Vieillitude
147 pages
Français

Vieillitude

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147 pages
Français

Description

Les textes de Vieillitude ont été écrits par Marc Losson à deux époques de sa vie, séparées de cinquante années. En vieillissant, presque sans s'en douter, Marc Losson se heurte à la peur finissante, au désert de la jouissance, aux images passées éblouissantes, aux trous de mémoire, au corps qui klaxonne comme une sirène de pompier.

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Date de parution 05 février 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140142376
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Exrait

témoignages poétiques
Marc Losson
Vieillitude Édition revue et augmentée
Préface de Jean Mambrino
témoignages poétiques
VIEILLITUDE
Témoignages poétiques Collection dirigée par Philippe Tancelin
Parce que la langue poétique constitue une exploration, elle revêt parfois son visage de « témoin » des chamboulements de notre société, des mondes qui nous entourent, au gré des voyages, des rencontres. Parce qu'elle explore l'intime, qu'elle épouse une fonction dénonciatrice ici et ailleurs, elle bouleverse aussi notre vision du politique. Accueillons ces textes qui nous aident à cheminer et modifier notre regard...
Dernières parutions
Christian DUMOTIER,La tendresse des bannis,2020. Jean-Pierre BIGEAULT,Chemin de l’arbre-dieu, 2019. Louis DUMONT,Saisons de mon île, 2019. Pierre TAMINIAUX,L’œil à côté, Sur Giorgio Morandi, 2019. Sébastien COCHELIN,Quand j’étais catholique, 2019. Michelle LABBÉ,La nébuleuse des pas, 2019. Françoise et Sonia DELMAS,Ils ont démonté la mer, 2019. Berthrand NGUYEN MATOKO,Équationnelle et nomade, 2019. Philippe TANCELIN,Couleur d’effraction à l’usage des suspicieux et des oublieux, 2019. Miguel Angel SEVILLA,De l’expatrié et autres textes, 2019. Alain FLEITOUR,Les fissures de l’aube, 2019. Monique CHARLES-PICHON,On habiterait le monde, 2018. Franck ADANI,Exil infini retour, 2018. Jean-Pierre BIGEAULT,L’oiseau de feu,2018. Yannette,Herbiers du Tendre suivi de Gemmes d’amour, 2018. Showell Rhoubirdsontz ESTIMPHIL,Fragments d’aube, 2018. Vincent BOUTON,Broyeurs de noir,2018. Serpilekin ADELINE TERLEMEZ,entre ciel et terre,poésie réfléchie,2018. François COUDRAY,l’enfant de la falaise, 2018. Philippe SABOURDY,Flaque de plomb, 2018.
Marc LOSSONVIEILLITUDE Édition revue et augmentée Préface de Jean Mambrino
Du même auteur
Vieillitude, éditions Saint-Germain-des-Prés, 1983 Le Rêve de l’enceinte du labyrinthe, éditions Le Bord de l’eau, 1992 La Mer des hanches tout autour du continent des larmes, éditions Le Bord de l’eau, 1997 La Fabrique sociale des handicapés, journal d’une autofiction,éditions Le Bord de l’eau, 2005 L’Ile de tes yeux pour imiter le ciel, éditions Le Serpolet, 2014 Le Voyageur sans fin, éditions Persée, 2017
Choix photographiques Première et quatrième de couverture : Vasil Quesari, artiste photographe, a été reporter à France Télévision. Page 36 et page 135 : Claire Losson, artiste photographe et éducatrice spécialisée.
© L’HARMATTAN, 2020 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-19408-0 EAN : 9782343194080
Toutes ensemble
Dès que tombe le crépuscule, nous sortons nous asseoir ici, Sur la pierre du seuil, sur les rochers Pour que nous batte le vent du large et qu’il nous vide [de notre vide. Nous reposer, ne plus rien faire, Oublier, nous les oubliées, faites d’oubli, Comme si tout s’en était allé, et que nous soyons restées Seules Sur une aire haute et large où le vent souffle de tous côtés.
« Les vieilles femmes et la mer » Yánnis Rítsos
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Préface Il s’agit d’une expérience singulière. Celle d’un homme, dans la force de l’âge, Au contact quotidien des malheurs de la vieillesse, Solitudes, tristesse, amertumes du temps Irrémédiablement perdu, frustration de l’échec, Inguérissables mélancolies et l’angoisse De la ligne d’ombre approchante. Tout ce que la poésie depuis des millénaires n’a fait qu’effleurer Et, en un certain sens, embellir, Puisque ce n’était qu’une évocation, dans la gloire de l’aube : « Quand vous serez bien vieille... »Voici donc une maison, dite de retraite. Et un poète. Le pire va se faire voix, parole, chant. La beauté de ces poèmes naît de leur justesse absolue, De l’engagement de l’auteur en chacune de ses inflexions, De sa propre souffrance − qui est toujours l’amour absent −, Indétachable de celle qui l’entoure. La forme très simple qu’il emprunte n’est pas différente De sa respiration. Et une fois encore, le plus intime devient le plus universel. Voici en vérité le cœur mis à nu, si vieux, si pitoyable, Si digne, où chacun peut se reconnaître. Jeune à n’en plus finir. La poésie n’a jamais guéri, consolé personne. Elle est un acte de fierté. Un silencieux redressement devant le destin. Mais l’ombre d’une incompréhensible tendresse Vient pourtant la recouvrir. Jean Mambrino
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