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Espace d'un instant

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Description

"Assembler des mots. Tailler des phrases. Ecrire des histoires. Lire nos poèmes. Inventer des mondes...". A Orléans, l'espace d'un instant, jeunes et moins jeunes se sont posés autour d'une feuille. L'espace d'un instant, ils ont déposé leurs mots sur des pages blanches. Leurs mots à eux, ceux qu'ils découvrent, ceux qu'ils réinventent, ceux qu'ils bousculent. Des mots que personne ne leur a dictés. L'espace d'un instant, ils ont invité leurs souvenirs, ils ont considéré leur présent, ils ont imaginé leur avenir.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 mai 2009
Nombre de lectures 288
EAN13 9782296927834
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0076€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Espace d’un instant
Collectif


Espace d’un instant


L’Harmattan
Collection « Vivre et l’écrire »
dirigée par Pierre de Givenchy

(voir en fin d’ouvrage les titres de la collection)


© L’Harmattan, 2009
5-7, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris

http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-296-08996-9
EAN : 9782296089969

Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
Préface
Ce livre est le témoin d’instants partagés autour de l’écriture. Les auteurs, issus du quartier de l’Argonne, à Orléans, ont déposé leurs mots dans nos ateliers. Au logement foyer Alice Lemesle, au collège Jean Rostand, à la bibliothèque, au Centre de formation des apprentis spécialisé et à l’Union de la pétanque argonnaise, ils ont puisé en eux de quoi nourrir ces pages.

Tout au long de l’année 2008, ils ont parcouru le chemin chaotique et enivrant qui mène au texte. Cet ouvrage est une trace de ces espaces, de ces instants où l’écriture se libère.


Sophie Gonzalbes, Audrey Lalloz
Animatrices


« Il existe paraît-il, un instant dans l’écriture
Qui oublie la page blanche et efface les ratures
Un véritable état second, une espèce de transe
Qui apparaît mystérieusement et s’envole en silence (…)

C’est tout sauf une légende, on espère juste toucher l’instant
Les quelques secondes du poète qui échappent à l’espace-temps. »

Grand Corps Malade, Toucher l’instant , Midi 20 , 2006




Un atelier d’écriture c’est un atelier où on écrit des histoires, on peut dessiner, s’exprimer et lire ses histoires pour que tout le monde les entende. Où l’on peut construire des chansons et des poèmes.

Lydie

Un atelier d’écriture sert à s’exprimer en toute liberté. Grâce à lui, on écrit des livres (romans, poèmes, albums…). C’est un art, l’écriture.

Yassine

Écrire, c’est rêver et réussir à imaginer des histoires
Écrire, c’est raconter un événement
Écrire pour raconter une histoire ou son histoire
Écrire pour créer un livre
Écrire pour dire ses sentiments
Écrire pour émouvoir quelqu’un
Écrire, c’est rassembler ses pensées, ses idées
Écrire pour se faire plaisir

Texte collectif
Luis, Matéus, Mayamba, Henéro, Amina, Alicia

A vant je n’écrivais pas.
T ous les vendredis Audrey vient.
E lle nous fait écrire des poèmes.
L es élèves s’appliquent.
I ls recopient leurs textes sur les ordinateurs.
E lle nous aide beaucoup.
R ien ne nous ennuie dans ce travail.
D’ abord il y a notre professeur principal.
E t il nous aide.
C ’ est amusant d’écrire.
R égulièrement nous lisons nos textes.
I ls sont agréables.
T ous les élèves écrivent.
U n jour nous avons récité une poésie.
R assemblés en classe nous progressons.
E lle nous invite à écrire
Jamel

A ssembler des mots.
T ailler des phrases.
E crire des histoires.
L ire nos poèmes.
I nventer des mondes.
E couter les poésies.
R efleurir la classe.
D écouvrir des choses magistrales
E xplorer notre imagination.
R ecopier sur ordinateur.
I nventer nos écritures.
T rouver une ponctuation.
U tiliser des majuscules.
R etrouver un sens.
E squiver les fautes.

