Poèmes du Coran franc

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176 pages
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Le poète allemand Ludwig Derleth (1870-1948) n'est le plus souvent cité que dans les études sur George ou Thomas Mann, inspiré de cette figure pour des personnages de ses romans. Après une jeunesse ardente, Derleth finira par se consacrer entièrement à son oeuvre monumentale restée inachevée : le Coran franc. Dans cette poésie autant « baroque » et « dionysienne » que chrétienne, le dire poétique retrouve, au-delà de toute limitation dogmatique, une puissante universalité.

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Date de parution 01 juillet 2013
Nombre de lectures 21
EAN13 9782336320410
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Admiré par des personnalités aussi différentes que Stefan George, Hans Urs von Balthasar, Olga Fröbe-Kapteyn, Carl Jacob Burckhardt, Gerd-Klaus Kaltenbrunner et bien d’autres, le poète allemand Ludwig DERLETH (1870-1948) n’est le plus souvent cité que dans les études sur George ou Thomas Mann, qui s’est inspiré de cette Igure peu commune de la « bohème munichoise » du tournant du siècle pour plusieurs personnages de ses romans. Après une jeunesse ardente où il rêve de fonder un ordre et de révolutionner le christianisme de fond en comble, Derleth Inira par renoncer à l’action pour se consacrer entièrement à son œuvre monumentale restée inachevée, leCoran franc. Dans cette poésie autant « baroque » et « dionysienne » que chrétienne, le dire poétique retrouve, au-delà de toute limitation dogmatique, une puissante « catholicité », c’est- à-dire universalité, dans la célébration des splendeurs de la terre et du cosmos, de l’âme et du divin. « Merci, Derleth, pour ces beaux poèmes : ils ont – éloge le plus haut que l’on puisse faire – le grand soufe de la vie. » Stefan George « Derleth était, et ce jusqu’aux frontières de la démence, le héros et le martyr de l’absolu. Un homme qui ne portait rien d’autre en lui qu’un rêve de grandeur absolue auquel tout devait se mesurer. » Albert Verwey « Peu de poètes ont si souverainement prouvé que l’allemand peut receler en lui toute la magniIcence des langues anciennes. » Hans Urs von Balthasar « Un authentique poète, encore presque ignoré aujourd’hui; mais en dépit d’un ton parfois démentiel, il fut sans doute, après Hofmannsthal, le plus doué de tous ceux qui approchèrent George. » Claude David
Ludwig LEHNEN,d’allemand, docteur en études germaniques agrégé et chercheur associé de l’Université Paris-Sorbonne, est spécialiste et traducteur du poète allemand Stefan George (1868-1933). Sa monographie Mallarmé et Stefan George.Politiques de la poésie à l’époque du symbolismea reçu le Prix Henri Mondor de l’Académie française.
ouverture : KOLBE Georg,Ludwig Derleth, 1904. © Adagp, Paris 2013.
