Comme un duvet sur la vitre

Comme un duvet sur la vitre

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570 pages
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Description

Je suis née d'un souffle. Comme tout le monde. Mais contrairement à la plupart des gens, je m'en souviens. Ce souffle est avec moi. Où que j'aille, il me suit et me traverse. Il n'a rien d'un savoir acquis dans les livres. Le mot souffle pourrait prêter à confusion, suggérer un courant d'air. Or il s'agit d'un élan si formidable qu'il passe à travers les montagnes, mais d'une douceur si délicate qu'il dépose d'infimes poudres de couleur sur les ailes des papillons. À grands traits brusques, il a peint les séquoias, et sur leurs feuilles, avec les plus fins pinceaux, des nervures. D'Occident en Orient, parcourant les âges et les sociétés, les nouvelles d'A. Buisset empruntent mille formes, mais déploient, à chaque fois, une écriture tout en délicatesse, en quête du spirituel derrière le réel. Conte, lettres, conversations, écrits légers ou graves, amoureux ou philosophiques forment ainsi la matière iridescente de cette oeuvre tout en subtilité et grâce.

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Ajouté le 06 août 2015
Nombre de lectures 21
EAN13 9782342040654
Langue Français
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Comme un duvet sur la vitre
Du même auteur
Les Religions face aux femmes, Éditions Accarias, 2008 La Poignée de riz du Bouddha, Éditions Almora, 2005 Le Maître de la laque, Éditions du Relié, 2003 Le Petit livre des religions, Éditions Trajectoire, 2001 La Réconciliation, Éditions Adyar, 1996 Pour l’amour de terre, Éditions Souffle d’Or, 1991 Le Dernier tableau de Wan Wei, Éditions Albin Michel, 1988
Ariane Buisset Comme un duvet sur la vitre Tome 1. Contes d’éveil
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55 IDDN.FR.010.0120289.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication aux Éditions Publibook en 2015
Préface Autant le dire sans ambages, mon lien avec Ariane était rien moins que fraternelle. Il m’a fallu passer la cinquantaine pour trouver ma sœur spirituelle ! Le souvenir de notre rencontre continue de me faire rire. As-sis pompeusement en rang d’oignon lors de la présentation des invités d’un congrès, nous nous sommes retrouvés l’un à coté de l’autre. Une invitée prestigieuse faisait son discours d’inauguration, dans lequel elle tentait de vanter le caractère évident, spontané et sans effort de l’éveil spirituel. A cette an-nonce nos corps voisins ont dû tressauter, nos regards ont convergé, et elle s’est fendue d’une saillie du genre : — Tu te fais des illusions, mémère, si tu crois que la vie des maitres est un long fleuve tranquille ! Y a pas plus acharné et déterminé qu’un yogi ou un maitre Zen, pour ceux que je connais ! Nous avons pouffé de rire. J’ai surenchéri, et nous ne som-mes plus redescendus de notre hilarité jusqu’à la fin de la présentation. Elle était de deux ans mon ainée mais j’ai senti immédiatement que nous avions suivi des itinéraires sembla-bles. Par la suite, nous nous sommes effectivement convaincus de nos nombreux points communs et de nos centres d’intérêt. Comme pour tous les personnages complexes, c’est dans les apparentes contradictions que se forge l’originalité d’Ariane Buisset. Les multiples aspects de son talent forment un caléi-doscope étourdissant. Tentons d’abord de dessiner son apparence publique. Elle se dissimulait volontiers sous un cha-peau d’homme à larges bords, dans des vêtements amples qui n’étaient pas pour mettre en valeur sa féminité. Assise derrière la table exposant ses nombreuses publications, à peine cour-toise, elle recroquevillait son corps menu comme pour s’excuser de participer à une entreprise commerciale. Elle avait pleine-
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ment conscience de sa valeur littéraire mais elle peinait à l’assumer publiquement.
La professeure et la yoginî
Quand cette vilaine maladie s’est accrochée à ses basques, nous étions déjà très liés, si bien qu’elle me confia régulière-ment la lutte dans laquelle elle s’était engagée, tant sur le plan physique que sur le plan mental. Il se trouve qu’à cette époque-là j’étais en charge du programme pour le congrès de l’Union Européenne de Yoga à Zinal. J’avais lancé mes invitations près de deux ans avant la tenue du congrès d’aout 2011. Je la savais malade. D’autres amis craignaient légitiment qu’elle ne se fati-gue trop dans cette aventure ou bien ne soit plus en état d’y participer. Malgré cette incertitude, j’étais résolu à l’inviter, précisément parce que ce pourrait bien être la dernière occasion de l’honorer à sa juste valeur. Quand elle se présenta enfin au congrès, elle était en phase de rémission. J’avais allégé quelque peu son programme, cherchant à la ménager physiquement. C’est pourtant dans cet exercice qu’elle se montra la plus dé-terminée. Quand elle entrait dans l’arène elle se métamorphosait. Vêtue de lumière, mais sans aucun penchant pour l’exhibition, sa bonté naturelle et son empathie se ma-riaient à son extraordinaire énergie. Quoique passablement amaigrie, son enseignement postural fut un exercice brillant et enjoué. Chaque jour elle voyait grossir son public enchanté et surpris devant ce petit bout de femme, mue par autant d’émotion et force intérieure. Par ma fréquentation des institutions du yoga en Europe, par ma curiosité naturelle et par mes voyages en Inde, j’ai fréquenté beaucoup de professeurs de yoga, dont certains étaient d’authentiques yogis. Mais Ariane était à ma connaissance la seule véritable yoginî de sa génération en France. Il ne suffit pas de faire preuve d’érudition pour devenir un yogi, sinon la plupart de nos professeurs émérites dans les étu-des indiennes seraient considérés comme tels, or à l’évidence ils n’en sont pas. Il se trouve qu’Ariane était aussi une érudite. Après avoir étudié le chinois et le japonais à l’École des Lan-
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