La Noblesse du Cœur

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Description

Maylis Noguère de Formont.. Un bien joli patronyme, parfois difficile à porter pour une jeune fille d'aujourd'hui. Maylis vit avec une mère exigeante qui se donne des allures de bourgeoise et un père qui se réfugie dans le silence. Une lettre arrivée d'un village landais les invite au centenaire de M. de Formont, arrière-grand-père de Maylis. Comment ? Elle le croyait mort ! À travers Éliette, sa grand-mère originale et dynamique, la jeune fille fait la découverte de sa famille jusqu'à trouver parmi ses ancêtres un personnage fort marquant de l'histoire. Porter un nom ne prouve pas que dans nos veines coule le fameux sang bleu. Maylis apprendra que la vraie noblesse n'est pas celle du nom, mais bien celle du cœur.


L'auteur : Madeleine Mansiet-Berthaud a su s'imprégner des atmosphères et des paysages de son enfance afin de transporter le lecteur au fil de son imagination. Mais c'est surtout la grande Histoire qui lui offre des sujets et des personnages qu'elle se plaît à incarner avec un véritable souffle romanesque. Elle publie ici son quatrième roman aux éditions de Borée.

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Date de parution 01 octobre 2014
Nombre de visites sur la page 55
EAN13 9782812914300
Langue Français

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Madeleine Mansiet-Berthauda su s’imprégner des atmosphères et des paysages de son enfance afin de transporter le lecteur au fil de son imagination. Mais c’est surtout la grande Histoire qui lui offre des sujets et des personnages qu’elle se plaît à incarner avec un véritable souffle romanesque. Elle publie ici son quatrième roman aux éditions de Borée.
LANOBLESSE DU COEUR
Du même auteur Aux éditions De Borée L’Enfant des deux rives, Terre de poche Mademoiselle dite Coco, Terres de femmes Scandaleuse Alexandrine, Terres de femmes Autres éditeurs Au clair de la dune Déclaré fils d’inconnu De sable et d’eau L’Or des pins La Châtelaine en sabots Le Chagrin des souvenirs Le Roman des cagots d’Aquitaine Les Amoureux de la Saint-Jean Les Berceaux abandonnés Les Plus Belles Légendes de France Une famille de bateliers Une fille de plâtre
En application de la loi du 11 mars 1957, il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de copie, 20 rue des Grands-Augustins, 75006 Paris. © , 2014
MADELEINEMANSIET-BERTHAUD
LANOBLESSE DU COEUR
I
L’invitation
AIS ENFIN, pourquoi vouloir te marier ? Ça ne se fait plus ! M– Tu avais cet âge-là quand tu as épousé papa. À dix-sept ans, ne crois-tu pas que tu as le temps ? – L’époque était différente. – C’est ce que disent tous les parents. Vous tenez tous le même discours. J’aime Olivier et nous voulons vivre ensemble. – Je comprends et j’accepte. Ton père n’y met pas non plus d’opposition. Mais pourquoi t’engager alors que tu es si jeune ? C’est de la folie ! – Dans moins de un an, je n’aurai plus besoin de votre consentement. Je serai majeure ! – On l’est quand on gagne sa vie. Tu n’en es pas encore à ce stade. Et puis on ne peut pas mener à bien des études en vivant en couple. Tu vas tout gâcher. – À cause de toi. Rien de ce que je veux faire ne te convient. Même le métier que j’ai choisi. – Ce n’est pas un travail pour une femme. – Tu es pourtant la première à admirer les journalistes à la télévision. – Tout le monde ne devient pas une speakerine célèbre. Pour accéder à ce niveau, il faut avoir de l’envergure. Et des relations ! Et accepter de croupir longtemps dans la rubrique des « chiens écrasés ». – Tu me préfères à la niche plutôt qu’en reportage à l’étran- ger. Tu refuses de comprendre ce que l’écriture représente pour moi: une passion, une vocation qui deviendra un moyen d’existence. – Inutile de prendre des risques pour les réaliser. Tu n’as qu’à t’inscrire à la fac de lettres. – Ah oui ! Pour être prof. Ton rêve. M’user à lire la prose de petits branleurs en mal d’inspiration ! Merci. Maylis sortit en claquant la porte. Une fois de plu s, elle venait de se heurter à sa mère. Depuis près de un an, elles reprenaient la même dis cussion qui ne les menait à aucune conclusion. Sauf à cette navrante constatation qu’e lles ne pouvaient plus se supporter. Pourtant, elle aimait sa mère. Celle-ci s’obstinant à la contrer dans ses choix de vie, la jeune fille regimbait d’autant plus violemment qu’elle estimait trop sage l’avenir qu’on lui projetait et qui ne correspondait pas à ses aspirations.
Il s’agissait de sa propre vie ! Et dire qu’elle de vait se battre pour défendre ses idées, arracher la permission d’embrasser une carrière, certes pas facile et peut-être encombrée, mais quelle voie ne l’était pas aujourd’hui ? Elle ne se voyait pas exercer une profession qu’elle n’aimerait pas, tout comme épouser un garçon pour qui elle n’éprouverait pas un sentiment dévorant. « La passion n’est qu’un feu de paille. Tu ignores ce qu’est l’amour », affirmait sa mère, tandis que son père se tassait dans son fauteuil. N’avait-elle jamais été jeune et amoureuse ? Cette nouvelle scène l’ayant épuisée, Maylis s’enferma dans sa chambre pour fulminer en solitaire. Et en paix. Tout lui paraissait trop étr oit dans sa vie, à commencer par cet appartement dans lequel elle s’étiolait. Il l’étriquait, la réduisait à des dimensions mesquines. Elle n’en pouvait plus de freiner ses enthousiasmes . Elle avait besoin d’air, d’espace, de lumière et de liberté ! Ses rêves étaient grandiose s. Ceux qu’elle faisait durant la nuit repoussaient les murs de ce qu’elle appelait sa cage. Les réveils s’en trouvaient d’autant plus douloureux. Reprendre pied dans le réel lui donnait parfois la nausée.
Quand on a de l’ambition, il est difficile de s’acc ommoder d’un quotidien médiocre.