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Identité nomade et autres poèmes

De
112 pages
Dans l'imaginaire arabo-musulman, la poésie est presque une hérésie. Révélation et fabulation ne peuvent coexister dans une seule et même âme. Car si la religion craint l'altération de la Vérité, la poésie, de son côté, craint la régression de la pensée. C'est dans cette ambivalence que s'inscrivent les textes de ce recueil d'une poésie sincère et touchante, cristallisant tantôt la nostalgie, tantôt l'optimisme. De la nostalgie, en particulier, de toute une génération dans le monde arabe actuel, en proie à la « désillusion ».
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Abdeslam EL FARRIIdentité nomade
et autres poèmes
Dans l’imaginaire arabo-musulman, la poésie est presque une
hérésie. Révélation et fabulation ne peuvent coexister dans une
seule et même âme. Car si la religion craint l’altération de la Identité nomadeVérité, la poésie, de son côté, craint la régression de la pensée.
C’est dans cette ambivalence que s’inscrivent les textes
d’Identité nomade et autres poèmes. et autres poèmes
Veiller, de très près, à ce que toute métaphore, sentiment
ou méditation philosophique (si elle ne peut la servir) n’entre
en rébellion contre la révélation (coranique). Pari que plusieurs
avant cette date ont excellemment relevé : Ali ibn Abi Taleb,
epourtant 4 Calife, cousin et gendre du prophète, et Ahmed
eShawqi, l’un des pionniers de la littérature arabe du  siècle
pour ne citer que ces deux « extrêmes » dans l’histoire de la
littérature arabo-islamique.
Voici donc un recueil d’une poésie sincère et touchante,
condensé de tendresse mais à la fois d’ironie ; cristallisant
tantôt la nostalgie, tantôt l’optimisme. De la nostalgie,
en particulier, de toute une génération dans le monde arabe
actuel, en proie à « la désillusion », pour une époque pendant
laquelle « mes ancêtres préféraient l’or à l’or » malgré la brutalité
des régimes politiques déchus. Aujourd’hui, face à la déception
et à l’incertain, « on pleure le Roi despote, on regrette le
PrésidentPréface de Philippe Tancelin
roi, et toute la junte militaire ».
Abdeslam El Farri, universitaire et écrivain
marocain. Docteur en littérature française et
francophone, spécialiste en curriculum et enseignement
des langues étrangères. Ses recherches portent aussi sur
la culture arabe et l’histoire de l’islam.
686
ISBN : 978-2-343-10829-2
13 e
Poètes des cinq continents
Abdeslam EL FARRI
Identité nomade et autres poèmes
Poètes des cinq continents





Identité nomade
et autres poèmes
Poètes des cinq continents
En hommage à Geneviève Clancy qui l’a dirigée de 1995 à 2005.
La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin

La collection Poètes des cinq continents non seulement révèle les voix
prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes
qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection
dévoile un espace d’ouverture où tant la pluralité que la qualité du
traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de
titres par an.


Déjà parus

685 – Rémy DOR, Les quatrains de quête du Veilleur de nuit suivis de
Le Veilleur de nuit niquedouille, 2016.
684 – Pierre EL SAYEGH, Racines et vents, 2016.
683 – Philippe TANCELIN, Poéthique de l’ombre, 2016.
682 – Leila ZHOUR, Une saison parfaite sous l’aile du Capricorne,
2016.
681 – François LUIS-BLANC, Des pas sur la neige, 2016.
680 – Jean-Pierre BIGEAULT, Nausicaa beach 2, 2016.
679 – Jean-Pierre BIGEAULT, Nausicaa beach 1, 2016.
678 – Henri LE GUEN-KÂPRAS, L’éden des roses antiques, 2016.
677 – Homa SAYAR, Écho, 2016.
676 – Andrée CHEDID, Sur les chemins de l’Imaginaire… On the
trails of my Fancy…, traduction française de Judy PFAU COCHRAN,
2016.
675 – Walid AMRI, Poèmes fractals, 2016.
674 – Anas ALAILI, Etreinthes tardives - ةﺮﺧﺄﺘﻣ تﺎﻗﺎﻨﻋ, bilingue
arabefrançais, 2016.
673 – Ben Ali SAINDOUNE, Rêveries du pays des fées, 2016.
672 – Bruno CANY, Lignes d’ombres, Poësie sceptique, 2016.
671 – Ursula BECK, Ce temps avant le silence, 2016.
670 – Mutombo NKULU-N’SENGHA, Bela-Wenda. Muses
telluriques du cœur de l’Afrique, 2016.
669 – Charles EBGUY, Toute la terre est ombre, 2016.
668 –William SOUNY, Malika des vertiges, 2016.
667 – Christophe KOUKIS, Journal intime d’un amoureux, 2016.
666 – Arnaud DELCORTE, Stroboscope suivi de Stries, 2016.
665 – Courir dans la chair des murs, 2016.
664 – Marcelin MBOKO, Les chants de l’oubli, 2016.
663 – Louis DEYDIER, Livre des Répons, 2016.
Abdeslam EL FARRI








