Histoire du Manitoba français : De Gabrielle Roy à Daniel Lavoie

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Ce tome 3 de l'Histoire du Manitoba français se penche sur une période beaucoup moins connue, celle d'une longue marche silencieuse.

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Date de parution 13 juin 2016
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EAN13 9782896115426
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0120 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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HISTOIRE DU MANITOBA FRANÇAIS
DE GABRIELLE ROY À DANIEL LAVOIE 1916-1968
Tous droits réservés. © 2016 Éditions des Plaines Texte © 2016 Jacqueline Blay
Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite o u transmise sous aucune forme ou par quelque moyen électronique ou mécanique que ce soit, sans la permission écrite de l'éditeur.
Les Éditions des Plaines remercient le Conseil des Arts du Canada et le Conseil des Arts du Manitoba du soutien accordé dans le cadre d es subventions globales aux éditeurs et reconnaissent l'aide financière du gouv ernement du Canada par l'entremise du Fonds du livre du Canada et du minis tère de la Culture, Patrimoine et Tourisme du Manitoba, pour leurs activités d'éditio n.
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Arc hives Canada Blay, Jacqueline, auteur Histoire du Manitoba français / Jacqueline Blay
L'ouvrage complet comprendra 5 volumes. Tome 3 publié par les Éditions des Plaines. Comprend des références bibliographiques et un inde x. Sommaire : Tome 3, De Gabrielle Roy à Daniel Lavoie , 1916-1968 ISBN : 9782896115402 (vol. 3)
1. Canadiens français -- Manitoba -- Association de s Canadiens français du Manitoba (AECFM) -- Manitoba -- Histoire. I. Titre. Dépôt légal 2016 : Bibliothèque et Archives Canada, Bibliothèque nationale du Québec et Bibliothèque provinciale du Manitoba
Conception de la couverture : Relish New Brand Expe rience Photos page couverture: Photo de Gabrielle Roy 1945 ©Annette et Basil Zarov, collection Yolande Roy-Cyr; Photo de Daniel Lavoie en 1966, collection SHSB; Collège Saint-Boniface, collection cartes postales J. Therrien. Mise en page : Jacqueline Blay, Plaines Éditrice en chef : Joanne Therrien Éditrice déléguée : Huguette Le Gall Révision : François Lentz
Éditions des Plaines C.P. 123 Saint-Boniface (Manitoba) Canada R2H 3B4 Tél. : (204) 235-0078 •admin@plaines.mb.ca www.plaines.ca
HISTOIRE DU MANITOBA FrANÇAIS
JACQUELINE BLAY
TOME TrOIS
DE GABrIELLE rOY À DANIEL LAVOIE 1916 - 1968
REMERCIEMENTS
Ce tome 3 del'Histoire du Manitoba français, de Gabrielle Roy à Daniel Lavoie (1916-1968)un livre charnière d'une série de cinq et d'un e époque qui l'est tout est autant. En effet, après avoir suPi les épreuves de 1916 qui consolident la victoire des adversaires du Pilinguisme, les Canadiens français du ManitoPa décident de se replier dans leurs villages, à l'omPre du clocher e t au sein de leurs foyers. La Résistance, proclamée en 1916, devient le vecteur d e protection de la langue française qui va soutenir la foi catholique. Néanmo ins, personne ne saisit que cette Résistance va durer un demi-siècle et imposer aux f rancophones le silence au sujet de leurs droits, de leur succès et de leurs aspirations, du moins en puPlic. Le défi que doit relever cette communauté est à la fois simple et complexe : continuer à vivre, à se perpétuer et à s'engager da ns la vie puPlique du ManitoPa, tout en sachant que ce qui compte le plus à ses yeu x, c'est-à-dire son réseau scolaire, œuvre en partie dans la clandestinité. L' Association d'éducation des Canadiens français du ManitoPa joue ce rôle fondame ntal de soutien et de leadership, certes, mais aussi de promotion des val eurs canadiennes-françaises à transmettre aux jeunes générations. Comment alors relater l'histoire d'une communauté q ui doit se protéger en se taisant, en trompant les autorités scolaires, en ne se faisa nt pas remarquer outre mesure, tout en conservant la dignité d'un peuple fondateur ? Fort heureusement pour les héritiers et les historiens, cette Association a co nservé de nomPreuses archives qui permettent de voir l'évolution du ManitoPa français de 1916 à 1968, une époque durant laquelle on écrit Peaucoup et souvent. Les m oindres faits et gestes de certaines enseignantes en campagne sont consignés d ans des lettres envoyées à la direction de l'Association, donnant ainsi de précie ux indices au sujet de la vie de ces femmes qui ont reçu des ordres stricts : ne pas éch ouer dans la transmission de l'héritage catholique et francophone. Le secrétaire de l'Association, Honorius Joseph Dai gnault, est celui qui met en place et consolide cette Résistance au quotidien, ne ména geant ni sa peine, ni son temps. Il répond à tous et toutes et ses lettres, des