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Parchemin de sable

De
132 pages
" Sept couteaux de cyprès
S'enfoncent en plein ciel
Du ciel commencent à tomber
Des gouttes de sang noir
Ces gouttes deviennent des corbeaux
Se posent sur les sept cyprès
Ce n'étaient pas sept cyprès
C'étaient sept jours sans toi "

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Parchemin de sable
Anton Pa
SEPT CYPRÈS
Sept couteaux de cyprès
S’enfoncent en plein ciel
Du ciel commencent à tomber
Des gouttes de sang noir Parchemin
Ces gouttes deviennent des corbeaux
Se posent sur les sept cyprès
Ce n’étaient pas sept cyprès
C’étaient sept jours sans toi de sable

Né en 1945 dans le Nord de l’Albanie, Anton
Papleka a été enseignant, rédacteur pour un
studio de cinéma et chercheur dans le domaine de
la poésie orale à l’Institut d’Anthropologie de Tirana
où il obtient les titres de «Docteur ès sciences» et
«Professeur associé».
Il publie des poèmes, des romans, des livres pour la jeunesse et
des essais. Ses poèmes sont traduits en allemand, catalan, croate,
espagnol, français, italien, macédonien, néerlandais, roumain,
suédois, ukrainien et plusieurs cycles sont parus dans les revues
«Europe» et «Soufes».
Il traduit de nombreuses anthologies parmi lesquelles : 33 poètes
français d’Apollinaire à Prévert, Anthologie de la poésie française
edu xx siècle, Anthologie de la poésie de l’Europe du Sud-Est,
La poésie suisse, Anthologie du haïku japonais, et des poèmes
choisis dans les œuvres de Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire,
Cendrars, Aragon, Prévert, F. G. Lorca, J. L. Borges, N. Judice entre
autres.
Prix National de Poésie en 1974, Prix Liburna en 2007.
ISBN : 978-2-343-06072-9
13,50 € Poésie(s)
aklkpeplae
Anton Pa
Parchemin de sablePARCHEMIN DE SABLE © L’Harmattan, 2015
5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-06072-9
EAN : 9782343060729Anton PAPLEKA







PARCHEMIN DE SABLE


Poèmes





















L’Harmattan


« Le temps est la route sur laquelle à chaque instant
se rencontre ce qui a précédé le temps. »

Gaëtan Picon

"Le temps n'est pas une distance en ligne droite, mais
plutôt un labyrinthe, et quand on s'appuie au mur, au
bon endroit, on peut entendre des pas précipités et
des voix, on peut s'entendre passer, là,
de l'autre côté."
Tomas Tranströmer





PARCHEMIN DE SABLE
Ce soir la plage de Durrës est lisse et plane
Parchemin raclé par le couteau d’un moine

J’écoute la mer feuilletant la Bible bleue des flots
J’écris mes traces sur le sable mouillé par les eaux

Je songe aux hommes qui parcoururent ces rivages
À César et à Pompée entourés de leurs phalanges

À Robert Guiscard et à Bohémond couronnés
d’éclairs
Les bruits de leurs batailles sont brouillés par la
mer

Les vents ne se souviennent plus des voiles gonflées
De navires étrangers qui mouillèrent dans cette baie

Sans cesse d’une année à l’autre et de siècle en
siècle
Le nouveau texte de traces a remplacé l’ancien texte

Moi aussi qui parcours ce vieux parchemin de sable
Je superpose mes pas sur d’autres pas innombrables




9 Je sais que demain la marée dévorera mes empreintes
Comme l’espace qui gobe les cris stridents des
mouettes

Le palimpseste des traces se renouvellera sur la
plage lisse
Où les enfants non engendrés suivront le périple
d’Ulysse…

10 I. LE PARCHEMIN DE LA JEUNESSE
JE NE PEUX PAS OUBLIER
Nuit bleue
Nuit de pleine lune

Je ne peux pas oublier cette nuit-là

Je ne peux pas oublier les arbres en fleurs
Qui comme des amoureux
S’élançaient et se fondaient dans la pénombre

Je ne peux pas oublier l’odeur des vergers :
Une main frémissante
Qui me serrait le cœur

Je rentrais seul par la route blanche
Inondée du clair de lune
Âgé de vingt-cinq ans, amoureux

La pleine lune sur la paume du ciel
Était comme une montre dépourvue de nombres
Et d’aiguilles…

Le temps ressemblait à une plaine blanche, infinie

La nuit d’avril courait à travers la vallée
Où je marchais avec mon amour
Qui brillait dans mon cœur comme la pleine lune
11
Je m’étonnais des hommes qui pouvaient dormir
Cette nuit-là quand les rayons de la lune
Étaient arrivés au milieu de ma chambre
Quand mon cœur bouillonnait de la chaleur
Et de la sève du printemps

Je ne peux pas oublier cette nuit-là…

12