L'enlèvement de Margaret Wilson

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L’enlèvement de Margaret Wilson, la fille du « Roi du Charbon », secoue Londres et toute l’Angleterre.


Bill DISLEY, le plus célèbre reporter du pays, enrage de n’avoir aucune piste à suivre et nulle ligne à offrir à ses lecteurs quand, un soir, il aperçoit la belle-mère de la disparue en conversation avec un bien étrange personnage arrivé très récemment de France...


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EAN13 9782373475609
Langue Français

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AVANT-PROPOS
Pour ceux de nos lecteurs qui ne se seraient pas familiarisés avecBILL DISLEY et son existence trépidante de journaliste détective, nous rappelons que notre sympathique héros est le plus brillant reporter au« Star Express », grand quotidien londonien dontBOB, dit « le Gros Bob », est rédacteur en chef. L'habituel comparse de Bill estJEFF, ancien pickpocket notoire, géant à la compréhension lente, mais à la « droite » impeccable, dévoué corps et âme au journaliste qui le tira autrefois d'un mauvais pas. L'inspecteurMARTINdans la plupart des est, enquêtes, mêlé aux agissements de Bill. C'est un petit homme ponctuel, bourgeois et sévère, qui professe une grande amitié et une sorte d'admiration pour Bill, bien qu'il soit souvent heurté par la désinvolture avec laquelle notre reporter traite Scotland Yard, ses œuvres et ses pompes.
J.-A. FLANIGHAM.
I
Une damnée affaire
La nouvelle éclata comme un brusque orage printanie r sur un Londres tranquille, un Londres dans lequel, selon l'express ion chère à Bob, le calme plat sévissait à en hurler...
Dans toutes les salles de rédaction de la capitale, un affolement peu coutumier régna en maître durant quelques heures. L es reporters se croisaient avec des mines affolées dans le tintement irritant du téléphone, un rapport incessant était établi entre Scotland Yard et les p rincipaux quotidiens : en un mot, l'affolement des beaux jours !
Comme un orage printanier, dans un Londres tranquil le, l'effarante nouvelle courut, se propagea de bouche en bouche : Margaret Wilson a disparu !
D'une tape familière, mais qui sentait l'énervement proche de la crise de nerfs, Bill fit virer son chapeau de bord, il agita le récepteur comme un barman l'aurait fait de son shaker et hurla, d'une voix ex aspérée :
— Allô, allô, allô !
Puis, à bout de patience, il raccrocha, se tourna v ers son rédacteur en chef :
— Si Scotland Yard était à Tombouctou, la communica tion serait plus audible, Bob ! On n'entend rien du tout dans ce dam né appareil !
Il fit un bond sur sa chaise :
— Votre boîte est une sale boîte, Bob !
Bob eut un placide haussement d'épaules :
— Vos vociférations hystériques n'avanceront à rien , Bill mon garçon ! Vous feriez mieux de prendre votre voiture et de faire u n bond jusqu'au bureau de l'Inspecteur Martin, si toutefois vous êtes persuad é qu'on le chargera de cette affaire !
Il fit quelques pas, silencieux, tourna le dos au b ureau du jeune reporter pour s'approcher d'une petite table sur laquelle se trouvait l'Underwood portative de Bill, jeta un coup d'œil sur la page dactylograp hiée qu'il désigna d'un index dédaigneux :
— Votre article ?
— Mon article, oui ! fit Bill, agressif.
— Vous ne vous êtes pas tellement foulé, dit Bob, é vasif.
Il ferma à demi les yeux, évaluant, et du même ton empreint d'ironie :
— Cent lignes au plus ! Drôle de minimum !
— Je fais ce que je peux ! cria Bill, au comble de l'exaspération. Cette affaire est la plus damnée affaire que nous ayons eue dans cette ville damnée !
— Beaucoup de damnation autour de vous, il me sembl e...
— Votre calme pétri de mauvais humour me porte aux nerfs, Bob, je suis dans la disposition très précise du Monsieur qui va faire un malheur !
Bob désigna la porte d'un geste large :
— Allez donc prendre l'air, Bill, mon garçon, ça vo us calmera !
Bill, en un bond fougueux, se projeta hors de son f auteuil, il saisit à la volée sa gabardine.
La porte claqua sur lui.
Bob, avec un petit sourire tranquille, arracha la f euille et se mit à lire l'article de son reporter aux affaires criminelles en plissan t les paupières.
«La plus populaire jeune fille du Royaume-Uni disparaît mystérieusement. À huit jours de ses fiançailles avec le Roi Karl Rost riph, la fille du « Roi du Charbon »se volatilise de curieuse façon. Tout ce qui est co nnu sur la claire et limpide personnalité de la ravissante Margaret Wils on interdit l'hypothèse d'une fugue. Le« Roi du Charbon »offre une prime de 10000 livres. Le Roi de Kravitie (1)20lson. »000 livres à qui permettra de retrouver Margaret Wi
Bob se leva, prit le papier afin de le porter à la composition, jeta un regard désolé sur l'inexprimable désordre qui régnait dans « l'antre de Bill », et, d'une voix sourde, maugréa :
— Il a raison, ce petit, pour une affaire damnée, c 'est une damnée affaire.
Comme l'avait dit fort justement Bill dans son arti cle, Margaret Wilson était la plus populaire des jeunes « Misses » de l'aristocra tie anglaise. Son père, sir Wilson, était à la tête du plus important des trust s charbonniers, d'où son surnom américain de« Roi du Charbon ».
Margaret était populaire par son extraordinaire bea uté, typiquement anglaise (teint de lys, regard clair, abondants cheveux pâle s) et par son extrême bonté. Elle patronnait, à vingt-deux ans, un grand nombre d'institutions charitables, était reçue à la Cour et, à différentes reprises, l es magazines avaient publié de fort jolies reproductions de Margaret.
Depuis quelques mois, d'indiscrets échos s'étaient faits autour de la cour discrète, mais fervente que le jeune roi de Kraviti e faisait à la belle Margaret.
L'avant-veille, Margaret Wilson, partie au début de l'après-midi chez des amis qui avaient une propriété dans la banlieue lon donienne, n'était jamais
arrivée pour la partie de tennis qu'elle devait y faire.
On perdait d'elle toute trace depuis son départ de la maison paternelle. Elle était partie seule, conduisant elle-même son cabrio let bleu ciel.
Bob se leva, eut un regard tourmenté vers le plafon d :
— Si seulement Bill pouvait se distinguer ! Cette a ffaire va passionner toute l'Angleterre.
(1)Royaume imaginaire et charmant de l'Europe Centrale.[Retour]
II
De bien étranges révélations...
Ce fut un Bill bien différent de celui du début de l'après-midi qui fit, vers dix-neuf heures, une entrée dans le bureau du « patron » :
— Bob ! Trois colonnes à la une pour demain !
— Vous avez retrouvé Margaret ?
Bill eut un geste désolé :
— Vous me prenez pour un fakir ?
Il s'assit à sa place traditionnelle, au beau milie u des paperasses de Bob, à même son bureau :
— Je demande trois colonnes à la une pour l'édition de demain cinq heures, parce que je compte faire, pour nos lecteurs, une e spèce de galerie des témoins du drame « Margaret Wilson » !
— Elle est morte ?
— Cessez de dire des stupidités ! Je dis«drame Margaret » comme je dirais« disparition Margaret »,« Fugue Margaret »ou« Enlèvement Margaret ». Compris...