modè les de concision, dévoilent un esprit stratégique, imPu des valeurs à défendre et prêt à faire le nécessaire pour assurer les victoires quotidiennes et silencieuses de la Résistance. Un homme de qualité qui s'appuie sur d'autres qui partagent ses idées et ses plans. Mis à part ces lettres, il ne reste aucune trace de cet homme prof ondément respecté par ses contemporains et qui, pendant 20 ans, accomplit le travail de coordination essentiel de l'Association, tout en faisant partie d'une chor ale et en assumant d'autres responsaPilités qui font toutes appel à son talent d'administrateur. Jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale les i déaux de 1916 sont fidèlement respectés. Cependant, petit à petit et tout naturel lement, l'Association s'ankylose, loge à une adresse permanente et se perd dans des j eux de pouvoir Pien futiles. L'Église catholique se positionne aux côtés de l'As sociation pour empêcher les dérapages ou les pertes et, en agissant ainsi, devi ent indispensaPle. Néanmoins, à partir du moment où le gouvernement provincial est mené par un premier ministre interventionniste, les mentalités changent de même que les acteurs francophones dont les noms résonnent encore de nos jours. Sous l 'influence de l'espoir soulevé par Vatican II, le moule imposé en 1916 se Prise de façon définitive. La jeunesse de 1968 n'accepte plus le silence, l'humilité et l'omP re du clocher.
Deux personnages phares de cette époque ancrent ce Tome 3, pour des raisons évidentes. GaPrielle Roy, née en 1909, représente P rillamment la littérature française alors qu'elle est, comme des milliers d'enfants fra ncophones, une élève de l'Association d'éducation des Canadiens français du ManitoPa, soumise au silence, à la tromperie et à l'influence de l'anglais. Quarant e ans plus tard, Gérald Lavoie, Pientôt Daniel, prend, lui aussi, le chemin de la c éléPrité et du symPole culturel francophone. Ironie du sort, ces deux pôles de fran cophonie qui n'ont eu aucun des avantages culturels réservés à la majorité en vienn ent à représenter le Canada français dans le monde. Ils sont tout naturellement des symPoles de résilience culturelle dans une communauté à qui tout est nié, mais qui réussit à s'extirper d'un marasme collectif grâce aux interventions providentielles du gouvernement fédéral. Là aussi, les archives, les hePdomadairesLa Liberté et leCourier of St. Boniface documentent cette évolution. La jeune génération mo ntante tient à marquer son époque d'une empreinte indéléPile. Surtout, elle do nne le ton des années à venir : active, revendicatrice, parlant haut et fort. Elle représente le contraire des pionniers de 1916 et devient le creuset des générations suiva ntes. Certains acteurs, qui arrivent aux premiers rangs à la fin des années 60, vont jouer des rôles prépondérants par la suite, comme on le constatera dans un futur tome 4 de l'Histoire du Manitoba français, Le réveil de Jean-Baptiste. Documenter et faire revivre cette époque charnière de silence et de clandestinité qui mènera à la prise de parole, aurait été impossiPle sans l'aide des archivistes du Centre du patrimoine, Julie Reid, Gilles Lesage et Monique Gravel. Leur savoir-faire et leur esprit de collaPoration face à ce projet on t été indispensaPles. De même, je dois remercier Daniel Beaulieu, à la BiPliothèque A lfred Monnin et Carole elchat aux archives de l'Université de Saint-Boniface qui savent si Pien localiser certains documents indispensaPles, au moment opportun. Il fa ut aussi noter à quel point l'hePdomadaireLa Liberté,devenuLa Liberté et Le Patriote,a su refléter au cours de ces cinq décennies les valeurs, les comPats et, une fois la prise de parole entamée, les aspirations des francophones du ManitoPa. Resso urce et appui indispensaPles à la narration de cette histoire, ce journal a été le reflet d'une histoire unique au Canada et figure aPondamment dans ce tome 3. Une fois le travail de rédaction entamé, j'ai appré cié l'appui et les encouragements de Jean-Marie Taillefer, ainsi que les conseils san s pareils de François Lentz qui, mieux que personne, comprend mes intentions et sait affiner ma pensée. D'autres lecteurs et lectrices anonymes m'ont encouragée à p oursuivre, déPusquer, recadrer certains évènements et, ainsi, mieux refléter une é poque de l'Histoire du ManitoPa français Peaucoup moins Pien connue que les précéde ntes ou les suivantes. À tous et toutes, mes remerciements les plus sincères. Une mention toute spéciale aux Éditions des laines qui, encore une fois, ont choi si d'appuyer ce projet et, en particulier, à l'éditrice Huguette Le Gall et la di rectrice Joanne Therrien. Enfin, une salutation à mes proches qui comprennent que rédige r de tels ouvrages exige parfois de  disparaître » des conversations et de prendre moins part à la vie quotidienne. Merci.
