Collé à la peau

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83 pages
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Description

À la fin des années 50, dans la petite ville canadienne de Spring Bay, Angèle étouffe. Un jour, son existence bascule lorsqu’un patient lui offre un poste d’infirmière dans une luxueuse résidence américaine. L’ambition et le désir d’échapper à son milieu modeste poussent la jeune femme à tout quitter pour l’extravagante et moderne Californie.
Mais les principes de son éducation traditionnelle sont tenaces et sèment le doute dans sa quête du bonheur. A-t-elle fait les bons choix? S’est-elle réalisée à travers ses succès, ou aurait-elle été plus heureuse auprès de sa famille et de son fiancé, dans sa ville natale?
Denise Ouellette, qui excelle à reconstituer la mentalité et la société de l’époque, nous présente un personnage en réflexion sur son parcours et son existence à différentes étapes de sa vie – sans pour autant négliger le rythme du récit.
L’œuvre d’Herman Melville, Moby Dick, son océan insondable et les multiples possibilités inhérentes en chacun de nous, transparait tout au long du livre. Les citations de cette œuvre accompagnent le personnage principal dans sa réflexion sur la vie et son sens, ses choix et sa quête du bonheur. Des thèmes universels auxquels l’auteure répond humblement à travers le parcours d’une vie – humainement imparfaite?
L’exil loin des siens et la reconstitution d’un foyer, le carriérisme, et le milieu infirmier sont également des thèmes présents dans ce roman.

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Date de parution 21 novembre 2012
Nombre de visites sur la page 7
EAN13 9782896113064
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0075 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Denise Ouellette-Berkhout
Collé à la peau
roman
PLAINES
L'auteure tient à remercier Les Éditions des Plaines, et tout particulièrement son éditrice, Brigitte Girardin, pour son attention au texte et ses conseils judicieux.
Tous droits réservés. © 2012 Denise Ouellette-Berkhout © Éditions des Plaines, 2012
Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite ou transmise sous aucune forme ou par quelque moyen électronique ou mécanique que ce soit, par photocopie, par enregistrement ou par quelque forme d'entreposage d'information ou système de recouvrement, sans la permission écrite de l'éditeur.
Les Éditions des Plaines remercient le Conseil des Arts du Canada et le Conseil des Arts du Manitoba du soutien accordé dans le cadre des subventions globales aux éditeurs et reconnaissent l'aide financière du gouvernement du Canada par l'entremise du Fonds du livre du Canada et du ministère de la Culture, Patrimoine et Tourisme du Manitoba, pour leurs activités d'édition.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
Ouellette, Denise, 1940-Collé à la peau [ressource électronique] / Denise Ouellette-Berkhout.
Monographie électronique en format PDF. Publ. aussi en format imprimé. ISBN 978-2-89611-306-4
I. Titre.
PS8579.U42C65 2012 C843'.54 C2012-905070-9
Dépôt légal, 2012 : Bibliothèque nationale du Canada, Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque provinciale du Manitoba.
Éditions des Plaines C.P. 123 Saint-Boniface (Manitoba) Canada R2H 3B4 Tél.: 204 235 0078 • admin@plaines.mb.ca • www.plaines.ca
Photographie de la couverture: © konradlew/iStokphoto.com Maquette de couverture et mise en page: Gianni Caccia Édition: Brigitte Girardin • Publication: Joanne Therrien Révision: Pierrette Blais
Imprimé au Canada par Friesens Corporation.
Pour Hans
Lemonde est un vaisseau 1 dans un voyage sans retour .
Herman Melville,Moby Dick
remière partie
Angèle Lebrun
2 «Tout est vanité. » Tout .
Herman Melville,Moby Dick
Uu
« Tu es trop intelligente pour languir dans un tel village, Angel. Pense à ce que je viens de te proposer. » Ce furent les paroles de Mr. Kelly, le baron du nickel, lorsqu'il a quitté l'hôpital où je travaille comme infirmière auxiliaire. Depuis, je suis obsédée par l'idée de quitter Spring Bay pour un monde meilleur. J'aspire à améliorer ma vie dans un milieu plus beau et plus cultivé que celui dans lequel je vivote. Tout me paraît laid, insignifiant ici. On dirait que la laideur me répugne. Ça me vient peut-être de mon prénom et de la réaction de maman à ma naissance. Elle me dit qu'elle s'est exclamée en me prenant dans ses bras pour la première fois : — Elle a une belle p'tite face d'ange! Oublions Léopoldine (le nom de ma grand-mère paternelle), on va l'appeler Angèle. Maman n'aurait pas dû me répéter si souvent que j'étais sa « belle quatrième ». Plus petite, je l'ai crue; adolescente, j'étais mal dans ma peau; et en atteignant la vingtaine, mon insatisfaction s'est précisée. Ma vie étroite s'est mise à me déplaire, mon apparence aussi. Mon nez trop aquilin, mes oreilles décollées que je tente de cacher sous ma chevelure épaisse, et mes seins minuscules. Dans le fond, mon désir d'être plus attrayante est probablement une façade dissimulant la peur de finir comme ma mère et mes sœurs. Je n'ai jamais manqué d'intelligence et j'ai toujours bien réussi à l'école. Je veux m'épanouir, rencontrer des gens intéressants, étudier, apprendre. Ça n'arrivera pas si je reste au village. Albert, mon fiancé, a beau me jurer qu'il me trouve plus que parfaite, je suis loin d'être convaincue. Papa prétend que l'orgueil qu'il voit en moi me vient de sa mère, celle dont j'ai failli porter le prénom. Mémère a vécu chez nous durant une douzaine d'années. Papa l'a aperçue un soir, juste avant qu'elle meure, assise dans la berceuse près du poêle. Ses yeux étaient fermés et elle grimaçait à droite et à gauche. Elle se mettait ensuite à sourire de manière exagérée. Il l'a observé refaire plusieurs fois les mêmes gestes avant de s'approcher d'elle. Elle a ouvert les yeux pour les baisser immédiatement, comme une enfant prise la main dans le pot à biscuits. Il lui a demandé si tout allait bien et elle lui a répondu qu'elle faisait ses exercices pour ne pas paraître trop laide dans son cercueil. Je suis loin d'être aussi superficielle. Je veux tout simplement améliorer ma vie, me rendre à la limite de mes habiletés, ou le plus près possible.