Du fond d'un pays de silence...

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Français
332 pages
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Description

Les poèmes de « Ferrements » reflètent une période particulièrement fertile en événements pour Césaire et nous montrent sa pratique poétique personnelle, avec ses accès de fureur, de douleur ou de douceur, enrobés de métaphores fulgurantes, qui en masquent l'huis ténu, quasi invisible. Culminant sur les sommets d'une langue qui n'est qu'à lui, abrupte et splendide, Césaire demeure ce poète « difficile », mais d'une richesse inégalée, irremplaçable dans la littérature négro-africaine et antillaise.

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Date de parution 01 novembre 2012
Nombre de lectures 13
EAN13 9782296509719
Langue Français
Poids de l'ouvrage 35 Mo

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Aimé Césaire
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Édition critique deFerrements par Lilyan Kesteloot, René Hénane et M.Souley Ba
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Daniel Cohen éditeur
www.editionsorizons.fr
Profils d’un classique, une collection dirigée par Daniel Cohen
Profils d’un classiqueest une collection qui a pour vocation d’offrir au lecteur fran-çais, par voie de l’essai ou de l’œuvre plus personnelle, un éclairage nouveau sur des auteurs nationaux ou étrangers à qui la maturité littéraire et la renommée nationale confèrent le statut de « classique ». S’il est vrai qu’elle vise plus spécifiquement des e auteurs contemporains, et en tout cas nés auXXsiècle, elle pourrait s’ouvrir égale-e ment à des auteurs plus anciens, nés auXIXsiècle notamment, mais dont l’œuvre s’est déroulée, à cheval entre les deux siècles, soit par son retentissement, soit par sa cristallisation.
Michel Arouimi,Jünger et ses dieux,Rimbaud,Conrad,Melville,2011 Audrey Aubou (dir.),Reinaldo Arenas en toutes lettres,2011 Miguel Couffon,Peter Altenberg,Une vie de poète bohème à Vienne,entre 1859et1919,2011 Charles Dobzynski,Je est un juif,roman,2011 Charles Dobzynski,Un four à brûler le réel —TomeI: Les poètes de France, 2011;TomeII: Les poètes du Monde,à paraître en2012 Raymond Espinose,Albert Cossery,une éthique de la dérision,2008 Raymond Espinose,Boris Vian,un poète en liberté,2009 Hamid Fouladvind,Aragon,cet amour infini des mots,2009 André Gide,Poésies d’André Walter, illustrations de Christian Gardair,2009 Lilyan Kesteloot, René Hénane, Mamadou Souley Ba,Du fond d’un pays de silence...Édition critique deFerrements, d’Aimé Césaire,2012 Françoise Maffre Castellani,Edith Stein«Le livre aux sept sceaux»,2011 Didier Mansuy,Le linceul de pourpre de Marcel Jouhandeau, la trinité JouhandeauRodeCoquet,2009 Tilmann Moser,Une grammaire des sentiments, traduit de l’allemand par Dina Le Neveu,2009. Claude Vigée,Mélancolie solaire, édition d’Anne Mounic,2008 Claude Vigée,L’extase et l’errance,2009 Claude Vigée,Rêver d’écrire de temps,2011 Georges Ziegelmeyer,Les cycles romanesques de Jo Jong – nae,Œuvre-monde de Corée,2009
ISBN : 978-2-296-08841-2 © Orizons, Paris,2012
Du fond d’un pays de silence... Édition critique deFerrements, d’Aimé Césaire
Aimé Césaire
Du fond d’un pays de silence... Édition critique de Ferrements
par Lilyan Kesteloot René Hénane Mamadou Souley Ba
... du fond d’un pays de silence... d’un pays sourd sauvagement obturé
inGrand sang sans merci
2012
Remerciements Notre affectueuse gratitude va à la famille Césaire qui nous a gra-cieusement ouvert l’accès à l’œuvre documentée de notre poète. Merci à la compétence de Dominique Rudelle pour le traite-ment des manuscrits.
De l’édition critique et de ses différentes options
