Le pantalon de Shakespeare
130 pages
Français

Vous pourrez modifier la taille du texte de cet ouvrage

Le pantalon de Shakespeare

-

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Description

Ce texte mince et élégant est d'abord et surtout un grand livre de vie. "Le Pantalon de Shakespeare", décalé avec les standards de notre époque, hors-mode comme l'humour et la poésie, est une fable de l'intelligence et de la pétillante tendresse.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 octobre 2009
Nombre de lectures 339
EAN13 9782296928787
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

Le pantalon de Shakespeare
 
 
 
© L'Harmattan, 2009
5-7, rue de l'Ecole polytechnique ; 75005 Paris
 
Fabrication numérique : Socprest, 2012
Ouvrage numérisé avec le soutien du Centre National du Livre
 
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr
Anne Dubouchet
 
 
Le pantalon de Shakespeare
 
 
« Écritures »
collection dirigée par Daniel Cohen
 
 
L'Harmattan
 
J e suis une personne âgée. Pas une senior en survêtement pastel posant au bord d'une piscine mais une vraie personne âgée, mal au dos, mal partout. Une octogénaire parmi celles dont la mémoire de plus en plus défaillante fait parfois craindre le pire. Mémoire défaillante mais fantasque, sélective. Intacte quand il s'agit de l'enfance. À moins d'être interrompu dans son cours, le temps finit par se refermer sur lui-même, la fin se met à reproduire le commencement. Boucle bouclée. Langes et linceuls issus de la même armoire. Par moments cette armoire m'obsède. J'ai besoin d'oublier que j'ai quatre-vingt-deux ans. Que le monde est malade, le ciel de Paris bougon et mes vitres ternes. Je referme la fenêtre. Mes yeux fatigués se ferment. Le vacarme a cessé. Les sirènes s'enrouent. Le palais des Congrès s'écroule doucement et doucement je retombe en enfance.
 
 
Les hirondelles font les folles autour du clocher. Cinq ou six galopins font les fous, éparpillés sur la grand-route. Ils chantent « Nous n'irons plus au bois, les lauriers sont coupés ». Dans le dos de ma grand-mère, je leur fais signe de m'attendre.
 
Je cours, aussi vite que je peux, pour me joindre à eux. Je veux savoir pourquoi ils n'iront plus au bois. Une qui-sait-tout hausse les épaules :
 
Parce que les lauriers sont coupés pardi !
 
Et la belle que voilà, où elle est ?
 
« Mystère et boule de gomme » lance le plus grand qui a au moins sept ans et se prend pour un homme. Une gamine en tablier noir lève le doigt comme à l'école. Elle sait où elle est passée la belle, elle est passée par ici, elle, repassera par là.
 
Tu confonds Nous n'irons plus au bois et Le Furet des Bois Mesdames, idiote.
 
Malpoli !
 
Ces invectives ont attiré l'attention de ma grand-mère. À regret, je quitte les malpolis dont le soleil couchant allonge les silhouettes.
 
Je suis plus petite qu'eux, moi, je n'ai pas cinq ans.
 
 
Je ne me souviens pas d'avoir pris le train quand ma grand-mère m'a emmenée à Péluzin. Je ne me souviens pas de Péluzin, c'est un endroit où il n'y a pas de maman.
 
Ma maman ne pouvait pas prendre le train. Elle était toujours dans son lit. Elle fermait les yeux. À la maison tout le monde parlait à voix basse. J'ai entendu dire : « elle est mourante », j'ai demandé à mon Papa : « C'est quoi, mourante ? ». Il a répondu : « Chut ». Depuis deux jours, tout le monde dit « chut ».
 
Quelque chose se passe, que je ne comprends pas et qui me fait mal au ventre. Je ne veux pas m'en aller. Je veux rester avec toi s'il te plaît Papa.
 
Mon père répète qu'avec le nouveau bébé, quatre enfants c'est impossible ici en ce moment.
 
