129 pages
Français

HISTOIRES DE L'ARBRE VOYAGEUR

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Description

Avis aux amoureux de la nature! La Caravane des contes se met au vert et t'invite à visiter le fascinant royaume des arbres. Tu y découvriras l'origine du kapokier et du tulipier d'Afrique, le délicieux secret de l'érable, mais aussi la raison pour laquelle le pin cendré ne perd pas ses aiguilles. Les enfants du figuier sycomore te serviront de guides et l'arbre voyageur se fera un plaisir de te conduire où bon te semble. Mais si tu veux arriver sain et sauf à l'orée de la forêt du soleil, au pied du sureau du peuple des étoiles, surtout prends garde au terrible démon du bois de fer!

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Nombre de lectures 6
EAN13 9782373800517
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Avis aux amoureux de la nature ! La Caravane des contes se met au vert et t’invite à visiter le fascinant royaume des arbres. Tu y découvriras l’origine du kapokier et du tulipier d’Afrique, le délicieux secret de l’érable, mais aussi la raison pour laquelle le pin cendré ne perd pas ses aiguilles. Les enfants du figuier sycomore te serviront de guides et l’arbre voyageur se fera un plaisir de te conduire où bon te semble. Mais si tu veux arriver sain et sauf à l’orée de la forêt du soleil, au pied du sureau du peuple des étoiles, surtout prends garde au terrible démon du bois de fer !
ISBN 978-2-910272-68-5
14,50 euros
Histoires de l’arbre voyageur
Isabelle Lafonta
Isabelle Lafonta
Histoires de l’arbre voyageur
Illustrations de Joanna Boillat
Flies France
La caravane des contes
Pour Louis et Ida, en souvenir d'un jardin où voltigent de grands pétales de magnolia et de nombreux sourires. Isabelle
Pour Jérôme, “tel arbre tel fruit”. Joanna
Isabelle Lafonta
Histoires de l’arbre voyageur
Illustrations de Joanna Boillat
Flies France
Pourquoi les arbres ne marchent plus Conte tzigane
Il y a plusieurs milliers d’années, les Merveille de arbres savaient marcher. Il était une fois la nature, le palétuvier ne un homme très avare qui était déjà très marche pas, mais riche, mais qui voulait posséder toujours possède l’étonnante davantage. Un jour, il alla dans la forêt et faculté de se déplacer d’environ tomba sur un chêne formidable. Il avaitdeux mètres par an ! Ce grand arbre, dont les racines aériennes suffisamment de bois chez lui, mais le sont fixées dans la vase des chêne lui plut tellement qu’il lui dit : mangroves, est sans doute l’un –Vienschezmoidansmachaumière ! des seuls arbres voyageurs Je n’ai pas de bois.du monde. En effet, si son tronc meurt d’un côté, il continue à Le chêne le suivit et, après un bout croître de l’autre, un peu plus loin de chemin, l’homme se sentit fatigué à chaque fois, ce qui lui permet et dit à l’arbre : de rester ni trop immergé, ni –Tuesgrandetfort,porte-moijusquetrop peu, dans un milieu hostile caractérisé par la salinité de l’eau chez moi ! et l’instabilité des sols. Le chêne s’arrêta, attendit que l’homme grimpe sur une branche et se remit en route. Peu après, ils arrivèrent dans un pré où paissait un taureau blanc. L’homme s’écria : – J’ai du bois, mais ce serait bien d’avoir aussi de la viande à rôtir ! Et si je tuais ce taureau pour l’emporter dans ma chaumière ? L’arbre ne pipa mot, s’approcha du taureau et, avec sa plus grande branche, lui asséna un tel coup sur la tête que celui-ci tomba raide mort. Il déposa sa dépouille sur une branche et repartit. Après avoir fait un bout de chemin,
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ils aperçurent une charrette. Le cocher dormait et ses chevaux avançaient lentement. L’homme aperçut un tonneau de vin sur la charrette et il dit au chêne : – J’ai du bois, j’ai de la viande, mais pas de vin ! Et si tu chargeais ce tonneau de vin sur ta branche ? Sans dire un mot, le chêne s’approcha de la charrette et déposa le tonneau sur ses branches. Un peu plus tard, ils passèrent devant une petite église. Alors, l’homme dit à l’arbre : – J’ai du bois, j’ai du vin, j’ai de la viande. Mais je n’ai pas de poêle pour griller la viande. Et si tu prenais la cloche en haut du clocher ? Je pourrais en faire une poêle ! Le chêne ne répondit pas. Il s’approcha du clocher, passa un petit rameau à travers la lucarne et décrocha la cloche. Alors qu’il s’apprêtait à la suspendre à l’une de ses branches, la foudre frappa le chêne, le taureau et le tonneau de vin. Seule la cloche resta intacte et les gens la remirent bien vite à sa place. Depuis cette aventure, les arbres s’enracinent à un endroit donné une bonne fois pour toutes et ne peuvent plus marcher.