IDENTITÉ NOMADE
et autres poèmes




Préface de Philippe TANCELIN









L’Harmattan

































© L’Harmattan, 2017
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-10829-2
EAN : 9782343108292
Préface

Abdeslam El Farri
Entre source et écume : cet élan d'écriture

S'il est une singularité de la poésie d'Abdeslam El Farri,
c'est de ne point céder à la facilité et de travailler la
langue française dans laquelle il écrit, au point qu'elle
fasse naître en le lecteur un sentiment profond d'énigme
en tous et par tous ses énoncés. Il n'est pas donné à lire,
à relever l'expression de pensées, de sentiments de
l'auteur au regard de scènes, situations qu'il décrirait ou
évoquerait, il est plutôt question de chercher sa propre
posture de lecteur vis à vis d'une écriture qui ne cesse
d'offrir des plans de réflexion aussi bien que des
approches très diversifiés des réalités qu'elle convoque.
Une fois appelées, ces réalités sont aussitôt
bouleversées par le devenir de la réflexion du poète qui
se fait toute en interrogations sur sa pertinence, sa
légitimité et même sa finalité.
Ainsi nous sommes immergés du début à la fin du
recueil dans une grande ébullition éthique, historique
relative à la mémoire du passé, à la transmission de cette
mémoire, à la convergence-différence des cultures et
leurs valeurs dominantes et dominées. Mais c'est surtout
l'instant présent de l'écriture même, produite depuis ces
thématiques qui est interrogé, selon une mise en fragilité
permanente du jugement qui pourrait être porté sur
elles, que ce jugement soit moral, culturel, esthétique...
Fragilité du mot, fragilité du sens qui lui est prêté par
l'auteur, fragilité de l'équilibre entre nommer et signifier.
7
Fragilité donc de la réception par le lecteur qui cherche
sous l'énoncé, sa propre pertinence de lecture.
Abdeslam El Farri marche sur la langue comme un
funambule sur son fil, réalisant son équilibre dans le
déséquilibre, par le rendu instable de tout ce qui
voudrait se poser comme vérité acquise, réalité établie,
perspective déterminée, espoir donné.
De la rencontre des cultures d'orient et d'occident, du
souvenir frappé d'enfance et de la maturité patientée, du
rêve rappelé et de l'utopie lancée, tout devenir du poète
est dans les intervalles, les écarts que sa langue ouvre
pour la confrontation puis l'interaction des pensées et
des sentiments.
Point de nostalgie sans appel du futur, point de désir
sans invention à venir de son ou ses objets, point de
présence au monde sans appartenance à son imaginaire,
point de joie sans traversée de l'ombre, point de vivre
sans dépassement de ses éclairs... Le poète joue en
permanence sur l'étonnement simple du sens devant
son infini ouvrant le champ, non pas à toutes
interprétations mais au jeu de lire avec bonheur ce que
chaque mot éclaire de ce qu'il voile.
La tendresse autant que l'ironie, la distance autant que
l''immersion, la nudité de la pensée autant que les
visages qui la masquent, l'opinion autant que son exil
dans le vertige des doubles, sont ici assemblés pour les
noces de la métaphore et de l'initial.
La légende hèle le temps, la fable hante le labyrinthe de
la mémoire, le mythe trace sa ligne de perte, l'énigme
disperse ses traits de lumière, l'allégorie poursuit des
8
mots leur insondable fond...tout, dans la langue fait
signe de cette blessure du poète qui, confronté à
l'anonyme des choses, commet l'épreuve d'être atteint et
de nous atteindre au faîte du réel, grâce à ses lignes
d'énigme, tracées depuis l'antique humain jusqu'à
l'inachevé cours de toute histoire.

Philippe TANCELIN























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