Alors Claude ou Céline, mais pas moi.
 
Ils sont trop petits. Céline n'a que deux ans, Claude en a trois. Quand la maman est mourante, c'est l'aînée qui emmène mon petit chat.
 
Avec tendresse, ma grand-mère, qui a des yeux gentils mais un peu fanés, m'explique que ma maman est très malade. Elle me caresse les cheveux, elle m'embrasse et plus elle m'embrasse, plus j'ai mal au ventre.
 
De Péluzin je n'ai aucun souvenir, à part l'église et la chanson des Malpolis. J'ai peur de cette belle qu'on ne voit pas. Personne ne sait où elle est. Elle se cache, pourquoi ? Elle me fait penser aux « chut » de mon Papa.
 
L'église est sur la place aux hirondelles. Elle a un clocher pour que les oiseaux tournent autour et des vitraux, jaunes et rouges comme dans les escaliers chez moi. Mais dans cette église il y a un plafond, bleu avec des étoiles. Moins d'étoiles que dans le ciel mais plus grosses et dorées. Sous les étoiles, je suis à l'abri. Elles ne sont pas vraies mais elles sont là dans la journée, et si belles qu'elles me rendent ma maman, je ne sais pas comment. Je les regarde, elles me sourient et j'oublie que j'ai peur.
 
Chaque jour ma grand-mère m'emmène à l'église. Le reste du temps il n'y a pas de temps. Je suis dans le noir. Je tombe dans un trou. Mais quand j'arrive au fond du trou, inexplicablement, les étoiles se penchent vers moi et je m'endors dans leur grand lit.
 
 
Ma mère n'est pas morte. Elle a surpris tout le monde, surtout les médecins. Un jour elle a rouvert les yeux. Le lendemain elle m'a réclamée. Nous avons refait le voyage en sens inverse. C'était beaucoup de chemin pour un petit enfant.
 
Le temps des cerises
 
 
M es parents n'ont pas toujours eu quatre enfants. Ils n'ont pas cherché une maison, accroché les rideaux et préparé un berceau. Il leur a fallu attendre sept années avant qu'il leur soit donné de devenir parents. Sept ans sans ces enfants déraisonnablement désirés. À la naissance du quatrième, ma mère qui portait la vie pour faire échec à la mort, a été rattrapée par la mort.
 
Je ne saurais faire l'économie des sept années qui ont précédé ma naissance sans tronquer leur histoire.
 
En ce temps-là déjà la vie et la mort, rivales enragées, se disputaient leur territoire. La mort ne cédait pas, la vie encore moins.
 
Ma mère avait alors deux gardes du corps de nature à désarmer l'adversaire, deux natures aussi fortes qu'elle-même était fragile. Fragile mais fantaisiste, rieuse, ensoleillée. Exposée plein sud. Évidemment mon père était fou d'elle. Quant à Aurélie, plus âgée que ses maîtres, elle datait du temps des cerises, en légèrement griotte.
 
Elle était entrée à leur service par la grande porte, déterminée à pousser la tuberculose vers la porte de sortie. Car Aurélie, sensible et gaie, s'était prise de passion pour sa jeune maîtresse, condamnée à passer sur une chaise longue le plus clair de ses vingt ans. Une jolie fille à fossettes, faite pour rire, pas pour tousser. Faite pour courir, pour chanter. Pour secouer les confettis tombés dans ses cheveux.
 
Faite pour vivre, pas pour mourir.
 
En mille neuf cent vingt, la tuberculose était un fléau. Mais mon père et Aurélie se sentaient de taille à affronter Attila.
 