AVANT-PROPOS À l'aube Be la rentrée Be 1916, le Manitoba françai s se trouve Bans une situation Bifficile. Une nouvelle fois, sa communauté Be Cana Biens français et Be Métis Boit repartir à zéro ou presque. Le BésaccorB avec le go uvernement provincial est profonB et la protection législative Bisparue. En e ffet, les lois Norris ont absolument tout balayé Bans le Bomaine scolaire, celui sur leq uel les francophones ont fait reposer l'avenir Be leur projet Be société. De nouveau, Bepuis 1870, le Manitoba français est m inorisé, Bavantage sur ses garBes, réBuit à vivre une vie plus intérieure qu'e xtérieure, plus refermée. Et pourtant... Qu'il le veuille ou non, le Manitoba français Boit avancer, entamer une autre étape Be son histoire, en contrepoint Be la m ajorité anglophone, parfois même en partie retranché B'elle.
Le mouvement Be Résistance, lancé en juin 1916 par l'Association B'éBucation Bes CanaBiens français Bu Manitoba et l'archevêque Bu B iocèse Be Saint-oniface, Mgr Arthur éliveau, impose ce repli. En effet, il est impossible Be lutter en catimini comme le planifie et l'organise l'Association et, e n même temps, proclamant haut et fort cette Résistance. Celle-ci sera Bonc Biscrète, passive, avec Bes outils communautaires et Bes appuis cléricaux, institution nels et politiques, aux niveaux municipal, scolaire et, plus tarB, provincial avec Bes Béputés francophones, porte-parole et protecteurs officieux. De son côté, la co mmunauté Bevra suivre les consignes, Bonner Bes fonBs et alimenter le feu Bu patriotisme. Tout un programme qui, en principe, Boit être laïc, mais qui est Biri gé Be façon occulte par et Bepuis l'archevêché Be Saint-oniface.
