L'Ephémère Ondine

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134 pages
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C'est la brève histoire des choyés de la gloire et de la fortune dont le destin exceptionnel ne dure qu'une saison. Les Scandinaves nous en avaient prévenus: "Elle n'a dansé qu'un seul été". À l'opposé du chevalier, Ondine, toute en nerf et dans la séduction de sa prime jeunesse était incapable de dissimuler son premier mouvement qui était celui de son coeur. On apercevra aussi les grands de ce monde: Angélique dont l'ongle du pouce était cannelé, Diane, Violante à qui on voyait une paillette d'or dans l'oeil, et Berthilde et Esclarmonde, le chambellan à la main moite, Walter, Bertram, et Pharamond et Osmonde que Hans avait dû aller chercher au sein des flammes, sans oublier la si controversée fille de vaisselle au corps disgracieux mais à l'âme sublime dont le parler ambigu était mortel à la race du chevalier. Je laisse au lecteur la révélation de l'achèvement à la façon dont le géographe conduit le visiteur à l'embouchure du fleuve, mais, perspicace lecteur, tu l'avais bien déjà deviné, ce dénouement cruel comme le destin. Treize autres nouvelles accompagnent Ondine, rapportant des destinées, inhabituelles, grandioses, funestes ou comiques – incroyables.

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Ajouté le 27 août 2015
Nombre de lectures 7
EAN13 9782342041330
Langue Français
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L’Éphémère Ondine
Du même auteur
Au service du président, éditions Publibook, 2014 Pensées graves et burlesques – Tome second, éditions Publibook, 2014 Pensées graves et burlesques – Tome premier, éditions Publibook, 2014 Les Joutes à Semène, éditions Publibook, 2014 Le Jugement de Malosson, éditions Publibook, 2014 Le Prince borgne,éditions Publibook, 2013
René Collas L’Éphémère Ondine
Publibook
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L’éphémère Ondine
On l’appelait Ondine. Elle allait vers l’eau comme le vent va vers les cimes. Mais c’était l’eau frémissante qu’il lui fallait : des torrents, des rapides, voire seulement des ruissellets, mais en mouvement. Dans les cascades, elle se transfigurait.
Je l’avais connue enfant : des boucles blondes, un mi-nois fin, souriant, une grande naïveté et pas beaucoup de jugeote. Elle est sortie de ma vue comme ces fleuves dont on dit qu’ils se perdent après leur source. Quand elle a resurgi, j’ai su qu’à l’état civil elle était Lamantin, un nom qui allait entrer dans la postérité. Ondine Lamantin. Mais elle serait sans doute complètement sortie de ma mémoire si, en cette fin du XXème siècle, et dans une Poldavie ga-gnée au matérialisme, le destin ne l’avait choisie pour incarner un mythe hors du temps. Peu à peu, son destin et sa nature allaient suivre le même cours.
Après le conservatoire, on ne lui avait guère donné que des rôles de figurante. Il avait fallu que Thrasibule, alors au faîte de sa gloire, la choisisse entre mille parmi les plus célèbres, pour un rôle prestigieux. On se rappelle qu’il avait récusé l’une après l’autre, les danseuses les plus ré-putées. Cela avait remué la capitale, soulevé les jalousies et ravivé les potins. Cette petite demoiselle Lamantin, hier encore inconnue à Montempoivre, la capitale du royaume… En une seule nuit, (de quel puits surgie ?) elle était devenue l’égale des plus grandes ! Qu’elle se soit révélée de la sorte témoignait bien, disait-on, d’une inter-vention de forces occultes, car aucune puissance d’argent
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n’avait jamais obtenu un succès aussi rapide, aussi fulgu-rant. Faisant fi des mauvaises langues, elle avait d’un seul coup mis tout le monde de son côté, les critiques comme le public. La malveillance s’était éteinte comme feu de paille sous l’orage. La Lamantin ! La Lamantin ! On ne pronon-çait déjà plus son prénom.
L’engouement du monde avait été unanime. D’habitude, les succès sont l’œuvre de diplomates et de maquignons qui les négocient entre les potentats prépon-dérants. On fait donner la publicité, les critiques stipendiés des puissances d’argent. Mais cette fois, de tant de naturel, il émanait un tel parfum de fraîcheur qu’elle les avait tous conquis d’emblée. Elle était devenue une célébrité, une star ! Sa beauté était sans défaut et l’été, des esthètes ve-naient de bien au-delà de nos frontières pour, sur les plages à la mode, admirer le galbe de ses seins.
* * * Le chevalier Hans de Rocablanque était un homme de feu, de feu sous la cendre. Il n’était pas considéré comme de très haute noblesse, pourtant, il appartenait à l’une des plus anciennes familles du royaume, une famille qui re-montait au roi Arthur et peut-être même avant. Il avait épousé la comtesse Bertha, aussi de souche royale. À cela s’ajoutait le prestige naturel de ceux dont les roues arra-chent des étincelles aux cailloux du chemin face au commun qui marche sur ses deux pieds. Pour tout dire, Hans était le champion de la formule un. À tous ces titres, le chevalier ajoutait encore celui de faire partie de la frange dorée dont une presse spécialisée détaille les faits et gestes pour l’édification du menu peuple. L’hebdomadaire Jours de Poldavie qui se consacrait au commérage princier ouvrait toutes grandes à l’usage du vulgaire les portes do-rées des superbes. Pour alimenter ses colonnes, il aidait les célébrités dans l’embarras. Les Rocablanque recevaient une rente destinée à conserver leur demeure ancestrale
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