L

L'Ombre des jours

-

Livres
124 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Jouer des rôles mais rester en coulisses, être là mais ailleurs, se donner mais se voir et se perdre dans ce jeu de regards… La comédie humaine, le jeu des dîners entre amis, l’affliction familiale, les révoltes sabordées, la culpabilité, la solitude, la liberté et l’étouffement: se rencontrent des fragments de vie qui s’efforcent de donner du sens, malgré la mélancolie et le mal-être… Alliant cynisme et sensibilité, Hélène Loasis signe une satire acide des rapports humains, de l’enfance à l’âge mûr. "L’Ombre des jours" gratte le vernis des conventions sociales, là où ça fait mal, et dévoile l’envers du décor. Et ce que l’on y voit ne fait pas forcément plaisir. On grince des dents, on rit jaune, et l’on acquiesce, meurtri mais soulagé d’un poids, d’y découvrir enfin la vérité noir sur blanc, tel un miroir peu avantageux mais fidèle de notre propre univers.

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 07 juin 2012
Nombre de lectures 48
EAN13 9782748386158
Langue Français
Signaler un abus
LOmbre des jours
Hélène Loasis LOmbre des jours
Publibook
Retrouvez notre catalogue sur le site des Éditions Publibook : http://www.publibook.com
Ce texte publié par les Éditions Publibook est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Éditions Publibook 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France Tél. : +33 (0)1 53 69 65 55
IDDN.FR.010.0117532.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication aux Éditions Publibook en 2012
On veut parler de soi
On veut parler de soi, ou peindre ses écarts, ses ébats, ses éclats. Un personnage se dessine au centre du tableau. Et son auteur se prend au piège et sy complaît, ne dit pas faux, ne dit pas vrai, car tout se voile à être dévoilé. Lencre est choisie, résolument, expressément indélé-bile. Quil ny ait rien à gommer, à renier, et que sincrustent des images sans larrière-plan dun décor, qui brouille le motif. Peindre est un style, mais pas seulement. Les formes, les couleurs ou les mots requièrent un éclairage pour lever léquivoque du sens car en dehors de tout mensonge, ce qui est peint ou dit peut devenir un triste gribouillis, quand léclat du tableau a terni la vision que lauteur balbutiant sest pourtant appliqué à donner, ignorant que le juste éclat nest pas le résultat dune consigne à laquelle on sapplique, mais sourd de soi pour se graver en êtres de papier, papier parcheminé, ni léger ni glacé où soi est aussi bien un autre. Peindre, en couleurs ou en mots, cest transposer et ce nest pas mentir. Mais comment peindre avec exactitude lécart de soi à soi, au plus près, au plus vrai de ce qui fut vécu, de ce quon a fait, de ce quon était et que pourtant on na pas fait et que pourtant on nétait pas ? Comment décrire que cétait ça et pourtant autre chose ? Et quest-ce qui était vrai, quest-ce qui ne létait pas ? Lauteur « na-vigue à vue », étonné de lui-même, hésitant à choisir la couleur des motifs, grisâtre ou flamboyante ? À décider de la légèreté ou de la gravité du ton. Sans doute il se dégage au fil des mots, des formes ou des couleurs, des esquisses
9
de vie, mais cétait vous et ça ne létait pas, et pourtant ça létait, il faudrait peindre un tourbillon, esquisser, effacer, raturer, émarger puis barrer à nouveau. Alors, si la vie nous trahit, si nous ne sommes pas ce que nous avons fait, lécrire, cest marcher sur un fil, et de sa vérité on ne peut sapprocher quen descendant très lentement pour ne pas ségarer, au fond du puits des mots pour fouiller ses entrailles et découvrir la clé de soi. Le puits des mots, locéan des couleurs, cest selon. Mots et couleurs font affleurer la vérité de son vécu, au-delà de lui-même, à condition de les chercher sans les brusquer, de les attendre patiemment et les laisser venir et nous surprendre enfin quand on ny croyait plus, ou les laisser fuser sans contrôler leur flux, mais à laffût de tout ce quils charrient, si vite et si intensément quil faut cou-rir après pour retrouver la trace pure de ce qui se cherchait, de ce quon na pu oublier même si on ne sen souvient pas. Mais aussi, apprendre pour mieux dire, à quelquefois se taire ou contourner. Ainsi comment parler de désarroi sans paraître plaintive ? Comment parler daventures co-quines sans paraître coquette ? Bien sûr quand on écrit, ce nest quun personnage, mais celui dont on parle jouait parfois un personnage ou au contraire était si démuni que son évocation dérape, transformant le lecteur en voyeur, alors comment sy retrouver dautant que bien souvent et nécessairement, chacun ne lit que ce quil veut bien lire. Traverser le fossé de la vie à lécrit. Mais dabord par-venir à sauter dans celui de la vie, en déblayer lentrée obstruée par des lianes dorties ou des armées de ronces, et puis, après sy être abîmé, gratter péniblement la terre où se cachent les mots, à moins quils se découvrent sous vos pas, et dans un grand élan pour remonter la pente, écrire un peu de soi en tressant un bouquet de sa vie comme un bouquet de mots fleuris  et quelquefois, les fleurs ça pi-que  mais un bouquet où sa vie et la vie puisent à la même eau.
10