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L'envers du destin

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Français
326 pages

Description

Mimouna, jeune juive dans le Maroc post-colonial, possède un destin tout tracé au sein d'une famille aimante, jusqu'au moment où son regard croise celui de Mohand, musulman, bouleversant ainsi le cours des choses. Leur union est inconcevable, et la blessure de la séparation brutale ne se refermera jamais. Les confidences qu'elle livre à l'aube de sa vieillesse exposent le drame de son arrachement à la terre marocaine vers Israël, paradis promis qui se révèle le début de son enfer. Un destin orageux retracé dans sa réalité où l'intolérance, la violence et la haine ont détruit une âme qui s'élève parfois en métaphore de celui vécu par les sépharades exilés en terre hébraïque.

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Informations

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Date de parution 05 septembre 2019
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140129476
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Najib REDOUANE
L’envers du destin Roman
/ Littérature
Rue des Écoles
L’envers du destin
Rue des Écoles La collection « Rue des Écoles » est dédiée à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Elle accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques. Déjà parus
Gioanni-Chicaud (Brigitte),Gens de Saorge. Ceux que j’ai aimé, 2019. Henri (Michel),L’île des rêves éveillés, 2019. Forrest (Axel),Un consul sous les tropiques, 2019. Aulas (Perrine),Marie de Bruyères,roman, 2019. Cassan (Emmanuelle Eve),Sous les ormes de Grabow, A la recherche de mon grand-père, déporté en 1944, 2019. Beauverger (Hélène),Les Poules Imbéciles,roman, 2019. Bonnave-Marrat (Bernard),Un pied sur chaque rive, 2019. Mazziotta (Robert),Les mémoires réconciliées, récit, 2019. Duval (Christian),Le parc de Santeuil, roman, 2019. Lamy (Laurya),Clara et le président, roman, 2019. Moisan (Dominique),Moi, migrant, Récit de l’odyssée de Mitterand Mardoché Momo Donaya, 2019. Firth (Alan),La femme en vert, roman, 2019 Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.editions-harmattan.fr
Najib REDOUANEL’ENVERS DU DESTINRoman
Autres œuvres littéraires publiées par l’auteurRecueils de poésie Souillure du temps, Montréal, Éditions du Marais, 2019, 89 p. L’été de la grande perte, Paris, L’Harmattan, 2018, 56 p. Le glas du Mal, Montréal, Éditions du Marais, 2017, 72 p. Ballade du séquestré académique, Montréal, Éditions du Marais, 2016, 69 p. Nomade autarcique,Montréal, Éditions du Marais, 2016, 76 p. Regard à regard, Montréal, Éditions du Marais, 2014, 42 p. Murs et murs, Montréal, Éditions du Marais, 2014, 108 p. Peu importe,Montréal, Éditions du Marais, 2013, 124 p. Pensées nocturnes, Montréal, Éditions du Marais, 2013, 68 p. Remparts fissurés, Montréal, Éditions du Marais, 2012, 98 p. Le Murmure des vagues, Rome, Aracne éditrice, 2011, 77 p. Ombres confuses du temps, Montréal, Éditions du Marais, 2010, 71 p. Ce soleil percera-t-il les nuages ?Montréal, Éditions du Marais, 2009, 70 p. Lumière fraternelle, Montréal, Éditions du Marais, 2009, 66 p. Le Blanc de la parole, Montréal, Éditions du Marais, 2008, 66 p. Paroles éclatées,Montréal, Éditions du Marais, 2008, 66 p. Songes brisés, Montréal, Éditions du Marais, 2008, 66 p. Romans À l’ombre de l’eucalyptus, Paris, Éditions L’Harmattan, 2014, 170 p. L’année de tous les apprentissages, Paris, Éditions L’Harmattan, 2015, 298 p. Le legs du père,Paris, Éditions L’Harmattan, 2016, 232 p. L’envers du destin,Paris, Vérone Éditions, 2016, 388 p. California Dream,Montréal, Éditions Libertés numériques, 2018, 339 p.
© L’Harmattan, 2019 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-18280-3 EAN : 9782343182803
«On ne peut rien changer à son destin». Ésope, Proverbe des Ânes e s’adressant à Zeus, VI s. av. J.-C.
« Une tombe est toujours la plus sûre forteresse contre les assauts du destin ».Georg Christoph Lichtenberg. Le miroir de l’âme.
À Rita El KhayyatPour sa présence si précieuse Sa fidèle amitié Sa confiance indéfectible et sa solidaritéà l’infini du temps qui passe.
1 Je suis née à Fès en 1960 à la veille de la Mimouna. Je suis une vraie Fassie et je suis fière de ce titre qui me comble d’un lointain bonheur. Je garde en mémoire de merveilleux souvenirs de ma ville natale où j’ai vécu toute mon enfance et mon adolescence. Yamna, ma mère, me donna le prénom de Rachel et mon père, Amran, m’appela Mimouna. Je suis la dernière d’une famille composée de deux garçons, Raphaël et David, ainsi que d’une autre fille, Esther. J’ai de nombreux oncles et tantes, cousins et cousines du côté maternel et paternel, qui sont égarés un peu partout aux quatre coins de la planète. Et avec qui, depuis longtemps, je n’avais plus aucun contact ni de près ni de loin. Il y avait une grande différence entre mon père et ma mère. Il suffisait simplement de voir comment mon père conversait et comment il s’habillait pour le classer aisément parmi les gens fortunés de la ville. Son parler raffiné et son élégance soignée indiquaient bien qu’il venait d’une famille juive très riche. Il avait de bonnes manières, se montrait très généreux et cordial avec les différentes couches de la société fassie aussi bien juive que musulmane. Il était ma fierté et il me gâtait beaucoup. Quand il partait en voyage pour quelques jours pour ses affaires à Casablanca, ou à l’étranger pour plusieurs mois, particulièrement en France et en Suisse, il laissait un terrible vide. Durant ses absences répétées, rien ne nous manquait. Les oncles et les tantes fourmillaient autour de nous et s’occupaient de bien satisfaire les besoins de chacun. Je bénéficiais toujours d’un traitement spécial. Personne n’osait me refuser un désir ou rejeter une demande, aussi capricieuse fût-elle. Ils avaient reçu des ordres stricts de ne jamais me contrarier ni de me blesser. Tout le monde était gentil avec moi, sauf ma mère. Elle incarnait une perpétuelle colère. Certains bruits couraient que, quand j’étais petite, mon père la trompait et qu’il avait des maîtresses dans les autres pays par-delà les mers. Quelqu’un qui passait avec nous un bref moment le comprenait parfaitement bien et lui aurait donné même raison d’aller respirer un air pur ailleurs. Ma mère était constamment prise par ses tâches quotidiennes et faisait tout pour ne pas sortir des fours de la cuisine et du ménage. Elle s’oubliait en présence de mon père, très affairée du matin au soir, le négligeant souvent sans lui accorder le moindre intérêt ni passer du