Insectes choisis

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Description

L’expression pictopoétique mise au point par LauBer, où Lau est parolier et Ber l’imagier-titreur, se décline ici en un variante qui devait fatalement survenir : celle où Ber versifie ses propres images, en s’inspirant de titres bien déjantés fournis par l’étonnant cerveau de l’ami Richard Monette, poète. C’est un jeu, on s’amuse entre rimailleurs. Le tout est d’être agréable, beau ou très moche, émouvant, élégant ou chaotique, tout ce qu’on veut sauf plat ou pesant. Même fade, c’est pas bien. L’ouvrage a été bien reçu par la confrérie, qui a donné à Allan E. Berger des commentaires encourageants. Raison pour laquelle l’auteur a déclaré qu’il inonderait ELP d’autre recueils, tant la poésie lui plaît. En effet, tout poème lui semble être une lave : ça vient de loin, ça gicle, ç’est fécond, tonitruant, et ça te rince. Il n’y a rien de plus magique. Pour ce recueil, Berger a choisi de butiner des insectes. Soigneusement choisis...


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EAN13 9782923916910
Langue Français

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I N S E C T E S
C H O I S I S
A. E. BERGER

© ÉLP éditeur, 2015
www.elpediteur.com
elpediteur@gmail.com
ISBN :978-2-923916-91-0
Image de couverture :
A.E. Berger (CC BY-SA 3.0)

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« Si l’abeille disparaissait de la surface du globe,
l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre. »
Signé Albert Einstein.
Citation forgée en 1994 par des apiculteurs en colère.

Le mouvement incessant s’exprime dans le chant des ruisseaux, les scènes des levers et des couchers de
soleil, la glace qui s’effrite, le craquement des feuilles évanouies, l’horizon qui joue à cache-cache, les
racines sous terre. La poussière et la mort. L’eau du ciel. Le chaud et le froid. Tout se prête aux autres.
Carolle Anne Dessureault : L’Abécédaire

À Carolle Gagné :)Préface :
le trépied expressif de Berger
Par Paul Laurendeau
Partons de trois pattes qui sont aussi trois mâts qui sont aussi trois colonnes.
La poésie lyrico-pastorale :
Ber est ici le compagnon de Lau. Lau, avouons-le, est ici un tout petit peu l’accoucheur de Ber. Et Richard Monette, pour en
rajouter dans la percutance lyrale, est ici le titrulateur du lot. À l’instar de Lau (Laurendeau, votre humble serviteur), Ber(ger)
affectionne d’aller chercher le vers concret qui retrouve en son feuilleté menu et friable l’image, et joue d’elle et d’évocation.
Mais le lyrico-pastoral de Berger s’autonomise des papillonnades un peu vides de Lau en une jouissifade de l’exploration de
formes poétiques armaturées, héritées, qu’il s’agit de mobiliser et de ré-investir en s’amusant follement, juste de ne pas trop
s’en affranchir.
Les fabliaux animaliers :
Berger affectionne ses sujets, ses modèles. Il se projette en eux et eux en lui. On se retrouve donc par moments au cœur de
fabliaux animaliers. On nous raconte les aventures d’une punaise ou d’une abeille qui se jouèrent de ceci de par un vécu de cela,
avec dialogues même parfois. Mais La Fontaine a établi sa jonction avec Dada, par l’intermédiaire autant de Queneau que d’un
François d’Assise qui ne veut vraiment pas s ’ a s s i r. Pochades, boutades. Un pamphlétaire sociétal bourdonne, papillonne. Il ne
nous tire pas des moralités, non, non. C’est que la modernité nous surveille. Mais une discrète extase se chuinte. Et pourquoi
non ?
L’anecdote entomologique en prose :
La jouissance que Berger tire des mondes qu’il observe et qu’il manipule aussi, dans lesquels il vit, culmine dans ses petites
anecdotes entomologiques en prose. Jubilations lexicales d’abord, taxinomiques, latines-linnéennes. Mais surtout intimité
charnue et chenue avec les insectes choisis qui choisissent enfin de nous dire qui ils sont, qui ils piquent, comment ils se font
l’amour et la guerre. Et l’imagier Berger revient alors nous hanter, nous intriguer, nous interpeller, nous faire rire. C’est que ces
vieux animaux préhistoriques qu’il capture, c’est pas juste qu’il les voit. C’est qu’il les connaît, les observe, les retrouve.
Vous accotez finement, précisément, en emboîtage, vos trois pattes/mâts/colonnes, poésie lyrico-pastorale, fabliau animalier,
anecdote entomologique en prose. C’est notre trépied. Et vous posez alors, tout délicatement, très prudemment, sur ce trépied
expressif de Berger, le disque lumineux, vitré, vitral, vitrail, viral, pétant, parlant, égloguant, éclatant des images de Berger.
Tout est alors dit. Rhapsodie des rhapsodies et tout est rhapsodie. Ça se dit, ça se crie, mais surtout, bout d’hostie, qu’est-ce que
ça pétarade, qu’est-ce que ça barouette, qu’est-ce que ça transbahute, et qu’est-ce que ça jouit.Introduction, travaillée en prose
par Berger, dilettante
photographe
Ce titre est une plaisanterie ; je ne choisis certes pas mes insectes, trop heureux d’en découvrir dans les broussailles au hasard
d’un sentier. Le titre est en fait un frêle hommage rendu à monsieur Kitagawa (Japon, ca.1753-1806) qui, sous le prénom
d’artiste Utamaro, a dessiné non seulement des nuées de jolies demoiselles, mais aussi des Myriades d’oiseaux, et encore des
Insectes choisis.
Dessiner, c’est se poser en maître par rapport à son sujet, et Utamaro le traite bien alors comme il veut. Mais photographier, ce
n’est ici rien d’autre que rendre compte d’un passage. Pour mes insectes, qui sont choisis par les plantes mais pas par moi, je me
suis contenté de les prendre dans leur environnement, et il se pourrait alors qu’ils ne soient pas les objets principaux des
images.
D’autant plus que, ayant reçu mes photographies, mon compère Richard Monette, poète québécois du Haut Richelieu, en inventa
les titres. Il me renvoya ceux-ci, à charge pour moi d’en tirer des poèmes. Nota bene que, pour vous empêcher de choisir vos
insectes, j’ai mis la table des matières en fin d’ouvrage. Ainsi ferez-vous comme je fis, prenant de bon cœur ce qui venait.INSECTES CHOISIS
Titres
recueillis
par Richard Monette


