Affection partagée

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132 pages
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Affection partagée. Un recueil de nouvelles qui présente de maniére imaginaire des circonstances l'issue desquelles des personnes ont contracté le VIH-SIDA. Les personnages mis en situation dans ce texte, dés qu'ils ressentent les effets de l'infection, se retrouvent à revisiter les moments de faiblesse où ils ont contracté le virus. Puisse la lecture de cette modeste oeuvre nous inciter, sinon nous inviter à chaque moment de tentation plus de vigilance.

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Date de parution 01 janvier 2018
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EAN13 9782916532936
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0152 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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AFFECTION PARTAGÉE
Mamadou Koblé KAMARA
AFFECTION PARTAGÉE Nouvelles
Vallesse Éditions 01 B.P. 2290 Abidjan 01 (Côte d’Ivoire) e-mail : edition_vallesse@yahoo.fr
© Vallesse Éditions, Abidjan, 2018 ISBN : 978-2-916532-93-6 Toute reproduction interdite sous peine de poursuites judiciaires.
En hommage à tous mes maîtres : Instituteurs et Professeurs de Collège qui, très tôt, ont ouvert mon esprit et encouragé à la lecture et à ses avantages. Qu’ils trouvent à travers ce mo-deste ouvrage, ma reconnaissance en échange du devoir bien accompli. Ce sont : - M. Mlan Fidèl, 1961-1962 en classe de CP1, l’Ecole Pri-maire Catholique de OUA, département de Danané ; - M. Mokou Lucien, 1964-1967, en classes de CE2 et CM2, Ecole Primaire Catholique de Biangouiné ; ème - Mme Ravon, 1967-1968, en classe de 6 , Collège Saint-Viateur de Bouaké ; ème - M. Gérard Coutand, 1968-1969 en classe de 5 , Collège Saint-Viateur de Bouaké ; - Révérend Père Émile Bonnafous, 1970-1971 en classe de ème 3 , Collège Saint-Viateur de Bouaké. Je le dédie également à tous mes condisciples de ces longues et studieuses années, dont l’admiration a toujours été pour moi une exigence à honorer afin de mériter leur amitié. À la lignée que je souhaite longue, des enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants, en guise de d’exhortation à pour-suivre la passion de la lecture dans la famille.
Dédicace
SOMMAIRE
INFECTION PARTAGÉE................................. 9
LA FÊTE DANS LE BIDONVILLE............. 21
INFORTUNES ÉCONOMIQUES.................. 37
« NOSOGOMIASE ».........................................57 La maladie que donne l’hôpital
LA ROUTE QUI TUE AUTREMENT............73
HAUT LES CŒURS ! ......................................93
HÔTESSE DE CÉRÉMONIES....................109
L'INSPECTEUR DE L'ENSEIGNEMENT......123
INFECTION PARTAGÉE
Zrantian n'en pouvait plus. Elle n'en voulait plus de ces ambiances à la fois incommodantes, délétères et inconvenantes. Elle ne voulait plus de ces séances de prières dans les Églises, les Chapelles, les Temples et sous les préaux des prophètes tradi-praticiens. Mais, il fallait se réveiller tôt le matin, aux sons de la cloche, du grelot, des castagnettes ou de la clochette. Les yeux lourds de sommeil, il fallait se mettre à prier à tue-tête, le Dieu Tout-Puissant, l'Éternel des armées, le Dieu trois fois saint, Yawhé ou que sais-je encore. Au son des instruments de musique, il fallait le louer et le glorier. N'attend-il pas seulement cela de ses créatures, lui qui pourvoit à tout ? Mais il n'était quand même pas sourd, se révolta-t-elle.
Le soir, le sommeil ne pouvait pas s'installer sans lui avoir dit merci de tous ses bienfaits. L'on se couchait assez tard après que les apprentis officiants ont fait leurs essais. C’est sur ces entrefaites que le chef spiri-tuel peut renvoyer les ouailles. L'habitude d'un réveil et d'un sommeil aux heures indues pouvait s'acquérir si de temps à autre, des cas urgents n'advenaient pas. En fonction de la célébrité de l’homme de Dieu, les malades affluaient à ses lieux de prière. Ils y venaient pour certains encore lu-cides et capables de se mouvoir, tandis que d'autres étaient portés à dos d'homme, par véhicules ou sur des brancards. Les atteintes physiques et psychiques se disputaient dans les arènes tenues par les hommes de Dieu. L'affluence était aussi fonction de l'efficacité des démarcheurs et des canaux de circulation des infor-mations relatives à la compétence de l'homme de Dieu. Et que ne faisaient-ils pas ces hommes de Dieu, pour se dénigrer mutuellement à l'effet de se garantir une clientèle à la fois nombreuse et dèle ? En dépit de plusieurs séances de prière et de pré-dication, l'état de santé de Zrantian était instable, partagé entre des signes d'espoir de guérison, contrarié juste quelques moments après, par des rechutes. Les
différents hommes de Dieu qui l'avaient reçue avaient chacun prophétisé sa guérison après un diagnostic de son mal. Depuis l'enfance jusqu'à sa majorité, la vie de Zrantian avait été passée au crible par ces prêtres, pasteurs, prophètes et soigneurs traditionnels. Chacun d'eux, à tour de rôle et en des lieux distincts, avait donné le meilleur de lui-même, à travers des consul-tations au moyen d’« incantations » à Dieu, celui qui révèle ce qui est caché aux hommes. Aujourd'hui, dans ce village, le guérisseur dont la renommée se répandait comme une traînée de pou-dre, exigeait d'elle une confession publique. Eu égard aux différentes stations qu'elle avait ob-servées, sur le chemin des soins, elle avait dit les mêmes choses. La jalousie, l'envie immodérée du bien d'au-trui, les cas de tricherie à l'occasion de la lutte pour la vie, etc. Elle avait tout révélé. Le guérisseur scrutait Zrantian de ses yeux de lynx. En n psychologue, il l'observait. Il doutait de sa sincérité. Il exigeait qu’elle fouillât davantage dans son tréfonds. Elle était convaincue d'avoir tout dit, sauf un cas qui la turlupinait depuis toujours. Elle t un dernier effort pour soutenir le regard de braise du guérisseur.
Hypnotisée par ce regard perçant, elle sombra plus de fatigue que de transe. Le temps que l'homme de Dieu s'occupe d'un autre cas, elle laissa déler dans sa mémoire l'affection coupable qui était née entre elle et un coreligionnaire, lors d'une rencontre à l'église. Soudain, la peur s'empara d'elle. Dieu pouvait-il lui pardonner ce péché qui avait pris naissance dans sa demeure ? Elle se perdait en conjectures. Zrantian ne s'était encore jusque-là ouverte à aucun homme de Dieu, fut-il celui dont tout le monde redoute les prophéties et les prières de délivrance. Elle en avait marre de tous ces prétentieux qui se détachaient des Églises anciennes pour en fonder une nouvelle. Pour se distinguer des temples et des pratiques antérieures, ils s'affublaient de tenues pittoresques, puisées dans l'art vestimentaire de la hiérarchie ca-tholique romaine ou byzantine. Ils arboraient des crucix qui n'avaient de chrétien que la forme. Ils les consacraient, par des rites païens, en les recouvrant par endroits d'étoffes à la couleur rouge sang. Ici et là, ce sont plutôt des ls de différentes couleurs ou des rameaux de palmiers, abondamment utilisés dans la symbolique africaine de protection contre les attaques occultes.