Crébillon le Tragique

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210 pages
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Sous la protection de Madame de Pompadour, Crébillon père, dit le Tragique, fut considéré au XVIIIe siècle comme l'égal de Racine ou de Corneille. La vie longue du dramaturge révèle une personnalité attachante. Ce livre propose une plongée dans la France de Louis XV, la vie académique, la censure royale, les spectacles de la Comédie-Française. On sera surpris par la bataille de Sémiramis entre crébillonnistes et voltairiens, qui en préfigure une autre, célèbre dans le monde du théâtre...

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Date de parution 01 juillet 2013
Nombre de lectures 23
EAN13 9782296539983
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Simone Gougeaud-Arnaudeau
Crébillon le Tragique (1674-1762)
Espaces LE Littéraires
Crébillon le Tragique (1674-1762)
Espaces Littéraires Collection fondée par Maguy Albet Dernières parutions Berkiz BERKSOY,Ahmet Hamdi Tanpınar, 2013. Najib REDOUANE et Yvette BÉNAYOUN-SZMIDT,Le pari poétique de Gérard Étienne, 2013. Annie RICHARD, L’autofiction et les femmes. Un chemin vers l’altruisme ?, 2013. Calisto,La femme surréaliste : de la métaphore à la métonymie, 2013. Claude FRIOUX,Le Chantier russe. Littérature, société et politique. Tome 4 : Ecrits 1980-2012, 2013. Muguraş CONSTANTINESCU,Pour une lecture critique des traductions. Réflexions et pratiques, 2013. Lidia COTEA,À la lisière de l’absence.L’Imaginaire du corps chez Jean-Philippe Toussaint, Marie Redonnet et Éric Chevillard,2013.André LUCRECE,Aimé Césaire. Liturgie et poésie charnelle, 2013. Jacques PEZEU-MASSABUAU,Verne. Les voix et les Jules voies de l’aventure, 2013. Jacques PEZEU-MASSABUAU,Jules Verne. Un art d’habiter la Terre, 2013. e David BANKS,Le texte épistolaire du XVII siècle à nos jours.Aspects linguistique, 2013.Matthieu GOSZTOLA,Alfred Jarry àLa Revue blanche. L’intense originalité d'une critique littéraire,2013. Virginie GIRAULT,Femmes et nation dans la littérature contemporaine, 2012. Guy SABATIER,Le théâtre de Robert Pouderou. Le rêve d’une société plus équitable (1971-2011). Questions à la Cité. Questions à l’Histoire, 2012. Paula DUMONT,Les convictions de Colette, Histoire, politique, guerre, condition des femmes,2012. Sylvie CAMET, Nourredine SABRI (sous la dir. de), Les Nouvelles Ecritures du Moi dans les Littératures française et francophone, 2012.
Simone Gougeaud-Arnaudeau
Crébillon le Tragique (1674-1762)
Du même auteur e Entre gouvernants et gouvernés : le pédagogue au XVIII siècle, Presses universitaires du Septentrion, coll. Savoirs mieux, 2000. La vie du chevalier de Bonnard (1744-1784) ou Le bonheur de la raison,L’Harmattan, coll. Logiques historiques, 2005. La Mettrie (1709-1751), Le Matérialisme clinique, L’Harmattan, coll. Hippocrate et Platon, Études de philosophie de la médecine, 2008. Le comte de Caylus (1692-1765), Pour l’amour des arts, L’Harmattan, coll. Historiques, 2010. e Les chats de noble compagnie, anthologie littéraire du XVIII siècle,La Tour Verte, coll. Plumes de chats, 2012. © L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattanͳ@wanadoo.fr ISBN : ͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵-ͲͲͻ͹ʹ-ͺ EAN : ͻͻ͹ͺ-ʹ-͵Ͷ͵ͲͲͻ͹ʹͺ
« Nous n’avons pas d’auteur tragique qui donne à l’âme de plus grands mouvements que Crébillon, qui nous arrache plus à nous-mêmes, qui nous remplisse plus de la vapeur du dieu qui l’agite : il vous fait entrer dans le transport des bacchantes. On ne saurait juger son ouvrage, parce qu’il commence par troubler cette partie de l’âme qui réfléchit. C'est le véritable tragique de nos jours, le seul qui sache bien exciter la véritable passion de la tragédie,la terreur.» (Montesquieu,O. C.,Paris, De Bure, 1834,Pensées diverses)
Avant-propos « On a dit que Corneille avait fait la tragédie de sa nation, Racine celle de la cour de Louis XIV, Crébillon 1 celle de son caractère, et Voltaire celle de son siècle. » e Le XVIII siècle a été l’âge d’or du théâtre, la passion du spectacle liée au fait que la scène pouvait constituer une tribune propre à modifier l’opinion publique. Elle servit en effet de tremplin à Voltaire, qui, s’il n’en est à l’origine, participa grandement au bouillonnement des idées nouvelles du siècle des Lumières. Est-ce à dire que Crébillon père se tint à l’écart et que reconstituer sa vie littéraire – pour anachronique qu’elle paraisse – comme sa vie privée ne présenterait qu’un intérêt sociologique et psychologique ?
