174 pages
Français

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L'Hérétique

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Description

À grand renfort de bulles pontificales, le Pape Honorius a lancé les chevaliers de France contre ceux du Languedoc. Le choc est effroyable ! Moult existences en seront détruites à jamais, ou marquées pour toujours. « La croisade contre les Albigeois » n’en fut qu’une parmi tant d’autres, en ces temps d’espoir et de martyr.

En retrait, les Templiers s’affairent, mais la terreur et les massacres cernent leurs maisons templières. Hugues de Mandrague, malgré lui, va être intimement mêlé à la vie de Margot, jeune cathare en fuite. Dans cette atmosphère délétère, Dieu en est à son crépuscule. Margot, animée d’une folle soif de vengeance, résiste. Seule face à l’horreur des bûchers, elle nourrit sa rancœur…

Simon de Montfort disparaît dans la tourmente. Margot grandit, violentée par l’époque et durcie par les blessures. Alors, un projet, un mystère, une recherche, quelque chose de prodigieux va saisir sa vie tout entière et la jeter sur les pistes caravanières, entre Damas et Bagdad. Elle accompagne des Templiers chargés d’une mission secrète sur les bords de l’Euphrate. De Roquefixade aux faubourgs de Bagdad, une vie s’écoule entre Dieu et l’amour…

La fabuleuse relique sera-t-elle rédemptrice ? Les désillusions du chevalier templier Hugues de Mandrague se dissoudront-elles dans les sables du désert ? Margot, saisie par la fièvre et les mirages orientaux, reviendra-t-elle en Occident ?
Ils auront accompli un voyage qui changera ad vitam aeternam le visage de la Chrétienté occidentale.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 septembre 2015
Nombre de lectures 272
EAN13 9782374530000
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0037€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait

Prologue

Innocent… S’il fut un pape qui usurpa son nom, il s’agit bien d’Innocent III. Certains lui reconnaissent une importance primordiale tout en concluant que ses œuvres ne lui survécurent pas… Notre regretté historien, Jacques Le Goff, le décrit :

Personnalité très brillante, douée d’une vaste culture et d’une grande clarté d’esprit, il fait rapidement carrière à la curie romaine : cardinal-diacre en 1189, il est élu Pape à trente-sept ans en 1198, déployant une activité inlassable tant sur le plan politique que dans le domaine ecclésiastique.

Il ajoute, en exergue d’une illustration : la papauté a besoin d’aide pour sauver l’Église, mais le Pape est le chef dominateur de la société humaine.

À noter qu’Innocent III ne fut jamais consacré prêtre. Comte italien, il fit ses études à Paris.

Si je vous dis quelques mots sur Innocent III, c’est qu’il jette une ombre mortelle sur tout le roman qui va suivre et, plus précisément, il est le cruel inventeur de « La croisade contre les Albigeois ».

Les débuts du XIe siècle figurent un occident en évolution notable. Les grandes invasions sont terminées. Une paix fragile accompagne une certaine douceur du climat qui autorise des récoltes abondantes et une progression des techniques agricoles. Bien nourrie, la population augmente et défriche les abords d’une forêt qui couvre en majorité notre pays. Dans ce relatif bien-être acquis au prix d’un travail de force, le peuple prend le temps de se poser des questions existentielles. C’est sur ce terreau que viendront prêcher les Bogomiles, réformateurs chrétiens, issus de la lointaine Église d’Orient.


L’austérité et la simplicité de l’Église chrétienne archaïque sont mises à mal par le christianisme romain qui croule sous les richesses, les cérémonies coûteuses en ornements, onéreuses en accessoires, rutilantes d’or, d’argent et de broderies. L’obligation de divers sacrements, pour la plupart payants, d’adoration des reliques, d’une hiérarchie écrasante qui perçoit la dîme pour assurer non pas son salut, mais son confort, contraste avec le dénuement et l’ignorance des curés de paroisse analphabètes. C’est sur cette image sans nuance (oserais-je dire « sur ce fumier » ?) qu’un nouveau courant de pensée va prendre racine et s’épanouir. C’est un retour à l’Église primitive, celle des Apôtres, dont les Cathares se déclareront les héritiers directs.

« Ce qui a été ajouté ensuite n’est pas œuvre de Dieu, Père et Fils, mais des hommes. »

Ainsi va se constituer, à l’abri des intrigues romaines, un clergé mixte, des croyants, avec un apostolat noyé dans la population et créant des communautés au sein des bourgades protégées, voire dirigées par la noblesse d’Occitanie. Consacrés à Dieu, les Bons Hommes et les Bonnes Femmes prêchent, mais aussi travaillent pour assurer leur subsistance. Ils vivent dans une maison commune, ouverte au milieu des lieux d’habitat en donnant l’exemple des pratiques apostoliques dans la vie quotidienne. Sans renier leur engagement catholique antérieur, ils font vœu de pauvreté, de chasteté, de respect des règles apostoliques pour un temps donné ou pour toute leur vie. À tout instant, ils peuvent opter pour un retour à la vie familiale.


Contestant la nature humaine du Christ, ils réfutent le symbolisme de la Croix qui est pour eux l’image de la mort et non celle de la Rédemption.

C’est une totale adhésion à l’Église primitive et cela se passe en Occitanie, au début du XIIe siècle.

Dans le même temps, les Templiers, au contact d’un christianisme originel, développent une spiritualité personnelle faite de recherches parfois hasardeuses et toujours axées sur les Mystères, dans la droite ligne des Hiérophantes égyptiens…


Ceci est un roman. Des vies croisent des guerres et deviennent des épopées humaines. Vous décrire de quelle façon des gens ordinaires se sont transformés en héros malgré eux, c’est là mon seul projet.