Bittersweet

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107 pages
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Description

Marc, adolescent à la sensibilité et l'imagination débordantes, subit de plein front le cancer de Lucie, sa petite sœur de huit ans.


Alors que les aller-retours à l'hôpital se font plus fréquents, il dérive progressivement dans l'onirique afin d'oublier la réalité du quotidien...


Trouvera-t-il dans ses rêves une explication à la vanité du mal ?




Dans le style francisé de J. D. Salinger, Bittersweet ("tendre-amer" en anglais) raconte l'histoire d'un jeune schizophrène perdant peu à peu ses repères face à la progression de la maladie de sa sœur. Les thèmes abordés y sont parfois un peu durs, mais toujours traités avec humour. L'humanité du personnage principal, ses questions sur la religion, la beauté, ainsi que son incompréhension face à l'injustice du monde sont mises au premier plan.




Ce qu'ils en ont pensé :


"Cette histoire m'a profondément touchée. C'est un thème délicat, triste mais manié avec tant de justesse, de sincérité, d'amour et de jolies métaphores que l'on ne se sent pas déprimé après l'avoir fini. Marc est un personnage très percutant et émouvant, c'est ce qui m'a le plus surprise finalement. C'est un beau coup de cœur que je recommande vivement !" La vie des livres


"Ce roman est poignant, bouleversant et fantasmagorique à la fois. Colas Droin, ayant contracté la maladie de Lyme, crie, au travers de son roman, toute la consternation du malade face au destin et à l'équilibre fragile de la vie. Une jolie curiosité. A la fin du roman, n'hésitez pas à lire la postface qui vous donnera des éléments cruciaux sur la genèse du roman." Mes Évasions Livresques


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EAN13 9782368451441
Langue Français

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©2017–ISEdtion
51rueduRouet.1308Marseile
www.is-edtion.com

ISBN(Livre): 978-2-36845-143-4
ISBN(Eboks): 978-2-36845-14-1

ResponsableduComitédelecture: PascaleAverty
Directriced'ouvrage: MarinaDiPauli
Ilustrationdecouverture: LesSolot
TousnosremerciementsàLéonLaverdapourl'ilust

Colection«Grainesd'écrivains»
Directeur: HaraldBénoliel

rationdecouverture.

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contrefaçon,auxtermesdel'articleL.35-2etsuivantsduCodedelapropriétéintelectuele.

COLASDROIN

Bitersweet

RÉSUMÉ

Marc,adolescentàlasensibli tib edsetnus ,ééb dtdaornmaa'giio nlteit
pleinfrontlecancerdeLucie,sapeit.sna tiuh der œu se
Alorsquelesalipat'lôh s àotrur-reequrétsenil, ér des lnof lp tf suvi e
progresréa lerdué italnifa euqilbuo'd itidq oune…ent dans l'onirivime
Trouverat-ildans ?al mdué itexplune ves es rêv na àaloi ncita

DanslestylefrancisédeJ.D.Salinger,Bit-arer"me("t ndte)sia ne lgnarewsee
raconte l'histoire d'un jeune schizophrène perdant peu à peu ses repères face à la
progresam aidaled e as ursœLe. ths esèm uep nu siofrapt on s yéisornd bdoe al
durs, mais toujours traités avec humour. L'humanité du personageprincipal,
ses questions sur la religion, la beauté, ainsi que son incompréhension face à
l'injusticedumondesontmisesaupremierplan.

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DÉDICACE

Àcetehistoire,écriteàl’encredemeslarmes.
Auxlarmes,quipermetentauxlumièresd’étincler .
Auxétinceles,quirecréentindéfinimentlavie.
Àlavie,quifaitnaîtreleshistoires.