e sont, je pense, les respectables éditions Budé qui présentent C les auteurs classiques et grecs en bilingue (texte original et tra-duction) avec de nombreuses notes en bas de page et une copieuse introduction. Ce furent les premières éditions critiques permettant d’éclairer ces textes anciens grâce à leur appareil critique. Avec le temps, on fit de même pour la littérature française. Gallimard créa la collection de la Pléiade, exemplaire en tout point de vue. Il y eut, cependant, d’autres expériences pour ne citer que celles de Barthes avec le texte de Balzac (s/z) qui s’attachait à sonder le non-dit gisant dans l’œuvre du maître. Ou encore celle de Pierre Brunel qui propose, pour les poèmes de Rimbaud, une série de notes nécessaires pour accéder au sens parfois occulté par l’écriture du jeune rebelle. On connaît aussi ces éditions de Goethe (Faust)ou de Flaubert ou de Balzac (encore) où le texte est accompagné, dans tel et tel passage d’états antérieurs cités en regard du texte définitif. Ce sont sans doute ces expériences qui conduisirent au mou-vement actuel représenté par la revueGenesis, et mis en pratique parITEM, qui recherche et publie le ou les palimpsestes des œuvres d’écrivains français et francophones, réduisant au minimum les notes explicatives. Cependant, le cas d’un poète surréaliste s’apparente davantage à celui de Rimbaud. Et si, de surcroît, il vient de loin (lesîles Ca-raïbes) et relève en partie d’une culture étrangère à l’Europe, l’écart avec les lecteurs français est tel que l’on est amené à développer l’appareil critique en proposant un commentaire qui offre des clés de
8Sous la direction de Lilyan Kesteloot, René Hénane, Mamadou Souley Ba
symboles, des informations contextuelles, voire des interprétations pour formulations ambiguës ou totalement hermétiques. On se trouve ainsi dans une situation assez analogue à celles que proposent les textes initiatiques ou religieux : à défaut d’être remis dans leur contexte d’origine, ils demeurent abscons, hors de portée du profane. Que saisissons-nous dans un texte des Upanishads, sans le déchiffrement scrupuleux d’un spécialiste de l’Hindouisme ? Et hors des explications précises et ponctuelles d’Hampâté Ba, nous ne percevrions que la mince pellicule du conte, dans les récits ini-tiatiques peulsKoumenouKaïdara(éd. EHSS et Stock). Il s’agit donc de définir quel est l’objectif d’une édition critique. Et selon les réponses, on choisira la méthode. Nous avons ici exposé les motifs de notre choix, auquel nous en ajouterions un, peut-être le principal : nous désirons avant tout servir l’auteur et son projet. Lorsque c’est un auteur engagé dans un combat vital, comme l’est en effet Aimé Césaire, il nous semblerait inexcusable de retenir des informations dont nous avons la certitude qu’elles éclairent sa poésie et confortent son aventure existentielle. Cela n’enlève en rien la liberté du lecteur et du chercheur de déconstruire et reconstruire les textes, de pratiquer psychocritique et sociocritique et d’y traquer toute occurrence d’intertextualité. Ou tout simplement de se livrer au plaisir de lire et d’aimer.
LiLyanKesteLoot
Réflexions sur la poésie Lettre à Lilyan Kesteloot
hère Lilyan Kesteloot C Cette lettre intemporelle parce que je rumine certaines questions suscitées par votre étude à moi consacrée. Le mot, l’image, le rythme, c’est sur tout cet insondable qu’elle m’invite à me prononcer. La seule chose évidente est que dans un tel domaine on ne peut se diriger qu’à tâtons et le créateur n’y voit pas plus clair que le critique S’il faut cependant essayer, disons que si jenommeavec préci-sion (ce qui fait parler de monexotisme), c’est qu’en nommant avec précision, je crois que l’on restitue à l’objet sa valeur personnelle (comme quand on appelle quelqu’un par son nom) ; on suscite dans sa valeur unique et singulière ; on salue sa valeur de force, savaleur-force.Ici, c’est le vague qui dissout, qui anéantit, c’est la précision qui individualise. En nommant les objets, c’est un monde enchanté, un monde de «monstres» que je fais surgir sur la grisaille mal diffé-renciée du monde, un monde de «puissances» que je somme, que j’invoque et que je convoque. Dans leMétier de vivrede Pavese (un grand livre) je tombe sur cette remarque : levertde l’arbre c’est sa force (en latinVIRIDIS,vert ; VIS, la force). Rapprochement suggestif.