Né sans amour

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128 pages
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Je me nomme Kylian.


Toute mon enfance passée auprès de ma mère et de mes demi-sœurs ne fut que souffrance. Entre maltraitances et insultes, je n'ai jamais su ce qu'était l'amour. Un jour, suite à une enquête liée à ma première fugue, je fus placé dans une famille d'accueil. Ce fut grâce à cette famille qui n'était pas la mienne que je connus le sentiment que ma mère me refusait.


J'aurais souhaité rester parmi cette famille pour toujours, mais le placement provisoire terminé, je dus rejoindre ma mère qui me détestait. Le pire, fut lorsque je découvris que certaines familles d'accueils pouvaient être encore plus monstrueuses, en gardant des enfants uniquement pour l'argent que l'État leur versait, comme ce fut le cas pour les Thénard.


Entre fugues multiples et pensées suicidaires, mon avenir était incertain.
Pourtant, même si cela fut souvent très difficile, j'ai décidé de me battre, pour me prouver à moi-même que je n'étais pas une erreur de la nature, également pour montrer à ma soi-disant mère qu'elle se trompait totalement sur moi.

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EAN13 9791034807444
Langue Français

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Né sans amour
Claudine Deloget Né sans amour Couverture:Maïka Publié dans laCollection Electrons Libres,
©Evidence Editions2018
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Mot de l’auteur Je ne juge personne. Je transpose juste un récit em prunté d’une histoire malheureusement réelle. Peut-être aussi parce ce drame me touche de près, car il correspond en partie à une période vécue de mon enfance. De ce fait, je peux a!rmer connaître ce sentiment : celui de se sentir rejetée, comme une pestiférée. Pas par ma mère comme dans cette histoire (elle est décédée alors que je commençais à peine à cinq ans de mémoriser les liens créés entre une maman et sa petite 'lle). Mais, peu après son départ vers les étoiles, mon paternel nous présenta une autre femme. Une belle-mère, une mégère non apprivoisée… Une association de faits qui conduisit à la dissolution de ma famille par la DDA SS. V int ensuite une de mes tantes qui m’éleva sans jamais m’aimer comme elle aimait ses enfants. C’est pour cela que je me devais dans ce roman de prendre la place de ce garçon et de parler en son nom. (Les fautes grammaticales ou de syntaxe que vous pourriez rencontrer parmi les dialog ues entre enfants ou entre certains adultes peu évolués sont volontaires) MERCI À KARINE, DAMIEN et DANIEL
Prologue Jet-neuf ans le mois dernier. Physiquement, je n’ai rien à envier à cesm’appelle Kylian. J’ai fêté mes ving mannequins ou à ces Golden Boy, qui couvrent les couvertures de magazine. Il est d’ailleurs prévu que l’un d’entre eux me consacre prochainement un chapitre. Je suis grand, musclé à la juste mesure. J’ai chois i d’orner mon visage d’une petite barbe de trois jours puisqu’il semblerait que ce soit la mode. J’essaie de conserver mon allure comme telle. Mais je n’ai pas toujours ressemblé à l’homme que je suis. Actuellement en compagnie d’une charmante journaliste, assis dans un fauteuil de bistrot, dans un ang le à peine éclairé, tout en dég ustant chacun un « Monaco frappé », nous consultons un épais dossier, comprenant des témoignages, des articles de presse, des photos et divers courriers importants. Un dossier composé de documents acquis par un privé et auprès d’un tribunal. Ceci grâce à un avocat que j’ai largement remercié, tout comme le détective pour la peine qu’ils se sont donnée. Je n’ai nullement l’intention de déposer une quelconque plainte, mais, avant de me consacrer à l’interview de cette femme qui s’était proposé de graver sur un livre mes mémoires, je voulais seulement comprendre ce qui m’était arrivé. Comme le con0rme l’adage, l’argent arrange bien des choses. Mon but était de peut-être témoigner pour me reconstruire. Prouver que l’argent n’arrive pas toujours du ciel. D’autres que moi ont certainement connu pire existence. Néanmoins, durant mon enfance, j’ai traversé une période que je n’envie à personne. Aucun enfant désiré ou non ne mérite tel châtiment. Lequel d’entre vous, lequel d’entre nous, a désiré naître ? Je me revois à quinze ans : je suis seul dans la nu it, allongé sur l’herbe, sur une rive de la Marne. Je ré7échis. J’hésite entre vivre ou mourir… Devenu grand bien avant l’heure, je médite à savoir si ma vie vaut la peine d’être poursuivie jusqu’au bout. Rejeté par une mère, indigne de porter ce nom, je n’ai jamais connu mon véritable