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La fin d'une histoire

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Description

"La poésie de Paul Mari n'a rien à proprement parler d'une partie de plaisir bien qu'elle dispense de singulières jouissances : avec les simples mots des hommes de tous les jours, le poète de Coaraze nous révèle l'absurdité d'une réalité égarante en laquelle il décèle une métaphysique des petits riens où notre existence se défait, où nos jours et nos nuits se dissipent en poussières de particules grises." André Chenet

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Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2011
Nombre de lectures 31
EAN13 9782296809918
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0056€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LA FIN D’UNE HISTOIRE
Du même auteur :

Illusoire (Seghers, 1952)
Symphonia sacra (Henri de Lescoët, 1952)
Consciences (Seghers, 1953)
Figures de danse (Millas-Martin, 1954)
Grotesques (Oswald, 1955)
Voyage en tête (Millas-Martin, 1963)
Le Parcours du piéton , prix François Villon (Millas-Martin, 1964)
La Musique du tournesol (Oswald, 1967)
Coaraze, illustrations Orlando Pelayo (Chambelland, 1967)
L’Emploi du temps , poèmes choisis, prix de la Sonda de Rome (Chambelland, 1969)
Décors et des autres (Saint-Germain-des-Prés, 1971)
La vie c’est des platanes et des filles sur des chaises (Caractères, 1972)


© L’Harmattan, 2011
5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-55061-2
EAN : 9782296550612

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Paul Mari


LA FIN D’UNE HISTOIRE


Poésie
Le 20 juillet 1953


Cher Monsieur,

Je suis heureux de commencer ma journée avec vos poèmes et je vous remercie bien vivement de me les avoir envoyés. Avec le jour naissant, ils montent, vos poèmes. On y sent la vie saisie par son drame, avec tout ce qui oscille entre l’irréalité et une réalité à nier, à combattre. Et vous connaissez le combat des mots, toutes « les paroles qui se disent et se dédisent ». Alors sur tous ces conflits, éclate la poésie, une poésie qui a la vie en elle, la vie devant elle. Et je songe à votre jeunesse, moi, vieux philosophe. Et j’aime votre impatience : Fais-moi grâce de ta caverne, Platon. Oui, vous êtes face au soleil. Il vous faut la vérité toute droite. On sent cette ardeur de vos vers. Et c’est pourquoi je suis tout animé aujourd’hui de les avoir lus tandis que le soleil se lève. Sympathiquement,

Gaston Bachelard
Préface
La poésie de Paul MARI n’a rien à proprement parler d’une partie de plaisir bien qu’elle dispense de singulières jouissances : avec les simples mots des hommes de tous les jours, des mots simples comme bonjour, tristes comme l’adieu, le poète de Coaraze nous révèle l’absurdité d’une réalité égarante en laquelle il décèle une métaphysique des petits riens où notre existence se défait, où nos jours et nos nuits se dissipent en poussières de particules grises. Et nul dieu vers qui crier le sentiment d’abandon et de solitude qui nous écrase fatalement si jamais nous nous écartons des communes mesures. L’amour ? N’est-il rien d’autre que cette quête illusoire faisant tourner le monde autour d’un axe imaginaire d’où nous hypnotise la mort ? Qui croit à la magie des voyages à venir, à l’étreinte qui renverserait le temps dans un éclair d’éternité ?
Les mots des poètes éclairent quelquefois des itinéraires irrationnels condamnés à l’avance. Ils nous mettent en garde. Paul MARI en déchirant le voile des apparences n’a trouvé que la douleur de l’exil intérieur. Une nécessité d’écrire ce que jamais nous n’exprimons vraiment le hante, le tourmente et rouvre de lointaines cicatrices sous la pointe du couteau rustique d’une philosophie de la prédestination. Soudain la sentence tombe, inexorable :’Ici, le malheur est héréditaire’.
Exigence, tel est le maître mot ! La poésie comme remède absolu pour résister à l’angoisse dans la nuit béante : à travers noirceurs et blessures, demeure le visage vénéré de l’Absente. Il porte jusqu’à son terme le deuil d’une l’enfance éblouie dans un pays à flancs de soleil et conserve la mémoire rocailleuse d’une terre de toute beauté hantée de mystérieuses et sombres légendes.

André CHENET
J’aime les temps gris
J’aime les temps gris
ces regards qui cachent des solitudes aveugles
la face mauve des ombres
la tristesse des génuflexions
ce qui ne va nulle part
ce qui est incertain

J’aime ceux qui ne s’accordent pas
avec les jours qui passent
ceux qui écoutent l’orgue de barbarie
après l’averse
avec des chapeaux de paille
et des roses en papier

J’aime ces inconnues
aux yeux bleu outremer
aux démarches fatales
qui, jamais, ne savent si leur soleil est le bon

J’aime vivre à pas lents de phrases indistinctes
l’arithmétique des à-peu-près
sous l’abat-jour des mots
j’aime voir se perdre la nuit
dans la solitude infinie d’une page
Sur mes cahiers de textes
Sur mes cahiers de textes
tu faisais naître des arbres, des fleurs, des collines,
des chevaux près de la mer

Même si je n’entends plus ta voix
même si je ne vois plus tes gestes
tu n’es jamais lointaine

Dans ton tailleur bleu
tu ne cesses de remonter le temps
dans l’allée du collège

Qu’ils restent lourds
me manquent
me courbent
ces jours qui à jamais restent absents

J’ai beau vieillir dans le désordre
je ne vieillis pas vraiment
chaque matin je recommence ma vie
tu es toujours là, avec moi, sur la route
notre histoire n’a pas été
qu’une farce tragique dont s’empare ma peur
et quand je partirai
nous partirons ensemble


À ma mère, que les équipages américains des avions Libertadores ont tuée en bombardant Nice le 26 mai 1944.
Claire, la voyante d’Avignon, m’a dit, en ayant la chair de poule, que tu me demandais pardon, Mama, pour être partie trop tôt.
Tu m’es apparue la dernière fois dans un rêve, en fin de la nuit du 19 au 20 juin 2006.
Joyeuse, heureuse, redevenue jeune fille. Cela m’a réjoui. Nous avons d’ailleurs ri ensemble.
La fille, je la vis
La fille, je la vis
alors que je n’appartenais à rien

Des yeux sombres, innocents, doux
des mains à peine marquées
par les premiers printemps

L’orage donnait ses couleurs
a l’Irish Pub de la montagne Sainte-Geneviève

À la table proche
un couple enlacé à demi
faisait face au vide poignant
qu’était, à la seconde, le monde
sans leur amour

Nous aurions dû, tout aussitôt,
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