigner l’auteur desMémoires Intimes, ne serait-ce quepour éviter des confusions avec sa belle-mère, Mme de La Chaux. En outre ce nom de La Chaux provient d’un fief que les seigneurs de Montreuil ne possédaient plus depuis longtemps (voir notre e travaildynamique seigneuriale de l’Ancien Régime au Une XIXsiècle – Le domaine de Vaugeois et ses détenteurs de 1585 à 1818, Archives départementales de l’Orne, cote 500 J 1033) 7 Voir planche II. 8 Les Tréton portent : d’azur à trois étoiles d’argent deux et un.
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