père. Il m’a renié avant même que je pousse mon premier cri. Maman ne m’en a jamais parlé, ou si peu. J’ai long temps eu du mal à me repérer dans ce monde injuste. J’étais seul, triste et amer. Que dire de ma mère ? Elle ne m’a jamais supporté. Une de ses phrases fétiches fut : «Que veux-tu que je fasse de toi, je ne t’aime pas ! » À croire qu’elle rejetait son passé sur moi. Comme si j’étais fautif de son incompétence. Elle-même semblait ignorer, parmi les prétendants, à qui attr ibuer ma paternité. Elle aurait, d’après elle, eu t ant d’amants, qu’elle ne pouvait a=rmer lequel d’entre eux fut à l’orig ine de ma naissance. Ce fut sans doute cette incapacité qu’elle me reprocha sans cesse en feignant de se comporter comme une véritable mère. Moi qui n’avais jamais souhaité naître. Moi qui, à quinze ans, pensais déjà à quitter ce monde sans pitié. Je pensais que les >énardier étaient issus de l’imag ination de V ictor Hugo, ce que j’appris au cours de ma courte scolarité, mais ils existaient vraiment. Je les ai malheureusement croisés. Je n’avais personne vers qui me tourner. Peut-être que du temps où nous n’étions que tous les deux, ma mère et moi, un bref instant sans amant, peut-être m’a-t-elle aimé sans s’en rendre compte ? J’étais trop petit pour me le rappeler. Elle, elle ne s’en souvenait plus du tout.
Chapitre premier Probablement que mon destin bascula ce jour où, alors qu’elle me promenait dans ma poussette sur une allée d’un parc euri, maman rencontra un homme sans distinction particulière. Il n’était ni beau ni laid. Un sans domicile xe qui prit place sous un des ponts de Saint-Dizier, ville haut-marnaise. Ce terrible destin a voulu qu’un jour cet homme se repose sur un des ban cs de ce parc public appeléLe Jard, traversé par un a&uent de la Marne qui porte ce nom. J’avais à peine deux ans, lorsque maman prit place à ses côtés et décida de l’aborder. Ayant au l du temps découvert que pour Nina, la timidité ne semblait pas l’incommoder, elle fit probablement connaissance de cet homme de la façon suivante : — Bonjour. Puis-je m’asseoir ? Il se pencha. — Bien sûr ! Vous avez un beau petit bout de chou. — Merci, il s’appelle Kylian, il va sur ses deux ans. Moi, je m’appelle Nina. Et vous ? Comment vous appelez-vous ? D’où êtes-vous ? Je ne vous ai jamais vu par ici. Moi, je vis à dix minutes d’ici, dans la rue de la V ictoire, au numéro quinze, au troisième étage. C’est un immeuble, bien qu’un peu vieillot, qui conserve un joli cachet. Ce qui lui manque, c’est un bon rafraîchissement. Un bon coup de peinture et il serait comme neuf. L’appartement en lui-même est très bien aménagé. Il comprend une chambre, certes pas très grande, mais j’ai réussi à y caser le lit du petit. Je n’ai plus de place pour tourner autour, mais ça va, j’arrive quand même à faire les deux lits. Je n’ai qu’une toute petite armoire pour ranger nos effets… Ce déballage de paroles en aurait fait fuir plus d’un, mais c’était elle qui était venue le rejoindre dans « sa chambre ». Il écoutait l’inconnue lui décrire son appartement, sans pouvoir placer un mot. — Je ne parle pas de la cuisine qui n’est qu’une petite kitchenette. J’ai une salle à manger qui peut servir de chambre en cas de besoin, avec un canapé clic-clac. Une petite salle d’eau composée d’un petit lavabo, une douche et des toilettes. Le lave-linge, je suis obligée de le laisser dans la cuisine tellement c’est petit, et dans ma cuisine, je n’ai même pas pu faire entrer une table pour y manger. Heureusement que j’ai réussi à caser la gazinière et le frig idaire, et bien sûr, un petit évier. C’est vrai qu’il est petit, cet appartement. Je cherche à déménager pour trouver un peu plus grand. La liste d’attente est grande. Vous comprenez ? Et vous, où habitez-vous ? — Je m’appelle Sylvain. Je loge partout et nulle part, avoua-t-il. — Non ? Vous me faites marcher ! — Hélas ! non. Je bosse. Je suis ouvrier dans une entreprise qui fabrique des tracteurs, mais les loyers sont tellement chers que je ne peux pas dormir dans un vrai lit. Alors je dors un peu partout, là où je peux, mais surtout pas trop près de l’usine. Je ne voudrais pas que l’un de mes collègues en parle au boulot. — Moi qui me plains de ma petite surface. Même si m on appartement est trop petit, ma salle est libre. Vous pouvez y dormir si cela vous intéresse. Oui, je sais, vous allez me dire que l’on ne se connaît peut-être pas encore assez, mais j’espère en savoir un peu plus sur vous. Si cela peut vous soulager, vous n’aurez qu’à me payer un petit quelque chose en guise de loyer, mais ce n’est pas nécessaire. Sylvain prit un court instant de réflexion.