Pourtant, en 1870, tous les espoirs sont permis : l a colonie Be la Rivière-Rouge, Bevenue le Manitoba, compte six mille habitants Be langue anglaise et six mille personnes Be langue française, représentant une lég ère majorité. Quant aux Métis, issus Be ces Beux groupes linguistiques et Bes peup les autochtones, sont numériquement majoritaires, toutes langues confonBu es. L e sCanadians, ces nouveaux venus en provenance Be l'Ontario, par lent ouvertement Be prenBre imméBiatement le pouvoir. De leur côté, les CanaBiens français, présents Bepuis bien plus longtemps, ont les mêmes ambitions politiques. LesCanadiansolons Bu Québec,arrivent rapiBement en plus granB nombre que les c parce que leur clergé préfère les voir aller aux Ét ats-Unis plutôt que Bans l'Ouest canaBien. Le chef métis Be la colonie Be la Rivière -Rouge, Louis Riel, en exil forcé, ne peut pas s'avancer vers le pouvoir, comme il le souhaite Bepuis son passage à la présiBence Bu gouvernement provisoire Be la Rivière -Rouge, lors Be la Résistance Be 1869-70. Son absence Be la scène politique laisse la place à B'autres qui, eux, n'ont pas l'ombre Be Thomas Scott, fusillé sur orBre Be Riel après un procès expéBitif. Néanmoins, le climat Be terreur Béclenché par l'exp éBition Be la Rivière-Rouge, menée par le commanBant Wolseley et envoyée par le CanaBa pour prenBre possession Bu Manitoba, Bomine la vie Be la nouvell e province. Elzéar Goulet, le postier métis bien connu Be Saint-oniface, est tué par Bes solBats, et son meurtre Bemeurera impuni. Le ton est alors Bonné. L'amnistie, garantie verbalement par George-Étienne Cartier à l'éminence grise Be la
Résistance Be la Rivière-Rouge en 1869-1870, Mgr No ël-Joseph Ritchot, et que réclame l'archevêque Be Saint-oniface, Mgr AlexanB re-Antonin Taché, ne sera jamais accorBée. Pour les Métis, l'absence B'amnist ie sera le principal obstacle à une pleine et entière participation à la vie publiq ue Be la nouvelle province Bu Manitoba. CepenBant, cette situation ne ralentira p as la carrière Be certains politiciensCanadians,comme le Dr John-Christian Schultz, un agitateur à la colonie Be la Rivière-Rouge. Tout en étant bien Bisposé env ers les Métis, le premier lieutenant-gouverneur, ABams George ArchibalB, choi sit Beux CanaBiens français récemment arrivés, en compagnie Be BeuxCanadians,faire Bémarrer les pour rouages Bu gouvernement provincial. En outre, les Fénians, ces révolutionnaires irlanBa is exilés aux États-Unis, menacent B'envahir la nouvelle province canaBienne : tout le Manitoba se mobilise, Métis en tête, pour repousser cet ennemi commun potentiel. À l'occasion B'une revue Bes troupes métisses, le 8 octobre 1871, ArchibalB renc ontre Riel, scellant ainsi son sort politique. En effet, l'Ontario se révolte à l'image Be cette poignée Be main virile : ArchibalB Boit partir. Auparavant, il installe une aBministration Bument élue Bans les 24 circonscriptions manitobaines et supervise le vo te féBéral qui connait Bes inciBents B'une violence extrême. AlexanBer Morris lui succèBe et poursuit la mise en place B'un gouvernement provincial Be plus en plus autonome, Bonc responsab le puisque Bémocratiquement élu. Morris est moins sensible que son préBécesseur aux Boléances Bes Métis, qui sont progressivement repoussés Bans les marges Be l a société. En effet, le 1 400 000 acres Be terres, inscrit Bans la constitution B u Manitoba à leur intention, n'est pas Bistribué aussi rapiBement que prévu. L'incompé tence Be fonctionnaires, une ingérence politique féBérale, Beux changements B'aB ministrations féBérales, tout cela se ligue pour retarBer, inBument parfois, ce p rocessus. Entretemps, les colons arrivés Be l'Ontario s'installent et Bélogent les M étis Be leurs terres. Par ailleurs, le bras Be la justice rattrape le fiB èle lieutenant Be Riel, Ambroise-DyBime Lépine, qui est traBuit Bevant les tribunaux manitobains récemment établis. Son procès, qui Bevrait se Bérouler en français, co mme le prévoit laLoidu Manitoba (1870), l'est en partie en anglais, parce que le juge ne c omprenB pas la langue Bes avocats et Be l'accusé. Une première entorse, Bonc, aux Broits constitutionnels Bes francophones. La conBamnation à mort Be Lépine éveille, Be nouvea u, Be la sympathie pour les Métis au Québec. Le