LA BRISE DE L’AUBE

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Français
232 pages
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A Binyong, l'entrée dans la fonction publique était plus une question de liens de famille ou d'amitié du candidat avec les hauts dignitaires du régime en place que du mérite. Oui, corruption, tribalisme, népotisme, clientélisme et favoritisme avaient miné ce grand pays d'Afrique sub-saharienne jusqu'à la moelle des os. Ces liens-là, Jules Motebia ne les avait pas. Il était issu d'une petite famille paysanne où personne n'avait socialement émergé de façon à faire partie de la caste des baleines de la République.

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Date de parution 01 janvier 2020
Nombre de lectures 1
EAN13 9789956506605
Langue Français
Poids de l'ouvrage 6 Mo

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LA BRISE DE L’AUBE
Joseph Foaleng
LA BRISE DE L’AUBE Roman
Du même auteur
- Les voyants africains (le cas bamiléké :les mkamsi) ; - Les rouages de la civilisation bandjoun (en voie de parution) ; - Au coin du feu (en voie de parution) ; - Causerie éducative (en voie de parution).
Tous droits de représentation, de traduction ou de reproduction, réservés pour tous les pays. © Éditions de Midi 2019, Téléphone : 697 44 90 82/680 17 51 50 Yaoundé-République du Cameroun editionsdemidi@yahoo.com ISBN : 978-9956-506-60-5
A Dieu le Père, source de toute inspiration.
CHAPITRE I
« A monsieur le président du conseil d’admi-nistration du groupe Sitaha Mokuipe… ». Ainsi, Jules Motebia commença sa demande d’emploi. Il venait d’obtenir sa licence en Droit Privé à l’Université de Yomaléké. Nanti de ce diplôme, il aurait bien voulu faire le concours d’entrée à l’école nationale d’administration et de magistra-ture. Malheureusement, ses chances étaient trop réduites. Pour cause, à Binyong, l’entrée dans la fonction publique était plus une question de liens de famille ou d’amitié du candidat avec les hauts dignitaires du régime en place que du mérite. Oui, corruption, tribalisme, népotisme, clienté-lisme et favoritisme avaient miné ce grand pays d’Afrique sub-saharienne jusqu’à la moelle des os. Ces liens-là, Jules Motebia ne les avait pas. Il était issu d’une petite famille paysanne où per-sonne n’avait socialement émergé, de façon à faire partie de la caste des baleines de la répu-blique. En attendant désespérément le lancement de ce concours-là, Jules Motebia décida de tenter sa
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chance avec le secteur privé. Là aussi, rien n’était facile. Non seulement tout dépendait des connaissances que pouvait avoir le postulant, mais la récession économique obligeait plutôt le patronat binyongais à réduire les effectifs de leurs personnels. Mais comme « Dieu n’oublie aucune de ses créatures », il avait bel et bien pensé à Jules Motebia. Ainsi, il se trouvait que Motchom Owag, son géniteur, et Sitaha Mo-kuipe, l’un des barons de l’économie binyon-gaise, étaient tous deux des grands notables du village Kundimbo, leur terre natale. Par consé-quent, ils se retrouvaient régulièrement dans le cadre de leurs assises hebdomadaires au palais royal de Kundimbo. Profitant de cette relation, le premier avait posé au second le problème de son fils. - S’il tient à travailler avec moi, qu’il vienne me remettre un dossier comprenant une demande d’emploi, un curriculum vitae et les copies certi-fiées conformes de ses diplômes et de sa carte na-tionale d’identité ; lui avait-il répondu. Ce matin-là, Jules Motebia se présenta à la porte du « président » Sitaha Mokuipe, muni de son dossier de recrutement. Un dou-ble portail de fer fermait une grande entrée bor-dée de chaque côté d’une guérite aux murs de béton coiffés d’un toit de tuiles conique. Une douzaine d’autres visiteurs se tenaient de côté. Il les salua et se dirigea vers un des gardiens qui as-
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