Attention,
cet ouvrage
est infesté
de punaises.Camouflet de guerre
Cornichon blême lancé d’un vif étrier
Dans la rouge bataille des écrevisses,
Tu cahotes inquiet le long d’un vert sentier ;
La peur enduit tes jambes de fumante pisse.
Dans la rouge bataille des écrevisses,
Soldaticule, vraiment tu fais pot de terre ;
La peur enduit tes jambes de fumante pisse,
Piteuse incarnation d’un camouflet de guerre.
Soldaticule, vraiment tu fais pot de terre,
Tandis qu’au feuillage guette une ombre verte.
Piteuse incarnation d’un camouflet de guerre
Sur qui soudain s’applique un esprit alerte.
Tandis qu’au feuillage guette une ombre verte,
Danger ! Malemort pour l’innocence passant
Sur qui soudain s’applique un esprit alerte.
Qui n’est pas attentif finira dans son sang.
Danger ! Malemort pour l’innocence passant.
Dans la rouge bataille des écrevisses,
Qui n’est pas attentif finira dans son sang.
Sur l’ombreux sentier, la tête tu te dévisses.
Dans la rouge bataille des écrevisses
Tu sursautes. Là ! Un gros zonzon furibard !
Sur l’ombreux sentier, la tête tu te dévisses :
Mais ce n’est qu’une mouche, eh triste pétochard !
Tu sursautes. Là ! Un gros zonzon furibard !
Foin des menaces que tu ne sais pas trier !
Mais ce n’est qu’une mouche, eh triste pétochard !
Cornichon blême lancé d’un vif étrier !Choisir ! Pourquoi choisir ?
« Choisir ! Pourquoi choisir ?
Et puis d’abord : comment ?
Voici que, baguenaudant sur un chemin
Ou bien, enfoncé dans des broussailles
Au milieu des odeurs de sangliers, virgule,
J’avise une chtite bébite ailée qui rouscaille
Au fond d’un hallier. Hop ! Je la photographie.
Des fois c’est flou des fois c’est sombre,
Des fois ça n’a aucun sens ni intérêt.
Et puis des fois il y a quelque chose alors je garde.
— Choisir ! Pourquoi choisir ?
Moi qui zonzonne je sais très bien que, bzz bzz,
On ne balance jamais entre deux, bzz bzz.
Bienheureux d’en trouver des tonnes,
Nouzautres bzz bzz on inspecte,
En bons insectes,
Tout ce que la nature nous donne.
Des fois c’est vide et des fois c’est moche,
Des fois c’est rance et des fois c’est mort.
Et puis des fois il y a quelque chose alors on garde.
— Choisir ! Pourquoi choisir ?
Les insectes butinent ce qu’ils trouvent.
Je butine les insectes que je trouve.
Chacun fait son panier.
Il n’y a pas à choisir entre telle ou telle beauté,
On prend tout ce qui nous servira.
— Ce qui donne le sentiment…
— Infirmé par les faits…
— Que la nature est inépuisable. Bzz.
— Bzz. »Vert de peur aux yeux rougis
« J’ai perdu ma belle antenne au trou d’un fourmilion ;
J’ai perdu mon appétit en fuyant un frelon ;
J’ai perdu mes illusions devant un papillon ;
J’ai perdu de ma gaîté un soir de gros bourdon. »
Vert de peur aux yeux rougis,
Tu te réfugies en l’intime des plantes,
Aux aisselles de leurs tiges,
Au secret de leurs feuilles enroulées.
Cependant, je viens t’en déloger.
À quoi bon dévaler ton astucieux sentier
Jusqu’aux fonds lointains des failles ombragées ?
Dans leurs cavernes indécises,
Vert de peur aux yeux rougis,
Je viens t’y retrouver.
« J’ai perdu de ma vertu au cou d’une cétoine ;
J’ai perdu de ma superbe devant une cincidèle ;
J’ai perdu de mon allant aux pieds d’un brun taupin ;
J’ai perdu tout mon courage un soir noir de cafard. »
De tout tu te méfies, et en tout temps !
Reniflant mou aux néfliers,
Renâclant dur aux renoncules,
Sévère raide aux primevères,
Vert de peur aux yeux rougis.
Vert de peur aux yeux rougis,
Tu es perclus devant la vie.
D’expériences tout alourdi,
Humblement tu te tapis.
Cependant, je viens te secouer.