De par son anticonformisme, Aurélie bousculait le conformisme des notables un peu guindés que mes parents fréquentaient moins par affinités que par convention sociale, à l'exception d'un avoué entiché de Montaigne et d'un notaire violoncelliste. C'est dire qu'ils appréciaient moins les bavardages que la littérature et la musique de chambre. Ils appréciaient aussi le rire et l'humour mais l'humour et le rire se portaient mal dans la bourgeoisie provinciale et bien-pensante des années vingt, ce qui n'a guère changé depuis qu'elle ne pense ni bien ni mal puisqu'elle ne sait plus quoi penser. Ils avaient des amis parisiens qui aimaient la campagne et se prétendaient écrivains par temps d'orage et de pleine lune. Martial Guibert, qui avait coutume d'arborer un œillet d'humour à la boutonnière, dit un jour à mes parents :
 
Nos amis Leroux qui ne sont pas des maniaques de la balayette, vous ont trouvé un surnom épatant.
 
Lequel ? demande mon père
 
Ici « le petit ménage de Fontencomble ». Les Fontencomble, séduits par l'à-propos des Leroux, décidèrent de les inviter avec leurs voisins, Yvonne-Marie et Charles-Édouard de L. rebaptisés « de Lotcoté », un couple de jeunes émigrés bretons et mélancoliques. Ils convieraient aussi le notaire violoncelliste dont l'épouse était en pèlerinage à Notre-Dame de Pontmain.
 
C'est sur ces entrefaites que le scandale Aurélie a éclaté.
 
Ma mère m'a souvent dit que la créativité d'Aurélie avait commencé à s'exercer aux dépens de la statuaire. Elle époussetait, chaque matin, le Clodion et « la Marguerite de Faust », ainsi baptisée par ma mère et s'efforçait de rafraîchir le teint des deux statues, trop grises à son gré dans un jardin pimpant.
 
Un beau jour, sans en aviser quiconque, elle décida d'apporter sa contribution personnelle à l'harmonie due au sens esthétique de ses maîtres.
 
Elle se mit au travail clandestinement, tant et si bien qu'ils ne s'aperçurent de rien. Elle continuait de vaquer aux tâches ménagères avec un professionnalisme exemplaire. Il lui arrivait toutefois de s'enfermer dans sa cuisine ou de s'affairer dans l'office avec des airs équivoques.
 
La surprise fut fin prête le soir du dîner Leroux-de Lotcoté, sans oublier le notaire, distrait au point de ne plus savoir où étaient passés sa femme et son violoncelle.
 
 
Pour venir chez mes parents les voisins de Lotcoté passaient par le jardin. Ils passaient également sur les vocalises, indulgents envers ma mère qui n'en n'avait sans doute plus pour longtemps à chanter. Ma mère souriait pourtant alors que Charles-Édouard était plus sérieux qu'un croque-mort tandis que l'austérité crispait les traits d'Yvonne-Marie. Ils traversaient le jardin sans mot dire, marchant sous les ombrages, quand Yvonne-Marie s'arrêta net au détour d'un bosquet, frappée de stupeur à la vue des colliers de nouilles qui ornaient le cou de la statue.
 
Mon Dieu ! Vous avez vu, Charles-Édouard ?
 
Est-ce possible !
 
C'était possible et assez gracieux tout compte fait. Car on pouvait compter une, deux, trois rangées de nouilles qu'Aurélie avait enfilées avec une minutie de dentellière.
 
La statue paraissait moins choquée qu'Yvonne-Marie. Son demi-sourire semblait dire : « Il n'y a pas de quoi blêmir, un collier de nouilles ne ferait pas de mal à une mouche, à plus forte raison à une belle fille comme moi ! » Elle aurait ri aux larmes, si les statues avaient de l'humour et des yeux pour rire. « C'est égal, c'est égal » psalmodiait Charles-Édouard.
 
Regardez Charles-Ed, regardez ! C'est trop fort...
 
Charles-Éd aurait bien été en peine d'articuler un mot. La seconde statue apparaissait au bout de l'allée, la gorge aux trois quarts couverte d'un somptueux sautoir de macaronis. « C'est un scandale », murmurait Yvonne-Marie. « Je rêve », songeait la seconde statue à qui l'on offrait des bijoux pour la première fois de sa vie.
 
