Histoires d'ogres et de géants

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La « Caravane des contes » nous emmène dans un royaume peuplé de géants prodigieux. Ils sont si grands qu’ils touchent le ciel et leur tête se perd dans les nuages, si féroces que rien ne leur résiste, si puissants qu’ils fabriquent des lacs et des collines en un clin d’œil. Ils ont de nombreux talents : en Russie, ils savent terrasser les dragons qui dévastent le pays, en Suède, construire des églises à double clocher, en Lettonie, dompter un lac cannibale.

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EAN13 9782373800593
Langue Français

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La « Caravane des contes » avance tranquillement… Mais attention ! Quel est ce nouveau royaume, si étrange ? Est-ce une montagne ou bien… le nez d’un géant endormi, où mille éléphants pénètrent aisément ? Est-ce un nuage gorgé de pluie ou bien… un lac entier qui monte dans les airs ? Est-ce la maman qui rentre à la maison après une journée de travail ou bien… une terrible ogresse qui veut dévorer les enfants ? Ouvrez grand les yeux, regardez, écoutez : ne sont-ce pas des géants qui creusent le lit des fleuves, qui émiettent les rochers, à l’époque où la Terre, tout juste créée, était encore molle et maniable…
ISBN 978-2-910272-64-7
14,50 euros
Histoires d’ogres et de géants
Elena Balzamo
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Histoires d’ogres et de géants
Illustrations de Sherley Freudenreich
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La caravane des contes
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Histoires d’ogres et de géants
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Origine des êtres humains
Conte bulgare
Au début, le Seigneur créa des Pour venger la hommes énormes, très forts. Quand mort de son père, racontent les un tel géant tombait, il se fracassait Mansis, un géant la tête ; incapable de se relever, il jura d’exterminer restait allongé au même endroit ; tous les êtres vivants. Mais il ces hommes-là ne pouvaient pas seavait beau tuer tous ceux qui lui tombaient sous la main, de reproduire. Se rendant compte qu’il nouvelles créatures apparaissaient, avait raté son travail, le Seigneur les car le dieu Numa avait ordonné laissa dépérir, puis créa, à leur place, à deux forgerons célestes de une autre espèce. Cette nouvelle racebattre le fer sans jamais s’arrêter et à deux menuisiers de raboter était celle des créatures minuscules continuellement le bois. Ces éclats hauts d’un pied et avec une barbe donnaient sans cesse naissance à pas plus longue qu’un pouce. Avant de nouveaux hommes. En voyant d’aller travailler, les petits bonhommesque le géant était toujours en proie à sa folie meurtrière, devaient grimper sur des buissons pour le dieu lui souffla dessus et apercevoir leurs bœufs, de sorte qu’eux ce souffle le projeta au ciel. non plus n’étaient bons à rien, et même On peut l’y voir de nos jours, les fourmis et les abeilles étaient pourmatin et soir ; et comme il est rouge de colère, le ciel l’est aussi, eux des adversaires dangereux. Dieu au crépuscule et à l’aube. regretta ce travail et laissa la race dépérir à son tour. Il créa ensuite une espèce de taille intermédiaire. Désireux de les rendre plus forts, il les fabriqua à partir d’excréments et les laissa à l’ombre afin qu’ils sèchent à l’air frais, puis
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les déplaça au soleil pour achever le séchage. Survint alors le Malin qui, ravi de pouvoir nuire à la Création, s’acharna sur les corps inertes : avec un bâton il y perça des trous, les défigura autant qu’il put. Quand le Bon Dieu revint et vit les dégâts, il voulut au moins sauver les visages ; il prit une touffe d’herbe, reboucha les trous, passa dessus une nouvelle couche d’excréments et laissa sécher. L’homme fut ainsi réparé, et quant à l’herbe avec laquelle le Seigneur avait bouché les trous de son corps, elle fut à l’origine des plantes médicinales.
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Le roi des poissons
Conte de Birmanie
Jadis, le lac Inlé n’était pas entouré de montagnes comme aujourd’hui : à cet endroit s’étendait une plaine avec quatre petits lacs séparés. Un ogre affreux y élut domicile. Friand de poissons, il passait son temps à pêcher dans les lacs. Un jour, il attrapa un poisson énorme. Il s’apprêtait déjà à l’engloutir quand celui-ci lui dit : – Ne me mangez pas, rendez-moi la liberté ! Je suis le roi de tous les poissons de ces lieux, et si vous me libérez, je vous promets de vous fournir chaque jour cent poissons ! – Soit, va en paix et n’oublie pas ta promesse ! Si tu me trompes, je te rattraperai et te dévorerai sans faute ! Sur ces mots, le monstre relâcha le roi des lacs. Dès lors, il recevait son lot quotidien et s’en empiffrait. Mais avec le temps, les poissons devinrent de plus en plus rares : ils se cachaient, car nul n’avait envie de finir ses jours dans le ventre de l’ogre. Leur roi, qui avait bien de la peine à livrer son quota, alla trouver l’ogre et lui parla de son embarras. Son interlocuteur se montra surpris : – Où passent donc les poissons ? Certes, j’en bâfre cent par jour, mais quand un poisson met bas ses œufs, il y a bien mille autres qui naissent à la place. – Nos lacs n’ont pas assez d’eau, expliqua le roi. Les poissons ne peuvent pas se multiplier. S’il y avait davantage d’eau, ce serait différent ! – Qu’à cela ne tienne, je vais faire un nouveau cours d’eau !
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