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Comment le castor déroba le secret du feu aux conifères
Conte des Nez Percés d’Oregon
A l’aube des temps, les animaux et Sais-tu que les pins étaient pourles arbres parlaient et se déplaçaient à les Indiens un la manière des hommes. A cette époque véritable trésor ? lointaine, les pins détenaient le secret du En effet, la gomme feu et refusaient de le partager avec les exsudée par leur tronc soignait aussi bien leurs maux de gorge queanimaux et les autres arbres. Lorsqu’il leurs foulures. Une fois infusées, gelait à pierre fendre, ils étaient donc les leurs aiguilles permettaient de seuls à pouvoir se réchauffer. prévenir le scorbut, une grave Or, une année, l’hiver fut si froid que carence en vitamine C. Enfin, les minuscules pignons libérés àles animaux avaient l’impression de geler l’automne par leurs cônes étaient sur place. Transis jusqu’à la moelle des réduits en farine et servaient os, ils se réunirent et décidèrent de voler à confectionner des galettes le feu aux conifères. Par coïncidence, au très nourrissantes. même moment, tous les pins et leurs cousins s’étaient rassemblés sur la berge de la rivière Grande Ronde, où ils avaient allumé un gigantesque brasier protégé par plusieurs sentinelles. Malgré ces mesures de sécurité, le castor se faufila discrètement sous la berge et rampa silencieusement vers les flammes. Voyant une étincelle rouler à sa portée, il se rua dessus et la dissimula d’un rapide coup de patte sur sa poitrine avant de filer rejoindre ses amis. Malheureusement, dans sa fuite, il attira l’attention des conifères qui se mirent aussitôt à lepourchasser. Cherchant à les semer, le castor se mit tantôt à zigzaguer, tantôt à filer droit devant lui,
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creusant ainsi le lit irrégulier que la rivière Grande Rondeemprunte de nos jours. Epuisés par cette course effrénée, la plupart des pins durent s’arrêter pour reprendre leur souffle. Incapables de faire un pas de plus, ils s’appuyèrent les uns contre les autres, donnant ainsi naissance à une pinède si touffue qu’aujourd’hui encore les chasseurs ont mille peines à s’y frayer un chemin. Quelques conifères continuèrent toutefois à pister le castor. Le cèdre, qui était le plus rapide d’entre eux, finit par s’écrier : – Restez là, mes cousins ! Je vais voir où est passé notre voleur ! Et sur ces mots, il se percha sur le sommet d’une colline et s’aperçut que le castor avait pris une avance considérable ! Impuissant, le cèdre le vit plonger dans la rivière Grand Serpent, à l’endroit où son cours coupe celui de la rivière Grande Ronde, puis gagner rapidement la rive opposée. A peine arrivé, le castor offrit quelques belles flammèches à de grands saules qui poussaient là. Puis, continuant sa course, il partagea ce qui restait de la petite braise avec les bouleaux et avec tous les arbres qu’il rencontra sur sa route. C’est ainsi que le feu s’insinua petit à petit dans l’écorce de tous les arbres de la terre. A dater de ce jour, les animaux ne souffrirent plus jamais du froid, car il leur suffisait de frotter deux morceaux de bois l’un contre l’autre pour obtenir de belles flammes crépitantes, technique qu’ils ont ensuite transmise aux hommes. Quant au cèdre, pétrifié par la vision du castor en train de partager son larcin avec les autres arbres, il resta planté au sommet de la colline. Depuis cette aventure de nombreuses années se sont écoulées, mais sa silhouette est toujours visible, solitaire et dégingandée. Et les vieux Indiens la montrent souvent à leurs petits-enfants en leur disant : – Voyez, c’est le seul cèdre de la région ! Il se dresse toujours là où le castor lui a échappé. Mais désormais, il est bien vieux et cette poursuite l’a tellement épuisé que ses branches n’ont même plus la force de pousser et de former de nouveaux rameaux.
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