Le retour d’Annabelle

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Livres
170 pages
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Description

Lorsqu’elle apprend que l’homme qui a détruit son adolescence a été libéré de prison, Annabelle Langlois décide de retourner dans sa région natale, le Lac-Saint-Jean, qu’elle avait quittée 10 ans auparavant. Elle y retrouve sa mère, ses amies d’enfance et certains fantômes du passé, dont Jimmy Bellevue, son premier amour…

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Date de parution 30 mars 2018
Nombre de visites sur la page 33
EAN13 9782897863609
Langue Français

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Copyright © 2018 Katherine Girard Copyright © 2018 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révision éditoriale :Simon Rousseau Directeur de collection : Simon Rousseau Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Émilie Leroux Conception de la couverture : Catherine Belisle Photo de la couverture : © Getty images Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89786-358-6 ISBN PDF numérique 978-2-89786-359-3 ISBN ePub 978-2-89786-360-9 Première impression : 2018 Dépôt légal : 2018 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives nationales du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada Téléphone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Girard, Katherine, 1977-, auteur Le retour d’Annabelle / Katherine Girard. ISBN 978-2-89786-358-6 I. Titre. PS8613.I723R47 2018 C843’.6 C2017-942724-5 PS9613.I723R47 2018
Remerciements
J’aimerais d’abord remercier Stéphane Aubut, dont les conseils concernant la structure de mon roman ont été judicieux. J’aimerais aussi remercier Dave O’Bomsawin qui a cru en moi et qui m’a laissé l’espace et le temps dont j’avais besoin pour écrire. Pour me suivre ou me contacter, vous pouvez le faire via ma page Facebook : @KatherineGirardAuteure
Conversion au format ePub par:
www.laburbain.com
Il y a certainement quelqu’un Qui m’a tuée Puis s’en est allé Sur la pointe des pieds Sans rompre sa danse parfaite. A oublié de me coucher M’a laissée debout Toute liée Sur le chemin Le cœur dans son coffret ancien Les prunelles pareilles À leur plus pure image d’eau A oublié d’effacer la beauté du monde Autour de moi A oublié de fermer mes yeux avides Et permis leur passion perdue
« Il y a certainement quelqu’un » d’Anne Hébert, tiré dePoèmes, Éditions du Seuil, 1960
Mars 2016, Montréal
PROLOGUE
Ce matin, lorsque le téléphone sonne, je n’y pense pas du tout. Un café froid posé en équilibre sur une montagne de papiers, la tête pleine de la poésie amérindienne que j’ai demandé à mes étudiants de lire et d’analyser en vue de la prochaine évaluation, je griffonne à la hâte des notes de dernière minute avant de me rendre en classe. Mon regard s’envole vers la fenêtre : une fine neige s’est mise à tomber, recouvrant Montréal de sa blancheur triste. L’hiver n’en finit plus de finir… Je pousse un soupir appuyé à l’intention du collègue avec qui je partage mon bureau, Bernard, enseveli sous les dissertations qu’il doit corriger. Il jette un œil à la fenêtre à son tour et hausse les épaules, l’air résigné. Lorsque la sonnerie de mon cellulaire retentit, je passe machinalement mon doigt de gauche à droite sur l’écran et porte l’appareil à mon oreille. Je ne suis absolument pas préparée à cet appel, même si je me le suis imaginé mille fois. — Bonjour, madame Langlois. Je suis Vanessa Simard, agente de probation à la maison de transition Le soleil du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Vous allez bien ? Je me méfie aussitôt. Je serre mon stylo contre ma paume et réplique : — Je vais bien, merci. Que me voulez-vous ? — Je dois vous aviser que monsieur Marcel Bellevue a été libéré il y a quelques jours. Il est présentement en réinsertion sociale sous ma tutelle. Il aimerait vous rencontrer, s’excuser de vive voix. Cela fait partie de son processus de guérison. Seriez-vous disponible la semaine prochaine ? Je savais, pourtant, que cette échéance surviendrait. Malgré tout, je sens mes jambes devenir molles comme de la guenille mouillée et mon estomac fourmiller sous le joug de l’adrénaline. Je ferme les yeux un court instant, prends une grande inspiration et laisse tomber d’une voix sèche, sans trop réfléchir : — Je ne suis pas prête. Malgré la distance et les années qui me séparent de Bellevue, je ne peux considérer me retrouver en sa présence. Je croyais que j’en aurais la force lorsque l’opportunité se présenterait, mais je me découvre encore ambivalente à l’idée de faire face à cette musique, l’esprit cerclé dans un étau de dénégation. J’ai fait la paix avec mon passé ; n’empêche, je n’ai pas envie de le voir ressurgir ! Pourquoi devrais-je le rencontrer ? Pour aller au bout de cette histoire une fois pour toute, peut-être ? J’entends l’intervenante soupirer à l’autre bout du fil. — Je vais vous dire ce que je pense, madame Langlois, même si ce n’est peut-être pas à moi de le faire. Cela vous ferait du bien d’entendre ce que monsieur Bellevue a à vous dire, je crois. Selon mon expérience, il… — Je vais y réfléchir. Et zip ! Je coupe la communication, la main tremblante. Je consulte l’horloge de mon bureau : 13 h 55. Il me reste à peine cinq minutes pour me ressaisir. Je ramasse mes documents, salue mon collègue, qui a l’air dépassé comme toujours par l’ampleur de la correction à abattre, et me dirige d’un pas vif vers mes étudiants. Ma jupe balaie