Les Lotcoté, déjà fort ébranlés, crurent défaillir en entrant au salon. La première chose qu'ils virent fut la Marguerite de Faust, des tagliatelles aux oreilles, arrondissant son bras blanc paré d'un charmant bracelet de coquillettes.
 
Cette fantaisie n'était pas anodine, elle combattait aux côtés de mes parents. Habitués à faire le bras de fer avec la mort, ils y voyaient le symbole d'un bras d'honneur, la mesure exacte de la dérision.
 
Après une rechute qui l'avait contrainte à s'aliter plusieurs jours, ma mère, très amaigrie, avait eu l'occasion de s'en expliquer à Charles-Édouard venu prendre de ses nouvelles. La sachant condamnée, il la considérait comme une sorte de sainte exceptionnellement souriante, appartenant encore au monde des vivants et déjà en route vers l'autre.
 
J'admire votre courage ma chère amie
 
Ma mère avait sorti son sourire à fossettes :
 
Vous vous souvenez des colliers de nouilles ?
 
Je vais vous faire une confidence Charles-Édouard, ma vie c'est du Shakespeare en pantalon de golf ! Supprimez le pantalon et j'en ai pour un mois.
 
Dans une ambiance compassée, il est évident que ma mère aurait trépassé depuis longtemps. Le pantalon à la Tintin, bouffant d'humour et portant à rire, avait les vertus d'un gilet pare-balles.
 
 
En guise de bretelles, on ne pouvait trouver plus adaptés que mon père et Aurélie. Pour égayer ma mère, qui se réveillait chaque matin avec des angoisses de sidéen, Aurélie s'était détournée des pâtes au profit de l'escargot. Son projet était d'autant plus audacieux que le champ de courses devait être aménagé dans la cuisine du ménage de Fontencomble, autrement dit la plus clean qui soit. Préparation de la plinthe, protection de l'environnement, délimitation du territoire réservé aux participants ; vient enfin le jour où Amélie se tient dans sa cuisine, jouant à Am-stram-gram avec ses escargots. Comme elle ne peut pas les aligner en même temps au ras de la plinthe, elle tire au sort le premier puis le second et ainsi de suite jusqu'au septième.
 
Elle a pris soin de les numéroter pour repérer leurs performances. Le numéro quatre est à un mètre dix de hauteur, le lundi de Piques. Le jeudi de l'Ascension, le numéro sept est à un mètre soixante-cinq. La course se déroule dans des conditions d'hygiène et de rigueur exemplaires. La cuisine étincelle, comme à l'accoutumée. On mangerait des escargots par terre. À la Pentecôte, le pan de mur réservé aux escargots d'Aurélie est un tableau abstrait dans lequel on peut toutefois distinguer l'escargot et la trace de l'escargot, éléments d'une combinatoire proustienne à la recherche du temps qui prend son temps.
 
Le comte de Lotcoté était à la fois excédé et subjugué par les excentricités d'Aurélie. Comme il arrive parfois à ceux que leur sérieux finit par asphyxier, il avait besoin de respirer plus large. Quand il s'éloignait de la chaise longue après avoir pris congé de ma mère en escamotant un salut illicite à l'adresse d'Aurélie, il lui prenait des rages subites contre les airs coincés de la comtesse, ses migraines épouvantables, son jardin étriqué, son aigre servante.
 
Il faut dire qu'affublée d'un mari morose, obnubilée par la rentrée des fermages de Guingamp, économe et vertueuse à complexer deux saintes Thérèse, Yvonne-Marie n'en n'était pas moins constamment en état de péché mortel. Et même déjà un peu morte puisqu'elle ne voyait pas que le commencement de la mort c'est la vie vécue avec parcimonie. Le cœur chiche, pire que l'amour vache.
 
