Au service du roi

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Français
313 pages
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Description

Quelques lettres aux feuillets jaunis retrouvées dans un grenier poussiéreux sont à l'origine de ce roman retraçant une aventure hors du commun. Celle de Joachim, jeune officier au temps de Louis XV qui, à l'occasion d'une échauffourée, a malencontreusement tué un de ses voisins.

Bien que gracié par le Roi, Joachim choisit l'exil. Sur les pressants conseils d'un familier de la Cour de Versailles, il accepte de se mettre au service du Roi de Pologne. Louis XV vient, en effet, d'épouser une jeune Polonaise de bonne souche et cette union explique non seulement les sympathies françaises pour la Pologne mais aussi l'attention portée aux soubresauts de la politique à Varsovie. Après maintes aventures, Joachim arrive à Varsovie où, affecté à un régiment de la garde royale, il devient un brillant officier, apprend le polonais et découvre sa patrie d'adoption. Marié, en 1740, à Klara, devenu colonel, il eut une nombreuse descendance. Des centaines parmi eux vivent aujourd'hui en Pologne, aux États Unis, en Suisse et même au Vatican où ils ont donné réputation et lustre au nom de Deskur, forme polonisée de leur patronyme d'origine.

Pour relater l'étonnante aventure de Joachim, la romancière Nicole Descours s'est faite historienne. Ses recherches dans les archives, ses lectures dans les bibliothèques, l'aide amicale aussi des cousins Deskur lui ont permis de nous raconter l'histoire authentique de ce jeune français victime d'une stupide querelle avant de devenir au bord de la Vistule fondateur d'une dynastie de grande réputation.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2001
Nombre de lectures 28
EAN13 9782876233324
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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AU SERVICE DU ROI
de Versailles à VarsovieNicole Descours
AU SERVICE DU ROI
de Versailles à Varsovie
roman
MICHEL DE MAULEDU MÊME AUTEUR
Moi, dit le chien, 1974
Bon séjour à Paris, Hachette, 1981
La Béate de la Tour, France-Empire, 1984
Les Quatre saisons de Colin,Action graphique, 1989
(roman couronné par l’Académie française)
Anne du Lubéron,Albin Michel, 1994
La dernière vendange, Michel de Maule, 1997
La dernière vendange, Grand Caractère, 2000
En couverture:
Ruines du château de Janowiec (gravure)
Conception graphique: LES 3T STUDIO.
© ÉDITIONS TUM/MICHEL DE MAULE, 2001.Armes du cardinal Andreas-Marie-Michel Deskur, actuellement au Vatican
En page titre,Armes des Descours de Beaulieu
(D’azur au rocher d’or chargé de deux corneilles de sable, becquées,
affrontées de gueules; au chef d’argent);
la ligne des Descours de Marcols, qui devait émigrer en Pologne, ayant
ajouté une étoile d’or sur la montagne.À Jean-Louis
Pour tous les Descours-Deskur
qui ont parcouru la France, la Pologne, l’Amérique…
edepuis le XIII siècle.8Le livre de madame Nicole Descours est un roman
historique. Mais il suit d’assez près l’Histoire pour décrire les
eprincipaux événements du XVIII siècle polonais, de l’élection
du roi Stanislas Leszczynski à celles des rois saxons:Auguste II
etAuguste III et enfin du dernier roi polonais StanislasAuguste
Poniatowski.
Ce récit enlevé est l’occasion de présenter une galerie de
portraits vivants et exacts par exemple celui de madame
Geoffrin à qui le Comte Stanislas Poniatowski, père du roi, avait
confié l’éducation en France de son fils. Au fil des pages, on
revivra l’histoire tourmentée et tragique de la Pologne du
XVIeII siècle menacée puis dépecée par de puissants voisins: la
Prusse et la Russie, animés par une volonté de conquête
pangermanique et pan-slave dont on veut espérer qu’elle est
éteinte aujourd’hui.
Prince Michel PoniatowskiÉdit de grâce de Louis XVINTRODUCTION
« L’Homme sage bâtit sa maison sur le rocher »
J’ai toujours aimé l’histoire et les histoires. Un jour de pluie
dans un grenier était pour moi la récompense suprême au
parfum d’aventure. Il fallait monter un mauvais escalier et tirer
vers soi une porte retenue par un crochet.Ces marches en bois
blanc me transportaient déjà hors de la maison aux tapis épais
et le parfum de cire faisait place à celui des herbes sèches. Les
gouttes d’eau sur les vasistas rompaient le silence, la lampe de
poche projetait sur les murs des ombres fabuleuses. C’est là
que j’ai trouvé,dans un coffre,les papiers et les lettres
concerenant Joachim, qui avait dû quitter la France au XVIII siècle.
Face à ce destin hors du commun,je n’ai pu m’empêcher de
rêver et de transformer l’ancêtre en un personnage de roman
tel qu’il l’a été sans doute. C’est ainsi que sur l’histoire se sont
greffées les histoires.
11Les chevaux lancés au galop martelaient le sol à une
cadence infernale, les cavaliers couchés sur l’encolure de leur
