Riz gluant

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312 pages
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De 1966 à 2008, Emmanuel Harel a parcouru l’Asie en solitaire. Ce sont ces voyages et les rencontres qui les ont émaillés qu’il consigne ici, avec franchise et lucidité. Histoires d’amour ou simples amitiés, étudiants, paysans, artistes, guides, c’est à travers les habitants qu’il décrit les contrées visitées, analysant les mentalités et les traditions. Mais ce récit est aussi la description d’un monde en mutation, entre tradition et modernité, ravagé par les guerres et les dictatures, défiguré par les buildings et le tourisme de masse: c’est l’histoire de la disparition de l’Asie authentique, au profit de celle de l’argent et du business. Par les yeux d’un voyageur passionné, Emmanuel Harel nous transmet une ambiance à laquelle on ne résiste pas: on regrette, nous aussi, cette atmosphère sur le déclin. Une écriture originale au lyrisme étonnant, qui nous fait parcourir l’Asie au rythme des pérégrinations d’un passionné. On a envie de voyager et de voir par nous-mêmes ces merveilles colorées et envoûtantes.

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EAN13 9782748350401
Langue Français

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Riz gluant
Emmanuel Harel Riz gluant Récit de voyages
Publibook
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Préambule C’était vers 1953. J’avais huit ans. Mes premières visions de l’Asie, c’était dans les timbres que je collectionnais et un livre de géographie. Sur les timbres il y avait des noms exotiques que je ne savais évidemment pas situer sur une carte : Yunnan-fou Kouang-Tchéou Mong-tseu Kedah Labuan et puis des noms de pays : Siam Indochine Insulinde et plus tard : Vietnam, Laos, Cambodge, Thaïlande. Tout cela m’embrouillait. Je ne croyais qu’à l’existence des pays dont on entendait parler : Chine, Tibet, Corée, Japon, Indochine bien sûr, et il m’a fallu du temps pour comprendre par exemple que Siam et Thaïlande c’était la même chose. Pour moi tout cela était le bout du monde, autant que l’Afrique Occidentale Française ou le Chili, ou même le Liban, c’était le domaine de l’inaccessible. ème Sur ce fameux bouquin de géographie, classe de 5 je crois, mes yeux s’étaient arrêtés sur deux photos : l’une représentait la vie d’une rue dans une ville chinoise avec des toits en pointe et des personnages portant des grands chapeaux bizarres, ça me faisait le même effet que la planète Mars,
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et l’autre montrait les montagnes de l’Himalaya qui me rappelaient la Suisse, où je venais de passer mes premières vacances à l’étranger. Un jour j’avais interpellé ma mère comme suit ; « Dis maman, pourquoi qu’on n’irait pas à l’Himalaya aux prochaines vacances ? » Je ne sais plus ce qu’elle avait répondu, sans doute elle avait rigolé de ma naïveté, et moi je restais tout bête sans comprendre la distance qui nous séparait de l’Himalaya, et j’insistais en lui demandant : « Mais comment on fait pour y aller ? On prend le train et on change à Berlin c’est ça ? » Elle ne devait pas en savoir plus que moi. Je savais seulement que c’était vers l’Est, et Berlin me semblait déjà loin. À cette époque, fasciné par le train, je jouais dans l’appartement… au train. Pas au train miniature et électrique, non, moi je n’en possédais pas, J’ÉTAIS le train, je mettais les mains en avant, j’imitais le bruit du train, et je tournais dans la maison, je tournais, je tournais, et j’annonçais les gares, je m’arrêtais et je repartais, et j’avais inventé le trajet Berlin-l’Himalaya. En combien d’heures, ça, je ne sais plus. Et l’enfance passa.
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