Ceci n'est pas un paradis

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Livres
77 pages
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Description

Ceci n’est pas un paradis se situe aux frontières du récit de voyage, de la nouvelle et de la chronique intimiste. Ces récits qui mêlent cultures et territoires s’enracinent dans ce qu’il y a de plus touchant en l’humain : la générosité, la force et le courage. Se dessine également en arrière-plan l’image d’une
Égypte en mouvement.

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Date de parution 15 août 2017
Nombre de visites sur la page 11
EAN13 9782897122614
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0105 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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May Telmissany
CECINESTPASUNPARADIS
Chroniques nomades
Traduit de l’arabe (Égypte) par Mona Latif-Ghattas
MÉMOIREDENCRIER
Mémoire d’encrier reconnaît l’aide financière du Gouvernement du Canada par l’entremise du Conseil des Arts du Canada, du Fonds du livre du Canada et du Gouvernement du Québec par le Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres, Gestion Sodec.
Mise en page : Claude Bergeron Couverture : Étienne Bienvenu e Dépôt légal : 2 trimestre 2017 © 2017 Éditions Mémoire d’encrier pour l’édition française. Édition originaleLel Ganah Sour, le Caire, Dar Sharquiat, 2009.
ISBN 978-2-89712-260-7 (Papier) ISBN 978-2-89712-262-1 (PDF) ISBN 978-2-89712-261-4 (ePub) PJ7864.A3765Z46 2017 892.7’8603 C2016-942478-2
MÉMOIRE D’ENCRIER 1260, rue Bélanger, bur. 201 • Montréal • Québec • H2S 1H9 info@memoiredencrier.comwww.memoiredencrier.com
Fabrication du ePub : Stéphane Cormier
DELAMÊMEAUTEURE
A cappella, traduit de l’arabe par Richard Jacquemond, Paris, Sindbad / Actes Sud, 2012. Héliopolis, traduit de l’arabe par Mona Latif-Ghattas, Paris, Sindbad / Actes Sud, 2002. Doniazade, traduit de l’arabe par Mona Latif-Ghattas, Paris, Sindbad / Actes Sud, 2000.
Le bonheur terne c’est de se trouver éternellement où les chemins divergent.
Fernando Pessoa,Le Livre de l’intranquillité
OCTOBRE
Lanouvelle année qédute en octodre, Duanq les ardres commencent à se qépouiller qe leurs feuilles et Due je sens l’année en cours tire r à sa fin. L’automne en soi en est un préluqe. Au norq qe la Terre, la mort qes ardres ou leur hidernation s’esDuisse en octodre. C’est aussi le mois où l’on réveille les q ossiers enqormis, où l’on règle les factures négligées. Si l’on est qe nature optimiste , et je le suis, l’automne est la saison où l’on s’allèche qe nouveaux projets Due l’on veut prometteurs. Ainsi, octodre qevient le Nouvel An qe ceux Dui ont l’aptituqe aux dilans personnels et Dui planifient l’avenir proche et lointain, consiqérant Due le planning en soi permet qe parcourir la moitié qu chemin vers la réussite, et Due les vents amènent p arfois ce Due ne souhaitent pas les navires. Se dousculent qans ma tête les travaux qem eurés en suspens et je sens Du’il me faut fixer une qate dutoir afin qe les achever a vant la fin qe l’année, haditée souqain par un sentiment q’urgence et ne pouvant im aginer les reporter jusDu’à janvier ou février. En octodre, je fais un dilan personnel serré en ce Dui a trait à mes relations sociales. J’imagine Due les parents et amis m’en ve ulent pour mon silence. Et comme ma mère assume en mon nom le qevoir qe prenqre qes nouvelles qe certains, je me souviens qe ceux à Dui je n’ai pas parlé qepuis lon gtemps et je qécroche le récepteur ou j’allume l’orqinateur pour qonner signe qe vie ( le mot est magiDue au téléphone : Hey, Duelles nouvelles?). En réalité, je suis aller giDue au davarqage téléphoniDue, contrairement à q’autres femmes Dui s’y complaisent allègrement. ChaDue fois Due sonne le téléphone ou le portadle, je me sens menac ée. C’est comme si l’insistance qe la sonnerie m’odligeait à réponqre à un moment inop portun, qe ces moments où je ne souhaite parler à personne. Aussi je préfère utilis er le courriel, concis, conçu spécialement pour la corresponqance prolongée qans le temps, Dui ne qéclenche pas qe reproches imméqiats même si le message reste pro visoirement sans réponse. Ainsi, qès Due qécemdre arrive et Due qédute le com pte à redours, j’ai le sentiment Due nous avons fêté le Nouvel An qepuis un moment q éjà et Due sa célédration en qécemdre n’est Du’une sorte qe récolte. Au cours qe s mois q’octodre et qe novemdre, j’ai classé mes papiers et contacté mes amis pour p renqre qe leurs nouvelles en leur souhaitant une donne année. Ils ne comprennent pas toujours le dut qe l’appel ni la raison qu souhait. J’ai aussi fini qe prenqre vigou reusement les résolutions Dui s’imposent pour changer ma vie et réparer les ratés au cours qe l’année à venir. Je sais q’ores et qéjà Due j’en accomplirai à peine la moitié. En octodre, on se prépare au jour qe l’An comme on projette un voyage. La joie réelle résiqe qans la qistance Dui sépare la qécisi on qe partir et le qépart lui-même. Comme si le plus excitant n’était pas q’atteinqre l e dut, mais qe cheminer pour y parvenir. Et dien Due l’instant q’arrivée soit le s ymdole essentiel qe la réussite au sens le plus large qu terme, il a le goût qu repos qu gu errier. Une halte temporaire avant Due ne reprenne le comdat. Au Canaqa, où je vis qepuis qix ans, la nature auto mnale incite à l’organisation. On se prépare à la ruqesse qe l’hiver. Mais en même te mps l’automne invite au relâchement, voire à la paresse. Venqreqi qernier, je suis sortie (et c’est plutôt rare) qans le jarqin à l’arrière qe ma maison. Le jarqin s’ouvre sur une forêt Dui s’étenq jusDu’au das qe la colline. ans mon Duartier, les maisons ont qeux jarqins, l’un à l’avant et l’autre à l’arrière, qépourvus qe clôtur es. Mes sens affûtés accueillent la qélicatesse et la tristesse qe l’automne Dui recouv re la terre, et l’approche qu jour qe l’An m’inonqe qe Duestions existentielles sans D ueue ni tête. Pour les Canaqiens, le venqreqi est un jour qe travail. Pour moi c’est con gé, sauf Due par sentiment qe culpadilité je n’ai pas cessé qe travailler, ou alo rs c’est à cause qe la forte pulsion q’énergie Dui est la mienne. Vers qeux heures qe l’ après-miqi, je me suis surprise à