Au désert d'une existence

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108 pages
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Description

Au désert d'une existence est avant tout la traduction d'une crise métaphysique. C'est un livre de l'intérieur, certes, mais qui tire toute sa substance des influences de l'extérieur. C'est une dialectique entre deux mondes qui s'offrent à la conscience de l'auteur. Les thèmes parlent d'eux-mêmes : conscience, temps, mort, néant, plénitude, l'invocation de l'autre, la bataille infernale entre esprit et chair, qui donnent à cet ouvrage l'allure d'un voyage initiatique.

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Informations

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Date de parution 05 février 2019
Nombre de lectures 14
EAN13 9782140112546
Langue Français
Poids de l'ouvrage 23 Mo

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Moussa SECK
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AU DÉ SE R T DUNE DE X IST E NC EPoè mes
MOUSSASE CK AR T DU DÉ SE UNE DE X IST E NC EPoè mes
© L ’HA R MAT TA N-SÉ NÉ GA L, 2019 10 V DN, Sicap A mitié3, L otissement C itéPolice, DA K A R http://www.harmattansenegal.com senharmattan@gmail.com senlibrairie@gmail.com ISBN :978-2-343-16225-6EA N :9782343162256
DÉ DIC A C E S
A tous les peuples de la terre, Qui sont la lumiè re des éthers, A ma Rufisque natale, E t Mbao, qui aprè s le lit fœ tal, M’accueillit. A Grand-Dakar, E xtraordinaire quartier où les cars Roulent à sens interdit. Aux Amis de la rue pόon, angle frigo Croisement jà kkey nandité, Un quartier où peuvent s’inviter Deux bouches, et/ou plus, autour D’une « ficelle », qui fait le tour De mê me que le ferait une tasse De thé. Quartier bu bë ri bagaas, Un vrai quartier ! De vrais mecs ! A mes mè res Aissatou Pouye, Astou Diouf, NgonéSeck : kenn kee ma jur, ñaar ñe ma uuf. A mes pè res Abdou Seck, Alassane Seck. A mes oncles et tantes et « badiè nes », Tonton Ass et badiè ne Awa pour Nommer tous ces parents dont le tour Des noms ne peut se faire ici, Mais que ces deux noms-symboles, ainsi, Représentent. A mes amis, mes amours, pour cette seine
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D’affection qui coule dans mes veines, à mes sœ urs, Dans mon cœ ur, qui sont douceur ! A la trè s chè re Mbazoo, à sa famille, A Loyda Olianov, Mouna Haidara, les amies, A tonton Na. Aux amis de plume et de livre Du Cénacle, ceux-là , d’Art, qui sont ivres. A tonton Ablaye Sall, enseignant, rufisquois, Le premier à m’avoir prê téun livre. A Arame Ndiaye, la grande sœ ur, premiè re à m’offrir Un livre, c’était un soir, et elle revenait Du travail. J e la revois, son regard qui rame Dans le noir, et je revois sa main. E lle tendait Un Mickey et Dingo ! A ma grand-mè re Louisa Delgado, exceptionnellement. A Mè re Ndione, Marie Gueye, Ndè ye Sophie Ndoye, Ya boye, mes autres grand-mè res, également. A Monsieur Cheikh Talibouya Mbaye « Mbaye Philo » Aux Messieurs Thierno Dio et BirahimMoussa Gueye Du CE STI
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A V A NT -PR OPOS
L e soleil, son violon, ses sons en longs galons, longent l’immonde monde de la ville. L eur flonflon surplombe les ombres- Ombres ? On parle d’ombre lorsque l’ê tre se sent vivre. Ceux-là ne vivent. Ils ont autre chose de moins vive, quoi ?, mais qui n’émet l’allure d’une ombre. Quelque chose de morose dont le poids assomme, tels ces boul ons de plomb plongeant l’obscur salon de leur corps- Corps ? Ceux-là ne se sentent vivre, alors le livre de leur âme n’a la couverture du corps. J e les regardais, et je m’attardais sur leurs yeux. E t, on n’oserait mê me leur attribuer d’y eux. L ’œ il, ça regarde, mais ça ne voit. J e les regardais, voulant mesurer jusqu’à quel degré leur esprit- et c’est ce dernier qui voit- était aveugle. De cette maniè re, je m’expliquerais le pourquoi, le pourquoi, le pourquoi de l’absence d’étincelles en ces yeux que je scrutais et qui ressemblaient à du charbon trempédans du volcan, pendant une éternité, pour ê tre incrusté, aprè s, dans une terre infertile qu’on appellerait, autre part, visage. A illeurs, oui, ailleurs, on parlerait de visage. Ici, on devrait parler de… disons visage, mais, qualifions le d’inexistant. J e les regardais. Quelques fois, ils parlaient ou, du moins, ouvraient la bouche. E t, je les entendais qui parlaient. Oui, c’était justement cela : ils parlaient. Ils ne communiquaient. J e me suis dè s lors souvenu de personnes que j’avais rencontrées, lors de mon passage à la terre des hommes. Celles-là, parlant, ne faisaient seulement cette machinerie d’ici qui consiste à ouvrir la bouche. E lles, ouvraient leur cœ ur, et leur bouche ne faisait que transmettre. Ici, on laisse à la bouche le soin de faire ce que l’ê tre entier, à travers la lumiè re du cœ ur, devait faire. L ’aphonie et la folie et la mélancoli e de leur
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