« Non !
— Si ! »
De mon gros œil fouissant de photographe,
Je te poursuis, morfal, jusqu’aux replis
De ta patience, jusqu’au fin boutDe tout ton savoir de camouflard et…
« Click. »
Là soudain tu te dis :
« Mais y ’en a marre, nom d’une fourmi !
Ça suffa comme ci,
Aujourd’hui je réagis ! »
« Je perds patience à toujours fuir ;
Je perds patience à toujours craindre ;
Je perds patience à toujours croire ;
Nom d’une carabe rosse, ça va barder féroce ! »
Tu me fais face, tu écartes tes petits coudes,
Tu replies tes pattes arrières, tu agites ton antenne
Et zou ! Tu me sautes dessus.
Et voilà que tu tambourines avec hargne vive
Mon gros pouce de tes six petits pieds serrés,
Et puis tu disparais.
J’en bave des ronds de chapeau,
Comme dit mon Laurendeau.L’orignal ailé
Origami léché d’ailé original,
Le lait originel allié des origans
Laissa de l’orge ami du miel au Général ;
Au loin chut enfin, boum, un labile orignal.
J’ai vu mille trottoirs d’où les plantes, habiles clandestines, poussaient au gré des habitants ; j’ai vu les guirlandes de galets
dont on les entourait, peintes en blanc pour y signaler : « Ici a droit de vie un séneçon. »
Au loin chut enfin, boum, un labile orignal.
Aussitôt tout changea : le règlement des gens,
Le lait originel allié des origans
Qui de son blanc chaulant léchait le beau signal.
J’ai vu mille citernes aux flancs desquelles pendaient de longues barbes vertes que le printemps, en son soleil naïf, tachetait de
rose et de blanc perlé. Butinaient là-dedans les zélés êtres ailés aux miels pleins de bébés.
Laissa de l’orge ami du miel au Général
Celui qui allait porter la révolution.
Origami léché d’ailé original,
Il se déplia, lassé des complications.
J’ai vu Icare prétendant régner sur le peuple des eaux et des prés. S’élevant au faîte des règlements il s’y brûla, bête, au feu des
évidences et chut, original en vrille habillé d’or jeté, au creux des champs de séneçon lacté.
Aussitôt tout changea : le règlement des gens,
Remodélisé par le vénal Général,
Redonna leur place aux spontanés origans.
Au loin chut enfin, boum, un labile orignal.
Mieux vaut butiner.Les yeux plus grands que la pensée
Qui aurait pu imaginer une histoire pareille ?
Il était une fois, sur un palais minoen du centre de la Crète, une mouche à fleur dessinée en fresque au milieu de ses consœurs,
des herbes et des vignes de ce pays-là. Vinrent, de Knossos, des guerriers en expédition punitive : le Centre ne voulait pas
entendre parler d’autonomie des palais périphériques, et préférait tout brûler plutôt que de laisser croître ces aspirations
communistes.
Le palais brûlot, le palais brûla, le palais brûlis.
Sur la fresque, les mouches à fleurs, les frelons et les abeilles tournillaient immobiles, tandis que les enduits se craquelaient et
commençaient à prendre de vilaines teintes roussies. Où aller ? Par où fuir quand on est une petite peinturlure ailée pleine de
papattes inflammables ?
En un effort démesuré, Pafine la mouche rampa depuis son plâtre jusqu’à un des mordorés galets de l’intérieur du mur et s’y
réfugia, imprimée là-dessus comme un vieux lichen increvable. Alors le feu passa et rongea tous les dessins. Le mauvais temps
et les pluies et les ères, lalilalaire, filèrent, tandis que Pafine, prudente, épiait, depuis son galet, les bruits de l’extérieur. Des
Héllènes, des Romains, des Vénitiens, des Turcs passèrent, et même des Anglais.
Puis vint le temps des touristes. D’un mur abattu roula un matin le galet pafinois. Je le découvris, avec sur son petit ventre un