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CITATION

«Cethomme[.]chercheàsepersuaderquela
solitude,lasoufrance,lesépreuves,sontbones,
nécesaires,quel'hommesefaitdanslasoufe. ranc
Jecroisquelajoiestplusutile.»
RenéBarjavel

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CHAPITRE1

«Toutvabiensepaser.»
C’esteuctdoe lit d’auq ec tuopeiion. La ’lporéta rvana ttem’asouri,
m’a pris la main, puis l’infirmière lui a mis un masque sur le visage. Ses
fosetessontaparuesunedernièrefois,etele s’est enodmrei .’Jiat ne u
ses doigts en retenant mes larmes et j’ai regardé le brancardier
l’emmener au fond du couloir vert. Je me sentais un peu triste, un peu
inquietausi.Mamanapas vu j’ai et auleom epé notuad ru bons ra sé
qu’elealtip aséh ia’J .sulp nnon ie berup sasrter, mais ti é àalr cénoof
j’étais pas sûr que ça lui plaise, j’étais trop jeune. J’avais quinze ans, alors
clairement,c’étaitplutôtàeledemerasur, j’aicontrecœreru À .r teri é
son bras de mon épaule pour pas qu’on nous voie comme ça et j’ai dit :
« T’inquiète pas, le docteur a dit que tout irait bien. »
Puis:
«Tum’achètesuneglaceàlacafétéria ? »
J’avais pas du tout envie d’une glace, mais je voyais qu’ele,eleavait
bienbesoindem’enofir un.eE ldnoc enu res ehéd’tesiblemt an aaftis e
etonestaléss’aseoirsurlespeit às,ueledeé ôt c seb selbatt uo sel s
vieux et les malades. Ça m’a toujours dégoûté, les hôpitaux. C’est plein
de vieux et de malades, et de médecins qui se font du pognon desus.

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Endébalantmaglace,j’aidemandéàmaman:
«Tumeraconteslafindufilmd’hier ? »
Elmeomé nce c aam ,s siap àrelret st m s’euchea boree melb àrtsi ele
s’est pris le visage dans les mains pour pas qu’on la voie chialer. J’ai
mordu un grand coup dans la glace pour pas faire comme eleetj’aidit
enforçantmavoix:
–Arêtedepleurerouonvadevenircommeeux.
Elem’aregardésanscomprendre.
–Commequi ?
–Bah,touslesgensici.Ilspasne ts joleures àurném riova à te la
chialer. On n’est pas comme ça nous, on est des gens de l’extérieur. On
rentre, et on repart avec Lucie en pleine forme dans la voiture. T’as envie
dedevenircommeeux,toi ?
Eles’estesuyélesyeuxetm’adit:
–Marc…Tuesconscientquel’opérationdetapeitesœurn’estpasà
prendreàlalégère ? Tuesconscientque… 
Jel’ainter ed rehcêpme’l rou puempoe’s qu mot desdireleavaitpas
tropenviedesortir:
– iauOj ,s Mais ee sais. le,c’estdiférent.Ele tsj uene, eeleest
gentile,eteleestbele.Merde,c’estlapeit!uoie, q C’estpasposible
qu’eldat n aou, reeu melors Dieu se platnreia tasrcménesonplan. 
El dntlamb’a a e sapopéret jndu cont’ai d eniéu eesafriprécierma
glace. J’avais envie de vomir, mais je pouvais pas m’empêcher de penser
quesionfaisaitcommesitoutalbienait t ir touolsr,na b eiatiJ’. dai àit
maman:
– uT oc nmAréciia,nd ueB la blague de l’snad sisia dete lgçaanFru
l’avion ?
–Marc,j’aivraimentpaslatêteàça. 
J’ai voulu lui répondre que moi j’avais bien besoin de ça, parce que
sinonj’alaischialercommeungost qus, eeu e Diui hant dee
comprendrait qu’il aurait le droit de tuer Lucie, et que je m’en voudrais
pour le restant de mes jours, mais j’ai juste soupiré.

8

–  ’Ynene serocnglompte p ar ou ?
– L’opération doit durer environ trois heures, mais on ne pourapas
voirtasœuravantdemainmatin.
–Pourquoionreste,alors ?
– Je veux voir le chirurgien et lui demander comment ça s’est pasé.
–T’asledroitdefaireça ?
–Iln’yarienquil’interdit. 
J’ai dit « Ah » et j’ai continué à manger ma glace en pensant à la peite.
J’avais jamais aimé les cancéreux. Y sont tout pâles, avec des tuyaux qui
leursortentdepartout,etonatoujoursl’impresionqu’ilsvontcrever
dans l’heure qui vient. Mais là, c’était pas pareil, c’était la peite.