: 978-2-343-01066-317,50
Ludwig Derleth
POÈMES DU CORAN FRANC Ludwig Derleth ÉDITION BILINGUE
Allemagne
d’hier et d’aujourd’hui
Traduits de l’allemand et présentés par Ludwig Lehnen
POÈMES DU CORAN FRANC
Allemagne d’hier et d’aujourd’hui Collection fondée et dirigée par Thierry Feral L’Histoire de l’Allemagne, bien qu’indissociable de celle de la France et de l’Europe, possède des facettes encore relativement méconnues. Le propos de cette collection est d’en rendre compte. Constituée de volumes facilement abordables pour un large public, tout en préservant le sérieux et l'érudition indispensables aux sciences humaines, elle est le fruit de travaux de chercheurs d’horizons très variés, tant par leur discipline, que leur culture ou leur âge. Derrière ces pages, centrées sur le passé comme sur le présent, le lecteur soucieux de l’avenir trouvera motivation à une salutaire réflexion. Dernières parutions Didier CHAUVET,Hitler et le pustch de la Brasserie. Munich, 8/9 novembre 1923, 2012. Ralph KEYSERS,Der Stürmer, instrument de l’idéologie nazie, 2012. Marie-Laure CANTELOUBE,Anna Seghers et la France, 2012.Jacques MEINE (sous la dir. de),Edmond Vermeil, le germaniste (1878-1964). Du Languedocien à l’Européen, 2012. Evelyne BRANDTS, Rainer RIEMENSCHNEIDER,Déchi-rures culturelles, expériences allemandes. Les rapports de civilisations dans l’œuvre de Catherine Paysan,2012. Didier CHAUVET,Le nazisme et les Juifs. Caractères, méthodes et étapes de la politique nazie d’exclusion et d’extermination, 2011. Ralph KEYSERS,L’intoxication nazie de la jeunesse alle-mande, 2011. Hanania Alain AMAR,Arthur Koestler, La rage antitotalitaire, Essai, 2011. Titus MILECH,Le lieu du crime. L'Allemagne, l'inquiétante étrange patrie, 2011. Laura GOULT,L'enlèvement d'Europe. Réflexion sur l'exil intellectuel à l'époque nazie, 2010. Jacques DURAND,Le roman d'actualité sous la République de Weimar, 2010.
Ludwig DerlethPOÈMES DU CORAN FRANC Traduits de l’allemand et présentés parLudwig LehnenÉDITION BILINGUE
Du traducteur : Stefan George :L’Étoile de l’alliance, poèmes traduits de l’allemand et présentés par Ludwig Lehnen, La Différence, 2005. Ludwig Klages :De L’Éros cosmogonique, traduit de l’allemand et présenté par Ludwig Lehnen, L’Harmattan 2008. Stefan George :Poésies complètes, traduites, présentées et annotées par Ludwig Lehnen, La Différence, 2009. Ludwig Lehnen :Mallarmé et Stefan George. Politiques de la poésie à l’époque du symbolisme, PU-Sorbonne,2010.Stefan George :Feuilles pour l’art et autres textes du Cercle de George, traduits, présentés et annotés par Ludwig Lehnen, Les Belles Lettres, 2012. © L’HARMATTAN, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01066-3 EAN : 9782343010663
« Dans la splendeur bienheureuse du vrai » Le poète Ludwig Derleth (1870-1948)
Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’hommes. Mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul. Rimbaud
Ludwig Derleth ne s’est pas toujours, et peut-être jamais essentiellement, considéré comme un poète. Longtemps, ce fervent catholique fut hanté par l’idée de fonder un ordre qui renouvellerait de fond en comble le christianisme jugé cor-rompu. Né le 3 novembre 1870 à Gerolzhofen en Franconie (région de Nuremberg), Derleth suit des études de grec, de latin, de philosophie et de germanistique à l’université de Munich et enseigne le latin jusqu’en 1906 dans différents lycées. Dans le but sans doute de la fondation de l’ordre, il entreprend à partir de 1894 des voyages entourés de mystère; on sait qu’à Paris il vivait chichement dans un hôtel de la rue Bonaparte ou encore à l’hôtel de Lauzun, sur l’Île-Saint-Louis, et qu’il entrait en contact avec des milieux ésotériques et occultistes, faisant par exemple la connaissance du « Sâr » Péladan et de Papus. Mais il ne pouvait pas échapper à Derleth, observe son biographe Dominik Jost à ce propos, que le Sâr fut « moins uneultima tubaou unos magna sonaturum qu’un curieux mélange de platitude et de sublimité », et quant à Papus, faisant allusion à son métier, Derleth s’amusait occasionnellement du « marchand de légumes occultes ». Les souvenirs du sculpteur Georg Kolbe, qui faisait la connaissance de Derleth « à Paris, dans un milieu d’artistes et