Kalidou
SANS PLUS ATTENDRE
Liste des choses à faire
Ouvrir des entreprises pour faire vivre des personnes nécessiteuses
Construire des écoles au Sri Lanka
Créer une association humanitaire
Vivre avec toute ma famille
Faire don de mes organes
Ratharam


Traverser un feu avec une moto cross.
Peindre pendant trois jours pour 150 €.
Être chef de peinture.
Faire quatre enfants avec ma femme.
Faire un film.
Être un clown pour mes enfants.
Être Superman.
Aider les pauvres.
Rester un enfant, avoir plein de bonheur.
Apporter des fleurs à toute ma famille et à mes grands-parents.
Julien


Emmener ma copine à New York.
Emmener ma belle-mère voir l’acteur principal des films de Bollywood.
M’acheter une voiture de sport.
Dire à mes deux familles que je les aime.
Faire un saut en parachute.
Alexandre


Dire à ma mère que je l’aime
Voir ma petite sœur amoureuse
Sauter du Fort Vert
Sauter d’un avion en parachute
Être le Président pendant une journée
Voir ma sœur jumelle heureuse
Voir mes deux neveux en équipe de France
Voir mon petit frère Willy marié.
Jonathan
Épitaphes amusantes
Je suis mort, désolé pour vous !
Voilà, je suis mort, il y aura une place de plus sur la terre.
Place réservée.
Prière de ne pas déranger.
Rendez-vous là-haut, j’ai une histoire drôle à vous raconter.
Ne pas déranger, je suis en rendez-vous avec le Seigneur.
Récemment sélectionné dans l’équipe des Anges Olivers.
Pouvez-vous rallumer la minière SVP ?
Suis parti en voyage avec mes amis.
Laissez la porte ouverte, je suis claustrophobe.
Rendez-vous dans vos rêves.
N’oubliez pas de mettre du désherbant, les racines me gênent.
Je suis en veille, appuyez sur la une pour me voir en photo.
Arrosez-moi, j’ai envie de prendre une cuite !
Je lis le livre L’histoire sans fin, ne pas me déranger.

Écrit par les apprentis du CFAS
AU FIL DU TEMPS
Hier, aujourd’hui, demain…
Quand j’étais petit, je restais toujours à côté de ma mère, je n’arrivais pas à jouer avec les autres copains du quartier parce que j’étais tout le temps collé à elle. Chaque mois, mon père m’achetait un ballon de foot, j’aimais bien jouer au foot. Mon père n’était pas très content de me voir jouer avec les garçons du quartier parce qu’ils n’allaient pas à l’école et mon père avait peur qu’ils aient de mauvaises influences sur moi. J’habitais Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo. Je vivais avec mes parents, mes frères et mes.soeurs. Ma grande sœur m’aimait beaucoup et elle ne voulait pas que quelqu’un puisse me taper, si cela arrivait, elle s’énervait et criait très fort.

Aujourd’hui, j’habite en France et malheureusement, je ne vis plus avec mes parents. J’habite tout seul dans un foyer à Orléans. Je joue au foot à Saint Jean Le Blanc et je suis au collège Jean Rostand, en classe de 3 e 4. J’aime écouter de la musique avec mes copains, surtout du hip-hop et du reggae.

Demain, j’habiterai le château de Cheverny, je serai un bourgeois. Je travaillerai dans une centrale nucléaire comme ingénieur. Je vivrai avec ma femme et mes enfants. J’aurai deux chiens et un chat et je roulerai dans une Porsche.
Mayamba


Quand j’étais petite, j’habitais avec mon père, ma mère et toute ma famille dans une maison au Maroc, à Rabat. Il y avait ma grand-mère, mes oncles et mon grand-père. On faisait des jeux avec mes cousines et mes cousins, nous fabriquions des personnages avec du sable et après, on jouait au foot. J’allais à l’école avec mes cousines, j’aimais chanter et lire Le Coran.

Aujourd’hui, j’habite avec ma tante, ses enfants et son mari, dans un grand appartement. Quand je regarde par la fenêtre, je vois la route. Je vais au collège à pied. J’apprends à faire la cuisine et je fais le ménage. Le week-end, je fais mes devoirs et de temps en temps, je sors avec ma tante.