lichen en forme de mouche. Je photographiai ce charmant tableau et m’en fus, comme tout un chacun, déguster du poulpe grillé à
la plage.
De retour chez moi, regardant la photo du galet sur ma tablette, j’en vis sortir cette Pafine qui prit la tangente et, sautant de
dossier en dossier, alla s’enfoncer dans l’image ci-dessus, où elle réside depuis.Dormir en son cœur et s’y mourir
La croix de soupirs et de douleurs
Qui ombre ta vie et t’hypnotise,
Et te rend au malheur si soumise,
Te fait fuir les joies et les couleurs.
Au jardin tu avises une rose.
Elle est blanche. Ça te tranquillise.
Sur ses étamines s’éternise
Un petit bourdon. Il se repose.
Il te fait naître un triste sourire,
Ce bedeau qui rêve en cette église.
Tu aimerais tant y être admise ;
Dormir en son cœur et s’y mourir…
Dormir en son cœur et s’y mourir.
Triste jeune fille aux tristes heures
Qui voudrait bien sombrer dans la fleur.
Tu voudrais y lâcher ton malheur,
Triste jeune fille aux tristes heures,
Puis y récupérer du désir.
Y découvrir huit cent friselis
De bonheur que le ciel opalise.
Mieux : s’aimer ! Se découvrir surprise :
Nul cancer en ces jolis replis !
Puis remonter le long d’un pétale
Vers son bord que le soleil aiguise,
Sentir que sa peine s’amenuise,
Et que revient la force vitale.
Il te fait naître un joyeux fou-rire,
Cet espoir où tout se vaporise,
Contre lequel ton chagrin se brise.
Renaître en son cœur et s’y nourrir…Ô ces sucres qui m’effleurent m’épatent !
« Mais ces pétales tendus
Encombrent mon chemin vers
Les faramineux nectaires.
?… On m’escalade à l’envers ?
Qui me renifle au dodu ?
— Moi. Je te monte dessus.
Je trace mon chemin vers
Ton si merveilleux derrière ;
J’en ai la tête à l’envers,
C’est le bonheur tout fessu.
— Je me disais bien aussi
Qu’il me manquait quelque chose.
En guise d’apothéose,
Il fallait fort qu’on m’arrose
D’un bon pénis épaissi ! »
Et l’ami Berger, qui s’est par hasard incliné sur une aléatoire plantouille, se fait attraper par cette petite scène qu’on dirait tirée
d’un chapitre “off” du Cantique des cantiques. Car, de l’édéage du petit gars à l’ovipore de la jeune fille, de pétale en pétale
ici tout enchante. Point de frères ombrageux à garder ferme un honneur pudibond, point de portes closes et de balcons
verrouillés : ici l’on s’aime. Soit dit en passant – en matière de Nota bene : les dames qui, dans le public, écoutaient jadis en
soupirant la triste chanson des amours contrariées d’un Aucassin levantin et de sa Nicolette en fleurette, seraient bien étonnées
d’apprendre que cette fière chanson de cabaret… a terminé sa carrière dans un livre sacré.
« Ô mon bel aimé à la peau enivrante,
Tu viens dans le secret de la nuit du jardin
D’effacer en vingt magistraux coups de reins
Toute frustation à ta petite amante. »
À propos de l’auteur
Né en France au milieu des années soixante, Allan Erwan Berger, grand baratineur depuis qu’il
sait causer, a découvert, après quelques décennies passées à être normalement sérieux – et
passablement muet –, qu’il avait envie d’écrire plutôt que de s’étioler sans rien produire. « Je
crois que l’écriture est une maladie : quelque chose comme la scribouillite, ou barbouillite
compulsive. En latin, cela donnerait scriptio obsidant ; et en latin de cuisine : scriptita acuta.
Évidemment, ça gratte. En plus, trop d’abstinence génère un violent accès de manque. Je suis
cuit. Berger mourra menotté à son clavier. »
Tous les ouvrages de Berger sont ici :
http://www.elpediteur.com/auteurs/berger_ae.html
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