82 pages
Français

Tiens ta langue

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Description

Tiens ta langue, de Patrick Williamson, est placé sous le signe de l'étrange qui caractérise son style au plus haut point. Dans ce recueil bilingue franco-anglais, ses poèmes tour à tour intimes et distancés explorent un monde rarement exprimé. Des images saisissantes se fondent dans l'esprit. Intense, précis, chaque détails donne libre cours à une foule d'émotions. La voix originale de l'auteur est tout à la fois nourrie de tradition anglaise et d'expérience européenne.

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Date de parution 10 novembre 2014
Nombre de lectures 18
EAN13 9782336361987
Langue Français

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PàTRICK WILLIàMSON
TIENS TA LANGUE HOLD YOUR TONGUE Traductions de l’anglais par Claude Held et Anne Talvaz
Bilingue français – anglais
TIENS TA LANGUEHOLD YOUR TONGUE
Poètes des cinq continents En hommage à Geneviève Clancy qui l’a dirigée de 1995 à 2005. La collection est actuellement dirigée par Philippe Tancelin La collectionPoètes des cinq continentsnon seulement révèle les voix prometteuses de jeunes poètes mais atteste de la présence de poètes qui feront sans doute date dans la poésie francophone. Cette collection dévoile un espace d’ouverture où tant la pluralité que la qualité du traitement de la langue prennent place. Elle publie une quarantaine de titres par an. Dernières parutions 622 – Michel JAMET,Partage son royaume !,2014. 621 – Ayten MUTLU,Les yeux d’Istanbul. Istanbul’un gözleri,2014. 620 – Philippe GUILLERME,Tout attaché, 2014. 619 – Patricia LAIGLE,La neige sur le museau des biches, 2014. 618 – Paul Henri LERSEN,Poèmes d’Ici, 2014. 617 – Omer MASSEM,Fragments sauvegardés,2014. 616 – Umberto PIERSANTI,Lieux perdus, 2014. 615 – Thierry LASPALLES,Silence des saisons,2014. 614 – Stella VINITCHI RADULESCU,Comme un désert de roses,2014. 613 – Ban’ya NATSUISHI,Cascade du futur,2014. 612 – François DESFOSSES,Fleurs de l’inexistence, 2014. 611 – Emma PEIAMBARI,Les rosées de l’exil, 2014. 610 – Paul Henri LERSEN,Geometria. Mesure du monde,2014. 609 – Philippe TANCELIN,Seuils, 2014. 608 – Ludmilla PODKOSOVA,Le don des mots, 2014. 607 – Abdarahmane NGAÏDE,Ode Assilahienne, 2014. 606 – Maurice COUQUIAUD,Anthologie poétique. 1972-2012, 2014. 605 – Daniel LEDUC,Sous la coupole spleenétique du ciel,2013. 604 – Michel Khalil HELAYEL,Ton visage mon souffle ma lumière, 2013. 603 – Suzanne MERIAUX,Visages de l’eau, 2013. 602 – Milan ORLIC,Ardent désir d’unité, 2013. 601 – Jean BAZIN et Jean-Michel LE GALLO,Lumières délavées ou l’enfance contraire, 2013. 600 – Gian Carlo PIZZI, La pauvreté, La povertà,2013. 599 – Hassan WAHBI,Le corps de l’autre, 2013.
Patrick WILLIAMSON
TIENS TA LANGUE HOLD YOUR TONGUE
Traductions de l'anglais par Claude Held et Anne Talvaz Édition bilingue anglais – français
Other publications / du même auteur Poetry / poésie : .Gifted, Corrupt Press, (RU), 2014 .Nel Santuario(English-Italian / bilingue anglais-italien), Samuele Editore (It.), 2013. Bacon, Bits & Buriton, Corrupt Press (RU), 2011. Locked In, or Out?,Red Ceilings Press (RU), 2011 .Trois Rivières / Three Rivers(English-French / bilingue anglais-français), L’Harmattan (Fr.), 2010. Strands,Palores Publications (RU), 2008. Prussia Cove,Palores Publications (RU), 2007. Poezia(in Bulgarian / en bulgare),Nov Zlatorog (Bg.), 2006 .Lobster Eating, Macan Press (RU), 1997. In Memory of my Grandfather, Libanus Press (RU), 1986 Translations and anthologies / traductions et anthologies : .The Parley Tree, Poets from French-speaking Africa and the Arab World,Arc Publications (RU), 2012. Every poem is a decapitated head held up by a single hair, Serge Pey, co-trad Yann Lovelock, Red Ceilings Press (RU), 2011 .Graph of Roads,Gilles Cyr, co-trad., Guernica Editions (Ca.), 2008. Quarante et un poètes de la Grande-Bretagne,Ecrits des Forges / Le Temps des Cerises (Fr.),2003 .Inconnues Saisons / Unknown Seasons,Tahar Bekri,co-trad., L'Harmattan (Fr.), 1999 . "New Swiss Romand Poets",The Chariton Review, Vol. 25 No. 1, Truman State University Press (USA), 1999 . The Films of Jacques Tati, Guernica Editions (Ca.), 1997 . "French Poets of Paris",The Chariton Review, Vol. 22 No. 1, Truman State University Press (USA), 1996 © L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04165-0 EAN : 9782343041650
