Ciel nourricier

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Français
112 pages
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Description

Dans cet ouvrage, nous sommes en présence de deux textes qui produisent le mystère du rythme. L'un est au corps à corps avec la matière de la page dans la découverte lente de la lumière. L'autre monte à travers la charpente comme un aveugle traversé par un chant lucide. Le texte respire l'instant volé à la mélancolie. L'auteur draine le rêve dans son souffle. Tous deux traduisent l'écart et la rencontre entre le murmure et son double ébloui, entre les racines et le ciel réinventé.

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Informations

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Date de parution 01 mai 2013
Nombre de lectures 38
EAN13 9782296536548
Langue Français
Poids de l'ouvrage 10 Mo

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N°77
Ciel nourricier
Ciel nourricier Dessins de l’auteur
Delphine Backer
Poésie
CIEL NOURRICIER
Levée d’ancre Collection dirigée par Michel Cassir Levée d’ancre est une collection privilégiant l’écriture poétique, créée en 2001 par Gérard Augustin et Michel Cassir. Elle se propose d’abord de publier, au-delà de la division des genres, la poésie sous toutes ses formes ; de la précise ciselure du vent aux nouvelles, y compris le « noyau de prose » par lequel l’œuvre exprime ce qu’il y a de plus actuel, dans sa construction d’un sens de la poésie. Ensuite, multiplier les accès à cette poésie, tant par les anthologies critiques, les ouvrages collectifs, que par les échanges entre écrivains et lecteurs, les rencontres entre la poésie, les différents arts et la vie. Dernières parutions 76 – Ahmed BENDHIAB,Lune andalouse. Poèmes et dessins, 2013. 75 – Christian CAVAILLÉ& Alain ROBINET,Isles et passages. <& Montaigne & Rabelais &>, 2013. 74 – Tristan CASSIR,Pointe rouge, 2012. 73 – Alain Robinet,Je fais résonner le ROULEAU-TOMBEAU-TAMBOUR de mes mots zélés !, 2012. 72 – Jean-Christophe FILIOL,Les Édifices, 2012. 71 – Michel CASSIR,Hors Temazcal, 2012. 70 – Christian CAVAILLÉ,Dévers, 2012. 69 – Alain ROBINET,Alex & G B K suivi de KHORA sont comme les 2 mises en pièces... ... de qques théâtriques en poètiques !, 2012. 68 – Kostas NASSIKAS et Démosthène AGRAFIOTIS,Antho-logie de la poésie grecque 1975-2005, 2012. 67 – Gérard AUGUSTINet Michel CASSIR(sous la dir. de),Les Prémisses du siècle. Poètes de Levée d’ancre, 2011. 66 – Nanos VALAORITIS,Paramythologies, 2011. 65 – Alain ROBINET,« J’OURNAL », De ces tabloïds cuits aux soleils d’Hiroshima, & au micro-ondes de Tchernobyl-Fukushima... ...à ces répliques poétiques séismiques !, 2011. 64 – MichelFALEMPIN,La vie littéraire, 2011. 63 – Ahmed BENDHIAB,Fulgurances, poèmes et dessins, 2010.
Delphine Backer CIEL NOURRICIER Dessins de l’auteur
LEVÉE D’ANCRE L’Harmattan
Du même auteur Sous le nom de Nathalie Picard Aux éditions du nouvel Athanor La vie silencieuse, 1993 (épuisé). Poèmes à Maryline, 2001. Aux éditions de L’Harmattan, collection « levée d’ancre » Le mot Amen ne se prononce pas, 2008 Aux éditions du Tripadour Les chemins de transhumance, 2012 © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-00766-3 EAN : 9782343007663
Toute la force est au noyau Cher lecteur, J’avais idée, quand j’ai commencé ce recueil, de faire une dédicace pour Jean-Pierre, qu’il y ait un lieu pour inscrire son nom, lui qui n’a pas de tombe. L’écriture, avec son génie propre, toujours bien différent de l’idée qu’on peut s’en faire en débutant, a fait dériver le nom de Jean-Pierre de l’exergue au centre, au noyau. ; et ce ne fut pas le moins délicat que de tourner autour de ce noyau, ni de trouver un équilibre qu’on pourrait dire atomique ou gravitationnel dans ce qui avait tous les attributs d’une structure instable et irradiante. Effacer toutes traces (points, majuscules…) de domination de l’esprit sur les choses et de flatuosité pour laisser parler les choses à travers les mots. Le point a l’air de dire : je sais, alors que je ne sais pas, mais j’ouvre, au moyen du langage. Enlever toutes marques de force pour être sûre de ne rien forcer et qu’il n’y ait que la force de la vie à se manifester. Retrouver à force de simplicité la modestie nécessaire pour être entendue de l’âme qui est la modestie même. Comprenez cela : la rareté des mots n’est pas une figure de style ni un choix esthétique a priori, elle s’est imposée à moi en même temps que le sens, je l’ai trouvée juste et je l’ai assumée bien plus que je ne l’ai choisie. J’ai écrit en retranchant comme un graveur grave. Du texte original il ne reste que les traits saillants. Tout ce qui tenait debout sans soutient je l’ai affranchi de ses étais. Voilà comment une sorte de magie a opéré : j’enlevais un mot, et le sens devenait plus large, plus vaste, occupait tout l’espace, à tel point que j’avais l’impression que la page n’était pas vide, mais pleine d’une présence qui m’apparaissait plus nettement en retranchant tout superflu. Cela crée une tension. Je ne connais rien de plus effrayant que cette sensation de risquer de pouvoir passer au travers du support que l’on crée. Le processus de morcellement menace de ne pas s’arrêter avant que chaque parcelle ne disparaisse. Une phrase réduite au mot est encore
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porteuse de sens. Je ne balbutiais pas, mais je vivais cela comme un anéantissement possible. J’ai dessiné là où je ne pouvais plus écrire. Je n’ai pas cherché à représenter quoi que ce soit. J’ai dessiné des traces. On aurait dit qu’elles avaient une antériorité sur le langage et une autorité sur lui. Alors que tout dans le texte menaçait encore d’être réduit à néant, alors, elles ont imposé leur place, plus irréfutable que les mots, de vestiges. Elles se sont imposées à moi parce qu’elles étaient sensibles. Ces dessins ne sont pas des illustrations au sens propre, ils sont des réponses trouvées à la question de la survie. Quelque chose se manifestait ici comme la résistance de la vie. Ce texte, après l’avoir étiré et laissé devenir fin comme une pelure d’oignon, un tissu, un linceul, je l’ai resserré pour pouvoir le dire, rendu compact et dense comme une pierre, comme une stèle, remettant points et majuscules à la place des espaces vides. Le texte a résisté. Sur la suggestion de Michel Cassir j’en donne ici les deux versions, comme deux états de la matière : l’une dense comme un solide, l’autre étirée comme un gaz. La fluidité, quant à elle, revient à l’oralité à laquelle je l’espère l’une et l’autre invitent. J’ai intercalé entre les deux le poème « aux yeux ouverts de la mort » sorte d’exergue incarné. D.B.
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CIEL NOURRICIER
« Si la branche veut fleurir, qu’elle honore ses racines. » Proverbe burkinabé « C’est par les fleurs et par les fruits que l’arbre se définit. » Annick de Souzenelle Symbolique du corps humain