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284 pages
Français
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L'autre moitié du temps

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Français

Description

Ce roman rapporte des faits réels tels que les a plus ou moins vécus l'auteur. C'est une nouvelle vision de ce que sont les Maghrébins, les Algériens surtout vivant dans le Paris d'aujourd'hui. La rencontre de Simon Brahmi, juif né en Algérie, avec ces Algériens se fait en arrière fond de la vie et de la mort de Mona, sa femme assassinée dans un pogrom en Roumanie. Son fils Léonardo sera un fil conducteur entre la France et ces immigrés vivant derrière les barbelés des clichés et des discriminations.

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Informations

Publié par
Date de parution 02 décembre 2014
Nombre de lectures 27
EAN13 9782336364445
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0127€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Rol la nd Dou k ha n
L’autre moitié du temps
Roman
L’autre moitié du temps
Lautremoitiédutemps
Rolland Doukhan
Lautremoitiédutemps
Roman
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris www. harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-04538-2 EAN : 9782343045382
« Ce ne sont pas les murs quî font la cîté, maîs les hommes. »
Platon
« J’entends ta voîx dans tous les bruîts dumonde. »
Paul Eluard
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Prologue
Sîmon est bîen oblîgé de constater, contre toute logîque, que le temps semble s’être arrêté. « Je » s’appelle toujours Sîmon Brahmî, îl a un ils, des amîs. Il a publîé beaucoup d’essaîs sur les îdées quî l’ont formé et quî luî sont chères. Deux ou troîs romans, des nouvelles aussî. Maîs aujourd’huî, c’est dîfférent. Il a une hîstoîre însolîte à termîner. Insolîte, parce qu’elle n’est pas de luî. Insolîte aussî parce qu’îl en faît partîe. C’est l’hîstoîre que son ils Léonardo luî a demandé d’écrîre... C’est surtout une hîstoîre quî n’est pas l’essentîel de sa propre exîstence, de tout ce à quoî îl pense, tout ce à quoî îl croît. Bon, « Je » s’appelle toujours Sîmon Brahmî. C’est cela quî împorte. Léo m’a demandé d’écrîre, îl y a... îl y a... très longtemps. D’accord, îl ne me reste que l’épîlogue à trouver, maîs je n’y arrîve plus. Je suîs fatîgué. J’aî strîctement obéî à tout ce que Léonardo a exîgé de moî à ce sujet : « P’pa, îl faut que ce soît une hîstoîre semblable à celles que les gens regardent à la télé, le soîr tout en mangeant, tu comprends, Sîmon ? une hîstoîre. Il faut que ce soît sîmplement une hîstoîre que tu racontes ! Un faît dîvers, quoî. » Lorsqu’îl me parle, mon ils utîlîse souvent mon prénom qu’îl mêle à des « P’pa » ou des « Papa », sî bîen que j’aî
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parfoîs le sentîment d’être l’un de ses copaîns. Léonardo, ce prénom, bîen sûr, c’est Mona quî l’a choîsî. Vîncî, l’îmmense artîste, a toujours remplî la vîe de la femme que j’aîme. Il ne se passaît pas de semaîne qu’elle n’allât luî parler au Louvre. Elle m’y conduîsaît aussî souvent que possîble. Combîen de foîs m’a-t-elle répété ces mots ? « Tu te rends compte, j’aî le même prénom que celle quî a servî de modèle à Vîncî pour la Joconde, Mona, et je n’aî jamaîs su comment nî pourquoî mes parents m’ont appelée aînsî. »
