La réprouvée

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24 pages
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En bonus : L'étranger d'Agoraville !




La réprouvée :


Un texte sur la guerre et ses conséquences. Traitée sur le thème du fantastique, la rencontre entre un petit garçon bien intégré dans son village, et une petite fille dont la mère a été chassée et a dû se réfugier dans une cabane dans les bois. Un texte aussi sur les préjugés et les remords.




L’étranger d’Agoraville :


Un texte d’anticipation dans une ville du futur qui est constituée d’une multitude de places, et où un agoraphobe est considéré comme un déviant, appelé « Étranger ». Une fable écologique où l’appel de la nature joue un grand rôle.


Une nouvelle sur l’émancipation des êtres.

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EAN13 9791034809400
Langue Français

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La réprouvée
Patrick S. Vast La réprouvée Bonus : L’Étranger d’Agoraville Raconte-moi une photo Couverture :Maïka Crédit photo :Marc Bailly Publié dans laCollection Anthologia, Dirigée parMarc Bailly
©Evidence Editions2018
Vous désirez être informés de nos publications. Pour cela, il vous suffit de nous adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : Email :contact@evidence-editions.com Site internet :www.evidence-boutique.com
Une image. Une photographie. Une inspiration. À travers ce projet riche et foisonnant, Marc Bailly propose à des écrivains de tous horizons d’investir de leur plume une de ses photographies. Avec un instantané comme seul support, c’est tout un univers qui se développe, pour o"rir aux lecteurs un moment d’évasion, entre image… et imagination. “Raconte-moi une photo”, là où l’image vous prend… aux mots ! Déjà publié dans la sérieRaconte-moi une image Neigede Michael Fenris The avenue in the Rainde Arnauld Pontier
La réprouvée 1946 Les enfants convergeaient vers l’école du village. Louis, un jeune garçon de neuf ans, ressemblait à tant d’autres de ses condisciples avec son béret noir, sa blouse grise et ses lourds brodequins. Nous étions en octobre, mais le soleil savait encore se montrer généreux, les journées étaient belles, les matins agréables. M. Lefort, le maître d’école, attendait ses élèves dans la petite cour jouxtant la seule et unique salle de classe. C’était un homme grand et maigre de cinquante ans, le crâne un peu dégarni, le visage agrément é d’une moustache qui lui mangeait la lèvre supérieure. Il portait, comme ses élèves, une blouse grise qui lui arrivait presque aux pieds. Son regard était aig uisé et trahissait ses années de g uerre passées dans le maquis. Il avait failli être capturé plusieurs fois et avait été décoré à la Libération. Il attendit que ses élèves se soient placés en rang devant la salle de classe puis, de son ton autoritaire, il leur demanda d’entrer. Chacun s’exécuta sans broncher. M. Lefort n’aurait pas accepté la moindre incartade, le plus petit bavardage. — Bien, installez-vous, dit-il, nous allons commencer la journée par une leçon de morale. Louis se retint de soupirer. Les leçons de morale l’ennuyaient. Ses parents avaient beau lui répéter que l’instituteur était un héros de la g uerre et qu’il fallait bien écouter tout ce qu’il enseignait, qu’il était un exemple à suivre, l’enfant se mettait très vite à r êver quand M. Lefort commençait à assener d’un ton sentencieux ce qui devait guider la vie d’un homme. Ses paupières devinrent lourdes et, pour ne pas somnoler, il regarda la fenêtre. Un sourire éclaira aussitôt son visage quand il découvrit une fillette échevelée qui se tenait derrière la vitre. — Eh bien, Louis, qu’est-ce qui te fait sourire ainsi ? demanda abruptement l’instituteur. L’enfant sursauta ; il ne savait que répondre. Mais il n’eut pas besoin de s’expliquer. Le maître d’école avait à son tour dirigé son regard vers la fenêtre. — Encore celle-là ! pesta-t-il. Qu’elle s’en aille ! Il se précipita vers la porte et sortit. Les élèves l’entendirent réprimander la 4llette qui avait égayé la matinée de Louis. Quand il revint dans la classe, M. Lefort gardait l es poing s serrés. Il regarda avec hostilité Louis, et l’enfant comprit ce qu’il voulait signi4er. Le maître lui reprochait d’avoir prêté attention à la 4lle de celle que, dans tout le village, on appelait « la réprouvée ». Son mari avait été tué dès les premiers jours de la g uerre et, deux ans plus tard, selon certaines commères du village, elle aurait reçu plusieurs fois durant la nuit, la visite d’un homme qui ne pouvait être q u’un ennemi. À la L ibération, elle avait été tondue, puis roulée dans le goudron et enduite de plumes d’oie. Elle était alors restée prostrée dans sa maison. Sa 4lle Émilie ne s’était plus rendue à l’école de peur qu’on lui lance des
cailloux. Elle était demeurée près de sa mère, se rendant quelquefois à l’épicerie avec l’argent qu’elle avait réussi à mendier. Puis, un jour, toutes les deux avaient quitté leur maison. Il se murmurait qu’elles vivaient dans les bois comme deux sauvages. On pouvait le croire compte tenu de l’allure de la 4llette qui, de temps à autre, ne pouvait s’empêcher de revenir à son ancienne école. Louis lui parlait des fois, et ce fut le cas quand il sortit à midi. Il la vit près du chemin menant à la ferme de ses parents. Elle se tenait droite, vêtue de sa robe déchirée, nu-pieds et le visage noirci. — Tu ne devrais plus venir...