1 Correspondance littéraire, philosophique et critique de Grimm et de Diderot, depuis 1753 jusqu’en 1793, Éd. Tourneux, 1839, t. 10, juillet 1780, p. 307.
8Crébillon le Tragique (1674-1762) Outre le caractère « sanguinaire » de l’œuvre que l’on soulignait complaisamment, laCorrespondance littéraire semble n’avoir retenu que le caractère de l’homme : « Comme vous m’avez paru souhaiter de connaître le caractère de nos grands écrivains, j’aurai l’honneur de vous dire que M. de Crébillon est négligé dans sa personne, plus franc que poli dans ses manières, plutôt hardi que délicat dans ses discours, d’un commerce assez sûr, mais peu agréable. Une chose qui l’a distingué de nos autres écrivains, c’est qu’il n’a été ni médisant, ni jaloux, et cet éloge, qui paraît d’abord peu de chose, n’est pas 2 pourtant fort commun en France ». 3 Charles Favart , auteur de vaudevilles et d’opéras-comiques, se félicitait d’avoir eu « le bonheur de vivre familièrement avec lui » ; il écrivait au comte de Durazzo, lui-même homme de théâtre : « À juger M. de Crébillon sur les ouvrages qu’il nous a donnés, on s’imaginerait aisément que c’était un homme dur, humoriste, et qui n’avait point les qualités sociales ; rien moins que tout cela. La gaîté faisait le fond de son caractère ; c’était une source continuelle de madrigaux et d’épigrammes. Mais ses madrigaux étaient sans fadeur, comme ses épigrammes sans méchanceté. » Au-delà de ces portraits contrastés, voilà de quoi aiguiser la curiosité pour ce qu’il est convenu d’appeler biographie, le récit de la vie d’un personnage resté méconnu depuis plus de deux siècles. Mais ce n’est pas une mince affaire, aujourd’hui encore moins qu’hier où notre « tragique » intéressait encore un certain nombre de 4 gens de lettres . Tentation, dans un premier temps, de
2 Ibid, pp. 253-54. 3  Favart (C.-S.),Mémoires et correspondances littéraires dramatiques et anecdotiques,Paris, Léopold Colin, 1808, t. 2, p. 11. 4  VoirChefs-d’œuvre de Crébillon, avec les observations des anciens commentateurs, et de nouvelles remarques, par MM. Ch. Nodier,
Avant-propos 9 compiler les vieilleries anecdotiques, friandises littéraires propres à renforcer l’appétence pour le sujet. Dans un deuxième temps, recherche de traces de correspondance, car le genre épistolaire restant le plus naturel des écrits, l’homme y révèle son caractère, son esprit, ses sentiments, mais celui-ci n’était pas enclin à l’épanchement. Très utiles, lesÉloges,lorsque signés d’un nom aussi prestigieux par exemple que celui de d’Alembert, ainsi que les rares pages biographiques aussi respectueuses que celles d’Auguste Vitu. Nécessaire, la lecture de l’œuvre… Quant aux analyses des pièces les plus célèbres par des auteurs aussi légitimes que Voltaire, La Harpe ou Geoffroy, notamment pourÉlectrequi fut l’un des plus beaux rôles de Mademoiselle Clairon, l’une des plus grandes actrices du temps, elles sont suffisamment connues dans le monde des lettres pour que nous ne les traitions que par allusion, non sans en relever les contradictions. Rien de tout cela qui fasse sombrer dans l’ennui. Enfin, nous avons privilégié les réactions, parfois épidermiques, souvent partisanes, des spectateurs de l’époque, nous plongeant – et avec nous, le lecteur – dans l’univers du théâtre.
me P. Lepeintre, Lemazurier et autres gens de lettres,Paris, M Dabo-Butscert, 1825.