— Je ne voudrais pas abuser. — Vous n’abusez en rien puisque je vous propose ma salle à manger et mon clic-clac. Et si vous craignez de me voir en tenue d’Ève, ou que je vous voie en celle d’Adam, toutes mes pièces possèdent une fermeture par clé. Si vous souhaitez voir avant de donner votre réponse, nous pouvons nous y rendre tout de suite, je vous offrirai un café. — D’accord, je vous suis. Environ cinq cents mètres à parcourir pour parvenir à l’immeuble dans lequel nous habitions, maman et moi. Dix minutes durant lesquels Nina expliqua ce à quoi devait s’attendre l’inconnu. Celui-ci pensait probablement que cette femme semblait peu farouche… — Je vous préviens, l’ascenseur est en panne depuis quinze jours. Avec Kylian, j’avoue que ce n’est pas pratique. De même quand je remonte les bras chargés, avec le petit en plus, ça fatigue. — Ce n’est pas grave, ça fait du sport. Mais je vais juste voir, ne vous faites aucune illusion. Il était impossible de monter la poussette au troisième. Nina préféra la laisser dans un petit réduit. Sylvain me prit dans ses bras pour gravir les étages, précédé de ma mère. Elle ouvrit la porte de notre log is et le pria d’entrer le premier. — Allez-y, posez Kylian sur le tapis de la salle à manger pendant que je vous fais le tour du propriétaire. Il ne risque rien. — C’est beau chez vous. Petit, mais bien agencé. — Merci. Comme elle lui avait déjà décrit dans le parc l’emplacement des pièces, elle ne prit pas beaucoup de temps. L’homme sembla apprécier les lieux. Il pénétra dans la chambre de Nina. Au milieu de la pièce trônait un lit deux personnes, accolé à un lit cage, recouverts chacun d’une couverture de couleur vert tendre. Les rideaux étaient assortis, ainsi que la moquette dans un ton légèrement plus clair. Sylvain t rapidement le tour de la pièce, voulut ouvrir une armoire. — Je peux ? demanda-t-il — Oui, faites comme si c’était déjà chez vous. Elle lui parut assez spacieuse pour ranger les eets de la propriétaire et de son ls. Deux petites tables de chevet étaient disposées de chaque côté du lit. Sur l’une était posé un réveil et sur l’autre g isait une carafe d’eau et deux verres, un simple et l’autre décoré, probablement destiné à l’enfant. De retour à la salle à manger, elle lui montre le « clic-clac ». — Plusieurs de mes amies y ont déjà passé la nuit. Elles m’ont toutes aÉrmé qu’elles y avaient bien dormi. Et puis c’est quand même mieux que de coucher sous les ponts ou sur un banc au risque de mourir de froid, de vous faire dévaliser, ou pire encore. — Oui, vous avez raison, mais je risque de vous déranger, je me lève parfois tôt, vous savez. Je travaille en équipe. — Ce n’est pas grave. — Si j’accepte, je tiens à payer une partie du loyer, et mes repas. Sinon, je ne prends pas. — Nous pouvons nous tutoyer, proposa maman. Tu pourras faire ce que tu veux, mais pas trop fort. J’ai des voisins. Après avoir effectué le tour du propriétaire, l’homme se laissa tenter. — D’accord, ça me va, mais je risque de vous, de te prendre beaucoup de place dans ton petit appartement. Tu es sûre que je ne te gênerai pas ?