Demain, je serai mariée, j’aurai deux enfants. Je serai vendeuse, je travaillerai dans une boulangerie-pâtisserie. J’aurai une maison avec un jardin, j’aurai aussi un beau mari qui sera gentil avec moi.
Amina


Quand j’étais petit, je voulais être journaliste, j’avais dix ans. J’habitais avec mes parents dans une grande maison en Angola. Pendant mon temps libre, je faisais du foot avec mes amis et je regardais les dessins animés à la télévision. J’aimais monter sur les branches des oliviers ; un jour, je suis tombé et je me suis fait très mal.

Voilà mon passé…

Aujourd’hui, j’ai seize ans, je n’habite plus en Afrique, j’habite à Orléans dans un foyer. Je fais du foot dans une équipe de Saint Jean Le Blanc. Je suis en classe de 3 e 5 au collège Jean Rostand. J’aime jouer au foot et à l’ordinateur et écouter de la musique. J’aime lire et danser et parfois, je vais à la patinoire. J’aime beaucoup la nourriture africaine, pour moi, c’est la meilleure au monde. Quelquefois, j’aime bien rester seul parce que ça me fait du bien. J’ai envie de faire du journalisme mais comme je ne parle pas bien le français, j’ai peur de ne pas y arriver. J’ai très envie aussi de faire de l’informatique et de la gestion car j’aime bien la technologie. Je m’intéresse aussi aux problèmes économiques et sociaux.

Voilà mon présent…

Demain, j’aurai fini mes études et j’habiterai dans une grande maison. J’aurai quatre enfants et je serai reporter professionnel. J’aurai des chiens et une belle voiture.

Voilà mon futur…
Henéro


Avant j’étais un petit garçon, j’allais à l’école Olympia Cormier, je faisais du foot avec mes copains. Quand je rentrais chez moi, je faisais mes devoirs.

Maintenant je suis un grand garçon qui est au collège Jean Rostand. Je suis en 6 e 1, dans la classe de Monsieur R. Le week-end je regarde la télé et je sors dehors.

Plus tard, je serai footballeur professionnel, j’habiterai dans un palace et je jouerai à Madrid. J’irai aux entraînements avec une belle voiture. J’aurai un million d’euros, une femme et des enfants.
Smaïn


Avant, j’étais petit. J’avais sept ans, je jouais à la Playstation et au football avec mes amis. J’aimais jouer à la voiture aussi, ça c’était bien !

Maintenant je suis grand, ma classe est la Mystérieuse 6 e du collège Jean Rostand. Je joue au football et à la XBOX.

Peut-être que quand je serai plus grand, j’aurai une belle voiture de course et je jouerai dans un grand club de foot. Je serai content de cette belle vie.
Moussa


Avant j’étais un gosse qui ne faisait pas de bêtises en classe.
Avant j’étais un gosse qui travaillait bien à l’école.
Avant j’étais un gosse qui aimait bien dessiner et maintenant je n’aime plus dessiner.
Avant j’aimais bien écrire des textes.
Avant je n’aimais pas jouer au foot et maintenant j’aime bien jouer au foot.
Avant j’étais timide et maintenant je ne suis plus timide.
Avant je rêvais d’être pompier et maintenant je veux être footballeur.
Avant je ne savais pas nager et maintenant je sais nager bien comme il faut.
Avant j’étais un petit gros et maintenant je suis grand en taille.
Avant je n’étais pas un bagarreur et maintenant j’aime bien être un bon bagarreur.

Plus tard dans ma vie je serai un bon footballeur.
Plus tard dans ma vie je serai bien gentil avec mon patron.
Plus tard dans ma vie je serai bien gentil avec ma copine.
Plus tard dans ma vie j’aimerais pas aller en prison.
Plus tard dans ma vie je donnerai beaucoup d’argent à mes parents.
Plus tard dans ma vie je voudrais avoir des enfants avec ma copine mais bien sûr avoir des enfants quand je serai marié. Je me marierai avec une jolie fille arabe si j’aime une Française, si j’aime une fille qui a une autre religion, je m’en moque totalement. Plus tard dans ma vie je jouerai au Paris Saint Germain.
Plus tard dans ma vie j’aurai une belle voiture de sport.
Hassane


Avant, j’étais une enfant calme, je lisais des livres d’horreur et je ne sortais jamais de chez moi, je préférais lire et regarder la télé.