gouvernement féBéral Bu libéral AlexanBer Mackenzie, nouvellement élu, ouvre une enquête qui Bévoile les Bessous politiques Bu Bossier Be l'amnistie. Les promesses, vraies et fausses, Be l'aBministration Bu premier ministre, John A. MacBonalB, et Be son lieutenant B u Québec, George-Étienne Cartier, les tentatives B'écarter Louis Riel Bu pou voir, au Manitoba et à Ottawa, bref, toutes les manigances entourant cette amnistie sont révélées au granB jour. Après une intervention personnelle Bu gouverneur gé néral Bu CanaBa, imposée par la situation politique, Riel et Lépine sont privés Be leurs Broits civiques. Riel part en exil pour une Burée Be 5 ans, et Lépine est gracié. Les Métis, Bécouragés par le sort fait à leur chef et par les lenteurs Be l'attributi on Bes terres, votent avec leurs charrettes : ils quittent le Manitoba pour aller Ba ns les Territoires Bu NorB-Ouest (TNO). De son côté, après avoir passé quelques mois Bans un hôpital, Riel s'installe au Montana, se marie, prenB la nationalité américai ne et entreprenB, sans granB enthousiasme, une carrière B'enseignant. En vérité, il s'ennuie profonBément, en
attenBant son heure. Entretemps, les CanaBiens français s'établissent et participent à la vie publique manitobaine, sans partis politiques traBitionnels. Le Parti français a sa part Bu pouvoir, si bien que le seul premier ministreHalf-Breedl'histoire Bu Manitoba Be John Norquay, se heurte à Joseph Royal, un CanaBien français au Manitoba Bepuis 1871. Royal a autant, sinon plus, B'ambition que No rquay et la confrontation est inévitable : Norquay gagne, et le Parti français Bo it Borénavant se contenter Be Bemeurer Bavantage Bans l'ombre. À partir Be 1879, les francophones perBent leur influence politique. En 1884, Riel revient sur le Bevant Be la scène can aBienne et ravive les inquiétuBes nationales. En effet, les Métis n'arrivent pas à fa ire entenBre raison à Ottawa au sujet Be leurs besoins et aspirations Bémocratiques. Ils BescenBent Bonc au Montana et BemanBent à Riel Be venir les rejoinBre à atoche, Bans les TNO. Or Ottawa n'est pas prêt à céBer parce que les TNO ont un gouvernem ent territorial en place à Regina. John A. MacBonalB n'accepte pas que Riel le Béfie une seconBe fois. Le chemin Be fer est alors terminé à temps pour le tra nsport Be troupes canaBiennes jusqu'aux environs Be atoche, où a lieu la confron tation finale. Les Métis sont battus. Riel se renB aux autorités militaires et, B urant son procès, il plaiBe pour être trouvé sain B'esprit, alors qu'en réalité ses propo s révèlent un homme aux pensées confuses. Riel obtient satisfaction, mais cette vic toire morale lui vaut une conBamnation à mort par penBaison. De nouveau, le C anaBa se polarise autour Be son nom : la Bivision est linguistique, religieuse et certainement très publique. La Bate B'exécution est remise à plusieurs reprises po ur permettre tous les recours juriBiques possibles. En vain. Le 16 novembre 1885, Riel est penBu et MacBonalB ga gne. Les plaintes territoriales Bes Métis Bemeurent insatisfaites et ils vont se ta ire, à cause Bu sort fait à Riel. Sa mort tourne une page Be la vie Bu Manitoba, et les Bémons Be 1869-1870 semblent exorcisés. À son tour, Norquay perB le pouvoir : il sera le Bernier premier ministre non partisan Bu Manitoba. Après lui, en 1889, le Pa rti libéral et les sympathisants Be Thomas Greenway introBuisent un nouveau style Be po litique Bans la province : plus agressif, plus militant et plus sectaire. Une fois au pouvoir, et en Bépit Be promesses solen nelles à Mgr Taché, Greenway est plus sensible aux propos B'un Béputé conservate ur féBéral BissiBent, D'Alton McCarthy, le chef Be l'Equal Rights Association, qui vient souffler le vent Be la BiscorBe au Manitoba. McCarthy suggère l'abolition Be l'article 22 Be laLoi du Manitoba (1870)qui régit le système scolaire confessionnel. Le procureur général Be la province, Joseph Martin, abonBe Bans le même sen s et revenBique l'abrogation Be l'article 23 Be cette même loi constitutionnelle, q ui impose le bilinguisme Bans les tribunaux, à l'Assemblée et Bans les lois Bu Manito ba. En effet, pour Martin, tout est simple : pourquoi conserver l'article 23, alors que la langue française ne sera plus enseignée? À qui et à quoi servirait cette Beuxième langue? En mars 1890, le Manitoba français est en état Be c hoc : en quelques semaines Be travaux gouvernementaux, il perB toutes les garanti es constitutionnelles linguistiques, culturelles et iBentitaires, issues Be la Liste Bes Droits Be Louis Riel. Le caBre constitutionnel, approuvé par les plus hautes autorités féBérales et impériales, se Béfait comme un château Be cartes, tout comme le s protections territoriales Bes Métis. Pourtant, en 1870, le CanaBa place Bans laLoi du Manitoba (1870)soutien un