monture fuyaient Saint-Pierre-Ville. Se redressant brusquement, un
vieux paysan laissa tomber le panier de sa récolte de pois, en
jurant contre ces trublions. Il crut reconnaître les trois
militaires qui l’avaient salué joyeusement quelques heures
auparavant alors qu’ils arrivaient au bourg au pas tranquille de leurs
chevaux. C’était bien eux, Joachim et Jean-Pierre Descours
accompagnés de leur beau-frère Guichard fuyaient la ville.
Ce matin,ils avaient quitté Marcols aux premières lueurs du
jour. Les cheminées lançaient vers le ciel leurs fumées
matinales, les plus courageux balayaient déjà devant leur porte, les
chats s’étiraient, ne montrant que l’avant de leur corps. La rue
était silencieuse, les paroles n’étaient pas de mise. Soit par
discrétion, soit par paresse, on se rattraperait plus tard.
Ils aimaient ces chevauchées au moment où la couleur du
temps ne se dévoilait pas encore, où les nuées étaient
fraîchement lavées par la nuit. Le frottement du cuir de la selle sur
leur culotte marquait la cadence au pas de leur monture.
Les jeunes lieutenants du régiment de cavalerie de Vaudrey
se sentent fiers dans leur uniforme: vareuse de drap rouge à
parements bleu ciel,boutons rutilants,tricorne et culottes d’un
même bleu doublées sur les cuisses d’une bufflerie blanche.
13Le regard des filles qu’ils croisaient ne faisait que les
conforter dans leur orgueil.
Ils quittaient leur village pour accompagner Guichard qui
devait se rendre dans la province du Dauphiné pour une
affaire personnelle. Cette escapade entre hommes n’était pas pour
leur déplaire. Ils chevauchaient tranquilles, entre des champs
moissonnés. Les couleurs du ciel devenaient plus franches, les
traînées de nuage se dissipaient comme une brume. Quand ils
approchèrent de Saint-Pierre-Ville ils se préparèrent à savourer
une halte reposante.
En arrivant au bourg une bonne surprise les attendait: le
bivouac du régiment de Gatinais.Ils comptaient y retrouver de
nombreux amis.Malheureusement,la présence en ces lieux du
sieur de Vocance, petit hobereau de la région, suffisant et
provocateur, fut une surprise moins heureuse. Ce dernier avait
véhiculé beaucoup de mensonges sur les Descours. Pour des
raisons qui échappaient aux deux frères il ne cessait de se
répandre en propos malveillants sur cette famille qui l’avait
pourtant reçu chaleureusement à Marcols. Mais leur père avait
coutume de dire:
« Les mauvaises paroles qui vous sont rapportées avilissent
autant celui qui les rapporte que celui qui les a dites,ne croyez
que les choses que vous entendez sans intermédiaire ».
Jean-Pierre ne pouvait s’empêcher de penser que Vocance,
protestant, leur en voulait d’avoir abandonné les idées
nouvelles et d’être revenu au catholicisme.Il les avait traités de
parpaillots! Ni plus, ni moins!
Face à leur détracteur les Descours pensèrent qu’il était
temps d’en finir avec ces critiques. Joachim, regarda Vocance
droit dans les yeux:
— On raconte que vous nous qualifiez de parpaillots.
L’autre esquissa un sourire narquois:
14— Vous êtes comme ces papillons qui butinent des genêts,
puis des gentianes, insouciants du lendemain.
— Comment osez-vous,critiquer une famille incrustée dans
le pays depuis si longtemps? riposta Jean-Pierre,rouge de
colère.
— Vos ancêtres? Parlons-en! ricana Vocance.Des bandits de
grand chemin, qui ont alimenté les chroniques de leurs
querelles et de leurs rixes!
À ce moment les deux garçons ne purent se retenir, car s’il
était une chose que les Descours n’acceptaient jamais c’était
d’entendre critiquer leur famille. D’un même geste, ils mirent
tous deux la main à l’épée.
Vocance cria qu’il n’était pas armé. Joachim lui proposa de
lui prêter l’épée de son frère, ainsi il n’aurait affaire qu’à lui
seul. Vocance refusa et continua de les invectiver. Les jeunes
gens perdirent tout contrôle et se précipitèrent sur lui, le
secouant avec force. Il cria qu’on l’attaquait, qu’on le
maltraitait. Sa femme s’interposa et, le tirant par le bras, le fit entrer
dans une maison.Tandis qu’un des officiers présents poussait
Joachim à l’écart.Vocance ressortit aussitôt de son abri,
ramassa une pierre et la jeta sur Joachim. Le jeune Descours poussa
un cri de douleur et se retournant frappa son agresseur du plat
de son épée.À ce moment un métayer,appelé Jacques Célerier
dit aussi Monistrol, prenant partie pour son seigneur attrapa
Joachim aux cheveux et le mit à terre. Son frère tenta de le
dégager. Par chance les soldats de Gatinais vinrent les aider et
soulevant le métayer blessé,ils le jetèrent par-dessus un muret,
tandis que les deux Descours repartaient chez eux,
rapidement.
Lorsqu’ils racontèrent à leur famille les aventures de la
journée ils furent effrayés par la crainte lue dans les yeux des
femmes.Ils avaient pourtant eu l’impression de s’être défendus
avec justice puisque les soldats les avaient aidés.
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