Audébut,quandmamanm’aan écno,curt elcri ’a jc’e quu tnutéia e
blague.Maisquandeleacommencéàtous’jiau nep ulfi dersau , ngpé
quand même. Ils l’ont guérie une première fois, y’a un an et demi. Ça a
tenuhuitmois,puiseluhcep éter a vant. Làire qu’a ,eleaeudroitàla
totale: doubleopération,chimio,radioetj’enpase.Onare-cruqu’ele
était guérie, mais trois mois plus tard, y’avait un gros machin blanc sur
sonfoieauscaner.Cet esiof,ic-n uremmne tocf iaécà doc less onteur
peulagueule,etmamanaarêtédetravail’ctéia tid tuq econ ui li aerJe.
des’arêterdetravailermaintenant,qu’elealio r tvaiaus e soin dbeso
aveclestraitementsetout.Ele m’a dit qu’on téia tasurés,quelaSécu
étaitlàpourça,quepapanousavaitlais s n oérpsè tnn’ad rlapieeg
acident,etqu’ilvalaitmieuxqu’el « Ah » J’ai ditL cuei .puèr sed atees re
et je suis retourné sur la Nintendo. C’était le bon temps. J’avais pas peur
àl’époque.

Aprèsuneheured’atentependantlaquelepersonn tiir i ,ne ej pelaar
me suis levé de la chaise de la cafétéria. Maman a dit :
«Tuvasoù? »
J’airépondu«Ailure» s sip raittej eusis bien . J’aura rui lpur teonac euq
j’alaisdehors,maisalorseleauraitvoulum’acompagner,etonse
serait retrouvés tous les deux pareils à se taire dehors, et moi j’en pouvais

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plus de pas l’entendre parler. Le truc, c’est que je me suis vite retrouvé
paumé dans l’hôpital et que j’osais pas trop parler aux infirmières
qu’avaientl’airsuperocupées.J’enaichosi une un ep uomhc enem e
disantqu’eleseraitcontentequ’unmecvien e j’ar etordel’ab id ine t
souriant:
«Excusezmondésar,im ia soencontrej’ai mal nent usemu moperd
chemin.Pourlp al rehcorp sus ou-vezqudiinm’ie sortie? »
J’étais même pas sûr que c’était bien français, mais je me disais que
c’étaituneinfirmièreetqu’el las pitvadee Et ue moi. m eixuq easovri
puis,j’avaisenviedel’impresion pis peas jr,sae E qruo.ioulem’a
regardécommesij’étaisat cdet dia m’, dérd tuot reunitnos à puioit,ra
gauche,depasdérangerlesmalades,puiselteuonreés o’ ee rstcuper
d’unepeitevieil etiava’uqan bes dpas geda.tJ truoid ta’ irci « Me je » et
l’airegardéefaireunepiqûreàlavieile.Ela’s e tserêtéeetelem’adit:
«Autrechose? »
J’airépondu«Non»etelem’aditqu’ilfalait pas que je tserci eJ .i ia’
dit « Ah » et je suis parti tout droit, puis à gauche. Là, je suis tombé sur
uneterasainedouzemi-ne d xneréueaccnd el ioùe ra t inu riova y tiaved
decracherleurspoumonsentredeuxtaf es sli’elcpo euq s’dnu e
partageaient. Comme j’aimais pas l’odeur de la clope et encore moins les
cancéreux–sauflapeit,em ias ça compte pas,a’ i,–j tu ea faas sst p c’e
continué de tracer tout droit. J’ai croisé une espèce d’asperge aux
cheveuxgominésentraind’engueulerunenet Le use. avagars sap tioey
quaranteans,y’avaitmarqué«Profest te , aç v esiayo » sur sa blouseeru
qu’il était pas qu’un peu fier de son diplôme. Je me suis dit que j’alais
rester un peu à le regarder s’exciter histoire de le metremalàl’aise.Ila
continué de gueuler cinq secondes puis il s’est tourné vers moi et m’a
demandé si j’avais besoin de quelque chose. J’ai répondu que non, qu’il
pouvait continuer à gueuler, mais ça a dû lui couper l’envie puisqu’il a
demandé où étaient mes parents. Pour le foutre mal, j’ai dit que mon
père était mort. Il a dit « Ah ». J’ai dit « Ouais ». Puis il a dit :
–Etamère?

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