Évidemment le rire déconcertait les Lotcoté. Le rire de mes parents, merveille de la vie qui jubile pour quatre fois rien, pour trois flocons ! L'hôtel des Trois Flocons, prix modérés, que mon père avait inventé pour qu'Yvonne-Marie puisse venir soigner ses migraines en altitude.
 
Car mon père n'allait pas à la chasse le dimanche, il restait auprès de ma mère. Ensemble ils écrivaient des sketches où Charles-Édouard, resté trop longtemps au soleil, délirait comme le roi de cœur qu'il était peut-être sous ses costumes fatigués. Mon père serrait les sketches Lotcoté dans un tiroir de son secrétaire avec les perles du curé. Sans trahir l'esprit à défaut de la lettre, je me souviens que les dialogues avec Yvonne-Marie démarraient sur un étrange plaidoyer.
 
L'amour, il n'y a que ça qui compte en fin de compte faisait-on dire à Charles-Édouard. L'amour toutes catégories, le grand A, le petit a, tous les autres... Pour une fois que je suis vraiment sérieux écoutez-moi Yvonne-Marie, écoutez-moi ! Même avec un a minuscule, la grisette qui pleure dans sa mansarde c'est de l'amour puisqu'elle a du chagrin. M'écoutez-vous ?
 
Mansarde amour grisette, ce n'est guère convenable tout cela !
 
Elle songe : « Charles-Édouard n'aurait pas dû rester au soleil sans son canotier » et reprend :
 
Chagrin, grisette, pourquoi pas Mistinguett et Maurice Chevalier ?
 
Pourquoi pas, Yvonne-ma-Marie ?
 
Vous n'y pensez pas Charles-Édouard ! D'abord je m'appelle Yvonne-Marie, n'en rajoutez pas s'il vous plaît. Ensuite vous me prenez la tête au moment où je m'apprête à vérifier les comptes de Plancoët.
 
Vous me parlez de vos comptes et moi pour une fois je vous parle d'amour ! Laissez-moi y revenir Yvonne-ma-Marie, l'amour tous azimuts, maternel filial fraternel l'amour-amour l'amitié, celui que vous voudrez pourvu qu'il y ait âme au commencement !
 
Combien de temps êtes-vous resté au soleil Charles-Édouard ?
 
À propos de soleil, pourquoi n'engageriez-vous pas une servante comme Aurélie ? La nôtre est laide et triste à périr. En plus elle rate les œufs durs.
 
Une servante comme Aurélie, avec ses colliers de pâtes et ses courses d'escargots ? Vous n'y pensez-pas mon, ami !
 
Elle cuisine bien et la maison est parfaitement tenue
 
Mais les colliers de nouilles ?
 
C'est charmant
 
Yvonne-Marie se jure de veiller désormais à ce que le comte ne sorte pas au soleil sans son chapeau de paille.
 
La morale de l'histoire était pessimiste. Comme il y avait peu de chances pour qu'elle comprenne un jour ce qu'il en est de la vie de l'amour de l'humour et de la mort, il était à craindre qu'à la première occasion les migraines d'Yvonne-Marie dégénèrent en calamité.
 
Si elle restait fermée à la contagion du rire, autrement dit si elle affrontait Shakespeare sans l'ombre d'un pantalon de golf, l'adversaire allait jouer sur du velours et mes parents ne donnaient pas six mois à leur voisine pour se retrouver de l'autre côté.
 
 
« J'admire votre courage ma chère amie » disait Charles-Édouard à ma mère.
 
Courageuse, certes, elle l'était. Il ne lui suffisait pas de claquer des doigts pour que la hantise de sa mort s'évapore. Fossettes et volonté de fer. Vocalises et vigilance sans merci, Elle s'entraînait au combat avec la discipline d'un judoka. Le moindre relâchement pouvait devenir mortifère.
 
Dans la vie comme dans la cuisine, l'important n'est pas de suivre une recette mais d'avoir du nez.

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