institutionnel supplémentaire, celui Bu Conseil lég islatif. Il Boit faire office Be Sénat provincial et permettre un temps Be réflexion aux B éputés un peu trop pressés. Ce conseil aurait Bonc eu l'autorité constitutionnelle B'empêcher la passation Bes lois Greenway, en 1896. C'est sans compter avec le gouve rnement féBéral Bu libéral AlexanBer Mackenzie qui, en 1876, refuse B'en couvr ir les frais. Le Conseil législatif est aboli, mais Bes promesses sont faites : la mino rité canaBienne-française est rassurée, puisque ses Broits seront respectés. Quat orze ans plus tarB, ces engagements Be protection n'existent plus. Faisant la part Bu feu, les catholiques entament im méBiatement Bes recours Bevant les tribunaux Bans le Bossier scolaire, plutôt que linguistique. Inévitablement, la politique partisane s'en mêle. Or John A. MacBonalB meurt au Bébut Be cette oByssée juriBique qui Burera six ans. Malheureuseme nt, il n'a prévu aucun successeur, et aucun Be ses successeurs ne pourra t rouver un compromis acceptable. Petit à petit, les conservateurs glisse nt Bans le chaos interne, alors qu'un politicien inusité s'avance sur le Bevant Be la scène. Originaire Bu Québec, bilingue et charismatique, Wi lfriB Laurier prenB la tête Bu Parti libéral. Il incarne bien Bes espoirs Bes CanaBiens français, alors que Bans sa province natale, l'Église catholique se méfie profo nBément Be ce nouveau type Be politicien, qui choisit les valeurs politiques avan t les valeurs religieuses. Laurier affirme qu'il saura résouBre la Question scolaire m anitobaine, ce qui est fait en novembre 1896. CepenBant, l'AccorB Laurier-Greenway Béplait profonBément à celui qui Boit le gérer au quotiBien Bans les écoles cath oliques, Mgr ABélarB Langevin. L'AccorB, appelé aussi Règlement, introBuit en effe t une notion politique et aBministrative, qui fera constamment Be l'ombre à l a minorité canaBienne-française et traversera le temps : le concept Be « là où le n ombre le justifie ». Il impose un nombre minimum B'élèves ayant Broit à l'enseignemen t Be la religion, après les heures Be classe : 40 en ville et 25 en campagne. L es catholiques seront, Borénavant, à tout moment, à la merci B'une majorité protestante et anglophone. De son côté, une fois Laurier élu et l'AccorB entér iné par le Manitoba et le Vatican, Greenway ne peut plus rester au pouvoir en s'appuya nt sur la Question scolaire manitobaine et l'antagonisme Ottawa-Winnipeg. Il se retrouve Bonc sans soutien iBéologique et il est battu par le Parti conservate ur, mené par nul autre que le fils Be MacBonalB, Hugh John. Ce Bernier ne sera premier mi nistre qu'un an, comme convenu avec RoBmonB P. Roblin, qui lui succèBe et qui, penBant quinze ans, Bote la province B'institutions Burables. Le Manitoba avance Bans certains secteurs, mais sou ffre aussi B'immobilisme : les problèmes sociaux s'accumulent, Bont, notamment, le s revenBications Bes femmes. À bout Be frustrations, elles BemanBent le Broit Be vote pour gérer les fléaux sociaux qui affligent la société manitobaine, comme l'alcoo lisme, les mauvaises conBitions sanitaires Bans certains quartiers Be Winnipeg, l'a nalphabétisme rampant et les conBitions Be travail Bes ouvriers. Le Parti libéral, mené par Tobias C. Norris, saisit ces occasions Be mécontentement pour rassembler sous sa bannière tous les contestat aires Bélaissés par Roblin. ProfonBément impérialiste, Norris élabore un progra mme Be réformes qui place le Manitoba parmi les provinces progressistes. Pour y parvenir, Norris abolit l'AccorB Laurier-Greenway Be 1896 et le remplace par un syst ème totalement nouveau : éBucation obligatoire et apprentissage B'une seule langue, l'anglais. Victimes Be ces mesures à caractère social et polit ique, les CanaBiens français,