Mais maintenant je suis agitée et je n’aime plus lire ni rester chez moi. J’adore aller dehors, en gros j’adore faire des sorties avec des potes à moi.

Plus tard j’aimerais être médecin, avoir une belle maison et deux enfants, une fille et un garçon.
Rosa


Avant j’étais un bébé. Je ne faisais que boire du lait. Puis j’ai eu des dents. J’ai pu manger, déguster et grandir. Quelle évolution ! J’ai huit ans, je vais à l’école tout seul, je ne suis plus à la crèche. Au CM2, je me crois grand alors que je n’ai que dix ans. J’ai pris des années, j’ai cassé un cycle et me voilà en sixième.
Plus tard, j’apprivoiserai le lycée…
À quoi sert de grandir ? C’est pour faire sa vie, travailler et bien sûr payer le loyer et tout le reste : « liberté, égalité, fraternité, l’eau, le gaz et l’électricité ».
Maintenant, j’ai grandi, fini les bêtises, plus le droit de plaisanter. Faut vivre dans un HLM, descendre les escaliers, être toujours fatigué.
Oussama


Avant j’étais bébé je faisais la grimace et quand j’ai commencé la maternelle j’ai pleuré. J’avais mon doudou, c’était bien et j’aimais faire des jeux.
Mon doudou était très doux, la matière était en tissu, et la couleur blanche. Je ne faisais pas de bêtises, et le jour de mon anniversaire ma mère a fait des gâteaux et c’était bien.

Maintenant je suis insolent, j’ai treize ans bientôt quatorze. J’aime le foot et d’autres sports, j’habite dans une maison.

Plus tard, je serai vendeur dans un grand magasin, je serai à Paris pour regarder les matchs du Paris Saint Germain, et je serai toujours pour le PSG.
Jordan


Avant, j’étais une fille qui pensait que le monde était différent de celui-là, je rêvais de tant de choses, j’étais au Maroc, j’imaginais la France autrement. À l’âge de cinq ans, je suis venue en France avec mes parents et mes frères et sœurs. J’aimais beaucoup jouer, sortir avec mes grandes sœurs, je voulais grandir, voyager, découvrir, surtout l’Allemagne, les Pays-bas, la Belgique et l’Espagne.
J’aimais aussi aller au Maroc, j’aimais aller à l’école, j’aimais découvrir, j’étais curieuse, j’aimais trop mon grand frère, c’était mon préféré, il est mort à dix-neuf ans…

Maintenant, je suis un peu plus grande, je comprends un peu plus de choses. J’aime écrire mon passé, présent, j’écris des textes (des chansons). Quand je suis triste, je n’aime me confier qu’à ma feuille. Je suis heureuse, j’ai tout ce que je veux et surtout des parents comme les miens. Je pense trop souvent à mon grand frère, je sors beaucoup avec mes copines.

Demain, je voudrais être coiffeuse, je veux me marier avec l’homme que j’aime, avoir des enfants. Mon rêve, c’est de pouvoir revoir mon frère un jour, je voudrais habiter Marseille, Avignon ou Paris. Je voudrais travailler, passer mon permis, avoir une belle voiture, passer de belles vacances avec ma meilleure amie à Miami inch’Allah (si Dieu le veut).
Asmae
Dans ma rue…
Dès que je passe devant ma rue, je me souviens d’avoir vu des jeunes qui buvaient dans un abri bus et qui faisaient des tours à moto. Je me souviens aussi du grand bâtiment qui a été brûlé. Dès que je passe dans ma rue, je revois cette grande et belle allée d’acacias.
Dès que je passe dans le centre ville, je revois cette route qui coupe le village en deux et les bruits des camions interminables.
Dès que je passe devant chez toi, je sonne à la porte et j’entre.
Antonin

