Taïwan Blues

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140 pages
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Description

La Chine. L’Orient de l’Orient. Hermétique, secrète, à apprivoiser pour tout étranger qui y pose ses valises. Oui, la Chine ne se donne pas si facilement. Elle doit être lentement approchée, maîtrisée, décryptée. Il faut y vaincre le sentiment de solitude, la perte des repères, les craintes, la non-communicabilité. D’autant plus lorsque l’on se lance, en solo et quasiment sans filet, dans une telle aventure. Autant de thèmes qui traversent le témoignage de Corinne Brient qui, loin de l’exotisme, dit son immersion déstabilisante dans le monde taïwanais. Fruit d’une plongée de plus d’un mois dans la société chinoise, "Taïwan Blues" livre un regard sincère sur cette parenthèse orientale. Sincère, car il ne tait rien des difficultés, des vertiges, des questionnements et étonnements qui ont habité la diariste tout au long de ses jours. Un texte qui offre ainsi une véritable confrontation entre un regard occidental et une civilisation absolument autre.

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Date de parution 05 janvier 2012
Nombre de visites sur la page 35
EAN13 9782748373585
Langue Français

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Taïwan Blues
Corinne Brient Taïwan Blues
Publibook
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À mes enfants, Maxime et Maia À mes parents
Septembre 1998
Londres. Maxime y commence l’Université. À Londres malgré lui. Héritier torturé du dilemme « cornélien » quant au dé-placement et au voyage, il a laissé faire à sa place ; Adriana sa petite amie sait ce qu’elle veut, aller étudier à Londres après le bac ; c’est donc elle qui s’est occupée au moment des demandes auprès des universités, de faire les démarches pour eux deux ; accepté par 4 universités sur 5, il a choisi du bout des lèvres celle de Queen Mary and Westfield College, a classé son acceptation dans la case « départ lointain », les nombreuses lettres qui arrivent sont à peine lues, il ne notera pas qu’il sera logé sur le campus mais qu’il doit emmener ses serviettes de toilette et un duvet. Septembre. Nous voilà à arpenter les rues de Londres à la recherche de serviettes de bain et d’un duvet. Maxime, petit soldat me suit mais exprime toute son opposition et sa détresse à l’idée de rester. Une prière incessamment répétée : « ce n’est pas moi qui ai décidé de venir à Londres, c’est vous, je veux rentrer à la maison, je veux rester en Italie. » Et moi furieuse, tous ces jours à sentir son opposition, à le traîner derrière moi : « ce n’est pas un problème, tu n’es pas prisonnier, je ne t’ai rien imposé, je n’ai fait que suggérer, tu es libre, tu reviens avec moi en Italie et tu t’inscris si tu veux à l’université à Milan comme tes copains ; et c’est tout ! ».
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Le dilemme est à son comble, ne pas accepter le futur, ne plus pouvoir retourner au passé, ne pas réussir simplement à exprimer à voix haute la tristesse de vivre la fin d’un cycle et la peur d’ouvrir le prochain, cette nostalgie que déjà si jeune il avait compris. Le dernier jour avant notre séparation : il restera vivre à Londres, je retournerai à la maison près de Milan. Nous nous sommes donné rendez-vous à la sortie du métro Liverpool Street. J’attends, il pleut doucement, il n’arrive pas ; derrière moi sur le trottoir, une librairie, je décide d’y entrer, j’y serai au sec et je peux à travers la vitrine voir les personnes sortir de la bouche de métro. À l’entrée, une grande table où sont proposés les derniers livres publiés, ceux qui deviendront des best-sellers. Un livre attire mon attention, de Tiziano Terzani « A fortune teller told me ». Le titre ? Le nom italien de l’auteur ? Je ne le connais pas alors que je saurai par après qu’il était un témoin important de l’histoire contemporaine en Asie. Je feuillette son livre qui commence par la narration de sa rencontre avec un diseur de bonne aventure, ça m’intéresse, je l’achète. De retour à la maison, je lirai Terzani et son histoire qu’il aborde de manière rationnelle sur fond irrationnel de diseurs de bonne aventure qui officient sans pitié et sans l’ombre d’un doute dans tous les pays asiatiques. Mais cela reste une rencontre littéraire, loin de moi le désir d’aller moi-même en Asie, de découvrir ces pays, je n’imagine même pas que cela pourrait être ; et pourtant, je sais depuis longtemps que si j’avais pu moi aussi vivre quelque temps dans un de ces pays asiatiques, j’aurais bien aimé faire trois choses : apprendre à jouer au mah-jong, apprendre le massage chinois et aller voir un diseur de bonne aventure.
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