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d’étudiants » et deviendra un de ses disciples, rapportent que le poète « cherchait des hommes parfaitement intacts, avec le but d’unir ces élus dans une légion toujours plus importante. Animés par le même idéal, par la même haute aspiration, ils devaient exercer leur influence spirituelle sur l’humanité. Il nous chargeait de la mission de trouver ceux parmi nos con-naissances et nos amis susceptibles de servir la réalisation de ses idéaux. Nous formions le noyau d’une armée – lui était le guide. […] Déjà dans un grand nombre de villes européennes, des groupes s’étaient formés sous sa direction. […] Il exaltait la pureté de l’esprit et du corps, la beauté de l’âme. […] Il portait en lui le rêve de réformer l’Église, de la purifier, et de fonder une nouvelle théocratie. […] Sa plus grande admira-tion s’adressait à saint François d’Assise. » C’est également à Paris, en 1898, que Derleth vit pour la première fois, sans toutefois lui parler, le poète allemand Stefan George (1868-1933), avec lequel il entrera en étroite relation à Munich. Dès 1896, il avait fait la connaissance du comte Harry Kessler (1868-1937), un des rédacteurs de la revue littérairePan (Berlin), dans laquelle il publia ses pre-miers poèmes entre 1896 et 1898. Kessler reconnût tout de suite la valeur poétique de ces premiers textes et y décela « la vocation de devenir un – peut-être le plus grand – de nos poètes maudits ». Kessler est un des nombreux personnages à avoir été fascinés par le caractère du poète et à lui garder un sentiment de gratitude pour l’enrichissement personnel tiré de sa con-naissance. Ainsi, il convaincra en 1904 les éditions Insel de publier lesProclamations. Une autre personnalité profon-dément marquée par le poète à la fois érudit et visionnaire sera Olga Fröbe-Kapteyn, initiée plus tard, à Munich, à ses conceptions religieuses et mythologiques. Cette expérience n’aura sans doute pas été étrangère à l’esprit de la fondation des rencontres d’Éranos qu’elle entreprendra ultérieurement. Mais en juillet 1897, arrivé à Rome, après avoir été refusé par les jésuites méfiants du Collegium Germanicum, le jeune
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Derleth entre en noviciat au couvent polonais des « Résur-rectionnistes » situé près du Monte Pincio. À en croire son épouse, il cherchait moins par là à fuir le monde qu’à appro-fondir ses connaissances théologiques, ce que semblent con-firmer ses lettres. Aussi en démissionnera-t-ilob defectum vocationisdéjà le 6 octobre 1897 pour regagner Paris. Ce fut une libération décisive, à en juger par une lettre qu’il adressa à ce moment au poète Christian Wagner : « Le 3 novembre, au matin, je serai à Paris. Alors, je me serai défait du christianisme comme on enlève une armure pesante et je serai vulnérable à tous les endroits de mon corps. Eh bien ! – je me ferai le guide d’une révolte comme l’Histoire n’en a pas encore vu ! » Ce ton, nullement ironique mais d’une assurance frôlant l’hubris, est caractéristique pour le jeune – et pas seulement le jeune – Ludwig Derleth. On le retrouve dans une inter-jection éloquente dans une lettre qui fait part de sa lecture de la vie de Napoléon : « Je ne me sens pas moindre », confie-t-il alors, ou encore dans des allusions rapportées qui pour-raient faire croire à une velléité passagère de devenir pape. On peut y lire une sorte de mégalomanie paranoïaque, comme on se plaît à le répéter à son sujet, ou, avec sans doute plus de justesse, la traduction d’une foi exceptionnellement intense et inébranlable en sa propre mission. Nombreux sont ceux qui, même parmi ses admirateurs, soupçonnaient une « semence de folie » en lui, qui cependant ne mettrait pas en cause la pureté de ses motivations, étrangère à toute vanité person-nelle. Carl J. Burckhardt, qui lui fut proche, atteste dans une lettre à Hofmannsthal que le poète était « bizarre et gran-diose » et ajoute : « Sans la Réforme, Derleth serait devenu un grand Père de l’Église. » Cette obsession par sa mission, qui depuis Thomas Mann a tant prêté le flanc à une moquerie un peu facile (et peut-être même peu intelligente), s’exprime surtout dans le célèbre début de la première version des Proclamations (1904) :
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