Dès que je passe devant mon ancien immeuble je me souviens des bons moments que j’ai passés là avec ma famille.
Dès que je passe devant mon ancien collège, je me souviens de la belle vie que j’avais.
Dès que je passe devant chez toi, je m’arrête et je vais te voir.
Tome
Souvenirs, souvenirs…
J’allais toute seule à l’école, il fallait y aller seule. J’étais chez ma grand-mère en Normandie. On passait par un chemin de traverse. On traversait des jardins. Parfois on prenait une pomme en passant, mais fallait pas se faire piquer par le propriétaire. Fallait faire plus d’un kilomètre en toutes saisons. L’hiver il y avait de la neige, on ne nous faisait pas de cadeau. C’était moi qui habitais le plus loin. On se piquait avec des épines. On sortait vers cinq heures. J’étais habituée. Ma cousine m’accompagnait parfois. C’était pendant la guerre, parfois on avait peur, ce n’était pas toujours des bons moments. Je me souviens du bombardement de la Chapelle Nord à Paris. On entendait. Ma grand-mère habitait à soixante-quinze kilomètres de Paris. On n’aimait pas rencontrer les Allemands, si on les apercevait, on courait jusqu’à la maison. Et puis il y avait des sales gamins sur la route, ils cherchaient à voler, ils nous faisaient des misères. On courait vite.
Denise V.

Dans ma petite école de montagne, école mixte, nous étions douze élèves. La première fois qu’on m’y emmena, je me trouvai assise à l’une de ces longues tables faites pour accueillir six ou huit élèves. Devant moi, sur la partie haute du pupitre, on avait placé une merveilleuse cerise. Une cerise bien rouge, bien ferme. Je ne fis ni une ni deux et la grande gourmande que j’étais déjà s’en empara et la croqua sans penser à mal. Comment ai-je su que j’avais eu tort ? Sans doute un « oh ! » étouffé et réprobateur des autres élèves.
Suzanne


Quand j’avais à peu près quatre ou cinq ans, j’allais dans un petit chemin l’après-midi à l’école maternelle pour jouer avec des petites filles et des garçons. On jouait à la ronde en chantant Dansons la capucine , à « cache-cache », Il pleut, il pleut bergère. Quand il pleuvait, on passait par la route, il y avait des orties, les garçons nous poussaient dedans, après on pleurait. J’étais très timide et avais toujours peur. Dans ce petit chemin il y avait des arbres, surtout des noyers. Le jeudi il n’y avait pas d’école, on allait les ramasser.
Jacqueline
À partir d’une photo
Voici maman, elle a quinze ans, avec sa sœur aînée, Tante Yvonne. Elle était jolie ma maman à cet âge, mais par la suite aussi. Quand je me rappelle mon enfance, je la revois, très brune, toujours active et gaie. Combien m’a-t-elle chanté de vieilles chansons le jeudi après-midi en repassant le linge ? Mais sévère malgré tout. Étant fille unique, je devais écouter et surtout être ce que l’on disait à l’époque « bien élevée ». Elle me supprimait mon petit journal, pour une bêtise ou une mauvaise note, et pour moi c’était grave.
Pendant la guerre, nous étions seules, elle n’était plus gaie ma maman, mon père étant prisonnier. Mais nous partions en découverte de Paris. Parisienne elle connaissait des endroits ignorés et, malgré l’époque, j’étais heureuse d’être avec maman.
Denise J.


J’ai très peu connu ma maman, mais il me reste un souvenir car je l’ai en photo de mariée. Elle nous a quittés, j’avais six ans. À l’époque, mon père avait une sœur qui s’est occupée de moi. Je l’aimais beaucoup, elle jouait avec moi et me conduisait à l’école. Elle me faisait de bons gâteaux. Plus tard, quand j’étais jeune fille, elle m’emmenait aux fêtes avec elle. J’ai assisté à son mariage et plus tard, j’étais heureuse de lui rendre visite. Elle nous a quittés, l’année de ses quatre-vingt-douze ans.
Paulette
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