Note :Some of the poems and translations here have already appeared inNel SantuarioEditore, 2013) and (Samuele Bacon, Bits & Buriton(Corrupt Press, 2011), and in magazines.Certains poèmes et traductions présentés ici ont déjà paru dans Nel SantuarioEditore, 2013) et (Samuele Bacon, Bits & Buriton(Corrupt Press, 2011), ainsi que dans des revues.Acknowledgements - RemerciementsClaude Held :Translator’s note / note du traducteur All translations except for Bacon / toutes les traductions à l'exception de Bacon Anne Talvaz :Bacon / Bacon Publishers & magazines / éditeurs et revues :Corrupt Press, Samuele Editore, Editions Transignum Decanto, Ditch, Epiphany, Litterales, La Toile d’Un, A Little Poetry, Sentinel Literary Quarterly, SNReview, La Traductière, Verse Libre Quarterly, 2012 Poetry on the Lake anthologyOuthouse / Remise :3rd place Decanto Poetry Competition 2012 e Classé 3 au Concours de Poésie Decanto 2012
The tongue at work It is no coincidence that the title of a poem becomes the title of this collection:Hold your tongue/Tiens ta langue. In English, as in French, the metaphor leads us to the secret, to mystery. Some words, what’s more, evoke subconscious situations or places buried deep, which invite discovery, yet forbid probing: “Privacy”, “behind the curtain”, “attic”, “outhouse”, “sanctuary”... The reader perceives elements of an autobiography that takes us from childhood (“laughter across in the rec.”) to adulthood (“love me love me not”) – a fragmentary, discreet, autobiography, in between being and appearing: “What you see, / you know me, inside out”. The I is never set apart; it is made part of a group, the texture of daily life, the history of mankind; it comes into contact with “the ghosts of the murdered, / exiled & persecuted”; it looks for “new ways of being human, of human being”. The poetry of Patrick Williamson is built on this tension between a lyricism that expresses and a lyricism of breath held in at the edge of silence. “Hold your tongue” is a very simple, familiar, expression, but behind its usual meaning hides another more subtle sense: the poet holds his tongue in the way he chooses; he keeps it there, he withdraws it, arranging it as he wishes; he makes it say the extreme: “Clammy. Shut out night screeches [...]”. And this extreme moves us. Its concision is redoubtable for the translator, as, in addition to the usual snags understanding the language, the author creates ellipses, and phrases packed with meaning that are another form of mystery where an emotion sways, to be brought to life in another language. Patrick has built his own rhythm. His own music; for example, this s alliteration that gives the passage aural unity: “One the poem par excellence, abrasive, with pace” / “Un le poème par excellence, caustique, en cadence”. Sometimes, the translator can stay close to the original, sometimes stray. He would like to thank the author for his helpful remarks when he strays too far from the mystery. Claude Held
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Le travail de la langue Ce n’est pas un hasard si le titre d’un poème devient le titre de ce recueil :Hold your tongue / Tiens ta langue. En anglais, comme en français, la métaphore renvoie au secret, au mystère. Certains mots, d’ailleurs, évoquent des situations ou des lieux enfouis, inconscients, qui tout à la fois invitent à découvrir et interdisent la découverte : « intimités », « derrière le rideau », « grenier », « remise », « sanctuaire »... Le lecteur perçoit les éléments discrets d’une autobiographie qui nous ferait passer de l’âge d’enfant (« rire en face à la récré ») à l’âge d’adulte (« aime-moi ne m’aime pas ») – autobiographie fragmentaire, pudique, entre l’être et le paraître : « Ce que tu vois, / tu me connais, à fond ». Le je n’est jamais isolé ; il est situé dans un groupe, dans le contexte de la vie quotidienne, dans l’histoire des hommes ; il côtoie « les spectres des assassinés / des exilés, des persécutés » ; il cherche « d’autres façons d’être humain, un être humain ». La poésie de Patrick Williamson repose sur cette tension entre un lyrisme qui se donne et un lyrisme du souffle retenu au bord du silence. « Tiens ta langue » est une expression toute simple, familière, mais sous le sens habituel se cache un autre sens plus subtil : le poète tient sa langue dans la forme qu’il choisit ; il la maintient, il la retient, l’organise à sa façon ; il lui fait dire l’extrême : « Ça suinte. Referme les volets sur les cris de la nuit [...] ». Et cet extrême nous touche. Sa concision est redoutable pour le traducteur, car au-delà des difficultés de compréhension de la langue traditionnelle, l’auteur crée des ellipses, des concentrés de sens qui sont une autre forme du mystère où règne l’émotion qu’il va falloir faire revivre dans une autre langue. Patrick construit un rythme qui lui est propre. Une musique aussi ; par exemple, cette allitération en s qui donne son unité sonore au passage : « One the poem par excellence, abrasive, with pace » / « Un le poème par excellence, caustique, en cadence ». Parfois, le traducteur peut rester au plus près de l’original, parfois il s’égare. Il remercie l’auteur de l’avoir aidé de ses remarques quand il s’éloignait du mystère. Claude Held
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