— Si je t’ai proposé de venir habiter chez moi, c’est que tu ne me gêneras pas, alors tu es partant ? — Bien sûr ! Je le répète, à condition que je paie une partie du loyer et ma nourriture, sinon je rest e dehors ! — D’accord, d’accord, puisque tu insistes, j’obtempère. Dans ce cas, je veux que tu me préviennes le jour où tu ne pourras pas me donner quoi que ce soit. Rien de bien important, ce n’est que je n’aime pas les surprises de dernière heure. Si tu acceptes ça, c’est bon, tu viens habiter ici. Je ne te demanderai pas grand-chose. Donnant, donnant, puisque tu insistes pour payer, moi j’insiste pour que tu me dises lorsque tu seras dans la panade. — OK, je te promets de te tenir au courant. Mais je doute encore que tu puisses m’héberger dans ton réduit, tu n’as pas peur que nous soyons trop à l’étroit ? Trois personnes là-dedans tout de même ! Ce que ne voyait pas Sylvain était que Nina cherchait un homme pour lui tenir compagnie, pour subvenir à ses besoins sexuels et, privée de travail, éventuellement à ses besoins nanciers. D’où sa manière subtile d’accepter sa compensation nancière. Malgré ma présence, elle se sentait trop seule. Il accepta aussitôt d’emménager. — Alors, tapons là pour signer notre accord, ajouta-t-elle en levant la main pour frapper dans celle de son invité. Elle se trouvait tellement dans le besoin qu’elle était prête à tout lui céder pour l’avoir auprès d’elle, surtout dans son lit. Le laisser s’en retourner dormir sous son pont-dortoir, il n’en était pas question. Elle insista. — Ne t’inquiète pas si je te l’ai proposé, c’est que je sais que nous pouvons tenir à trois. Et puis sait-on jamais, un jour, si tu trouves ton lit trop petit ou trop froid, tu pourras toujours essayer le mien. Nous nous réchaufferons mutuellement, je ne te mangerai pas, bien au contraire. — Ah, tu me fais déjà du rentre-dedans ? Tu ne me connais pas ! Tu ne sais pas si je ne suis pas un tueur, un repris de justice, ou encore, un maniaque sexuel. — Tu n’as pas la tête d’un tueur, ni d’un violeur, ni de quoi que ce soit de ce que tu prétends. Ma raison me dit que tu es honnête et que je peux te faire confiance. Alors tu acceptes ma proposition ? — Laquelle ? L’appart ou coucher dans le même lit ? — Déjà l’appart, le reste viendra peut-être plus tard. — Pour l’appart, je suis d’accord. Pour le reste, me laisses-tu un peu de répit, ou dois-je accepter tout de suite ? — Je ne suis pas en manque tant que cela, tu peux prendre ton temps. Bon, allez, trêve de plaisanterie ! Pars chercher tes affaires, je t’attends, tu reviendras pour manger. — D’accord… Il chercha dans une poche de son pantalon et tendit des billets froissés… Voilà ma part pour le loyer ou les repas à venir, n’hésite pas à me demander plus si tu as besoin. — Mille francs. Tu traînes toujours avec autant d’argent sur toi ? Non, cela ira, mais tu n’étais pas obligé de régler tout de suite, tu sais. — Oui, mais au moins, je suis tranquille. Je préfère te payer pendant que j’en ai encore un peu. Après, ce sera peut-être trop tard. De plus, c’est le restant de ma fortune. — Je peux attendre, si tu en as besoin, reprends les billets. Je ne voudrais pas que tu sois dans la g êne à cause de moi. — Non, c’est bon, puisque je vais habiter chez toi, je ne risque pas de mourir de faim ni de froid, ironisa Sylvain. — Bon, d’accord, si cela t’arrange comme ça. Je n’insiste pas. Bon, c’est bientôt l’heure de manger. Dis-