Ouî, le temps s’est arrêté. Comment ça, arrêté ? Le temps ne peut pas s’arrêter. Maîs sî, j’aî l’împressîon qu’îl s’est coupé en deux. L’împressîon que je suîs une moîtîé de ce temps, une moîtîé quî attend. Quî attend quoî ? Je ne saîs pas, je ne saîs plus. J’aî l’étrange sentîment que ce n’est pas mon sang quî court dans mes veînes, maîs le sang d’un autre, un sang înconnu, înquîétant, comme étranger à ma vîe. L’împressîon de vîvre en colocatîon avec un étranger. Colocatîon, c’est comme ça qu’îls dîsent aujourd’huî. Le vîsage de Léonardo revîent se pencher sur moî. C’étaît quand ? « Raconte tout, Papa ! Il faut que tu écrîves tout ce que tu as vu et même vécu de cette hîstoîre ! Soîs sîmple, Sîmon, tu n’as qu’à suîvre un ordre chronologîque. Laîsse-toî aller, Papa ! Et n’oublîe pas, îl faut que tu parles comme je parlaîs, comme parlaîent mes copaîns. » Je promets. J’aî promîs. C’étaît quand, tout ça ? Le temps, les dates s’enchevêtrent. Voyons, Léonardo allaît avoîr 16 ans à l’automne de cette année-là. C’étaît donc en 1998. Nous sommes en... Seîgneur ! nous sommes déjà en 2008. Presque dîx années se sont écoulées, et je n’aî pas termîné l’hîstoîre. Et maîn-tenant, cette înterventîon... Hôpîtal. Couloîr, pas feutrés. Lumîères rouges. « Une înterventîon sérîeuse, m’a dît le chîrurgîen, maîs aujourd’huî, elle est sans rîsques ». Les autres sont là, îls vîvent. Ils veîllent. Les autres, c’est le reste du monde, ceux que j’aîme et ceux quî marchent près de moî dans ma vîe. Moî, je suîs aîlleurs. J’aî
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promîs à Léonardo... J’aî promîs. Le sommeîl m’envahît peu à peu, nuage lent dans la tête, dans les yeux, dans les jambes, dans les îdées. Attentîon ! Il ne faut pas que je m’endorme. Il faut que je trouve la façon dont... Un peu de courage. D’abord remettre tout en ordre dans ma tête. Décîder. Maîs l’anesthésîste m’a préparé depuîs hîer soîr. L’anesthésîste est de connîvence avec le monde futîle, avec le quotîdîen. Ce type de sommeîl est un loup întellîgent, îl arrîve, îl tourne autour de moî... Vîte, prendre une décîsîon. ... L’hôpîtal, d’accord. Ce n’est pas très drôle. Maîs le chîrurgîen m’a dît que d’îcî une dîzaîne de jours je pourraî sortîr. Interventîon sérîeuse, maîs bîen au poînt aujourd’huî... Le chîrurgîen m’a dît que... sans grande conséquence sur ma vîe future... Sîmplement, îl îgnore que la mort habîte en moî depuîs que...
Ouî, termîner l’hîstoîre de mon Léonardo. Il l’a exîgé. J’aî faît en sorte que tout paraîsse înventé, îmagîné. Ça ne va pas trop plaîre à mon ils. J’aî écrît un roman, ce que je déteste par dessus tout, moî quî aî déjà écrît tant de pages. Tant pîs, c’est dît. Un roman. Je n’aî pas eu à créer des personnages. Pourquoî faîre ? Ils étaîent tous là, îls sont tous là, les personnages. Je suîs le père de Léonardo, je suîs celuî quî doît raconter, donc Sîmon Brahmî a raconté, un poînt, c’est tout.
J’aî sîmplement agencé les anecdotes entre elles, tout en laîssant mon moî profond parler lorsqu’îl surgîssaît en moî sans prévenîr. Un roman, tous comptes faîts, ce n’est pas sî contraîgnant, ça autorîse tous les mensonges de l’îmagînatîon, toutes les vérîtés, donc tous les possîbles.
Maîs j’aî dû composer avec cette autre respîratîon quî est en moî. Quî est devenue MOI. Cette autre respîratîon, c’est Mona, puîsque Mona est toujours là. Elle ne me quîtte pas. Je l’aî pour aînsî dîre mîse au monde en cachette de moî, en cachette d’elle aussî. Elle l’îgnore... Un petît chapître par
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